La suite, déjà? Eh oui! Soyons fous, soyons gentils... Oui elle la ferme =.=
Ahem bref, merci pour les commentaires, ça fait toujours autant plaisir de savoir ce que vous pensez de l'histoire! Et j'espère que cette suite vous plaira ^0^
Chapitre 5
… Alors que rien n'était fini
-Sixième Année-
PDV Olivier – Gryffondor, Dortoir des garçons, 6e année
Les vacances viennent tout juste de finir. Ce fut les pires semaines de ma vie ! Je les ai passé cloîtré dans ma chambre avec pour seules visites : ma mère qui m'apportait à manger et Emma qui s'inquiétait pour moi. Je n'ai pas pu m'empêcher de lui dire ce qui s'était passé. Il fallait que je me libère de ce poids.
Elle m'a écouté jusqu'au bout. Elle n'a pas dénigré Sissy, même pas pour me faire plaisir. Elle a juste dit :
- Elle doit bien avoir une bonne raison…
Je connais la raison. Je suis con. Je suis si con que je n'ai rien vu venir. Ce n'était qu'une ruse de serpent ! Comment ai-je pu être assez bête pour croire que je pouvais la changer ?
Quelqu'un entre dans le dortoir. C'est Natalie avec une assiette. Je n'ai pas envi de la voir. Je n'ai envi de voir personne.
- Laisse-moi seul.
- Je t'apporte à manger.
- Je n'ai pas faim.
Elle vient s'asseoir sur le coin de mon lit et pose l'assiette. Elle est sourde ou quoi ? Je veux ruminer tranquille. Il me semble que j'en ai encore le droit !
- Tu dois manger.
- Je n'ai pas faim !
- Tu ne vas vraiment pas bien Olivier. Tu veux en parler ?
- Non.
- Ce n'est pas en restant là que ça va s'arranger.
- Ça ne peut pas s'arranger.
- Alors tu vas rester sur ce lit jusqu'à la fin de ta vie ?
- Peut-être bien.
Je comprends qu'elle veuille m'aider. C'est même plutôt honorable. J'aurais fait pareil si un ami se serait retrouvé dans ma situation. Mais puisque c'est moi qui vis tout ça, tout ce que je veux, c'est la paix !
- Olivier… j'aimerais vraiment t'aider à aller mieux.
- Tu ne peux pas. S'il te plait, t'es gentille, mais laisse-moi…
Elle se lève et s'en va. Je regarde l'assiette qu'elle m'a laissé. Toujours aucune faim. Je soupire et fixe le plafond. Je ne peux même plus être dans mon lit sans que les souvenirs m'assaillent. Nous avons fait l'amour ici. Enfin… Je croyais que nous avons fait l'amour. En réalité, je lui ai fait l'amour et elle… elle a juste tiré son coup.
PDV Sissy – Couloir
Pourquoi chaque fois que l'on veut éviter une personne, on se met à la croiser partout ? C'est ce qui m'arrive en ce moment. Des jours que nous sommes rentré à Poudlard et je n'arrête pas de le croiser dans les couloirs. Il détourne le regard et mon cœur se serre.
Il y a tellement de haine dans ses yeux. De l'incompréhension aussi, mais surtout de la haine. Chaque fois, j'ai envi de courir derrière lui. De lui demander pardon et de tout lui expliquer, mais je ne le fais pas. Je ne peux pas.
Marcus est derrière chacun de mes pas. Il me surveille constamment. Je déteste ça. Dès qu'il a une minute, il m'oblige à le toucher et il me touche. C'est ce dont j'ai le plus horreur. Quand il me touche… Je ne veux pas qu'il efface la trace minime qui reste encore d'Olivier en moi. Pourtant, c'est tout ce qu'il cherche à faire.
Il veut l'évincer. Totalement. Il sait qu'il n'y a que lui qui compte pour moi. Ça le rend furieux. Alors il me rabaisse. Je suis pratiquement réduite à l'esclavage. Il me blesse même. Je ne sais pas s'il pense que la douleur effacera ce que je ressens pour Olivier, mais si c'est le cas, il se trompe. Au contraire, ça renforce tout. Parce que lorsqu'il déchire mes entrailles, je ferme les yeux et pense très fort à Olivier et aux moments que nous avons passés ensemble. Il n'y a que ça qui me garde en vie. Les souvenirs…
Le temps continue sa course alors que j'aimerais qu'il s'arrête une bonne fois pour toute ! La neige fond. C'est le printemps. Et c'est dans ces environs là qu'une nouvelle révélation me frappe. C'est possible d'avoir plus mal encore…
Je marche seule dans le parc et soudainement je les vois, enlacer à se bécoter. Natalie McDonald et Olivier Dubois. Mon Olivier, avec elle.
PDV Olivier – Parc
J'étais tranquillement assis à me dire que j'avais suffisamment pataugé dans la souffrance et l'auto apitoiement qui va avec quand elle était venue me rejoindre.
- Bonjours Olivier.
- Salut Natalie…
J'ai gardé le silence. Les comment ça va ? Je n'ai jamais été très amateur. Je ne sais trop pourquoi, mais je commence à la détailler. Elle est blonde et ses yeux son gris. Son teint est pâle. Elle est tout le contraire de Sissy. Elle est jolie. Très jolie même. Mais je ne sais pas… Il ne se passe rien.
Emma n'arrête pas de me dire que Natalie serait parfaite pour oublier un peu Sissy. Ça me surprend d'elle, mais et si c'était vrai ? Si me concentrer sur Natalie me ferait réellement oublier l'ouragan Sissy ?
Mes yeux se plantent dans les siens et dérivent légèrement sur ses lèvres. Elle n'attend pas plus longtemps et m'embrasse. Au départ, je ne réplique pas. Pas à cause de la surprise. Je n'en ai aucune. Juste parce que c'est différent. Ce ne sont pas réellement les lèvres dont j'ai envi. Ensuite, je me rappelle pourquoi je voulais ça et je lui rends son baiser.
PDV Sissy – Parc
Alors c'est ce que ça fait de voir l'être aimé avec une autre personne ? On dirait qu'on passe votre cœur au mixeur alors qu'il est encore à l'intérieur de vous.
Mes yeux se remplissent de larmes. Non Sissy ! Contrôle-toi ! Tu ne dois pas pleurer. Tu devrais être contente. Il est passé à autre chose. Il peut être heureux de nouveau. N'est-ce pas là tout ce qui compte ? Que ce soit le cas ou non, ça devra faire l'affaire…
Je quitte le parc sans un bruit et me réfugie dans un coin où personne ne va. Une fois là, je pleure. Je pleure tout ce que j'ai retenu depuis des semaines.
- Je savais bien qu'il devait y avoir une raison !
Je sursaute. Je ne l'ai pas entendu arriver. J'essuie mes larmes alors qu'Emma vient s'asseoir à côté de moi. Elle pose une main sur la mienne avec compréhension. Olivier a beaucoup de chance de l'avoir pour amie.
- Tu l'aimes réellement pas vrai.
- Ne lui dit pas.
- Pourquoi ? Tu n'imagines pas à quel point il a eu mal ! Et il souffre encore.
- Et tu crois que moi je ne souffre pas ? Je suis fiancée à Flint et au moindre écart de conduite, il ira parler à mon père ! Et mon père… il fera du mal à Olivier.
- Pourquoi tu n'en parlerais pas à Dumbledore ?
- Très bonne idée. Je vais commencer par lui dire tous les endroits dans l'école où moi et Olivier avons fait l'amour !
- M'ouais dit comme ça… Tu veux que je parle à Olivier ?
- Non. Il me déteste et c'est mieux comme ça. Je l'ai vu avec McDonald, ils s'embrassaient. Il finira par trouver le bonheur ailleurs.
- Et toi dans tout ça ?
- J'ai mérité ce qui m'arrive, Emma. T'es gentille de vouloir m'aider, mais tu ne peux pas…
- N'hésite pas à m'écrire si tu veux te confier dans ce cas.
- Merci beaucoup.
Mine de rien après son départ, je me sens moins seule. Je sais qu'elle sera toujours là pour m'écouter et c'est rassurant. Si ma vie tourne encore plus au cauchemar, je pourrai aller voir Emma et lui demander un peu de réconfort.
PDV Olivier – Cabane d'Hagrid
Le cours de soins aux créatures magiques… c'est celui que je hais le plus parce que moi et Sissy sommes tombés ensemble à la pige des binômes en début d'année.
Depuis le retour des vacances, ce cours est un vrai supplice. Nous passons notre temps à nous frôler et à chaque fois j'ai l'impression que la fois suivante sera celle où je perdrai le contrôle.
Son corps me manque de plus en plus. Sa voix me manque… tout me manque… Natalie est adorable, mais comme je l'ai déjà dit, elle n'est pas Sissy et c'est Sissy que je veux. Je suis avec Natalie depuis des semaines et pourtant rien n'y fait. J'ai toujours ce besoin indomptable d'être avec Sissy. Elle doit bien rigoler de me voir à ce point misérable.
La foutue bestiole, dont le nom m'échappe, que nous devons nourrir la mord.
- Saleté de punaise ! Je vais t'écraser !
Les gens de ma maison rigolent. Sans réfléchir, je prend la main mordue et un linge que j'humidifie, puis je commence à nettoyer la plaie. Le calme revient autour de nous et plus personne ne s'occupe de ce qui se passe.
PDV Sissy – Cabane d'Hagrid
Ses doigts sont si doux. Ils m'avaient tellement manqué. Comme tout le reste. Je lève mes yeux vers lui. Il y a toujours cette rancune qui s'y trouve, mais il a fait abstraction juste pour m'aider même si je n'en avais pas besoin.
Je crois que pour lui dire la vérité, il n'y aurait pas de moment plus approprié que maintenant. Mais m'écouterait-il ? Me croirait-il ? Me pardonnerait-il ? Non, impossible. Je ne suis qu'une idiote ! Une idiote qui a tellement besoin de lui. C'est atroce.
Il termine de nettoyer ma blessure et caresse doucement ma main de son pouce. Son regard croise le mien encore une fois. Mes yeux ne peuvent plus mentir. Je le désir. Je l'aime.
- Sissy !
Je sursaute et retire ma main de celle d'Olivier. Marcus me jette un regard noir et je détourne la tête en parfaite petite fiancée soumise que je dois être.
PDV Olivier – Cabane d'Hagrid
Non. C'était le fruit de mon imagination. Elle avait ce regard. Le même que j'ai cru si franc lorsqu'elle m'a dit je t'aime. Ça ne peut pas être ça. Elle mentait. Elle a joué avec moi et elle veut recommencer, je ne vois pas d'autres explications ! Et bien Sissy, tu ne joueras plus. C'est terminé !
Elle a l'air si malheureuse… Oh Olivier où est passé ton bon sens ? Elle joue la comédie, encore ! Tout pour te faire tomber dans le panneau une nouvelle fois. Oublie-la. Oublie-la Olivier. Tout ce que dont tu rêves n'est qu'une chimère… Natalie est bien réelle. Aime-la. Elle, elle le mérite.
Alors pourquoi je crois tellement en la souffrance que je peux voir dans ses yeux ? Une brise légère vient soulever le pant de sa jupe. Une ecchymose ? J'oublie les gens autour de nous et lève encore un peu sa jupe. C'est bien une ecchymose et elle est énorme et violacée plutôt que bleu. Ce qui signifie que le coup a été très violant.
- Comment c'est arrivé ?
Elle tire soudainement sur sa jupe et me lance un regard noir qui sonne plutôt comme un appel au secours. Elle secoue la tête et me souris de son sourire faux.
- C'est la passion, Dubois !
Pff. Baliverne ! Ça, la passion ? Elle se fiche vraiment de moi ! Et comme le con que je suis, je continue de chercher la souffrance.
- Qui t'as fait ça ?
- Difficile a dire. Il y en a tellement !
PDV Sissy – Cabane d'Hagrid
Cesse de te préoccuper de moi, je t'en pris. Je ne répondrai plus de rien si tu continues. Je ne souhaite pas ton malheur. Arrête de tourner le couteau dans la plaie, c'est pire que la mort.
Il ne croit pas un mot de ce que je dis. Il a toujours été trop lucide ! Mais comment faire ? Comment le convaincre d'une chose qui est tellement fausse et qui me répugne autant ?
- C'est pour ça que je t'ai laissé tomber comme une vieille chaussette, en fait. T'étais trop tendre pour moi. Ce qui me fait grimper aux rideaux Dubois, c'est la brutalité.
Il ne dit rien. Je viens de l'assommer encore mieux qu'un cognard. Pauvre amour, je suis tellement désolée. Je me lève et pars rejoindre les Serpentards. Merlin merci, ce cours est enfin terminé.
- On dirait que t'arrive pas à te faire suffisamment haïr.
- Laisse-moi tranquille Marcus.
- Il n'est pas question que je te laisse tranquille. Tu m'as traîné assez longtemps dans la boue ! Je tiens ma vengeance et le jour où tu auras payé ta dette est encore très loin.
PDV Emma – Cabane d'Hagrid
Je vais rejoindre Olivier. Pauvre garçon, si seulement tu savais. J'ai tellement de peine pour vous. C'est si triste.
- Tu viens Oli ?
Il ne dit rien et se lève. J'aimerais vraiment tout te dire mon ami, mais j'ai promis que je n'en ferais rien. Le poids d'un secret… ce que ça peut faire chier !
- Je n'ai rien compris du tout Emma… Je… J'ai cru…
- Arrête de te torturer Oli. Tu devrais plutôt te concentrer sur autre chose. Comment ça va avec Natalie ?
- Bien… Je crois.
- Elle arrête pas de me demander ce que tu voudrais pour ton anniversaire. Je sais plus quoi lui dire. T'aurais envi de quoi ?
- Rien.
- Bon, je vais inventer quelque chose alors.
Heureusement que je t'aime beaucoup satané Olivier Dubois parce que depuis des semaines, tu es carrément invivable !
PDV Olivier – Grande Salle
Et les jours coulent encore à l'infini. Natalie est adorable. Je ne la mérite pas. Elle fait tout pour moi. Elle cherche à me combler de toutes les manières possibles, mais elle ne pourra jamais me satisfaire. Non, pas temps que Sissy Higgs sera cachée dans les tréfonds de mon cœur.
J'essais de la détester. Oui j'essais aussi fort que je le peux, mais je n'y arrive pas. Chaque fois que je la vois. Chaque fois que je l'entends. Chaque fois que je la sens… Chaque fois, je voudrais me réveiller de se cauchemar et la sentir tout contre moi comme cette première nuit qu'elle a passé dans mes bras. Je l'avais regardé dormir longtemps avant de la réveiller. Elle était si belle. Si calme. Si sereine. Je ne voulais pas que ça cesse…
Un hibou de l'école se pose devant moi. Il porte un paquet. Ah ouais… Mon anniversaire. Il est tôt, il n'y a presque personne de debout, alors personne pour me souhaiter un bon anniversaire. Du coup, j'ai oublié quel jour nous sommes.
Je prends le paquet, file un petit quelque chose au hibou et je déballe la boite. Il n'y a rien d'écrit nulle part. Pas de signature. Aucun moyen de savoir de qui ça provient. J'ouvre la boite. Il n'y a qu'un morceau de parchemin. Je le déplies et fronce les sourcils.
Une paire de lèvres tracées au rouge à lèvres. La couleur est pâle, mais brillante. Cette bouche… Je la connais par cœur. Si c'est une ruse, c'est la chose la plus cruelle qu'elle m'a fait. Un baiser. Un baiser sur un parchemin. Et c'est Sissy qui me l'a envoyé.
C'est une attention trop mignonne… Qu'est-ce qu'elle cherche à faire ? Et si… Non. C'est du faux. Oubli tout ça. Déchire ce parchemin et brûle-le ! … Je n'y arrive pas. Il reste là entre mes doigts et mon regard ne peut s'en détacher. Natalie arrive. Je replis le parchemin et le glisse dans ma poche.
- Oh un cadeau ! Il vient de qui ?
- Mes parents.
- Bien sûr, de qui d'autre !
Elle m'embrasse et me souhaite un bon anniversaire. Puis, elle me donne mon cadeau. C'est un abonnement d'un an à un magazine entièrement consacré au quidditch. C'est une jolie attention. Je la remercie. Elle sourit, contente d'elle. Et je n'ai pas le courage. Je n'ai pas le courage de lui dire que je suis déjà abonné à ce magazine.
La journée se poursuit. Emma m'a confectionné un gâteau en forme de souaffle. C'est plutôt rigolo, il est difforme. Elle dit avoir eu toute la misère du monde pour le faire. Je m'en fiche qu'il soit difforme. Il est tellement rigolo que l'espace d'un moment, je suis heureux.
La journée se termine. Je n'ai pas vu Sissy, mais je n'ai cessé de fourrer la main dans ma poche pour toucher le parchemin. Je ne sais pas ce qu'elle avait en tête en m'envoyant un baiser, mais je ne pourrai plus m'en séparer. Malgré toute la volonté que je pourrais avoir.
PDV Sissy – Couloir
Invisible. Pas au sens propre bien sûr. Mais je suis assez douée pour passer inaperçu maintenant. J'arrive à me faire oublier. Pas suffisamment pour que Marcus me foute la paix, mais assez longtemps pour l'observer.
Ce baiser, c'était trois fois rien… J'ai profité que Marcus dorme pour le lui envoyer tôt ce matin. Je ne sais pas ce qu'il en a fait ou même s'il a su que c'était moi ou une fille qui l'admire en secret. Je pourrais demander à Emma. Nous discutons parfois. Je la trouve à la bibliothèque, là où je vais pour fuir Marcus. Je vais m'asseoir avec elle et nous discutons. Parfois des devoirs. Parfois d'elle. Parfois de moi. Mais surtout d'Olivier.
Elle s'inquiète pour lui. Elle me donne de ses nouvelles. Ce n'est que de la torture, mais je ne peux résister à un récit d'une de ses journées. C'est tout ce que je j'ai pour savoir ce qui se passe dans sa vie.
Des bras entourent brutalement ma taille. Pas besoin de me retourner pour savoir de qui il s'agit.
- Je t'avais dit de me rejoindre dans la salle commune.
- J'ai oublié.
- Alors n'oublie pas de venir me voir ce soir.
- Comme tous les soirs.
- Tu penses encore à lui, n'est-ce pas ?
Je me retourne et le repousse. J'en ai assez qu'il parle d'Olivier. Je lui donne tout ce qu'il veut ! Pourquoi il ne me laisse pas un peu tranquille ? Oh, mais je sais. Je sais bien ce qui l'énerve à ce point.
- Ça te fait chier hein Marcus ? Ça te fait chier que je pense à lui et non à toi. Ça te répugne de savoir qu'à chaque fois que tu me sautes je pense juste à lui !
Il me gifle. Il est en colère. C'est compréhensible. Je n'aurais pas du faire ça. Mais je ne regrette pas. J'en avais besoin. Je veux qu'il souffre autant que moi. C'est tout ce qu'il mérite.
- Je ne t'aime pas Marcus ! Je te déteste ! La seule sensation que tu arrives à me faire ressentir, c'est le dégoût !
- Ta gueule !
Il me gifle encore. Rien à faire. Plus rien n'a d'importance. Je veux partir. Partir retrouver Olivier, mais Marcus me retient. Il serre mon bras. J'ai mal. Mais la douleur physique… Je ne la sens que si peu maintenant.
- C'est ça que tu appelles la passion ?
Mon cœur fait un bon. Olivier. Non, pourquoi es-tu là ? Va-t-en ! Marcus lâche mon bras et son regard est très clair. Envois-le balader.
- Ça n'a pas l'air de te réjouir tant que ça, ajoute Olivier.
Je me tourne vers lui. Je ne sais pas si c'est la détresse dans mon regard ou la marque rouge sur ma joue qui le fait taire, mais il se tait et semble très indigné de me voir dans cet état. J'ai échoué. Malgré tous mes efforts j'ai échoué. Il ne me déteste pas…
- Fou le camp Dubois, intime Marcus.
- Je suis pas ton lardon, j'ai pas à t'obéir. Tu veux aller voir Pomfresh ? Me demande-t-il.
Rien ne franchi ma bouche. Je ne peux pas répondre. De toute façon, les marques disparaissent au fil du temps. Ce que je veux réellement Olivier, c'est toi. Je ne peux rien dire, alors j'essais de tout transmettre dans mon regard. Me comprendras-tu mon amour ?
Marcus me tire par le bras et nous partons. Heureusement, il est une nullité pour saisir les regards des gens. Alors il ne se doute pas de ce que j'ai voulu faire.
PDV Olivier – Couloir
Les yeux. On dit qu'ils sont la fenêtre de l'âme. Qu'ils ne mentent jamais. Pourtant je me méfie. Si cet amour que j'ai vu dans ses yeux est faux, alors Sissy Higgs devrait tenter sa chance comme actrice, elle a tout ce qu'il faut pour y arriver !
Oh je ne sais plus ! Je suis tellement perdu. Tous ses silences. Tous ses regards. Tous ses mots. Rien ne concorde et je ne comprends plus du tout ! J'ai la tête en compote tellement j'essais de comprendre. J'en ai assez. Je dois la voir. Je dois trouver un moyen pour la voir seul à seule. Il faut qu'elle s'explique. Tout ça… Ça n'a plus aucun sens !
Et ça y est… J'ai la migraine ! Oubli tout Olivier. Se sera bien mieux pour toi !
Je tourne les talons et m'en vais. Ce sera long. Ce sera douloureux, mais oubli-la. Je suis décidé. Pas motivé, mais bon… Je le dois. L'année se termine dans tout juste quelques semaines. Ce ne sera qu'un mauvais moment à passer. Ensuite une fois à la maison je me concentrerai sur le quidditch et sur Natalie. Tout ira bien. J'aurai deux mois pour oublier son visage…
PDV Sissy – Manoir Higgs
Pourquoi les vacances d'été sont ce que les étudiants aiment le plus ? Ouais bon moi aussi je les adorais… avant cette année. Je n'arrive toujours pas à croire que l'année est déjà finie. C'est arrivé trop vite. Au moins là-bas, je pouvais prétexter des devoirs pour que Marcus me lâche… je dois dire que mes notes non jamais été aussi haute !
Maintenant, il est chez nous pratiquement vingt-quatre heures sur vingt-quatre… Trêve de bavardage. Olivier me manque. C'était une chose que j'avais la possibilité de faire aussi à Poudlard. L'observer. J'écris à Emma parfois et elle me répond. Tout ça dans le plus grand des secrets.
Elle dit qu'Olivier a recommencé à rire. Je suis contente. Il y en a au moins un de nous deux qui est heureux et son bonheur devra être le mien…
- Sissy, tu n'es toujours pas prête ! Mais dépêche-toi !
Ah… il y a elle aussi qui est au manoir toute la journée à me rabâcher les oreilles. J'ai l'infime dégoût – honneur ! Dégoût, ça m'a échappé… Tu n'y as pas cru hein. – de te présenter Célia, ma future belle-sœur, fiancée de mon frère depuis deux ans de son état le plus précis jusqu'à maintenant. Son métier ? Dilapider la fortune familiale et oh j'oubliais… Me faire chier !
D'une certaine manière, je devrais la remercier d'être là. Je ne peux plus badiner Marcus à loisir, mais elle si. Ça fait du bien. J'ai l'impression d'être enfin redevenue la petite peste que j'étais quand je vois son air pincé après l'une de mes charmantes remarques. Mine de rien, elle me fait reprendre du poil de la bête ! … Qu'elle expression stupide quand on y pense !
J'entends son soupire et le bruit de son talon qui martel le sol. Oh elle est encore là…
- Qu'est-ce que tu veux Célia ?
- Qu'est-ce que je veux ? Ce que t'as des questions stupides quand tu t'y mets.
- Je suis pleine de surprise. Depuis le temps, tu devrais le savoir.
- Je vais me marier dans moins d'une heure et tu es encore en guenilles ! Voilà ce qu'il y a.
- Oh ça… Relaxe chérie. Une robe, ça prend deux minutes à enfiler.
Elle s'en va et je soupire. C'est déjà terminé ? Dommage. J'aurais aimé l'enquiquiner plus longtemps. Finalement je me lève de mon lit. J'accumule la paresse depuis mon retour à la maison. J'enfile la robe couleur lilas. Je déteste cette couleur. Choisie par les bons soins de ma future belle-sœur. Tu t'en doutais, j'en suis sûr.
Ensuite je sors enfin de ma chambre. Ce n'est que la première fois de la journée ! Il a du monde partout dans le manoir et je les déteste tous. Alors je suis restée cloîtrée dans ma chambre. Mes parents sont occupés à faire bonne figure, du coup, ils se fichent de mon absence effrontée.
Une fois ma porte fermée, j'ouvre celle d'en face. Terence est devant son miroir à se faire épousseter son costume neuf par un elfe de maison.
- Ah Sissy ! J'ai entendu ma douce et tendre te hurler dessus.
- Quand tu dis douce et tendre… J'espère que c'est de l'ironie. Parce qu'elle n'est pas tendre et je veux même pas savoir si elle est douce !
Il rit et commence à faire son nœud papillon. Je m'assis sur son lit, mais je me relève en me souvenant que lui et sa « douce et tendre » y ont sûrement fait des trucs peu catholiques.
- Pourquoi tu fais ça ?
- Parce qu'un costume sans nœud papillon, c'est ridicule.
- Le costume en soit est ridicule Terence. Pourquoi tu te maris ? Tu n'aimes pas cette fille.
- Parce que c'est ce que font les gens de notre statu Sissy. On se mari, je lui fais un enfant et après je suis tranquille.
- Tranquille de mener une vie ennuyante.
- Avec ton effronterie naturelle Sissy, tu seras bien contente, un beau jour, d'avoir un avocat comme frère aîné.
- J'espère que tu seras spécialisé dans les divorces !
- À peine fiancée et elle pense déjà à comment mettre un terme à son mariage.
- Certainement ! Mais tu détournes le sujet. Ta vie sera ennuyante.
- C'est ce que tu crois. Mais je vais te surprendre. J'aime bien le droit, petite sœur. Ouais, je peux au moins avoir la chance de faire un truc que j'aime.
- Pourquoi les trucs que tu aimes plaisent toujours à père mais que les trucs que j'aime lui déplaisent toujours ?
- Parce que je suis son seul fils et son aîné en plus ! Toi, en faite, je pense plutôt que tu es un accident. La plupart des familles de sang pur n'ont qu'un enfant.
- Merci Terry, ça me fait si chaud au cœur que tu débordes autant d'affection pour moi.
- Mais je t'adores soeurette, n'en doute pas une seule seconde. Et si tu mettais un peu ta rage pour notre père de côté, tu verrais qu'il t'aime lui aussi.
- Il a une drôle de façon de le montrer.
- Il veut que tu ais un toit sur la tête, de la bouffe sur la table et que tu ne sois pas dans le besoin. Je trouve ça soucieux de sa part.
- Bon, peut-être que cette partie est honorable. Mais pourquoi Marcus Flint ?
- Parce qu'il a de l'argent et qu'il est faible. Enfin, il l'était avant d'avoir un moyen de te faire chanter. Mais père ignore que tu ne l'as plus sous ton contrôle.
- Je dois être maudite alors.
- J'ai confiance. Tu es une sorcière petite sœur. Tu trouveras un contre sort quelque part !
- Et si je l'empoisonnais ? Un crime passionnel ! T'es preneur pour me défendre ?
- Je serai ton plus ardant défenseur Sissy, rit-il en se tournant vers moi. Viens. Allons me marier !
Il me sourit et m'embrasse sur le front avant que nous ne sortions de sa chambre. Heureusement que je l'ai, parce que mon moral serait beaucoup plus bas. Je ne sais pas comment il fait pour être toujours aussi positif. Mais au moins, ça a le don de fonctionner. Je pourrais peut-être faire une gaffe énorme pour embêter Célia ! Mit sur le compte de la maladresse, je devrais pas me recevoir un savon trop énorme.
Je ne pensais jamais pourvoir dire ça un jour, mais ce fichu dicton qui dit que le temps atténue la douleur… il est pas si faux en fin de compte.
Bon, ouais j'aime toujours autant Olivier et être séparée de lui est carrément la pire chose au monde, mais quand même. Je suis moins une loque qu'avant. J'y pense toujours autant, mais me retrouver en compagnie de gens détestables me donne l'occasion de me défouler. Ça fait du bien !
Mais je redoute la rentrée. Parce que là, le même problème reviendra. Je le croiserai partout…
