Voici la suite! Encore un grand merci pour vos commentaires et bonne lecture ^^
Chapitre 6
Un Vent Nouveau
-Septième Année-
PDV Olivier – Poudlard Express
Les wagons sont bondés et je dois jouer des coudes pour pouvoir me frayer un chemin. Emma doit déjà m'attendre dans le compartiment qu'elle a l'habitude de nous réserver.
Je tiens Natalie par la main et nous pouvons enfin quitter le raz de marré d'étudiants pour entrer dans le compartiment. Emma y est, à lire un bouquin, tranquillement affalée sur un siège.
- Heureusement que c'est la dernière fois que tu prends ce train Oli, parce qu'une de plus et tu le ratais !
Au fil des ans, je suis toujours arriver un peu plus juste avec le départ du Poudlard Express, je l'admets, mais bon comme elle dit, c'est la dernière fois !
Je m'installe sur le siège en face d'elle avec Natalie et bien vite d'autres personnes viennent nous voir. On papote de nos vacances respectives et la journée passe tranquillement.
Je suis content de retourner à Poudlard. Le quidditch me manque ! J'ai passé l'été a concocter des nouveaux plans d'attaques et j'ai très hâte de les mettre à l'essaie.
Après plusieurs heures à grignoter et discuter à tout va, un besoin très naturel de me soulager vient me prendre. Ce n'est somme toute pas très important et l'acte en lui-même est dénué de tout intérêt. Mais c'est plutôt en ressortant du cabinet que les choses deviennent plus corsées.
- Non de Merlin ! Tu m'as fait une de ces trouilles !
Elle. Sissy. Je n'avais pratiquement pas songé à elle de l'été. Bon, j'admets ne pas m'avoir laisser le temps de penser à elle, mais je n'avais pas le choix. Je m'étais donné l'été pour définitivement tourner la page et je croyais y être parvenu jusqu'à la voir. Là, une main sur le cœur. Elle passait dans le couloir quand j'ai ouvert la porte. Je l'ai prise par surprise.
Elle est si belle…
PDV Sissy – Poudlard Express
Bien sûr, il fallait que notre fichue tradition de l'éternelle retrouvaille se produise encore cette année ! Ho lala, il a encore grandi ! Ça ou c'est juste le fait que je ne l'ai pas vu depuis deux mois. Par contre le fait qu'il soit plus bâti n'est pas illusoire lui. Il a dû faire beaucoup de sport cet été.
- Je ne croyais pas ton cœur aussi fragile Higgs. En faite, je ne croyais pas que tu pouvais posséder un cœur !
Vas-y crache ton venin. Je l'ai mérité. Merlin qu'il est beau. Non Sissy ! Ne recommence pas ! Pas maintenant qu'il est redevenu lui-même. Répond-lui !
- Oh, mais rien de tout ça Dubois. Encore une fois, tu te trompes sur toute la ligne. J'ai tellement de talent pour la comédie. Je m'entraîne voilà tout.
- Au moins une chose pour laquelle on est d'accord. Tu es la meilleure menteuse de tout Poudlard !
- Le compliment me touche droit au trou où il devrait y avoir un cœur.
- Mais je t'en pris Higgs.
- Olivier, qu'est-ce que tu fais ?
Ah ! Et il fallait qu'elle soit là ! McDonald. Elle arrive à notre hauteur et glisse sa main dans la sienne. Dire qu'il lui fait l'amour… Il aurait quand même pu faire l'effort de trouver mieux qu'elle.
- Je saluais Higgs. Tout l'été sans entendre son éternelle rengaine de supériorité… C'était trop beau pour durer.
Elle rigole du rire officiel des cruches dans son genre. Tu sais, le rire agaçant qui s'étire toujours trop longtemps. M'enfin, c'est comme ça qu'il sonne à mon oreille.
- Viens, les autres nous attendent. Y'a les jumeaux qui disent avoir un jeu trop marrant à nous faire connaître.
- Bon, alors allons-y !
Sans même un regard pour moi, il s'en va. Le supposé trou, où il y a réellement un cœur, se resserre. Il a l'air tellement amoureux d'elle. Ça me fait mal, même si je me suis jurée que son bonheur était la seule chose qui comptait.
PDV Olivier – Poudlard Express
Poursuivre ma route, ne pas la regarder. C'est tout ce qui tourne dans mon esprit alors que je mets le plus de distance possible entre elle et moi. Pourquoi je sens ses yeux fixés sur moi ? Ne pas se retourner Dubois, surtout ne te retourne pas. Tu as passé l'été à te la sortir de la tête, ce n'est pas le moment de flancher…
Je serre un peu plus la main de Natalie dans la mienne. Je dois me concentrer sur elle. Natalie est franche avec moi, depuis le début. S'il y a une chose que toute cette histoire avec Sissy m'a apprise, c'est bien que la passion, aussi puissante soit-elle, a le pouvoir de tout détruire sur son passage. Mieux vaut ne pas s'en approcher. Le feu de la passion brûle toujours tôt ou tard.
PDV Sissy – Poudlard Express
Il disparaît finalement dans un compartiment avec elle et ce n'est que lorsque je ne peux plus le voir que je fais demi tour. Quelque chose s'est brisée en moi. Je croyais… J'avais eu l'audace de croire qu'il y avait encore un espoir. Un espoir pour que malgré tout ce que je lui avais fait, ça ne suffise pas. Mais j'avais tord. Il ne m'aime plus. Il a définitivement tourné la page. Tout s'arrête, tout est fini, pour de bon. Il ne me reste plus rien. Rien que les souvenirs de jours meilleurs.
- Sissy.
Je lève lentement la tête par automatisme. Si j'ai passé tout ce temps à être si vide, c'est encore pire maintenant. Je regrette de plus en plus le jour où j'ai lancé ce jeu. Sans lui, je n'aurais pas connu Olivier de cette manière, rien ne se serait passé entre nous et jamais je ne serais devenue aussi pathétique que maintenant. Je serais restée moi. Sissy Higgs… Où est-elle passée ? Pourquoi a-t-elle fuit mon être ? J'étais si bien lorsqu'elle était là, lorsque j'étais elle. Je veux le redevenir. Maintenant !
- Qu'est-ce que tu veux Marcus ?
Je n'ai pas élevé la voix face à lui depuis… tellement longtemps. Ça fait du bien. C'est atrocement bon de voir son air surpris, de ne pas savoir comment réagir à cette nouvelle moi qui en fait, est celle d'avant tout ça. C'est décidé, tout ça m'a trop rongé, est allé trop loin. J'en ai assez. Prépare-toi bien… Sissy Higgs est de retour !
- Parle, je n'ai pas toute la journée !
Je pose les mains sur mes hanches, je lui jette un regard comme j'en avais avant. Brillant de vie, insaisissable, fougueux…
- Et bien, que ce passe-t-il avec toi ? Demande Marcus intrigué.
- Rien. C'est une nouvelle année qui apporte un vent de fraîcheur.
Je n'en ai pas envie, mais je veux redevenir totalement maître de moi-même. Tout ça n'effacera pas tout ce qui c'est passé durant la dernière année, mais je ferai tout pour reprendre le dessus. Je me rapproche de Marcus, une lueur dominatrice sur le visage. Celle qu'on pouvait lire en permanence dans mes yeux un an plus tôt. Marcus recule, un sourire satisfait prenant naissance sur sa bouche immonde. Je me force à lui rendre son sourire. Olivier avait raison, je suis née pour être actrice avec ce talent.
Mes mains glissent sur son torse que je fais mine de détailler avant de faire remonter mes yeux sur les siens. Il n'en peut déjà plus, ce qui élargit mon sourire. La joueuse est de retour, il ne l'emportera pas au paradis. Il tend le visage pour m'embrasser et je détourne la tête.
- Et je viens de décider qu'elle vient de balayer tout le reste…
Je plante à nouveau mes yeux dans les siens. Je ne pourrai jamais totalement me relever de cette histoire dévastatrice avec Olivier, mais en faisait savoir à ce stupide Marcus que c'est terminé, totalement, ça sera toujours mieux. Il me sourit encore, il semble très satisfait. Il faut bien dire qu'il a toujours préféré mon caractère indomptable à la loque que j'ai été durant tout l'été.
PDV Olivier – Grande Salle
Durant le banquet, c'est plus fort que moi, mon regard dérive directement sur elle. Il y a des mois que je n'ai pu voir son visage et notre mince rencontre dans le train a fait renaître en moi ce besoin de l'observer.
Quelque chose a changé. Je le remarque tout de suite. Je peux voir un sourire sur son visage et si je me concentre, je crois que je pourrais entendre son rire parmi le brouhaha ambiant. Il y a aussi cette étincelle dans ses yeux. Comme lorsqu'elle était pétillante de vie. Comme avant que Marcus et elle ne se fiances… Mais ce n'est pas tout à fait la même chose. Je la connais, je sais… Il y a un léger voile de mensonge par-dessus son ancienne attitude.
Crois-tu pouvoir duper tout le monde Sissy ? Tu ne me duperas pas, non pas moi…
Les jours passent, la routine des cours revient vite à tout le monde et je l'observe toujours. Je cherche à savoir, à comprendre. Pourquoi ce revirement de situation ? On dirait que tout est effacé, que rien ne s'est passé. Lorsqu'elle me croise dans les couloirs, ce n'est que pour me jeter un regard hautain et ricaner avec les siens.
Et j'ai observé plus encore. Il y a moins de marque sur son corps qui, il n'y a pas si longtemps, était encore parsemé de la trace de Flint. Les choses s'arrangent donc ? La faim du loup commence à s'apaiser ? Ce qui s'est passé tombera dans l'oubli ? Peut-être pour elle, mais pas pour moi, ça non…
PDV Sissy – Bibliothèque
Mon regard a croisé le sien l'espace d'un instant. J'ai vite rompu le contact, mais j'ai vu… J'ai bien vu que là où tout le monde pensait retrouver la vraie Sissy Higgs, lui a su tout de suite que ce n'était qu'un masque, un mensonge. J'ai repris mon ancien visage, mais il y manque quelque chose. Ou plutôt, il y a quelque chose en trop.
Pourquoi puis-je oublier des choses comme la date du jour, le nom de certains ou des souvenirs et ne pas l'oublier lui ? Ce serait tellement plus simple si en un claquement de doigt tout ce qui s'était passé ne soit plus…
Maintenant les jours coulent, Poudlard reprend son rythme de vie et les gens se retrouvent après de longues vacances qui pourtant on paru si courtes à leurs yeux. Les professeurs nous bombardent déjà de travail et c'est d'autant mieux. Je peux utiliser le travail comme prétexte pour m'isoler. J'ai voulu redevenir celle que j'étais, mais c'est si dur. Je n'ai plus la même mentalité et cette attitude que j'avais m'ennui maintenant. Je croyais que ça serait plus facile ainsi, que j'allais réellement redevenir moi-même, mais je me suis trompée. Je ne suis plus qu'une farce. Un rôle que je revêtis dès que je me retrouve en public.
Pour y échapper un peu, j'ai décidé de m'isoler de nouveau. C'est de plus en plus fréquent. Je ne me supporte plus moi-même… Je suis dans la bibliothèque et j'arpente les rayons. L'endroit est vide et c'est compréhensible. Il fait si beau dehors et l'automne est tellement apprécié avec sa fraîcheur et ses couleurs que personne ne veut s'enfermer. Personne sauf moi. Ça ne me dérange pas. J'éprouve de plus en plus le besoin de solitude.
Je reperds finalement un livre sur le quidditch et je tends la main pour le prendre, mais une autre main entre en collision avec la mienne. Je m'étais trompée… Tellement inattentive, je ne l'avais pas remarqué…
PDV Olivier – Bibliothèque
J'en ai maintenant assez de cette mascarade. Je veux savoir. Je veux comprendre. Mais pour ça, je dois lui parler. Seul à seule. Quand il n'y a personne, les masques tombent plus facilement, c'est bien connu.
- Sissy…
- C'est Higgs !... Dubois.
Son ton est faussement froid. Pour quiconque d'autre que moi, il aurait suffit, mais pas pour moi. Je la connais trop maintenant. Le masque ne fonctionne pas.
- Ça ne prend plus avec moi Sissy. À quoi tu joues ?
- Mais à rien. J'ai simplement retrouvé la raison !
Elle attrape le livre qu'elle voulait au départ et s'éloigne, mais je ne la laisserai pas faire ce qu'elle veut. Pas encore… Pas cette fois. Ce jeu est allé beaucoup trop loin, il a fait beaucoup trop de mal.
- Ne dis pas n'importe quoi.
- Laisse-moi tranquille !
PDV Sissy – Bibliothèque
Il tient à me mettre hors de moi. Il veut que j'éclate, que je ne me contrôle plus. Je sais que c'est ce qu'il veut. Je sais qu'enfin tout lui dire serait tellement la meilleure chose à faire, mais je ne peux pas. Je ne veux pas replonger dans l'enfer où j'étais tout ce temps. Pardonne-moi Olivier, mais je suis une fille très égoïste…
Il refuse bien sûr de me laisser, il me suit, me barrant même la route. Nous voilà reclus entre deux rayons. Lui et moi. Moi et lui. Nous…
- Ça te tuerait d'être franche deux minutes ? Parle-moi.
- Je n'ai rien à te dire. Si tu veux parler, va voir la chose qui te serre de petite amie !
La jalousie. Elle a pris naissance si facilement dans ma bouche que j'ai envi de me foutre une bonne claque. Pourquoi suis-je toujours si faible face à lui ? Pourquoi ne puis-je jamais garder le contrôle de moi-même ? Pourquoi mon rôle ne lui suffit pas ? Pourquoi doit-il toujours arracher le costume que je porte pour mettre mon âme à nue de cette manière ?
Il se rapproche de moi et je recule. Pourquoi joue-t-il ainsi avec le feu ? On ne lui a jamais dit qu'il brûle ? Mon dos bute contre un rayon de vieux livres poussiéreux et je n'ai plus le choix, plus d'échappatoire, je plonge mon regard dans le sien. Il est si déterminé.
- Sissy, dis-moi sérieusement ce qui se passe.
PDV Olivier – Bibliothèque
Oui, je dois être quelqu'un qui aime la souffrance au fond. Aller au devant du moment où elle me détruira d'un simple mot est tellement stupide et insensé, mais je n'en peux plus. Malgré tout ce que j'ai tenté, malgré tout ce je m'étais promis… Je ne peux pas rester loin d'elle. Je ne m'acharnerai plus que lorsqu'il n'y aura plus ce voile de mensonge dans ses yeux.
Son regard d'océan fuit le mien. Elle ne sait pas quoi dire. Elle ne sait pas non plus comment se comporter puisqu'elle se calle encore plus contre le rayon, pressant ses mains l'une contre l'autre. Mes bras se trouvent de chaque côté de son corps, je ne veux pas qu'elle fuit. Tout ça a assez duré. Je penche la tête vers elle, l'obligeant à me regarder de nouveau. Le voile est tombé. Son regard est franc pour la première fois depuis longtemps.
Tristesse, colère, désespoir, peur… Quatre éléments qui s'entremêlent pour créer une tempête dans la mer de son regard. C'est une tempête dévastatrice qui ne laissera rien sur son passage…
- Ce qui se passe, c'est que tu vas trop loin !
PDV Sissy – Bibliothèque
Je prends une bonne inspiration après ce crie du cœur. Il veut savoir ? Il va savoir ! Je n'en peux plus de tout ça et tant pis pour la suite, je n'en serai plus à ça près maintenant…
- Et c'est toi qui me dis ça, se moque Olivier avec un rire ironique.
- J'ai fait tout ce que j'ai pu pour que tu me détestes…
Ma voix est mal assurée, je peux sentir des larmes prendre naissance dans mes yeux, mais je prends une nouvelle inspiration profonde. Il est trop tard pour reculer maintenant. Les dés sont lancés.
- J'ai tout fait pour que tu ne supportes plus ma vue, pour que tu souhaites ma mort, mais ça n'a pas marché ! Pourquoi ? Pourquoi tu refuses de me haïr ?
C'est à lui de détourner les yeux, mais il semble beaucoup plus courageux que moi puisqu'il les ramène dans les miens. Son regard est si tendre, si aimant… Je ne le mérite pas…
- Parce que c'est au dessus de mes forces, répond-t-il simplement.
Les barrières… On se les impose pour ne pas les franchir. Pour se protéger. Pour se préserver. Mais elles sont si faciles à faire tomber. Il suffit de quelqu'un qui passe par-là, d'un regard, d'une parole et tout s'écroule en un clin d'œil alors qu'il fallut si longtemps pour les construire.
Et voilà qu'elles tombent, une à une, comme un jeu de domino. La dernière petite résistance qui pouvait y avoir en moi s'écroule dans ses yeux noisettes et je me laisse aller contre son corps qui était si près et si loin du mien tout à la fois. Je ferme mes bras autour de sa taille, sentant lentement les siens faire de même sur moi. Je ferme les yeux, respirant son odeur. Il m'a tant manqué, j'en tremble, et je sens ses bras se resserrer sur moi. Les mots prennent alors leur envole. Tous ces mots que je retiens en moi depuis si longtemps…
- Je ne voulais pas faire ça Olivier… Je ne voulais pas te dire tout ça, je ne voulais pas…
- Shhhhh… Ça va, c'est pas grave.
- Si c'est grave ! J'ai été immonde ! Je mériterais la mort pour ce que je t'ai fais. Tout ça parce que Marcus m'a menacé d'aller parler de toi à mon père… Je m'en veux tellement.
Il recommence avec ses « Shhhhh » qui se veulent apaisants. Il est tellement gentil. Pourquoi ne m'en veut-il pas ne serait-ce qu'un peu ? Je me sentirais peut-être moins horrible. Il commence à me bercer lentement et je me laisse aller à son étreinte. Il m'a tant manqué…
PDV Olivier – Bibliothèque
Je sens quelque chose de nouveau naître en moi, mais ce n'est que cette flamme que je pensais morte qui reprend vie pour devenir un feu ardant. Toute cette mascarade, tout ce mensonge, pour moi. Pour me protéger de son père. J'ai envi de lui hurler que c'est la chose la plus stupide qu'elle n'ait jamais fait de sa vie, mais je me retiens. Ça n'y changerait rien de toute manière et je préfère la garder tout contre moi pour encore cent ans.
Mais je ne suis pas si fort. Je cesse de la bercer et recule un peu pour rencontrer son regard. Sous l'émotion, une larme roule sur sa joue et je souris tendrement en la chassant du pouce. Ma main reste sur sa joue, attirant son visage au mien. Il y a si longtemps déjà…
Nos lèvres se rencontrent enfin pour la première fois depuis des mois. La première fois depuis ce bal où l'enfer s'était ouvert sous nos pieds. Cette bouche tentatrice que je retrouve enfin. Nos langues s'entremêlent pour un baiser qui traduit tout ce manque. Son corps épouse le mien à la perfection. Je nous sens remonter le temps. Revenir à cet instant dans cette salle de danse vide où elle m'avait dit qu'elle m'aimait. Elle était si belle à cet instant. Elle est si belle maintenant.
PDV Sissy – Bibliothèque
Un si beau rêve… Je n'arrive pas à me convaincre que c'est la réalité. Que je l'embrasse vraiment de nouveau. Que je peux vraiment le sentir contre moi. Qu'il est vraiment là, à savoir le fond de toute cette histoire. À savoir ce qui était vrai, ce qui était faux. À tout savoir… Je me sens si libérée, mais à la fois tellement apeurée. Oui… J'ai peur. Soudainement, elle vient me happé, me rappelant les conséquences de ce qui vient d'arriver.
Et tout aussi soudainement, je le repousse pour faire face à un regard interrogateur.
- Je… On ne peut pas…
- Et si tu parles à ton père ?
- T'es fou ou quoi ? Est-ce que tu sais toutes les conséquences qu'il y aurait ?
- Il est un monstre au point de te faire épouser un homme que tu n'aimes pas ?
- Il a bien marié une femme qu'il n'aime pas. Pour lui, l'amour et le mariage n'ont rien à voir ensemble. Le mariage est une question d'alliance et d'argent entre deux familles, voilà tout.
Il n'ajoute rien. Il ne me contredit pas non plus. Pourquoi ? J'aimerais tellement qu'il sorte l'une de ses belles paroles d'espoir, là, à cet instant bien précis. Quelque chose qui me ferait croire… n'importe quoi ! Mais il ne dit rien. Il semble réfléchir à un moyen de me sortir de tout ça. Mais comment ? Je n'en vois aucun. Depuis ma naissance je suis destinée à épouser Marcus. Ce n'est pas en un claquement de doigt que la chose changera.
- Alors ne disons rien…
- Quoi ?
- Je préfère t'aimer dans l'ombre, Sissy, que de ne pas pouvoir t'aimer du tout.
Mes yeux se plongent dans les siens. Il est si franc, si gentil, tellement aimant. Un sourire pousse sur mon visage et je me hisse sur la pointe des pieds pour l'embrasser. Ce baiser efface tout. Toutes les peurs, tous les doutes, tout ce qui pouvait me laisser patauger dans mon malheur. Mais quelque chose persiste en moi. Pourra-t-il vivre comme ça bien longtemps ? Pourra-t-il supporter qu'un autre s'affiche avec moi ? Qu'un autre me touche… Et moi ? Pourrai-je le supporter ?
