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Et bonne lecture à tous! ^_^
Chapitre 10
Autre Vie, Autres Moeurs
-Septième Année-
PDV Sissy – Maison Dubois
Je suis plongée jusqu'au cou dans ce bain depuis bientôt une heure et je me sens totalement réchauffée maintenant. La mère d'Olivier est adorable. Je vois que c'est d'elle qu'il tient toute cette gentillesse. Et je me sens en sécurité ici. Cette maison, quoi que bien étrange, est si accueillante. Partout autour de moi, je sens l'odeur caractéristique d'Olivier. C'est si bon. Ça fait taire toutes mes peurs. Je suis contente d'être ici. Mais je ne compte pas rester dans ce bain indéfiniment. Alors j'en sors, je me sèche rapidement et j'enfile les vêtements secs que la mère d'Olivier a déposés pour moi. Un large t-shirt et un vieux jogging. Ce n'est pas aussi élégant que ce que j'ai l'habitude de mettre pour dormir, mais je ne suis pas ici pour faire la fine bouche.
Je sors de la salle de bain pour tomber nez à nez avec une adolescente. Celle qui m'a ouvert. Qui est-elle ? Ça me frappe tout à coup… Elle me regarde, comme si j'étais une bête bizarre, une race animale qu'elle voyait pour la première fois.
-Je vois pas comment tu arrives à le faire tourner en bourrique.
-Il suffit de savoir par où…
-Rach' tu peux pas faire comme les vieux et aller te coucher ? Coupe Olivier.
Elle soupire et s'éloigne dans le couloir, montant finalement les escaliers et j'entends une porte se refermer. Je tourne les yeux sur Olivier, arquant un sourcil.
-Je ne veux même pas savoir ce que tu t'apprêtais à lui dire.
Je souris légèrement, ne sachant pas trop quoi lui dire. Il voudra des explications, forcément. Mais comment lui expliquer quelque chose que je ne comprends pas moi-même ? Je suis partie comme ça, sur un coup de tête et tout mon corps s'est dirigé vers lui, tout simplement. J'ose finalement poser mes yeux dans les siens. Il est souriant. Il y avait longtemps que je n'avais pas vu un sourire aussi beau sur son visage. Il ne dit pas le moindre mot pour commencer. Il me serre d'abord contre lui et je me laisse aller à cette étreinte tant désirée depuis l'instant où nous nous sommes quittés.
-Je suis content que tu sois ici plutôt que là-bas…
Mes bras se resserrent autour de sa taille et je ferme les yeux. Cette disparition mettra sans doute le monde sorcier sans dessus dessous, mais je m'en fiche. Ce soir, j'ai l'impression que rien ne pèse sur mes épaules. Que rien de non désirer n'approche. Je me sens si bien.
-On va me chercher…
-On ne te trouvera pas ici, assure Olivier.
Sa réponse m'enchante et je me demande si tout ceci n'est pas un rêve. Un si doux rêve. Toutes les vacances de noël, avec Olivier. Finalement, peut-être que cette fête n'est pas si détestable que ça. Un plus grand sourire naît sur mon visage, mais même lui ne le voit pas. Cacher dans ses bras, j'ai la tête contre son cœur. C'est tellement mieux d'entendre ses battements que de les imaginer.
-Aller vient, il est tard…
Sa voix n'est qu'un murmure, mais je peux y sentir toute la joie d'un enfant devant une montagne de présents. Il me prend doucement la main et me conduit jusqu'à sa chambre. C'est petit et simple, comme toute sa maison, mais c'est tellement confortable. Et pour la première fois depuis des mois, je ne suis pas dégoûtée par la personne qui partage mon lit, je n'ai pas à attendre que le temps passe pour finalement me sauver, non. Pour la première fois depuis ce qui me semble être une éternité, je dors d'un sommeil profond, doux et apaisant.
PDV Olivier – Maison Dubois
Le soleil me chatouille le visage, mais je ne veux pas ouvrir les yeux. Je ne veux pas que tout ceci soit un rêve. Je ne veux pas m'être endormi et réaliser que Sissy n'est pas vraiment ici avec moi. Mais malgré moi, mon corps m'indique qu'il n'y a rien près de moi. Que du vide. Ai-je vraiment rêvé ? C'est avec un soupire profond que j'ouvre finalement les yeux. Ce rêve avait l'air si vrai. Je peux sentir son parfum… Un rêve si réaliste…
Je finis par me lever et descend à la cuisine. Je peux entendre ma mère qui semble expliquer je ne sais trop quoi. Et quand j'arrive dans la cuisine, je constate, ça n'était pas un rêve. Elle est là. Dans ses vêtements de la veille, à observer le micro-onde d'une manière très intriguée, ma mère lui expliquant sommairement comment ça fonctionne.
-Ah, tu es enfin levé paresseux ! S'exclame ma mère.
Je ne réagis pas trop tandis que Sissy quitte le micro-onde du regard pour planter ses yeux d'océan sur moi. Elle sourit. Un sourire si simple, si franc, sans la moindre trace de problème. J'aime ce sourire. Il y a longtemps déjà qu'il ne s'était pas trouvé sur son beau visage. Ma mère nous observe et finalement quitte la cuisine, devinant sans doute qu'elle est de trop. Sissy détourne le regard, comme si elle était gênée. Impossible, Sissy n'est pas quelqu'un de timide.
-C'est bizarre tous ces trucs.
Un sourire naît sur mes lèvres. Elle n'est pas timide, elle ne sait tout simplement pas quoi dire. Mais Sissy reste Sissy. Il faut toujours qu'elle ait quelque chose à dire, même si ce n'est rien du tout.
-Tu t'y feras. Mais n'essaie pas de t'en servir sans la présence d'un initié.
Ma réponse la fait rire et ce son est si doux à mon oreille, je sens que jamais je ne pourrai m'en lasser. Je contourne l'îlot central de la cuisine pour me rendre au frigo. J'ai affreusement faim, comme tous les matins. Je mets la main sur un muffin au chocolat et quand je referme la porte du frigo, Sissy est assise sur le comptoir juste à côté, balançant ses jambes nues dans le vide.
-Ta mère a dit qu'il faudrait aller faire du shoping… J'ai essayé de lui dire que c'était pas nécessaire, mais elle n'a rien voulu entendre.
-Tu ne vas tout de même pas passer des jours dans cette tenue, contredit la voix de ma mère du living.
Je secoue simplement la tête, m'approchant de Sissy qui s'amuse à frapper l'arrière de mes genoux avec ses pieds, pendant que je mords dans mon muffin. Je prends le temps de mastiquer un peu, mais je réponds quand même avec la bouche pleine.
-Tu n'as pas le choix alors. Quand ma mère décide quelque chose, y'a rien pour la faire changer d'avis.
-Je vois.
Un petit sourire malicieux s'incruste alors sur son visage et elle attrape le bas de mon t-shirt pour m'attirer vers elle. J'arque un sourcil intrigué. Elle tend une main, passant son pouce sur le coin de ma bouche. Du chocolat…
-Je ne te savais pas si porc en mangeant Dubois, rigole-t-elle en portant son pouce à sa bouche pour en manger le chocolat.
-Ça n'arrive pas si souvent, tu sauras.
J'arbore une mine vexée, prenant une autre bouchée de mon muffin tandis qu'elle se paie ouvertement ma tête. Heureusement que cette mine joyeuse sur son visage est tout simplement adorable, sans quoi il lui en coûterait de rire de moi comme ça ! Je termine mon muffin au moment où ma mère revient dans la cuisine, mains sur les hanches. Hum, ça sent le retard…
-Il est presque onze heures du matin jeunes gens. Alors pour ces courses, il faudrait peut-être y aller, si on ne veut pas revenir au petit matin.
-Oui chef.
Je lui glisse un salut militaire alors que Sissy éclate simplement de rire en me voyant faire. Ma mère quitte la cuisine en secouant la tête de désespoir et moi je reste sur ce son. Son rire est une si belle mélodie. D'un geste vif, je me saisis d'elle, lui arrachant un cri de surprise, pour la soulever et la porter vers l'extérieur de la cuisine.
-Aller, une autre chose à savoir sur ma mère, elle a horreur qu'on la contredise !
-Suffisait de le dire au lieu de me filer une crise cardiaque.
-Ah, mais juste te le dire aurait été moins amusant.
Elle me tire la langue comme une gamine, s'accrochant finalement à mes épaules. C'est un moment tout simple et tout bête, mais sincèrement, je commençais à douter qu'un moment pareil puisse nous arriver un jour…
PDV Sissy – Centre Commercial
Cet endroit est immense et horrible. Des gamins partout qui piaillent et qui chignent parce qu'ils n'ont pas le cadeau qu'ils voulaient, des cruches toutes excitées qui courent dans tous les sens parce qu'elles doivent choisir le présent parfait pour leur copain… C'est horrible tout simplement horrible. Je les pensais civilisés moi ces gens là. Je me trompais…
-Sissy, essaie au moins de ne pas avoir la tête d'une extra-terrestre.
-Han ?
Je tourne la tête vers Olivier. Il semble trouver la chose très amusante. Ça n'est pas si amusant. Cet endroit est étrange. Sa maison, ça va, mais ça… Insupportable ! Qu'est-ce qu'on fait ici d'abord ? On aurait pas pu aller dans un endroit sorcier ? Je sens sa main se glisser dans la mienne et il m'entraîne à la suite de sa mère qui va d'un endroit à l'autre, commentant un peu tout ce qu'elle voit pour finalement dire que ça ne me convient pas. Là-dessus, je suis parfaitement d'accord, il est hors de question que je porte ces trucs ! Mais malgré que je déteste cet endroit, sentir les doigts d'Olivier entre les miens alors que nous sommes en public est loin d'être une chose désagréable. Si seulement tout pouvait être aussi facile.
Mais je doute bien que ce n'est qu'une question de temps avant que les choses ne se compliquent. Je suis partie de chez moi sans le moindre mot. J'ai fui le mariage et tout ce qu'il comporte. Mon père doit être totalement furieux à l'heure qu'il est. Probable aussi qu'il compte les secondes qui lui restent pour me retrouver avant ce mariage. Que ce passera-t-il pour les Dubois lorsqu'on me retrouvera chez eux ?
Si Olivier pouvait se glisser dans ma tête à cet instant, il ne serait pas content de mon manque d'optimisme, mais que veux-tu ? Je ne suis pas une serpentarde pour rien. Je n'ai ni son courage, ni son espoir inébranlable. Sans quoi, il y aurait longtemps que je me serais rebellée contre mon père, contre Marcus…
Pourtant, un regard vers lui et je sais que j'ai pris la bonne décision. Même si tout se poursuit sur cette note de mariage, même si tout s'aggrave, ce temps que j'ai avec lui, là et tout de suite, je ne le regrette pas et je sais au plus profond de moi que je ne le regretterai jamais.
PDV Marcus – Manoir Higgs
Elle a disparu ! J'ai reçu une missive il y a quelques minutes à peine. Sissy est absolument introuvable. Un instant plus tard, je me trouvais au manoir de ma future épouse pour constater de mes yeux le brouhaha qui y régnait pour la retrouver. Des elfes de maisons accourent de toutes parts en hurlant des « Miss Higgs » suraigus qui ont tôt fait de me donner la migraine.
Elle n'est plus là, mais je sais parfaitement où elle est. Ça crève les yeux qu'elle a décidé de rejoindre cette plaie de Dubois. Mais lui, où peut-il bien être ? Ce n'est pas une chose sur laquelle je me suis attardé durant ces sept dernières années. Où vit-il ? Il ne serait pas bien difficile de le découvrir si je mêlais mes parents et les Higgs à mon intuition seulement je préfère me débrouiller seul. Lorsque je la retrouverai, elle verra ce que coûte son idiotie !
PDV Sissy – Maison Dubois
J'ai toujours cru que Noël signifiait un bal ennuyant où le sujet principal de conversation se résume à qui est la plus magnifique dans sa robe de soirée. Pourtant, une fois encore, Olivier me prouve que je me trompais amèrement.
Assise à l'écart des conversations, je l'observe, lui et sa famille. Ils discutent. Ils rient. Il n'y a pas de somptueuse réception. Pas de tenue au prix exorbitant. Pas de protocole. Pas de manière inutile. Juste des gens. Des gens ensembles qui s'amusent.
Et c'est là que je me dis que je pourrais facilement trouver mon bonheur ici. Avec lui. Parmi ces gens simples qui ne s'en font pas avec des histoires de sang et d'argent.
Son regard croise le mien et son sourire en fait naître un sur mon visage. Il semble si heureux que j'en oubli les nuages sombres qui nous attendent. Je sais que ça finira par arriver. Marcus n'est pas si stupide. Il a sans doute appris ma disparition. Il sait sans aucun doute également vers qui je suis allée. Ce n'est plus qu'une question de temps pour qu'il sache où venir me chercher.
Oliver s'avance vers moi. Sa mine reste enjouée, mais démontre un petit trait moralisateur.
-Tu sais, Noël en famille ne serre pas à rester seule dans son coin !
-Mais ce n'est pas ma famille.
Et même si ça l'était, je resterais probablement à l'écart. Pourtant, ma réponse ne le satisfait pas. Il m'oblige à quitter mon cocon de solitude pour me joindre aux autres. Il me présente toutes ces personnes une par une. Leur naturel et leur simplicité me gagnent. La soirée m'emporte et me fait tout oublier.
Mes parents. Marcus. Le mariage. Tout quitte mon esprit et il ne reste plus que cette sensation d'être à ma place. De me trouver dans un endroit où je ne suis coincée d'aucune sorte. Ici, avec eux, je peux être et faire ce que je veux.
Je croyais ce sentiment possible uniquement avec Olivier. Maintenant je sais. Ce n'était seulement impossible qu'avec ma famille et leur club de sang pur.
PDV Marcus – Maison Dubois
L'envie d'arracher cette écervelée à ce rassemblement ne me manque pas. Il m'a fallu un certain temps pour découvrir de moi-même où se trouve la maison de Dubois et ce que je vois ne me surprend pas. Petite maison. Petit terrain. Quartier minable. Rien ici ne donne envie d'y rester.
Alors pourquoi un tel sourire illumine son visage ? Elle est là, parmi ces gens. Elle semble un poisson dans l'eau. Comment quelque chose de si risible peut la faire briller ? Pourquoi est-ce toujours avec lui qu'elle est si belle ?
La jalousie me ronge et me consume pendant que je les observe discrètement d'une fenêtre. Elle m'appartient. Tout son être, toute son âme ne devraient être qu'à moi !
Mais me départir de cette vue pour reprendre mon bien m'est impossible. Je reste là, dans le froid de cette nuit de noël et je l'observe. Si belle. Si rayonnante.
Ceci n'est pas un abandon. Non. Seulement une trêve accordée l'espace d'un soir. Elle est si différente que je veux l'observer encore. Mais je ne perds pas mon objectif de vu. Elle est mon objectif et j'arrive toujours à mes fins.
PDV Olivier – Maison Dubois
Les jours de noël ont toujours été mes préférés. Après une soirée pleine de rires, vient un jour lent. Comme si le temps lui-même décidait de ralentir pour que la magie de ce jour dur un peu plus encore.
Elle était si belle ce matin alors que je la regardais dormir. Elle est plus belle encore à cet instant, dehors sous cette pluie fine de flocons timides. Ses joues rougies. Ces flocons qui brillent dans ses boucles brunes. Cette malice dans ses yeux.
Le choc d'une boule de neige contre ma tête me sort pourtant de ma transe. Le rire cristallin de Sissy m'indique que ce choc provient de sa seule initiative. Mais comment pourrais-je lui en vouloir ? Moi qui ne peux strictement rien lui reprocher.
Mais bien que je ne puisse rien lui reprocher, je reproche tout de même beaucoup de choses à certaines personnes. Et il faut, par une malédiction que je ne saurais expliquer, que celui à qui j'en reproche le plus apparaisse subitement parmi nous.
Flint. Si je suis au beau milieu d'un rêve, alors il vient de se transformer en cauchemar. Le rire de Sissy est aussitôt disparu. Elle se rapproche instinctivement de moi et me voilà entre eux. Je suis maintenant la seule barrière qui puisse protéger Sissy de ce fou.
-L'escapade est terminée Sissy, on rentre !
-Je ne veux pas !
-Mais je ne t'ai pas demandé ton avis !
Comment peut-on agir de la sorte avec une personne qui nous est aussi chère ? Comment peut-on désirer au point de détruire ce qu'on ne peut posséder ? Je ne comprendrai probablement jamais, mais l'heure n'est pas vraiment à la réflexion.
-Elle ne veut pas de toi Flint, combien de fois te faudra-t-il pour le comprendre ?
-Oh, mais je le comprends très bien. Seulement, ce n'est pas une question de bon vouloir. Tu as assez plongé ta famille dans l'embarra Sissy, rentre sans faire d'histoire.
Je sens ses petits doigts serrer mon manteau dans mon dos. On ne se débarrasse pas si facilement de ses origines et de la manière dont nous fûmes élevés. Pourtant, je la sais déterminée à résister. Elle n'aurait jamais fugué de chez-elle sinon.
Son inaction agace Flint, ça se voit à ses gestes qui deviennent plus brusque. À sa voix qui devient plus impatiente.
-Tu sais parfaitement que ça ne serre à rien de lutter ! On va se marier, quoi que tu dises ou quoi que tu fasses ! Arrête tes idioties et vient. Je parlerai avec ton père.
Elle ne bouge toujours pas, mais sa résistance faiblie, je peux le sentir… Je dois faire quelque chose.
PDV Sissy – Maison Dubois.
Ça devait arriver. Tous les rêves ont une fin, même les plus beaux. Je savais que ce n'était qu'une question de temps. Pourtant, ce qui m'enrage le plus n'est pas sa présence ici. Non. Je sais qu'il a raison. Je suis condamnée à l'épouser, il le sait tout aussi bien que moi. Il n'y a pas d'échappatoire possible sinon celui de mourir. Mais bien que je serais libérée de Marcus, je serais séparée d'Olivier…
Et une fois de plus, Marcus glisse un argument de poids. Mon père. Sans Marcus pour l'adoucir je ne sais vraiment pas jusqu'où il irait pour me faire retenir la leçon. De plus, ce qu'il ne dit pas, et que nous savons tous les deux, est que si ça continue sur cette voie… Olivier aura des ennuis. Je ne veux surtout pas ça.
Je suis sur le point d'abdiquer. De faire un pas dans sa direction. Pourtant, le gardien rouge et or qui faire battre mon cœur s'avance avant moi. Je ne lui ai jamais vu un air si déterminé sur le visage.
-Il faudra d'abord me passer sur le corps Flint.
Je ne peux prononcer le moindre mot que déjà Marcus hausse les épaules, désinvolte, avant d'écraser son poing contre la mâchoire d'Olivier. Ce dernier n'attend pas bien plus longtemps pour lui rendre la pareille.
Il fut un temps où regarder deux hommes en venir aux poings rien que pour moi m'aurais rendue fière du pouvoir que je peux avoir sur la gente masculine. Aujourd'hui, c'est différent. Je ne veux pas que ça dégénère. Je ne veux pas qu'Olivier soit davantage blessé.
Il réside cependant un certain problème. Comment les séparer ? Je ne suis pas folle. Moi qui tente de séparer ces deux joueurs de quidditch bien entraînés ? Il ne faut pas espérer être soudainement possédée d'une force extraordinaire !
Mais je leur hurle tout de même d'arrêter les frais. Qui sait… Rien n'y fait, bien évidemment. Les hommes ont la faculté de devenir sourd lorsqu'ils se battent pour l'obtention de quelque chose. Moi, en l'occurrence.
Un être intelligent se serait empressé de rentrer à l'intérieur pour chercher de l'aide. Hélas, je dois avoir laissé mon cerveau je ne sais où. Au lieu d'exécuter cette sage idée, je me jette plutôt entre Olivier et Marcus, espérant obtenir le même effet que la dernière fois sur le terrain de quidditch. Ils avaient arrêté les frais à ce moment là.
Cependant, il y avait toute une école pour les regarder et des professeurs pour faire poids d'autorité. Aujourd'hui, il n'y a que moi. Moi qui suit d'ailleurs la raison de cette bagarre. Ce geste ne change évidemment absolument rien.
Non, en fait, je me trompe… Il ne change pas rien… Je dirais même qu'il change absolument tout, mais à cet instant précis où je me sens éjectée de l'espace qui les sépare, je ne le sais pas encore. Tout ce que je sais, c'est que cette chose curieuse que les moldus appellent voiture me cri dessus et puis… Je ne saurais dire en fait.
