Et voici la suite! Désolée du temps qu'elle a mise à arriver =/
Bonne lecture à tous ^^
Chapitre 7
D'un battement d'ailes…
-Septième Année-
PDV Sissy – Parc
Septembre se meure doucement et parmi ces feuilles qui se colorent lentement, un secret se cache. Notre secret. Lui et moi, à nouveau, malgré tout. C'était ce qu'il m'avait dit ce jour-là, dans la bibliothèque après que j'aie finalement craqué. Il est tard, le soleil est parti se cacher dans les montagnes et moi je suis là, dehors, marchant lentement entre les arbres du parc, fixant tout et rien à la fois. C'est l'heure du repas, le meilleur temps, celui où tout le monde est trop occupé à manger pour faire attention aux autres. C'est devenu notre moment. Notre instant volé qui tarde toujours trop à arriver et qui fini toujours trop vite.
Je jette un regard à la dérobée, il n'est toujours pas là. Mais je ne m'en fais pas, il viendra. Il vient toujours. Et il est là. Je sens soudainement sa présence, quelques centièmes de seconde avant qu'un bras ne se glisse autour de ma taille et qu'une paire de lèvres ne dépose un baiser aimant dans mon cou. Un sourire naît sur ma bouche et je me retourne pour faire face à Olivier. Si grand, si robuste, si doux… Tellement lui.
Aucun mot n'est prononcé. C'est bien inutile d'ailleurs. Tant de mots furent dits et entraînèrent tant de choses que je préfère encore ne rien dire. C'est plus sûr et tellement meilleur. Je n'ai pas besoin qu'il me dise que je suis belle, je peux le lire dans ses yeux. Je n'ai pas besoin de lui demander comme il va, ça aussi son regard me le murmure. Tant de choses en un regard.
Je ferme les yeux et l'embrasse tendrement. Mes bras se referment autour de son cou, je sens ses mains courir dans mon dos. Si je pouvais arrêter le temps, je le ferais juste ici. Dans ce petit moment, dans ces gestes, cet instant tout simple, mais tellement précieux qui représente tant de chose…
Mais hélas, le temps est comme de l'eau, il glisse entre les doigts, il est insaisissable, tellement volatile. Je déteste le temps. Lui qui est si long sans Oliver. Lui qui est si court avec Oliver. Pourquoi cette course folle ne s'arrête jamais ?
Je n'aurai sans doute jamais la réponse à cette question. C'est bien dommage d'ailleurs…
PDV Olivier – Parc
J'ai passé la journée à imaginer cet instant. Celui où plus rien ne compte sinon le plaisir de la tenir dans mes bras. Je peux sentir son corps se rapprocher du mien, ses bras m'attirer un peu plus bas sans quoi elle doit se mettre sur la pointe des pieds pour m'atteindre.
Un léger sourire s'inscrit sur mon visage par cette attitude, mais il est vite dévoré par sa bouche avide de baiser. Je me soumets totalement à son désir, je serais fou de faire autrement. Mais elle met fin au baiser, attirant un regard interrogateur de ma part.
Un magnifique sourire malicieux illumine son visage et elle me prend une main, m'entraînant dans les profondeurs du boisé du parc. Et lorsque nous sommes à l'abri de tous regards, elle me pousse contre le tronc large d'un arbre pour m'embrasser de nouveau. Ses mains attaquent tout de suite ma chemise et la brise fraîche du soir fait frissonner un instant ma peau mise à nue avant que Sissy ne la fasse brûler sous des baisers ardents.
- Sissy…
- Tais-toi.
- On est dans le parc Sissy !
- Je t'ai dit de te taire.
Elle me lance un sourire. Ce sourire… Celui auquel je ne peux résister. Et son visage revient vers le mien pour me faire taire une fois pour toute. Toute résistance s'envole et j'en oubli même où nous nous trouvons. C'est dangereux de rester là pour ce qui va suivre, mais hélas je suis si faible face à ses délicieux arguments.
D'elles-mêmes, mes mains partent à la découverte de son corps que je connais pourtant par cœur.
Je peux sentir les siennes qui tombent rapidement sur le bouton de mon pantalon. La voix de la raison m'échappe à nouveau.
- Sissy…
- J'ai envie de toi Dubois et rien de ce que tu diras ne me fera changer d'idée !
Dubois… elle ne m'appelle par mon nom que pour m'ordonner des trucs du genre. Je tente de résister encore un peu, mais c'est bien pour la forme. Il me tarde déjà d'être en elle. Mes mains glissent alors sous son fessier, la soulevant avec facilité et je pivote pour appuyer son dos au tronc d'arbre.
PDV Sissy – Parc
Mes jambes s'enroulent automatiquement à sa taille alors que ma tête tend légèrement vers l'arrière et mes yeux se ferment en songeant déjà au plaisir à venir.
Je sens sa bouche descendre de long de mon cou à la recherche de peau à embrasser. Je sens aussi ses mains faire céder les rempares qu'il y a encore entre nous. Et finalement, je le sens lui. Un gémissement franchi mes lèvres.
Ce moment où nous sommes qu'un, ce moment où je me sens enfin complète… C'est si bon. J'en oubli tout le pathétique de mon existence. J'en oubli mes parents et leurs projets. J'en oublis ce que je risque à être avec lui. J'en oubli ce taré qui est mon fiancé. Lorsque Olivier est en moi, j'oubli tout, ne voyant que lui…
Mais comme tous les jours, comme toutes ces fois où nous pouvons nous voir, le temps passe trop vite. Aussitôt arrivé, aussitôt terminé. Je déteste ça. Je déteste avoir à le quitter, mais plus longtemps signerait notre arrêt de mort. Si seulement je ne devais pas partager le lit de Marcus tous les soirs, j'irais dans celui d'Olivier…
Le soleil est complètement couché maintenant. Il y a des heures que je suis partite sans la moindre explication. J'ai eu beaucoup de mal à quitter Oliver et je n'ai pas résisté à aller en cuisine pour manger un peu, j'étais affamée.
Quand je pénètre dans la salle commune, le rêve prend fin. Moi qui avait encore le doux souvenir d'Olivier sur le visage, je dois faire de gros efforts pour prendre un air impartial. Marcus est là, bien installé au coin du feu.
Serrant les points, je vais le rejoindre, l'embrassant à la commissure des lèvres en guise de salut et je veux me diriger vers les dortoirs, mais il me saisit par le poignet, m'empêchant de partir. Je tourne lentement la tête vers lui, il me détail avec l'attention d'un pervers. Je déteste quand ses yeux se permettent de faire ça. Je vois bien dans son regard qu'il m'imagine toute nue. J'ai horreur de ça. Il me tire vers lui, m'obligeant à s'asseoir sur ses genoux.
- Où étais-tu ?
- J'avais des choses à faire.
- Quel genre de choses ?
- Le genre qui ne te concerne pas.
Je détourne le regard, fuyant ses yeux de porcs. Je ne lui dis jamais ce que je fais pour peu importe les raisons. Je ne l'ai jamais dit et je ne le dis jamais. Mais voilà, depuis quelques temps, ça ne lui suffit plus comme réponse. Il veut tout savoir dans les moindres détails. Il serre mon visage dans sa main droite, me forçant à le regarder dans les yeux. Merlin que je peux haïr ce type.
- Dis-moi ce que tu faisais !
- J'étais simplement partie prendre l'air ! Il me faut ta permission maintenant ? On est pas encore marié que je sache !
Je le repousse, voulant me lever mais je ne peux pas, il m'en empêche. Pourquoi cette pourriture a-t-il l'avantage de la force ?
- Mais tu es ma fiancée et que tu le veuilles ou non, tu es à moi !
Je déteste quand il parle comme ça. J'ai horreur qu'il me traite de chose dont on fait son bon vouloir. J'en viens à me demander souvent pourquoi moi. Pourquoi a-t-il fallut qu'il soit obsédé par moi ? Qu'est-ce que j'ai de plus que les autres pour qu'il me veuille à ce point ?
Je sens ses mains glisser sous ma jupe d'écolière. Je ne peux réprimer un air dégoûté. Je ne veux pas qu'il remplace la trace d'Olivier. Pas alors que je viens tout juste de le quitter. Je tente de le repousser à nouveau et je sens ses doigts s'enfoncer dans mes cuisses. Il ne me reste qu'une chose à faire. Serrer les dents, fermer les yeux et attendre que ce moment passe…
PDV Olivier – Gryffondor, Dortoir des 7ième années
Il est passé minuit et je ne trouve pas le sommeil. Je roule depuis déjà une heure dans mon lit et pourtant mes yeux ne se ferment toujours pas. Je ne pense qu'à elle du matin au soir et elle peuple mes rêves de son doux visage. Mais parfois, le rêve devient cauchemar. Je la vois avec lui. Je la vois se faire toucher par lui.
Je déteste ça. Je savais que ça arriverait. Je savais bien que je ne le supporterais pas, mais quel choix ai-je d'autre ? Demander une permission pour quitter Poudlard, me rendre au manoir Higgs et dire d'emblé à son père que je suis amoureux d'elle, que je suis son amant ? Je doute que ce soit l'idée du siècle. Et pourtant… Si je lui révélais tout ce que sa fille subit resterait-il de marbre ? Un homme ne peut pas permettre que sa fille se fasse ainsi brutaliser, non ? Mais je sais que Sissy n'acceptera jamais. Elle a beaucoup trop de fierté pour montrer à son père la honte qu'elle a subit simplement pour lui obéir.
Pourquoi d'ailleurs ! Pourquoi se laisser ainsi gouverner par son père ? Il suffirait de partir. De partir très loin sans regarder derrière… Mais qu'est-ce que je raconte ?
Sûrement la frustration de ne pas trouver le sommeil qui me fait délirer. Et pourtant, ça semble si facile… Trop facile. Ce qui est plus vite à décider qu'à penser ne marche pas, le plus souvent.
Il me fallut encore deux heures pour tomber de fatigue et je me fis réveiller par les co-chambreurs. Le manque de sommeil est bien visible sur mon visage et même la douche n'a pas réussi à me revigorer. Je suis maintenant dans les couloirs, en route pour la grande salle et le petit déjeuné. Une fois installé, je prends un peu de tout ce qui s'offre à moi et mange, sans un regard pour personne. Je ne veux pas regarder la table des Serpentards, je ne veux pas la voir avec lui.
- Olivier tout va bien ?
- Ça va Natalie… J'ai juste mal dormi.
- Tu es étrange ces temps-ci. Et… distant…
J'arque un sourcil, mine de dire « de quoi tu parles » alors que je sais exactement ce qu'elle veut dire. Je me sens très salop sur ce coup là. Je n'ai pas rompu avec Natalie. Que pourrais-je lui dire ? Désolé, je voulais oublier Sissy alors je suis sorti avec toi, mais ça y est, c'est arrangé, je n'ai plus besoin de toi. C'est ignoble. Ça n'a même pas de mot et pourtant, c'est la stricte vérité. Je l'ai simplement utilisé. Je cherchais Sissy partout en elle sans jamais la trouver…
Du coup, depuis que Sissy et moi nous nous voyons à nouveau dans le plus grand secret, je l'évite. J'évite Natalie autant que je peux, prétextant toutes les raisons du monde, le quidditch le plus souvent alors que la saison n'est pas encore commencée.
Je m'en veux de lui faire ça. De retarder ainsi l'inévitable. J'aurais dû y penser avant de sortir avec elle. Maintenant, je sais que la seule chose d'honnête à faire est de rompre, mais je ne supporte pas l'idée d'être la cause du mal qu'elle aura…
PDV Sissy – Grande Salle
Je n'ai pas eu droit à un seul regard de tout le petit déjeuné. Moi qui n'attendais que le moment où je pourrais plonger mes yeux dans les siens pour qu'il efface de ma tête tout ce que Marcus m'avait fait… Moi qui avais repassé tout nos petits moments dès que ce porc fut endormi pour ne pas me mettre à hurler comme à chaque fois que je pouvais sentir son bras possessif sur mon corps.
Certes, c'est plutôt égoïste de ma part d'agir ainsi, mais réalise que je ne tiens que par lui et qu'en pensant à lui ! Alors j'ai besoin de ses yeux sur moi. Mais ce que je récolte, c'est plutôt une main sur ma cuisse et je serre les dents sous la douleur. Depuis hier, j'ai cette partie du corps plutôt sensible et douloureuse. J'ai un fiancé très attentionné, n'est-il pas ?
- Qu'est-ce que tu veux Marcus ?
- Rien.
- Alors lâche-moi un peu, je suis pas d'humeur.
Je repousse sa main et je me lève pour quitter la table. Il va être furieux après ça et ça ne fera qu'empirer les choses, mais tant pis. Une fois dans le couloir, je m'installe dans un coin, à l'abri des regards. J'ai besoin de le voir, de me blottir contre lui…
J'attends plusieurs minutes et finalement il passe, avec Emma. Heureusement que c'est Emma et non Natalie.
- Olivier.
Ma voix n'est pas très forte, mais suffisamment pour qu'ils m'entendent. Ce n'est pas lui qui répond, seulement Emma qui dit « vas-y. » Elle est tellement gentille.
Et je le vois enfin. Il est là devant moi et je fonce dans ses bras, fermant les yeux, respirant son odeur à pleins poumons.
- Hey doucement. Qu'est-ce qui se passe ?
- Rien. J'avais besoin d'être avec toi, c'est tout.
Je ne le vois pas, mais je devine un sourire sur son visage. Je peux le sentir me serrer un peu plus fort contre lui et juste ça est suffisant pour me faire oublier cette nuit. Comment peut-il avoir un tel pouvoir ? La vie est tellement bonne dans ses bras et tellement horrible lorsque je n'y suis pas.
PDV Olivier – Couloir
Il y a quelque chose. Elle ne veut pas me le dire, mais je le sens. Je la connais trop bien maintenant pour ne pas le sentir. Mais je la garde simplement contre moi. Même si je lui redemande, je sais qu'elle ne dira rien. Elle est comme ça, avec sa foutu fierté. Elle refuse d'avoir l'air faible. Je sais qu'au fond, elle enrage d'avoir besoin de moi…
Je recule un peu, cherchant des réponses dans son regard qui se referme aussitôt. Pourquoi être ainsi avec moi Sissy ? Tu sais bien que ça n'est pas utile. Elle me sourit pour affirmer ses dires, elle m'embrasse pour finir de me convaincre ou du moins, de me faire abandonner l'idée de persister. Elle y arrive presque…
Presque seulement parce qu'en collant mes jambes contre les siennes, je la sens se raidir. Je coupe alors le baiser, lui jetant un regard interrogateur.
- Sissy ?
- C'est rien je te dis !
Pourquoi me mentir autant amour ? Tu sais bien que ça ne fonctionne pas avec moi. Elle fuit mon regard, elle est honteuse. Tant pis, je dois savoir. Elle porte sa jupe d'écolière, donc si le bas des jambes est découvert et qu'il n'y a rien, c'est logiquement vers le haut. Sans la moindre pudeur, de toute façon nous sommes seuls, je soulève le vêtement, découvrant les ecchymoses qui parsèment ses cuisses.
Elle les cache aussitôt, refusant toujours de me regarder. C'est ça… Ça qu'elle devrait montrer à son père lorsqu'elle dit ne pas vouloir épouser Marcus. C'est ça qu'elle devrait monter à l'infirmière et lui dire qui lui fait tout ça. C'est ça qui me rend malade chaque fois que je la sais avec lui…
- Sissy…
- Ne dis rien.
- Mais.
- Non !
Elle me regarde enfin, ses yeux sont à la fois désemparés et déterminés. Pourquoi autant de fierté dans une fille aussi malheureuse ? Pourquoi autant d'orgueil dans un corps aussi maltraiter ?
- Ça ne peut pas continuer comme ça Sissy.
- Et qu'est-ce que je suis censée faire ?
- En parler ! Je suis sûr que ton père n'est pas stupide au point de te forcer à marier ce type avec ce qu'il te fait ! Si tu…
- Je ne dirai rien à mon père !
- Pourquoi ? Tu cherches le mal ou quoi ?
- Il ne me croirait pas. Je lui ai menti combien de fois tu penses ? Combien de fois à inventer n'importe quoi pour assouvir mes caprices ? Combien de fois il a su et combien de fois il ne m'a plus cru ? Mon père me prend pour une sale petite menteuse indigne de porter son nom ! Je suis une erreur pour lui ! Je ne suis pas supposée exister à ses yeux ! Tout ce que je dis, tout ce qui m'arrive, il s'en fou totalement ! Je n'irai pas lui faire le plaisir de me traiter de menteuse encore fois. Je n'irai pas m'humilier devant lui pour me faire dire d'arrêter mes gamineries et de me conduire comme une adulte.
- Et tu penses que continuer comme ça, c'est mieux ? Tu crois que ça m'enchante de savoir comment il te traite ?
Elle fuit à nouveau, jetant ses yeux sur un point invisible. Je peux voir les larmes emplirent son regard, ses lèvres trembler légèrement sous la fureur du moment.
- Damnée soit ta fierté Sissy Higgs.
Ses dents se serrent et le son des cloches annonce qu'il vaut mieux se mettre en route pour les classes si on ne veut pas être en retard. Je soupire. Pas maintenant.
- Je dois y aller, la classe d'histoire est à l'autre bout du château.
- Sissy…
- Au revoir.
Et elle s'en va, ne me laissant visiblement pas le droit de la suivre…
PDV Sissy – Classe d'histoire de la magie
Ce cours est long et atrocement ennuyeux. Cet ennui me permet de penser et je déteste ça. Damnée soit ta fierté Sissy Higgs. Les mots vagabondent dans mon esprit sans que je ne puisse les expulser. L'image de son visage lorsqu'il les prononça… Cette lueur de déception dans ses yeux. Pourquoi est-il si fort pour m'infliger ça ? Pourquoi suis-je si faible pour fuir ?
Il a pourtant tellement raison, je suis trop fière, je refuse de m'abaisser pour mieux m'élever par la suite. Mais c'est plus fort que moi. Tant de fois mon père n'a plus cru mes mensonges. Saura-t-il voir la vérité cette fois-ci ?
Mon pessimisme me dit que non. Il poussera un soupire, me regardera comme toutes les autres fois et me dira de cesser mon jeu, d'être une adulte pour changer et de me conduire comme on l'attend de moi. Je n'ai pas le courage d'affronter ça alors que pour une fois je ne mentirais pas. Je n'ai pas la force de faire face à un échec. Pardonne-moi Olivier, je ne suis pas aussi forte que toi…
Le cours prend fin au bout de ses trois heures et tandis que tous les autres se précipitent dehors, je rassemble lentement mes affaires. Cette altercation avec Olivier m'a mise à plat, totalement. Nous ne nous étions jamais réellement disputé avant aujourd'hui et j'aurais préféré que ça n'arrive pas. Quand je sors finalement de la classe, Marcus est là, m'attendant. Je m'efforce donc de reprendre le dessus, d'enfiler mon costume, d'être celle qu'il veut que je sois. Comme ça, il me fichera la paix.
- Qu'est-ce qu'il y a ? Tu as peur que je me perde maintenant ?
- Pourquoi t'es partie ce matin ?
- Parce que j'avais des choses à faire !
- Tu sembles bien occupée depuis quelques temps. Quelque chose à cacher ?
Je m'arrête de marcher, me tournant vers lui. Il sourit. Un sourire satisfait, comme s'il savait. Impossible. Il est beaucoup trop bête pour savoir !
- Pourquoi je te cacherais des choses ? C'est bien inutile puisque tu ne vois même pas ce qu'on ne te cache pas.
- Ne commence pas à jouer à ça avec moi, ça pourrait te coûter cher.
- Et bien j'attends. Qu'est-ce que tu peux bien me faire de pire que ce que tu as déjà fait ? Hein ?
Il garde le silence. Il garde son foutu sourire qui me donne la nausée. Là, sur le coup, je dois bien admettre qu'il arrive à me faire peur. Il est trop calme. Il est trop sûr de lui. Il se passe quelque chose…
- Tu verras en temps voulu.
Et il s'en va, me laissant là avec mes questions, avec mes doutes. Il prépare définitivement quelque chose. Mais quoi ? Devrais-je en parler à Olivier ? Non… Je ne veux pas qu'il s'inquiète, mieux vaut garder tout ça pour moi.
Mais je dois tout de même aller le voir, cette dispute pèse trop, je ne le supporte déjà plus. Alors j'arpente les couloirs, ne sachant pas exactement où aller, ne sachant pas où le trouver. Il me serait assez difficile de dire le temps que je passe comme ça, à marcher vers rien du tout, mais je finis tout de même par le trouver. Il est en compagnie de quelques membres de son équipe de quidditch, là au bout de ce couloir. Et moi je marche vers lui, comme s'il n'y avait personne d'autre.
PDV Oliver – Couloir
J'étais en train de prévoir simplement quand aurait lieu la première rencontre de l'équipe et voilà qu'elle apparaît au bout du couloir. Elle ne fait aucun geste pour s'en aller ou pour m'ignorer, comme elle l'aurait fait en temps normal. Je déglutis. Je sens qu'il se passe encore quelque chose…
- Les gars, on se retrouve tout à l'heure.
- Pourquoi ? Demande Fred.
- Parce que c'est tout.
- Bien bien, poursuis George. Nous filons !
Et ils s'en vont alors que Sissy arrive à ma hauteur. Elle ne dit rien, ne m'approche pas non plus. Son regard est fuyant. Elle cherche quoi dire. Elle cherche comment agir.
- Olivier je…
- C'est pas la peine.
- Non, je tiens à m'expliquer ! J'ai simplement peur Oli… Je, je ne suis pas comme toi. Je n'ai pas ton courage. Je n'ai pas le courage d'espérer que parler à mon père arrangera les choses. Parce que si ça ne change rien, alors j'aurai espéré pour rien, je ne voudrai plus espérer et je n'espèrerai plus que ça change…
- Sissy…
Sa révélation me rend simplement muet. Je voudrais lui dire que si elle parle, il y aura forcément quelque chose de bien qui arrivera. Mais en suis-je si certain moi-même ? Après tout, je ne connais pas son père et le portrait qu'elle en fait va assez peu dans mon sens optimiste des choses.
- Bref, coupe-t-elle, je suis désolée pour la scène de ce matin.
Elle lève finalement ses yeux d'océan sur moi et je ne peux me contrôler. Je lui tends un petit sourire et elle me le rend avant de se rapprocher pour se coller contre moi. Je ferme machinalement mes bras autour d'elle, appuyant ma tête sur la sienne, respirant l'odeur fruitée de ses cheveux bouclés.
Je sens qu'il reste quelque chose. Je la connais si bien maintenant. Il y a quelque chose qu'elle ne veut pas me dire, encore… Mais je me tais, je préfère ne pas déclencher une autre dispute alors que la dernière vient tout juste d'être réglée.
