Me voilà de retour pour la partie deux du plan machiavélique de Mister Jane ! Je suis super contente que la première partie vous ait plu, j'espère que la deuxième en fera de même ! Oh, et certaines d'entre vous ont déjà remarqué un clin d'oeil à Valentine's Day, ici il y a un bien plus gros clin d'oeil, celles qui ont vu ce film le reconnaitront ! :) Maintenant, place au "fluffy" annoncé !

Merci à Sweetylove30, Julia Erwelin, janeandteresa, Totallyfan et Ship-o-Romane à qui j'ai déjà répondu par "review reply". Merci beaucoup pour vos reviews ! :)

mymy: Merci merci merci..! ton enthousiasme faisait plaisir à lire. :)

Pasca: Je suis contente que tu aimes ! J'espère que la suite bien que plus "romantique" (hem hem...) te plaira tout autant ! :) Et merci !

Cgo: Wow, merci ! Merci beaucoup même, ta review m'a fait super plaisir ! :D

FewTime: Ahah tu es trop forte ! J'ai beau être prévenue qu'à chacune de tes reviews je vais avoir un ego surdimensionné le temps de lire, c'est toujours aussi génial. Merci ! :)


Be My Valentine

[Part 2: Magicien]

-Jane ! cria Lisbon en direction du bois. Jane revenez !

-C'est bon ? s'enquit la voix lointaine de son consultant.

-Presque !

-Pourquoi vous voulez que je revienne si c'est presque ?

-Vous n'aviez qu'à y penser en achetant une robe avec une fermeture dans le dos ! hurla-t-elle avec mauvaise humeur à travers le noir.

Elle entendit qu'il approchait et soupira. Elle n'aurait jamais dû céder et mettre cette fichue robe. Et puis de toute façon comment avait-il fait pour trouver la bonne taille ? Ce genre de détails était fichtrement agaçant.

Il lui adressa un sourire d'excuse et elle se tourna en attrapant ses cheveux pour les maintenir à l'écart de sa nuque. Il attrapa la fermeture éclair, posant une main légère dans son dos pour tenir la robe en place. Elle frissonna violemment.

-Vos mains sont froides, grommela-t-elle.

Il les retira en s'excusant et les frotta l'une contre l'autre.

-Qu'est-ce que vous faîtes ? s'étonna-t-elle en tournant la tête dans sa direction.

-Je les réchauffe, répondit-il comme s'il était idiot de poser la question.

-Merci.

Il sourit et reposa sa main dans son dos, attrapant du même fait la fermeture. Il la remonta lentement et elle le maudit mentalement, luttant de son mieux contre la désagréable sensation qu'elle allait réagir bêtement à son contact.

Et ça ne manqua pas. Il était proche d'arriver en haut et il remonta sa main pour suivre le mouvement de la fermeture, elle frissonna très légèrement, presque imperceptiblement.

-Ce n'est pas la faute de mes mains cette fois, s'amusa-t-il.

-Je suis chatouilleuse, marmonna-t-elle.

Elle ferma les yeux en maudissant son aveu impulsif.

-Vraiment ? s'enquit-il en lâchant la fermeture avant d'avoir fini. Je l'ignorais.

-C'est... juste dans le dos, marmonna-t-elle. Je réagis à chaque fois.

Elle aurait voulu se frapper, violemment. Elle se contenta de s'insulter mentalement.

-Donc, si je fais ça...

Il accompagna ses mots d'un doigt glissant le long de sa colonne vertébrale. Elle se contorsionna et fit volte-face pour s'éloigner de lui.

-Ce n'est pas drôle Jane !

-Je pense qu'au contraire c'est très amusant, sourit-il, fier de lui.

-Vous n'êtes qu'un gamin, je vous jure, s'exaspéra-t-elle.

-Tournez-vous, je n'ai pas fini de fermer la robe.

Elle le regarda suspicieusement puis reprit ses cheveux et les dégagea de sa nuque avant de lui tourner le dos. Il reprit la fermeture et la remonta jusqu'à destination.

-Votre nuque est sensible aussi ? s'enquit-il.

-Vous ne le saurez jamais, répondit-elle en se tournant, un léger sourire aux lèvres.

Il lui rendit son sourire puis se recula un peu pour la regarder de la tête aux pieds.

-Quelle magnifique anti-Valentine vous faîtes, la complimenta-t-il.

-Merci, je vous retournerai bien le compliment, mais vous êtes comme d'habitude.

Il élargit son sourire, elle se prenait au jeu et oubliait d'être grognon. Les choses ne seraient peut-être pas si compliquées qu'il l'avait pensé.

Il enleva sa veste et fit de même avec son veston puis alla les poser dans sa voiture.

-Satisfaite ?

-Sortez votre chemise de votre pantalon, et vous aurez peut-être un compliment, le taquina-t-elle.

Il s'exécuta en levant les yeux au ciel et écarta légèrement les bras, l'air de lui demander si elle était enfin contente. Elle haussa les épaules et lui lança un regard malicieux.

-Ca ne change rien en fait.

-Je suppose donc que je peux attendre pour le compliment ?

-Où allons-nous ? coupa-t-elle.

-Vous ne le saurez que si vous me suivez. Et il vaudrait mieux se dépêcher sinon nous allons louper le spectacle.

-Vous n'ignorez pas que je travaille demain et qu'il est déjà vingt-et-une heure ?

-Ne vous en faîtes pas, ça ne durera pas plus de dix minutes.

-Vous m'avez fait mettre une robe pour dix minutes ?

-Si vous continuez à nous faire perdre du temps, vous l'aurez mise pour rien, fit-il remarquer d'un regard significatif.

Elle soupira et posa sa main sur le bras qu'il lui indiquait. Il la guida vers la forêt à la lueur d'une lampe torche. Ils ne restèrent pas plus de deux minutes sous les arbres, Lisbon en déduisit qu'il s'agissait juste d'une bordure.

Elle reconnut immédiatement où il l'avait emmenée.

-Folsom Lake ? s'étonna-t-elle.

-Venez, sourit-il, si on remonte par là, ça devrait fonctionner.

-Qu'est-ce qui devrait fonctionner ?

-La magie, répondit-il.

Elle leva les yeux au ciel, amusée, mais le suivit. Elle n'avait pas vraiment le choix cependant, il avait couvert sa main de la sienne pour s'assurer qu'elle ne le lâchait pas. Mais ça ne la dérangeait plus de le suivre. En fait, elle trouvait plutôt adorable de sa part de vouloir "mettre de la romance dans sa vie", et jusque là, il réussissait plutôt bien. Alors quitte à se faire embarquer par un beau blond un peu fou, autant le faire avec le sourire et le laisser s'amuser.

Ils s'éloignèrent du lac pour remonter la rivière. Ils arrivèrent à un pont de bois plutôt large et couvert. Lisbon eut l'image des jardins japonais qu'elle avait vu dans des films et trouva l'endroit plaisant. Elle fut donc ravie de voir que Jane la menait dessus. De petites lanternes étaient allumées et elle comprit qu'elles menaient à un parc de l'autre côté du pont car elle vit d'autres lanternes éclairer des bancs.

Cependant Jane s'arrêta au milieu du pont et la guida vers la rambarde, dos au lac.

-Et maintenant ? s'enquit-elle.

-Maintenant, on attend, sourit-il en retour.

-Quoi ?

-Vous espérez vraiment une réponse ?

-Je vous testais, rétorqua-t-elle en le lâchant pour appuyer ses avant-bras sur la rambarde.

Elle perdit ses yeux dans l'eau au-dessous et resta songeuse un moment. Qu'y avait-il de si extraordinaire qui puisse se passer sur un pont ?

-Ah, ça commence, triompha son consultant en s'appuyant à son tour à côté d'elle.

Elle se tourna vers lui, les sourcils froncés en signe d'interrogation, et il se contenta de lui offrir un autre sourire et de lui indiquer d'un signe de tête qu'elle devait regarder l'eau. Elle s'exécuta non sans lui avoir jeté un coup d'oeil suspicieux.

L'eau était normale, elle coulait sous le pont, son flux tranquille et apaisant formait parfois des vaguelettes à la surface.

Puis, elle vit la première rose.

Elle s'étonna qu'une fleur aussi jolie, aussi peu naturelle, se retrouve dans une rivière. Elle se pencha pour la voir passer sous le pont, puis, quand elle l'eut perdu de vue, elle se redressa. Elle lâcha un léger cri vite étouffé par sa main. Elle se tourna vers Jane, les yeux brillants de malice et il acquiesça.

Elle reporta son attention sur les dizaines et dizaines de roses qui voyageaient paisiblement vers eux, suivies par d'autres dizaines, et encore d'autres...

-Mais il doit y avoir des centaines de roses Jane ! s'exclama-t-elle en se penchant pour les voir passer, aussi excitée qu'une enfant.

Il la regarda faire avec amusement, fier de son tour.

-Pour être honnête, tous les fleuristes à proximité de la rivière s'y sont mis, dit-il.

Elle se tourna vers lui, écarquillant les yeux de surprise.

-Après la Saint-Valentin, ils se retrouvent avec des centaines de roses sur les bras, plutôt que de les jeter à la poubelle, je leur ai proposé de les jeter dans la rivière.

-Et ils ont accepté comme ça ? s'étonna-t-elle en retournant à son observation, attirée comme un aimant par les fleurs silencieuses.

-Un magicien ne révèle jamais ses tours, répliqua-t-il en s'appuyant contre l'un des piliers du pont.

Les fleurs passèrent pendant dix bonnes minutes, et il passa tout ce temps à observer Lisbon s'amuser du spectacle. Parfois, elle se penchait un peu trop et il s'approchait pour tenter de la rattraper si elle basculait, mais elle maîtrisait à chaque fois la situation.

Il la vit se tordre les lèvres lorsque les dernières roses arrivèrent, et elle le surprit en trottinant jusqu'à l'autre côté du pont pour les regarder se diriger vers le lac. Elle soupira et ferma les yeux, appuyant sa tête contre le poteau à côté d'elle.

Elle entendit Jane venir la rejoindre et un léger sourire se forma sur ses lèvres, elle ne rouvrit pas les yeux.

-Vous devez me trouver ridicule maintenant, hein ?

-Vous étiez amusante, pas ridicule, rectifia-t-il.

-On aurait dit une gamine.

-Une gamine dans une belle robe bleue alors.

Elle rouvrit les yeux et l'observa un moment avec le sourire.

-Un peu de romance dans ma vie, c'était ça ?

-En bon anti-Valentin que je suis, plaisanta-t-il.

Elle acquiesça et ferma les yeux à nouveau. La température commençait à chuter mais elle n'avait pas envie de partir, elle avait des souvenirs à graver.

-Jane ?

-Hmm ?

Elle rouvrit les yeux et rougit légèrement en croisant son regard interrogatif. Elle détourna son regard sur la rivière.

-Vous pouvez être mon Valentin si vous voulez, souffla-t-elle.

Il s'approcha d'elle et posa sa main sur son épaule, cherchant ses yeux. Elle soupira et planta son regard vert dans les orbes brillantes de son consultant.

-J'adorerais être votre Valentin Lisbon, sourit-il finalement.

-Mais ça reste entre nous hein ?

-Ne vous en faîtes pas pour ça, répliqua-t-il dans un geste évasif.

Il glissa sa main de l'épaule de Lisbon jusqu'à son cou et monta son pouce sur sa joue, y dessinant un léger cercle sans pour autant quitter ses yeux. Il la sentit frissonner.

-Ma main n'est pas froide, souffla-t-il, joyeux.

-La nuit si, se justifia-t-elle. Et arrêtez de me regarder comme ça.

-Ca vous dérange ?

-Non c'est juste... bizarre.

-Je suis votre Valentin Lisbon, je vous regarde comme je veux.

-Ca veut dire que je suis votre Valentine alors ?

-Définitivement, acquiesça-t-il en réduisant l'espace déjà infime entre eux de quelques millimètres.

-Vous n'êtes pas sérieux ? gémit-elle.

-Vous n'aviez qu'à y penser avant, triompha-t-il.

-Mais Jane...

-Chut, la coupa-t-il.

Il se pencha vers elle et déposa ses lèvres sur les siennes. Lisbon n'entendit même plus l'eau couler. Elle leva les bras sans savoir quoi en faire, elle ne se rappelait même plus les avoir levés pour le repousser, l'idée même lui paraissait absurde maintenant. Alors, avec hésitation, elle attarda sa bouche sur sa lèvre supérieure, et il la prit par surprise, lui volant un baiser bien plus passionné. Ses bras trouvèrent une place parfaite lorsqu'elle glissa ses mains dans son dos pour s'approcher un peu plus de lui.

Avait-elle eu froid ? Toute sensation de fraicheur lui paraissait étrangère maintenant qu'il l'embrassait. Il glissa sa main sur sa nuque et elle se tendit. Elle s'écarta de lui presque aussitôt, il lui sourit.

-Est-ce qu'il vient vraiment de se passer ce que je pense qu'il vient de se passer ? s'enquit-elle en le dévisageant.

-Si vous voulez parler du fait que nous venons d'échanger le baiser le plus essoufflant qui soit, alors oui, c'est ce qui vient de se passer.

-La notion de sérieux, ça ne vous dit rien hein ?

Il rit puis hocha la tête, fier de lui.

-J'étais sûr que vous étiez sensible sur la nuque aussi, triompha-t-il finalement.

-Jane, protesta-t-elle, vous n'auriez jamais dû faire ça.

-Je sais, mais il y a beaucoup d'autre chose que je ne suis pas sensé faire. Vous n'avez qu'à prendre ça comme un baiser anti Saint-Valentin.

-En quoi c'est anti Saint-Valentin de s'embrasser de cette manière ?

-Ce n'était pas vraiment romantique... Vous êtes vraiment sûre de vouloir parler de ça ?

-En fait oui, qu'est-ce que vous entendez par "pas vraiment romantique" je vous prie ?

Il leva les yeux au ciel et laissa retomber ses mains le long de son corps.

-Il se fait tard Lisbon, je vais vous ramener chez vous.

-Lâche, marmotta-t-elle en tournant les talons pour partir.

Il soupira puis la rattrapa.

-Je ne suis pas lâche.

-Vous prenez un prétexte idiot pour m'embrasser puis vous n'assumez pas, vous avez un autre mot que lâche pour ça ? Non parce que je suis toujours ouverte à un vocabulaire plus large.

-Je vous ai vexée ?

-Vous n'avez pas le droit de m'embrasser puis de me dire de tout oublier, peut-être que ça marche comme ça pour vous, mais pas pour moi.

-Très bien, n'oubliez rien, dit-il en haussant les épaules.

-Vous savez quoi, c'était une bonne soirée, restons-en là avant que vous ne finissiez de tout gâcher, lâcha-t-elle avant d'accélérer le pas pour entrer dans le bois.

-Lisbon ! la rappela-t-il.

Elle ne se retourna pas, elle accéléra. Il soupira. Justifier ses actes n'avait pas fait partie de son plan, mais il avait la désagréable sensation qu'il avait blessé les sentiments de la jeune femme. Et pour tout réparer, il allait devoir parler.


... Bon il fallait bien que je m'écarte un peu des personnages d'origine pour écrire cette suite, donc j'espère l'avoir fait sans vous décevoir ! Faites-le moi savoir si ça vous dit. :)

La suite et fin arrive vendredi dans la soirée [Date critique pour la fan de Madeleine Hightower que je suis.] ! D'ici là, Jisbonnez bien :)