Leçon 8: Bien choisir son coéquipier

Après cela, tout changea, rien ne changea. La vie, finalement, n'était pas si compliqué, et il me semblait (ou peut-être me faisais-je des illusions) que Philips semblait... plus détendu. Évidemment, nous ne parlions jamais de ce qu'il s'était passé, ni de nos parents. C'était un sujet tabou, mais je crois que cela lui avait fait du bien d'en parler.

Au contraire, je me crispais de jour en jour, l'année ne tarderait pas à se terminer, et je n'avais plus parlé à la fille avec laquelle j'étais sensé travailler après cela depuis plusieurs mois.

Je la revis à la fête de fin d'année, mais malgré tous mes efforts, j'avais été incapable de m'approcher d'elle. Son air coupable me répugnait, d'autant que j'avais remarqué des signes qui me faisaient penser que mon père et elle... Je n'arrivais pas à les regarder dans les yeux.

Je finissais un rapport qui m'avait pris quelque chose comme deux heures et soupirais.

-Tu as fini?

Je relevais la tête pour voir Philips s'asseoir sur un coin de mon bureau (ce qui était un exploit en soi, vu la petitesse de ce dernier). Je hochais la tête. Mes condisciples se montraient aussi excités pour l'année prochaine qu'un gosse à Noël et ça se ressentait dans toute la pièce. Philips les observa brièvement.

-Avec qui tu vas travailler?

Je préféras éviter la question.

-Je ne suis même pas sûre d'être prise.

Il roula des yeux et je baissais la tête, feignant d'empiler des parchemins.

-J'y ais pas encore pensé., marmonnais-je, enfin.

-Tant mieux. Bosse avec moi.

Je le fixais, incertaine.

-Qu... Quoi?

Il eut un sourire amusé et répéta.

-Travaille avec moi, Potter.

-Mais je... Tu... Je...

Je n'arrivais pas à aligner trois pensées cohérentes. Je m'efforçais de me reprendre.

-Tu devrais travailler avec quelqu'un de plus expérimenté, de plus...

Il me coupa.

-J'ai confiance en toi, Potter, ça rattrape l'expérience.

J'en restais figée sur place. Une telle déclaration, c'était si... inattendu! Il soupira. La patience n'était pas son fort.

-Bon, tu acceptes ou je te l'ordonnes tant que je peux encore le faire?

J'eus un énorme sourire.

-Ce ne sera pas la peine.

-Parfait., déclara t-il nonchalamment.

Et il rejoignit son bureau, l'air de rien, tandis que je faisais de mon mieux pour réprimer le stupide sourire qui me venait aux lèvres...

(Note béta : pourquoi y'a pas la suite c'est super ! )