Je profite de la fin de mes vacances pour vous poster la suite ^^

Enjoy! =)


Chapitre 8

…Suit l'ouragan

-Septième Année-

PDV Sissy – Parc

Je cours. Je cours depuis le terrain de quidditch, aussi bien dire que je suis à bout de souffle, mais ça n'est pas suffisant. J'ai toujours autant de rage. Je viens d'arriver dans cette clairière où nous avons pris l'habitude de nous voir. Il est là, contre un arbre à lire je ne sais quoi et ce n'est qu'à cet instant que je m'arrête enfin.

Olivier lève un œil sur moi, il constate assez vite que je suis de mauvaise humeur. On ne peut pas dire le contraire, me voilà qui tourne en rond comme un lion en cage, sans un mot, sans une marque de salutation.

- Qu'est-ce qui c'est passé ?

- Il m'a éjecté de l'équipe de quidditch ce con !

Ma voix se répercute tout autour de nous, faisant fuir les derniers oiseaux qui tardent à partir vers les endroits plus chauds. Et oui, Marcus Flint a jugé que je n'étais pas suffisamment qualifiée pour faire partie de l'équipe cette année. C'est n'importe quoi !

- Quoi ? Mais tu es la meilleure poursuiveuse de votre maison !

- Je suis au courant Olivier ! Il a vraiment décidé de me pourrir la vie celui-là…

Et je viens m'asseoir à côté de mon amant, toujours aussi en colère. Il ferme son livre, le pose de l'autre côté de lui et laisse une main aller sur mon genou. Ma tête trouve confort contre son épaule, mais même si je me sens bien, je suis toujours aussi enragée contre cet imbécile.

- Écoute, s'il ne tient pas à gagner, tant pis pour lui.

- Si tu le laisses marquer le moindre petit point cette année, tu vas le regretter Dubois !

Sa seule réaction est de rire. Je commence par lui jeter un regard noir, je ne trouve pas ça drôle du tout, mais son rire et son sourire finissent par me gagner et je ris aussi, me rapprochant de lui un peu plus pour le simple plaisir d'être dans ses bras.

- Tu peux me dire comment tu fais pour me rendre joyeuse si facilement ?

- Hum… Parce que je suis exceptionnel ?

Je secoue légèrement la tête avant de finalement la relever un peu pour aller à la rencontre de ses lèvres. J'adore ces petits moments. Quand il n'y a pas le moindre nuage sur nos têtes. Quand il n'y a rien à cacher. Quand tout est si facile que j'arrive à oublier le reste. C'est définitivement les meilleurs moments de ma triste vie.

C'est à ces temps volés que je pense ensuite toute la nuit quand je ne trouve pas le sommeil. Cette chose dont Marcus m'avait mis en garde ne s'était pas manifester encore et octobre était déjà bien entamé. Je sais que je devrais rester sur mes gardes, qu'il n'attend que le moment où je n'y penserai plus… Et j'avais raison…

Ça se passe le lendemain matin de cet épisode au parc. Je me lève comme tous les matins pour plonger sous la douche, m'habiller et je me rends à la grande salle pour le petit déjeuné. Mon regard se pose automatiquement sur la place habituelle d'Olivier. Il n'est pas encore là. Normal, il est toujours à la dernière minute le matin.

Je me dirige simplement à ma place et je me serre à manger. Jusqu'ici, c'est un matin parmi tant d'autres. Un petit matin comme il y en a eu et en aura encore. Mais je me trompais. Ce matin ne reste pas bien longtemps comme les autres. Ça se passe très exactement à l'arriver du courrier livré par les chouettes et les hiboux. Il y en a des centaines de plus que d'habitude. Ce n'est pas normal. Tous les étudiants, tous les professeurs. Tout le monde en reçoit un. Absolument tout le monde ! Ils portent tous le même parchemin. Le même que je déroule dès que je le reçois. Et c'est là… à cet instant précis, que je me rend compte de l'imagination tordue de Marcus.

Le parchemin est plutôt long et il ne s'y trouve que des photographies. Pucey, Baddock, Bletchley, Warrington et Pritchard. Tous des Serpentards. Et qui est avec eux? Moi… Ces photos ont toutes été prises depuis longtemps. Je le sais parce qu'il y a des mois que je ne suis pas allée les voir, des mois que je n'ai rien fait de ce que ces photos montrent avec eux… Mais il y a pire encore. Il y a aussi une dernière photo, à la toute fin. Celle-là est beaucoup plus récente. C'est moi… Olivier et moi. Ce soir là, dans le parc, lorsqu'il disait qu'on pourrait nous voir et que je n'ai rien voulu entendre…

Le parchemin glisse de mes mains, je sens des regards sur moi. Des centaines de regards. Je lève les yeux et je fais face. C'est tout simplement inimaginable. Tellement de personnes à la fois qui vous prennent pour une traînée, pour une fille facile, pour une moins que rien. C'en est trop. Je me lève et file vers la sortie, sans le moindre mot, sans le moindre son, la tête haute tout de même. J'ai encore ma fierté malgré l'image de moi qui vient de mourir.

Je suis sur le point d'atteindre la sortie que j'ai droit à des yeux en larmes. Des larmes rageuses. Des larmes qui m'en veulent à moi. McDonald… Elle ne dit rien, me regardant simplement comme la pire des souillures et me gifle. Le brut de sa main contre ma joue résonne dans toute la salle affreusement silencieuse. Je reste de marbre, je ne bouge pas d'un millimètre.

- Comme si tous ceux-là te suffisaient pas, il a fallu que tu sautes sur celui d'une autre?

Son crie est déformé par la colère, mais je ne dis rien. Je ne pense pas que lui apprendre qu'en fait, nos rôles étaient inversés, soit la meilleure chose à faire sur le moment. Et c'est là qu'il arrive. Je vois son sourire prendre naissance alors qu'il me voit. Et je vois son sourire mourir en constatant le silence inhabituel et les larmes de sa petite amie.

Mon regard croise le sien, l'espace d'un instant, une microseconde avant que je ne fuis cette salle.

PDV Olivier – Grande Salle

Il n'y a tout simplement rien de concret qui me vient en tête. Qu'est-ce qui se passe ? Tout va bien et l'espace d'ensuite rien ne va plus. Les élèves me regardent tous comme si j'étais un pestiféré et je ne sais même pas pourquoi. Natalie se tourne vers moi. Son visage me fait froncer les sourcils.

- Natalie, qu'est-ce qui se passe ?

- Tu comptais me jouer dans le dos combien de temps ?

- Quoi ?

- Ne fais pas l'innocent ! Tout le monde le sait !

Elle me jette un parchemin à la figure et ce que j'y découvre me choque. Mais ne ce n'est pas autant elle et moi qui me choque, mais bien elle et eux. Je me doutais bien que lors de ce jeu de chat je n'étais pas le seul. Je n'étais pas dupe au point de croire qu'il n'y avait que moi. Mais eux tous ? Les mots me manquent.

- Et tu ne démens pas, s'emporte Natalie. C'est donc vrai ?

- Natalie…

Sa main percute ma joue. Que dire ? Rien du tout, je l'ai mérité, voilà tout. Cette humiliation, je la mérite totalement, ce pourquoi je ne détourne pas le regard et que j'affronte comme je dois le faire.

- Je suis désolé…

Je sais que ça ne changera rien. Qu'elle ne me croira sans doute même pas. Mais tant pis, à défaut de ça, je sais en moi-même que j'ai été au moins franc une fois face à elle. Et sans plus ajouter, sans plus attendre, je tourne les talons et je fais demi tour. Qui est derrière tout ça ? Flint ? Peut-être, mais pourquoi prouver à tout le monde qu'il était le type le plus trompé de tout Poudlard ? Ça n'a aucun sens.

Je dois trouver Sissy, la voir, lui parler. Après tout, je passe plutôt inaperçu dans tout ça. Je ne suis qu'un sur six, alors qu'elle… Je n'ose même pas imaginer comment elle doit se sentir. Heureusement, je ne mets pas longtemps pour la trouver, elle est assise sur le rebord d'une fenêtre. Cette même fenêtre où elle s'était réfugiée après avoir reçu la lettre de son père avant noël l'an dernier.

- Sissy…

- Laisse-moi tranquille !

Elle fuit de nouveau, tournant la tête vers la fenêtre, mais le petit reniflement qu'elle voulait garder discret la trahi. Elle pleure.

- Ils oublieront vite. Tu le sais bien, la semaine prochaine quelque chose d'autre attirera l'attention de tout le monde.

- Mais je me fiche complètement des autres Olivier !

La, je l'admets, je ne la comprends pas. Ses yeux se posent alors sur moi. Des sillons de larmes parsèment ses joues. J'ai horreur de la voir comme ça.

PDV Sissy – Couloir

Je peux voir dans ses yeux qu'il ne comprend pas. Pourtant j'aurais cru… Il y a bien longtemps déjà que je me fiche de ce que les autres peuvent penser de moi. Ça remonte à bien avant toute cette histoire. Non, en voyant ces photos, c'était à lui que je pensais. Comment pourrait-il me regarder en face en les voyant ? Comment pourrait-il supporter de voir ces photos de moi avec eux ?

Mais il est là, contre toute attente, devant moi à vouloir me rassurer par rapport aux autres étudiants. Comment fait-il pour être si gentil ? Un autre que lui ce serait empressé de péter une énorme crise de colère. Peut-être que c'est ce que je veux. Une bonne crise, me faire hurler dessus. Le voir en colère pour ce que j'ai fait. Mais rien. Rien du tout. Même pas un reproche. Ce type est trop gentil, ça finira par le perdre un jour.

- Qu'est-ce qu'il y a alors ? Demande-t-il doucement.

- Tu tiens vraiment à ce que je tourne le couteau dans la plaie? Que je te demande ce que ça t'a fait de voir ces photos? Que je te demande ce que tu penses de moi après avoir vu ça? Que je te demande si je suis toujours aussi bien pour toi? Que tu ne me vois pas différemment? Que je mérite encore tout ce que tu fais pour moi? C'est ça que tu veux?

Je m'arrête, surtout pour respirer. Tout est sorti d'un coup alors que mes larmes ont redoublés sans que je ne le réalise. Je n'en ai rien à faire de tous ces gens que je ne connais pas vraiment. Qu'ils pensent ce qu'ils veulent, ça ne m'empêchera pas de dormir. Mais lui. Lui par contre…

- C'était il y a longtemps, non? Poursuit simplement Olivier.

- Depuis que Marcus a interdit aux autres de m'approcher…

Je n'ose pas le regarder. Je ramène ma tête contre la fenêtre, observant l'extérieur avec ses feuilles colorées qui tombent les unes après les autres. Ma vie s'envole comme elles. Petit à petit, un événement à la fois…

- Ça remonte alors. C'est comme reprocher à une fille d'être sortie avec un autre avant d'être avec elle.

Oh pourquoi! Personne n'est si compréhensif et gentil dans la vraie vie! Pourquoi tu ne m'en veux pas Olivier? Ça serait tellement plus facile. Je pourrais avoir une bonne raison de me sentir lamentable au moins…

- Tu es trop gentil Olivier, tu savais ça?

- On me le dit souvent.

Je peux voir un sourire illuminer son visage. Ce sourire me donne la force de lui en rendre un petit. Je tends le bras, prenant sa main dans la mienne, le tirant vers moi pour l'obliger d'une façon muette à venir s'asseoir avec moi. Il s'exécute sans le moindre mot non plus et je me blotti simplement contre lui.

Avec ses bras et son odeur autour de moi, je me sens si bien. Invulnérable. Comme si rien ne pouvait m'atteindre. Quand je suis avec lui, rien d'autre ne compte, tout simplement.

PDV Olivier – Couloir

Je ne sais pas exactement combien de temps nous restons là. À la tenir contre moi, à laisser mes doigts errer dans sa longe chevelure brune et bouclée, je perds la notion du temps. L'événement de ce matin a paralysé un peu l'école. Il n'y a pas eu de cours à la première période. Je le sais parce que jamais les cloches n'ont sonné et personne n'est sorti de la grande salle.

Les professeurs ont sûrement parlés avec les étudiants, tentés de savoir qui était l'auteur de tout ça. Mais peu importe, je demanderai à Emma… C'est finalement le professeur Rogue qui est le premier à sortir de la salle et qui vient vers nous, comme s'il savait exactement où nous nous trouvions. Sissy reste contre moi, alors que Rogue nous a parfaitement vu, enlacés. Elle finit par se lever tandis qu'il est tout près et je fais de même, légèrement gêné. Cette photo de nous était largement explicite…

- Monsieur Dubois, Miss Higgs. Veillez me suivre, je vous pris.

Je jette un œil à Sissy. Elle suit Rogue comme s'il s'agissait de Merlin lui-même. Alors même si suivre ce type ne m'enchante pas spécialement, je le fais. Il nous conduit jusqu'au bureau de Dumbledore et là, il y a tous les autres concernés des photos et il y a aussi Marcus. McGonagall est là aussi. Mais il y a plus. Il y a un homme dont je n'ai pas le souvenir très précis. Il est assis alors que tous les autres sont debout. Et à ses côtés, les bras croisés, Terence Higgs.

- Père, mais…

- Ma fille, as-tu la moindre idée du scandale que ça peut être pour notre famille?

- Père, je crois que vous devriez laisser Sissy s'expliquer, coupe doucement Terence.

- Bien, alors qu'elle s'explique!

Sissy ne parle pas tout de suite. Je dois bien l'admettre, son père est assez imposant. Je comprends un peu mieux ses réticences à son égard. Elle me jette un regard avant de finalement reposer les yeux sur son père et quand finalement elle est sur le point de prononcer quelque chose, Marcus s'avance d'un pas, la devançant.

- Monsieur, il est évident que tout ceci est le geste de quelqu'un qui ne cherchait qu'à faire du tord à votre fille et votre famille…

- Continue Marcus.

- C'est un montage monsieur, tout simplement. Une farce si vous préférez. Rien de ceci n'est vrai, j'en suis certain.

- Pourtant jeune homme, j'ai bien eu de votre père…

- C'était un simple mal entendu qui c'est vite réglé monsieur.

PDV Sissy – Bureau de Dumbledore

Alors c'était ça. C'était son plan depuis le début. Faire un scandale pour ensuite jouer le rôle du héro et sauver les apparences. M'obliger à lui devoir quelque chose d'énorme. Sur ce coup, je ne peux que m'incliner. Il a fait fort. Très fort. Je ne peux tout de même pas crier qu'il ment, que ces photos sont réelles.

- Eh bien si rien de ceci n'est vrai, s'enjoue Dumbledore, le problème est réglé.

- En effet professeur, il semblerait, ajoute simplement Rogue. Alors ces jeunes gens peuvent partir?

- Parfaitement, assure Dumbledore.

- J'aimerais parler à ma fille avant de quitter, si vous le permettez.

- Mais bien sûr.

Tout le monde s'en va. Ne reste plus que moi, Terence et notre père. Son regard est grave, je me demande ce qu'il veut me dire…

- Marcus est quelqu'un de très bon pour avoir dit tout ça, non?

- Vous ne le croyez pas père?

- Pas le moins du monde! Il a fait ça pour sauver notre nom, bien entendu. C'est un bon garçon qui a le sens des convenances.

Ses mots sont comme un coup de poing dans l'estomac. L'air me manque et je déglutis. Alors c'est vraiment l'image que mon propre père a de moi? Une traînée. Certes, bravo! Il est lucide le papa, mais quand même. J'espérais du moins qu'il m'accorde le bénéfice du doute.

- Et tu dois lui être très reconnaissante pour ça ma fille.

- Père, je ne crois pas que…

- Terence, ne te mêle pas de ça!

Mon frère qui tente de prendre ma défense… Il est adorable. Mais les dés sont lancés. Je n'ose tout simplement plus rien dire. Se faire carrément traiter de pute par son père… Une fois est amplement suffisant, crois-moi. Il se lève du fauteuil où il est installé et passe à côté de moi sans le moindre regard.

- Tu as de la chance que Marcus n'ait pas rompu votre alliance.

Le coup n'est que plus durement donné. J'entends la porte, il est sorti. Être si peu de chose aux yeux de son propre père. Je ne pensais pas ça possible.

- Sissy…

- Terry, laisse-moi. J'ai eu ma dose pour aujourd'hui.

Il hoche simplement de la tête et sort. Au bout d'un petit moment, je le fais aussi. Je ne regarde rien autour de moi. Je fixe simplement mes pieds. Je veux m'en aller loin, très loin, sans un regard pour personne. Je veux disparaître…

PDV Olivier – Hall

Planté là, ou plutôt à tourner en rond autour des escaliers principaux, j'attends. Ce que j'attends? Je ne sais pas. Sissy, bien sûr, mais pas nécessairement. Je vois passer les hommes Higgs et Marcus qui discutent avec eux. Surtout avec le père en fait. Ce dernier s'arrête près de la porte pour mettre sa cape et c'est là que Terence vient à ma rencontre.

- Vous vous voyez, n'est-ce pas?

- Quoi?

Terence rit légèrement. Il semble très amusé par la situation alors que je suis très loin de partager son avis. C'est très sérieux ce qui se passe!

- Ma sœur me fait part de beaucoup de choses. Elle m'a notamment parlé de toi il y a longtemps déjà.

- Oh…

- Si tu veux un avis d'expert Dubois, sache que Flint a fait tout ça juste pour assurer ses arrières. Les Higgs lui doivent maintenant quelque chose. Je suis désolé de le dire, mais… La partie est perdue.

- Ce n'est pas mon genre de jeter la serviette durant la joute Higgs, tu devrais le savoir.

- Je sais. Tu es le genre de type honnête, celui qui n'abandonne pas… Je ne t'ai jamais rien demandé Dubois, nous n'avons jamais été amis et je doute que nous partagions quelque chose un jour toi et moi, mais si tu pouvais veiller sur ma sœur, tu ferais énormément pour moi. Aujourd'hui plus que jamais, elle a besoin d'une épaule à laquelle s'accrocher. Si je le pouvais, je serais cette épaule, mais je ne peux pas. Alors je compte sur toi.

- Je n'avais pas besoin que tu le demandes.

- Je sais.

- Terence! Nous y allons.

Il me fait un léger salut de la tête et s'en va rejoindre son père un peu plus loin. Dès qu'ils sont hors de vu, Marcus se tourne vers moi, un large sourire planant sur son visage que j'ai soudainement très envie de marteler à coup de massue.

- Rends-toi à l'évidence Dubois. Tu ne fais pas le poids.

- Je dirais plutôt le contraire.

- Je sais que vous avez recommencé à fricoter tous les deux! Je te conseille vivement d'arrêter. On va se marier elle et moi, j'ai l'appui de son père, je peux faire ce que je veux d'elle!

- Mais elle ne t'aime pas.

Cette vérité semble le mettre encore plus hors de lui. Tant mieux. Avec tout le mal qu'il lui fait, il ne mérite que ça. C'est à mon tour de sourire alors qu'il ne fait que lancer des éclairs avec ses yeux. Je ne peux m'empêcher de poursuivre.

- C'est pour ça que tu lui fais autant de mal, non? Parce que tu n'arrives pas à l'atteindre complètement. Ça te rend malade de savoir que tu ne vaux rien du tout à ses yeux.

- Je te conseille de la fermer Dubois.

- Sinon quoi? Tu vas ruiner ma vie aussi? Dis-moi Flint… Tu veux savoir à quel point elle peut être belle quand elle s'offre totalement? Tu veux entendre le tressaillement dans sa voix quand elle supplie durant l'amour?

Sissy avait tord. Je ne suis pas si gentil que ça, mais cet ordure le mérite tellement. Je peux voir sur son visage à quel point ce que je lui dis l'enrage. Tant mieux. Voir sa tête se tordre de jalousie est absolument délicieux. Il m'attrape alors par le col de ma chemise, se voulant violent, mais je m'en fiche. Cette fois, il a vraiment dépassé les bornes.

- Tu es obsédé par cette fille Flint et elle te déteste. C'est sans doute très vexant de savoir que tout ce que tu peux faire, c'est la répugner. Et tu sais le pire dans tout ça Flint? C'est que jamais je ne lui ai couru après. Elle est venue d'elle-même, c'est elle qui a commencé tout ça. C'est elle qui a décidé que j'étais suffisamment bien pour elle.

Il ne dit rien et je peux presque voir son poing arriver sur mon visage au ralenti. Je ne fais rien pour l'en empêcher. Qu'est-ce qu'un coup de poing de toute manière? Je peux très bien endurer ça, juste pour le faire exploser. Juste pour bien lui marteler l'esprit avec un simple fait : Sissy te déteste Marcus.

- Tu dépasses les bornes Dubois, je t'avais dit de la fermer!

- Pourquoi je ferais ça? Il faudrait peut-être que tu commences à faire face à la réalité. Elle ne t'aime pas et ne t'aimera jamais. Tu peux la forcer à ce que tu veux, mais réveille-toi, on ne force pas les sentiments.

- Fais ton fier pendant que tu le peux encore Dubois, mais à noël, Sissy sera ma femme et toi… toi tu ne seras plus qu'un vague souvenir.

D'un coup, les rôles s'inversent. À noël? Dans deux mois seulement? Il rit. Il a bien vu mon incompréhension. Il en jubile carrément et je le repousse aussi fort que je le peux.

- Surpris Dubois?

- Tu bluffes.

- Pas du tout. Je viens d'en discuter avec son père. Il va faire avancer la date. Je suis son sauveur Dubois, je lave leur nom, j'enterre le scandale. J'ai son père dans ma poche et toi, qu'est-ce que tu as?

- Du savoir vivre. Battre la fille qu'on aime juste parce que ce n'est pas réciproque, c'est plutôt bas comme méthode Flint.

- Je te laisse les bonnes manières alors, et je garde la fille.

Et il s'éloigne vers les cachots pendant qu'une magnifique image de lui en train de brûler vif me travers l'esprit. Je reste là quelques instants, puis je commence à monter les escaliers. Je dois absolument trouver Sissy.

PDV Sissy – La fenêtre

Je suis revenue à cette fenêtre par instinct. C'est toujours là que je me réfugie, toujours là qu'il me retrouve quand je ne vais pas bien. Il faut bien l'admettre, je ne vais pas bien du tout. Quand est-ce que ce cirque prendra fin? Est-ce que mourir est la seule solution pour me débarrasser de Marcus?

Le temps passe. Le soleil est haut dans le ciel, indiquant que midi est sûr le point d'arriver ou qu'il est déjà passé… Ce n'est que maintenant qu'il arrive et ce que je vois me serre l'estomac. Il a une ecchymose sur la joue. Il s'est battu? Je me redresse, allant à sa rencontre.

- Olivier?

- C'est rien.

- Comment rien, regarde-toi!

- Et c'est toi qui me dis ça?

Je croise les bras, boudeuse. Je t'adore Olivier, mais quand tu me bouches comme ça, j'en envie de t'étrangler.

- Qu'est-ce qui s'est passé?

- Rien de passionnant. J'ai eu une altercation avec Marcus, bref, je passe les détails. Et…

Il n'ose pas continuer. Mon regard se fait plus insistant. Qu'est-ce qu'il tente de cacher aussi mal?

- Et ?

- Et il a dit que lui et ton père avaient avancer la date de… de ton mariage avec lui.

- Quoi? Pour quand?

Il garde le silence, n'osant pas me le dire. C'est encore pire que de le dire directement et je ne manque pas de le lui faire savoir.

- Pour quand, Olivier?

- … Noël…

Si tôt… Noël. Ça me parait si loin et pourtant ça arrivera si vite. Je ne veux pas. Au train où vont les choses, je n'y survivrai pas! Je sens des bras m'entourer et son odeur emplir mes poumons. Je m'accroche à lui, comme un naufragé à sa bouée. Noël… Une fête que je vais vraiment finir par haïr du fond du cœur…