Ron était sortit du château afin d'éviter toute crise de colère. Il ne voulait pas entendre le nom de ce crétin qui avait servi de meilleur ami durant les 7 dernières années qui précédèrent leur dispute. Il dévala les marches du perron et se dirigea vers le parc. Très vite, il fut rejoint par Hermione, qui, dans un premier temps, se tut. Ils marchaient dans la nuit douce, ils ne savaient pas où ils se dirigeaient mais ils marchaient.
Hermione jeta des regards timides à Ron. Elle attendait de voir qu'il s'était calmé afin de lui adresser la parole. Au loin se dessinait le lac du château. Sur la rive, se trouvait la tombe de Dumbledore. Hermione vit là, sa dernière chance de convaincre son compagnon de reprendre
contact son ancien meilleur ami. Elle le conduisit donc vers le lac, pas loin de la tombe blanche. Prenant sa main, Hermione inspira et prit la parole.
- Il faut reprendre contact avec lui, dit-elle sachant que la conversation pouvait basculer en dispute d'une minute à l'autre.
Ron, qui regardait depuis le début par terre, releva la tête et fusilla du regard Hermione. Pourquoi fallait-elle qu'elle en reparle. Il avait été clair, il ne voulait plus en entendre parler.
- Tu sais très bien ce que j'en pense Hermione, il n'en est pas question ! Il n'aurait pas dû se comporter ainsi. Il a été trop loin.
- Ron ! Pourquoi ne tourne tu pas la page ? Je suis sure qu'il s'en veut du comportement qu'il a eu ! Il faut lui donner une seconde chance. Je te rappelle que c'est ton meilleur ami.
- C'était mon meilleur ami ! Maintenant ce n'est qu'un crétin. Je me fous de ses états d'âme. Il n'avait qu'à réfléchir avant, dit-il avec énervement.
- Tu te rappelle quand tu nous as abandonné, Harry et moi, juste un peu avant Godric's Hollow ? J'étais triste, en colère contre toi et Harry aussi. Pourtant, nous t'avons pardonné quand tu as reparu !, tenta elle.
- Ce n'est pas la même chose ! J'ai été possédé par l'Horcruxe, je ne pensais pas ce que j'ai dit, se défendit-il.
- Oh que si tu le pensais, s'énerva Hermione, l'Horcruxe n'a fait qu'amplifier tes pensées et tu as éclaté. Je te demande juste de lui laisser le bénéfice du doute ! S'il te plait !
- Je suis désolé mais je ne peux pas ! Il n'aurait pas du parler ainsi à ma mère.
- Oh mais tu es borner Ronald Weasley, cria-t-elle, très bien tu ne veux pas le retrouver mais tu ne m'empêcheras pas de le faire !
Hermione lâcha Ron et s'avança rapidement vers le château. Ron, qui était resté au même emplacement, ne prit pas la peine de la rattraper car il était trop énerver contre elle pour la retenir. Au fond de lui, il se doutait qu'elle avait raison, mais il était trop borner pour l'admettre. Hermione, qui était arrivé au château, se dirigea vers la grande salle,
espérant que McGonagall se trouvait toujours là. Elle fut soulagée en constatant qu'ils n'avaient pas bougé de là. Elle se dirigea vers elle et lui adressa la parole.
- Professeur McGonagall, pourrai-je avoir l'autorisation de transplaner dans l'enceinte de l'école ? dit-elle légèrement essoufflée.
- Pourrai-je en savoir la raison ? demanda-t-elle étonnée.
- Je compte partir directement à la recherche d'Harry professeur.
Minerva éprouvait une joie à cet instant même. Elle attendait qu'on lui dise cela. Elle afficha un sourire et répondit :
- Et bien, dans ce cas, je pense que cela va pouvoir se faire.
Elle sortit sa baguette et décrivit des cercles autour d'Hermione et murmura des paroles incompréhensibles. Cela devait certainement être du latin. Hermione se tourna vers le reste du groupe qui était resté muet jusqu'à maintenant et annonça :
- Je serai de retour dans moins de trois jours, je pense savoir où il est. Ne vous inquiétez pas pour moi, tout ira bien. Je vous aime.
McGonagall arrêta ses cercles et ses formules latines et fit signe à Hermione qu'elle était maintenant autorisée à transplaner. Celle-ci compta jusqu'à trois puis tourna sur elle même et fut aspirer dans les ténèbres oppressantes…
L'aube venait à peine de se lever lorsqu'il sortit de ses couvertures. Il déposa, le plus discrètement possible ses pieds sur le plancher. Maintenant ses efforts, il se leva et marcha
sur la pointe des pieds vers la table de nuit à côté du second lit de là chambre. Il avait beau faire le moins de bruit qu'il voulait, le plancher avait la fâcheuse tendance à grincer. Il sortit sa baguette et la pointa vers le lit. D'un murmure, ilprononça :
- Assurdiato !
Une fois sure que le sortilège était actif, il déposa toute la plante de ses pieds sur le sol et marcha normalement. Sur la table de nuit, il attrapa ses lunettes qu'il enfila et la gazette du
sorcier. A la première page, on pouvait lire : « Celui-dont-onne- doit-pas-prononcer-le-nom vaincu, un nouveau monde s'ouvre aux sorciers ». Harry sourit, il enroula le journal et se
dirigea vers la porte. Il voulait s'isoler, malgré l'heure, malgré le sommeil profond de son meilleur ami, il se sentait enfermé.
Il avait besoin de prendre l'air, respiré. Lorsqu'il se trouva entre l'embrasure de la porte et le couloir, il dirigea sa baguette vers Ron, murmura finite incantatum, afin d'annuler le sort, et
ferma délicatement la porte derrière lui. Il descendit lentement les marches. Lorsqu'il atteint le
premier palier, il tourna la tête vers la droite. Il vit une porte, il savait exactement qui se trouvait derrière celle-ci. Ginny Weasley était l'ex petite-amie d'Harry. Ils s'étaient séparés à
la fin de sa 6ème année à Poudlard, juste avant qu'il ne parte à la chasse aux Horcruxes. A cet instant, il avait très envie d'entrer dans la chambre et la réveillé pour lui avouer tout ses sentiments qu'il avait refoulé pendant prés d'un an. Ce n'était pas l'heure qui le résigna à ne pas le faire mais Hermione. En effet, celle-ci étaient revenue après avoir libéré ses parents du
sortilège d'oubliette en Australie. Cela faisait maintenant trois jours qu'elle était rentrée, à la fois horrifiée et triste.
Depuis ce jour là, elle n'était sortit de la chambre qu'à l'heure des repas et ne s'était confié à personne de son aventure. Harry détourna son regard et à contre coeur, lâcha la poignée et descendit le dernier palier. Arrivé au rez-dechaussée, pensant être seul, il se dirigea vers la porte d'entrée afin de sortir mais quelqu'un parla derrière lui.
- Harry, que fais-tu debout à cette heure si matinale ?
Harry sursauta et sortit sa baguette. Il se retourna et la pointa vers son interlocuteur. Il ne lui fut pas plus d'une minute pour reconnaitre la personne qui était devant lui.
Mme Weasley avait laissé tomber son tricot par terre et avait levé les mains bien hautes. Son visage laissait paraître une mine effrayée. Harry, s'en voulant d'avoir agit sur la défense, baissa sa baguette et se confondit en excuses.
- Mme Weasley ! Excusez-moi, je ne m'attendais pas à rencontrer quelqu'un à cette heure. Je m'en veux, je n'aurai pas dû lever ma baguette ainsi. Pardonnez-moi.
Le visage de Mme Weasley se détendit et elle baissa les mains. Ensuite, sur un ton rassurant elle dit :
- Ne t'en fait pas mon garçon, c'est compréhensible, je n'aurai pas dû te surprendre, surtout après tout ce que tu as vécu.
Ses lèvres s'étirèrent et formèrent un sourire. Harry répondit à celui-ci. Un silence, interminable aux yeux d'Harry, s'installa entre eux. Harry ne savait pas comment esquiver la mère de Ron sans lui faire de peine. De l'autre côté, Mme Weasley ne savait pas quoi dire au garçon qu'elle avait toujours considéré comme son fils. Ce fut Mme Weasley qui mit fin à ce silence. D'un coup de baguette, elle projeta son tricot dans un tiroir et puis fit signe à Harry de la suivre. Ce qu'il fit.
- Tu as certainement faim, je vais te préparer le petit déjeuner, dit-elle.
En réalité, Harry n'avait nullement faim, par crainte de paraître impoli, acquiesça. Il la suivit dans la cuisine et s'installa sur une chaise. Mme Weasley s'affaira aux fourneaux et cinq minutes plus tard, le petit déjeuner fut servi. Harry commença à manger un croissant. Un nouveau silence s'installa. Harry regardait par la fenêtre le soleil se lever tandis que Mme Weasley regardait la pendule qui indiquait en tant réel où se trouvait le reste de la famille. En ce moment, chaque aiguille correspondant à un des membres de celle-ci, était pointée vers la case « en sécurité ». Elle détourna son regard, regarda par la fenêtre et rompit le silence en s'adressant à Harry.
- Harry ?, dit-elle.
- Mmmh ?
- Je voudrai te parler de quelque chose, si tu le veux bien.
- Je vous écoute.
Harry se détacha du point fixe qu'il avait imaginé dans l'horizon et se concentra sur Mme Weasley.
- Et bien… comment dire… Comme tu le sais, Teddy a perdu ses deux parents…
Harry évitait de penser aux amis qu'il avait perdus durant la bataille de Poudlard, cela lui évitait de souffrir. Il était très renfermé à ce sujet. Se doutant de la suite, il se braqua mais
continua à écouter.
- … Et en tant que parrain, il te revient le droit de te reconnaitre tuteur légal de ce garçon.
- Qu'entendez-vous par tuteur légal ?, demanda-t-il.
- Il te revient le droit de t'en occuper, à plein temps. D'être le père qu'il n'aura jamais.
Harry réfléchit une minute à ce que venait de dire Mme Weasley et les images de Lupin, Tonk, Fred, Sirius, ainsi que tout les autres qui ont péris pour lui vint à son esprit. Il répondit alors très vite.
- Je suis désolé mais je ne peux pas... Je ne veux pas !, dit-il radicalement.
- Pourtant il est la dernière famille qu'il lui reste, s'indigna Mme Weasley, pense à ce qu'aurai voulu Remus ! Pense à Sirius, n'aurais-tu pas voulu…
- Ne jouez-pas la carte de la pitié ! , dit Harry plus fort qu'il ne l'aurait voulu.
Harry remarqua très vite qu'il n'était plus assis mais debout. Point serré contre la table. Il était déjà assez difficile pour lui d'admettre qu'ils étaient mort par sa faute. Il ne fallait pas ajouter ce pauvre Teddy Lupin qui était innocent, tout comme les autres. Il ne voulait pas l'approcher, tous ceux qu'il l'approchait, finissaient, d'une manière ou d'une autre, par mourir.
- Harry, je ne te dis par ça pour te faire de la peine. Tu as toujours été un fils pour moi, j'essaie juste de te conseillé, murmura-t-elle tout en posant sa main sur la sienne.
- Mais vous n'êtes pas ma mère, et vous ne le serez jamais, dit-il froidement.
Il dégagea sa main de la sienne et se détacha de la table. Mme Weasley réprima un sanglot. Elle savait qu'au fond, il ne le pensait pas. Enfin, elle l'espérait. Harry était de dos. Il regardait par la fenêtre, la rage montant en lui. Il n'en pouvait plus, il ne savait combien de fois, elle était revenue sur le sujet depuis ses deux dernières semaines. Elle devenait trop imposante, il ne la supportait plus. Il se retourna et lui jeta à la figure tout son dévolu.
- Je n'en peux plus de vos conseils bidons, j'en ai marre de cette maison. Marre de cette impression de ne jamais être seul ! Depuis deux semaines vous me répétez sans cesse d'adopter Teddy, mais vous êtes vous jamais demander si je le voulais ? Et bien ma réponse est NON, par la barbe de merlin, c'est pas difficile à comprendre !
Il se tut. Il remarqua que maintenant, Mme Weasley pleurait vraiment, à cours d'argument, il se précipita vers la cour afin de se calmer. Ce qui se passa par la suite, se passa en très peu de temps. Il entendit une voix d'homme derrière lui. Il se retourna et se trouva face à Ron.
- Pourquoi te comportes-tu ainsi avec elle ? cria-t-il
- Elle ferait mieux de se mêler de ce qui lui regarde, pour changer, vociféra Harry.
Ron ne put en entendre d'avantage, il sortit sa baguette, plus vite que l'aurait crut Harry, qui n'eut pas le temps de sortir la sienne et il le stupéfixia, mais le coup rata Harry. Il profita de cette erreur, pour sortir sa baguette.
- Expelliarmus !
La baguette de Ron fut projetée sur le toi de la maison. A hauteur de la fenêtre de Ginny. Harry remarqua que celle-ci regardait par la fenêtre affolée de ce qui était en train de se passer. Ron profita de ce court instant d'inattention pour se ruer vers Harry et lui coller son poing en plein sur le nez de son adversaire.
Harry, désorienté, tomba à terre et mit sa main sur son nez, il remarqua qu'un fluide visqueux et tiède coulait. Il regarda Ron avec fureur. Il visa sa baguette en plein dans le coeur de Ron et le stupéfixia.
Ron fut alors projeté jusqu'à la porte de la cuisine, où Mme Weasley, Hermione et Ginny regardaient le combat dans un silence effrayant. Ron se releva faiblement et dit à l'adresse d'Harry.
- Je ne veux plus te voir ici ! Dégage…
Harry croisa le regard de Ginny. Celle-ci était effrayée par ce qu'elle voyait. Harry s'en voulu alors. Il venait de se rendre compte de ce qu'il venait de faire. Il avait rompu son amitié avec son plus vieil ami.
- DEGAGE ! cria Ron à nouveau
Harry ne se fit pas prier plus de deux fois. Il se retourna, se dirigea vers le portail. Arrivé à celui-ci, il posa une main sur la portiére, se retourna, adressa un regard mêlé d'excuse à l'adresse de Mme Weasley et sortit. Une fois à l'extérieur de la propriété, il tourna sur lui-même et disparut.
