William
James avait les trois quarts de sa fourchette enfouies au fond de sa gorge,
Abigail le regardait avec un dégoût évident,
Albus et Rose souriaient béatement devant leur troisième plâtré de pâtes.
James retira la fourchette: les quatre patates qu'il y avaient embrochées avaient disparues,
Abigail se resservit discrètement en carottes,
Albus et Rose attaquèrent leurs plats, en deux minutes ils avaient fini.
Olivier alignait les petits pois, un air de profonde concentration sur le visage,
Lulu jouait avec son pudding,
La nouvelle œillait la texture verte et tremblotante dans son assiette.
Olivier trouva enfin une tactique de football digne de ce nom à l'aide du petit pois a et du petit pois b,
Lulu poussa un cri de surprise lorsque son dessert lui gicla dans l'œil,
La nouvelle œillait toujours la texture verte et tremblotante dans son assiette.
Liliane
Dire que j'avais du mal à m'adapter à la cuisine anglaise serait un euphémisme: le garlic bread que j'avais choisi comme entrée me pesait encore sur l'estomac, j'avais à peine touché à mon roast-beef et une sorte de gelée verdâtre trônait fièrement au milieu de mon assiette, attendant d'être mangée. Et elle pouvait attendre encore longtemps, je n'avais pas envie de m'empoisonner aujourd'hui - j'étais bien trop jeune pour mourir.
Quand j'avais été envoyée à Gryffondor, un tonnerre d'applaudissement avait retenti et je m'étais vue rougir sans précédent. …tant donnée que personne (à part peut-être Abigail et Rose ) ne me connaissait, j'en avais déduis qu'il était de coutume d'accueillir les nouvelles recrues comme des pop-stars américaines en pleine ascension. Et effectivement, je n'avais pas tord: maintenant que j'avais rejoins les rangs, au moindre élève qui se ralliait à nous, il était de mon devoir de Gryffondor, de joindre les deux mains et de les taper l'une contre l'autre avec frénésie, comme si ma vie en dépendait - et je dois dire, que je m'étais quelque peu prise au jeu. C'était peut-être stupide, mais cela faisait longtemps que je n'avais pas ri à ce point.
Je fus soudainement très reconnaissante envers Rose qui s'était levée pour me signaler sa présence et qui m'avait invitée à me joindre à son groupe; sans cela, j'aurais mangé mon repas toute seule. Et là, j'aurais sûrement été tentée de manger la gelée.
William
Je partageais mon dortoir avec Peter Pevensie et Olivier Dubois. Ce n'était pas vraiment une bonne nouvelle: Peter était préfet (ce qui voulait dire fini les concoctions de plans machiavéliques contre les Serpentards, quoiqu'il était assez patriotique envers sa maison... j'arriverai peut-être à le remettre sur le droit chemin) et puis Olivier, et bien c'était juste Olivier.
Je soupirai bruyamment avant d'entreprendre la vidange de valise: les pulls sur la première étagère, les chemises sur la deuxième, les pantalons dans le placard, à côté des blouses de chimie.
Olivier avait déjà une chaussette solitaire à son actif: elle était sur mon oreiller, et croyez-moi, ce n'était pas un cadeau. Si je ne l'enlevais pas rapidement, je pouvais dire adieu à mes rêves de grandes blondes en bikinis sur une plage de Californie. Et bonjour le tas de morues en décomposition.
Peter entra dans le dortoir et me sourit chaleureusement, mise à part sa manie de toujours chercher à avoir le dernier mot, c'était un chouette type. Oh bien sûr il adorait littéralement se disputer avec ma cousine Abigail, mais qui pouvait le blâmer ? Elle avait tout de même un caractère assez particulier.
« Qu'est ce que tu nous amènes là Dubois » demanda Peter à Olivier lorsque celui-ci entra dans la pièce à son tour, trainant un lourd coffre derrière lui « Tes bagages sont déjà sous ton lit »
« Tout notre équipement, je n'ai pas confiance en la vieille McCready, elle pourrait les voler et les vendre sur e-bay... »
« Tu ne penses pas y aller un peu fort ? » demandais-je. Enfin après tout, c'était son problème s'il voulait se faire des films.
« Bien sûr que non ! » s'insurgea Olivier « C'est tout à fait son genre ! »
« Déjà qu'elle a un de ses caleçons accroché au-dessus de son lit, ce serait vraiment glauque d'apprendre qu'elle a son maillot de foot entre ses mains! » Bon d'accord, j'en faisais peut-être un peu trop, mais la tête de Dubois en valait la peine: il était prêt à s'étrangler sur place. Et puis de toutes façons c' était trop tard, je m'étais pris au jeu « Je l'imagine déjà essorer la sueur de ton maillot et la mettre dans un petit flacon... »
« Et le ranger sur une belle étagère... » continua Peter à son tour.
« A côté des fioles pleines de tes cheveux... » Olivia se massa discrètement l'arrière du crâne et je me mordais la lèvre pour ne pas me faire trahir par un fou-rire.
« Et des poupées à son effigie... Oh oui, surtout les poupée à son effigie »
« Tu sais Olivier, tout bien réfléchi, tu devrais le cadenasser trois fois ton coffre » dis-je le plus sérieusement possible (je pouvais dire sans me vanter, que mes talents d'acteur étaient incontestables ).
« Oh oui! » Peter acquiesça et me joignant à lui, nous nous dirigeâmes vers la porte « Bon, nous, on te laisse, tu as des choses à faire apparemment »
Et c'est ainsi que nous laissâmes derrière nous un Olivier traumatisé - je ne voulais même pas savoir ce qu'il s'imaginait à présent. Mais tant pis pour lui, la prochaine fois, il rangerait ses chaussettes.
Et puis, ce n'était tout de même pas ma faute, si il était crédule à ce point.
Liliane
Comment définir Lulu Longdubat-Lovegood, autrement que la fille avec du pudding dans les yeux ou notre camarade de dortoir?
D'après Rose c'était très simple : c'était miss parfaite et en même temps, LA niaise du lycée. (Ce qui était un peu incompatible en soi... Comment pouvait-on être parfaite ET niaise à la fois ? - en fait si c'était très simple: il suffisait de regarder Lulu Longdubat-Lovegood ...) En revanche, d'après Abigail, c'était légèrement plus compliqué: quand je lui avais parlé de cette Lulu dont chacun semblait faire beaucoup d'éloges, elle avait tout simplement répondu: « C'est une terrible hypocrite qui n'en perd pas une pour enfoncer les gens, une grosse sangsue doublée d'une nymphomane, une manipulatrice, une sale peste au charme d'enfant qui... » ce à quoi Rose s'était empressée de couper court en faisant remarquer à sa cousine qu'elle avait laisser un peu de poussière sur une étagère.
J'avais appris qu'au-delà de son physique d'ange, Abigail s'avérait être une véritable maniaque de la propreté. En effet, juste avant que Rose ne fasse une apparition bien remarquée dans notre dortoir (elle chantait I will survive la main sur le cœur et un air désolé peint sur le visage; oui on ne pouvait pas tous avoir l'air heureux avec une passionnée d'entomologie comme colocataire ), Abigail et moi étions en plein ménage de printemps (Rose avait d'ailleurs très justement suggéré de reporter cette activité quand ce serait véritablement le printemps ).
Bref, tentant d'échapper à la crise d'hystérie de la pauvre Harriet, sa colocataire (Rose avait malencontreusement écrasé une malencontreuse fourmi qui s'était bien malencontreusement échappée de son bocal - enfin ça c'était sa version des faits ) elle s'était retrouvée dans notre dortoir 'un environnement nettement plus sain' et cela faisait bientôt une heure que nous discourions sur l'étrangeté de l'espèce humaine. Ce qu'on pourrait appeler plus communément comme « du commérage ».
« Allez Rosie, Harriet ne peut pas être si terrible... tu devrais lui laisser une chance » Tentait Abigail, nettement plus diplomate que sa cousine qui avait déjà décidé de lancer une vendetta contre les fourmis, ou tout autres insectes qui s'en rapprochaient.
« Abby. Cette fille classe des mantes-religieuses, elle les étiquettes et les range dans des bocaux, quelle partie de terrible tu ne comprends pas ? »
« Et bah à ta place, au lieu de te plaindre, j'irais vérifier qu'elle n'en a pas mis dans mon lit...» Abigail sourit narquoisement à ma remarque; son sourire était encore plus éclatant lorsque Rose sortit de notre dortoir en courant (n'oubliant pas de claquer la porte en passant - très important dans ce genre de situation ) et en criant des « Oh mon Dieu! » « Oh mon Dieu! ».
« Toi je t'adore! » S'exclama alors Abigail en me tapant joyeusement dans la main, se moquer de sa cousine était un de ses "passe-temps" préférés.
William
« MacLagen en milieu gauche ? »
Après s'être rendu compte que ses réactions étaient un tantinet excessives et que McCready ne volerait probablement pas nos maillots ou nos protèges tibia, Dubois avait déclaré un état d'urgence, et toute notre équipe s'était retrouvé dans la salle commune, à 23h, la veille de la rentrée. L'ordre du jour ? Une recherche intensive de nouvelles recrues. N'ayant pas le temps d'organiser des essais, nos trois places vacantes devaient être comblés par des personnes que nous savions personnellement « doués en football », « digne de confiance » et à qui les maillots saillaient bien – très important pour garder notre image d'irrésistibles Gryffondor, pardon: d'irréductibles Gryffondor.
« Oui ce serait une bonne idée » acquiesça notre capitaine – c'était la première chose sur laquelle nous étions d'accord. Je me demandais bien ce qu'il avait fumé avant de venir. « D'autres propositions ? »
« Rose Weasley ? » questionna Lulu en sirotant son jus d'orange. Sa demande eut pour effet de nous faire recracher les nôtres.
« Pardon ? » demanda alors Olivier interloqué et dégoulinant de jus de fruit « Une fille ? »
« Autant mettre Abigail en défenseur droit pendant que t'y es! » ironisa Peter qui n'était manifestement pas du tout d'accord pour accepter plus de fille dans l'équipe. Une s'était déjà bien assez.
« Exactement! » s'exclama Lulu de plus belle.
-Bzzzzzzzz.- Ca c'était la mouche qu'on entendait voler.
« Ecoutez, je suis dans l'équipe moi, non ? » commença alors Lulu, dans une tentative de raisonner les têtes de mules que nous étions.
« Ouuui » Tous acquiescèrent.
« Et je suis une fille, non ? »
« Ouuui » Et rebelote. Nous acquiesçâmes à nouveau.
« Alors pourquoi ne pas prendre d'autres filles ? »
« Parce que ce serait trop de distractions ! » s'exclama Olivier, comme si ça tombait sous le sens.
« Et qu'est ce que je suis, moi ? Une joueuse ou une distraction ? » demanda finalement Lulu en s'asseyant sur les genoux de Dubois - je le hais.
« Euh... une joueuse ? » Menteur.
« Alors nous sommes d'accord: plus de filles dans l'équipe ! »
« ... » Silence radio.
Liliane
« Liliane ! Abigail ! » Simultanément, Abby et moi nous retournâmes et firent face à une Rose Weasley bien essoufflée. « Attendez-moi! »
« Dis-donc tu sèches dès le premier jour, tu commences bien l'année toi » s'exclama Abigail, d'un ton faussement lourd de reproches.
« Tu exagères, j'ai juste manqué le petit déjeuner... »
« Mon Dieu, ne me dit pas que tu es anorexique ! » se récria Abigail dramatiquement, dans une imitation parfaite de ce que je devinais être la mère d'une des deux filles.
« Pff, tu me connais, la nourriture et moi... »
« … une véritable histoire d'amour, oui je sais ! Tiens, ton petit déjeuner »
« Ah ! Tu es la meilleure » s'extasia Rose en voyant le petit sac brun que lui tendait sa cousine. On pouvait sentir l'odeur de toasts grillés et de croissants beurrés. Rose n'avait d'yeux plus que pour son petit encas du matin.
«A vrai dire, cette fois c'est Lily qui y a pensé ! » répondit Abigail en me tapotant l'épaule « Mais tu as raison sur un point: je suis la meilleure »
« Toujours aussi modeste Weasley à ce que je vois » La grande blonde fit volte-face (ce qui m'étonnait le plus chez Abigail c'était sa capacité à se retourner naturellement dans un balancement capillaire, à la manière des pubs Garnier ). Peter Pevensie la toisait narquoisement de toute sa hauteur, il finit par se retourner vers Rose et moi, et adopta un ton plus amical « Liliane, Rose, ça va ? »
« Pevensie. » Alors que Rose avait répondu poliment, j'avais opté bien malgré moi (si, si je vous assure ! ) pour un salut nettement plus froid. Peter grimaça et Abigail éclata de rire. Aouch, inutile de me leurrer, cette année, je n'allais pas me faire que des amis. Pfff, foutue solidarité féminine. …tonnamment, il resta calme et s'excusa presque - ou alors c'est moi qui entendait des voix:
« Je suis désolée, je n'aurais pas du te mêler à nos... nos petits désaccords»
« Fais attention, Peter ne s'est jamais excusé auparavant, il pourrait te demander en mariage... »
« Très drôle Weasley, HILARANT. Bref, je suppose que Rose ne vous à pas parler de la proposition de Dubois... »
Abigail et moi eûmes toutes deux un moment d'égarement, mais avant que je puisse dire quoique ce soit, Abby me pinça l'épaule et s'exclama avec une voix qui se voulait sûre d'elle – mais qui finissait par ne pas paraître naturelle du tout:
« Et pourquoi ces suppositions hâtives Pevensie ? »
« Parce que comme tu es d'une nature... assez prévisible ma chère Abigail, je sais d'avance que si Rose t'avais annoncer la nouvelle pour demander ton accord, tu serais déjà en train de hurler au sacrilège et de contacter ton avocat... »
« Tu te fais des idée: bien sûr que si, elle nous en a parler! Et nous sommes totalement d'accord , n'est-ce pas Lily ? » Je ne savais pas pourquoi, mais j'avais la très net impression qu'Abby venait de faire une boulette...
« Heum..oui, enfin-er... j'imagine- oui » J'étais une menteuse TRES-TRES médiocre. Mais eh! Ce n'était pas tant que ça ma faute: je ne pouvais pas mentir alors que je ne savais pas de quoi il était question. Allez, j'étais excusée.
« Bon eh bien c'est réglé, moi je dois aller en cours et... »
« Non toi tu viens avec NOUS » S'exclama Abigail en prenant par l'épaule sa cousine qui tentait de s'éclipser discrètement. Elle nous poussa toutes les deux avec une force que je ne lui soupçonnait pas et une fois arrivées à distance sécuritaire (aussi loin que possible de Peter Pevensie ) Abigail se retourna et s'exclama furieusement:
« Maintenant tu nous excuseras mais on a plus important à faire ! »
(...)
« Aah mais quoi ? » S'écria enfin Rose à l'attention de sa cousine lorsque celle-ci nous enferma dans les toilettes – après avoir vérifier que personne n'y était bien entendu.
« C'est quoi cette histoire avec Dubois ? »
« Et bien tu viens d'accepter -pour toi et Liliane d'ailleurs, d'entrer dans l'équipe de football... des Gryffondors... »
« QUOI ? » Ca c'était moi. Oui, je pouvais être une fille très réactive quand il m'en venait l'envie. La réaction d'Abigail était plutôt du genre '' Aha, nooon mais tu rigoles ça se voit...''. « Hum, je crois que Rose ne rigole pas Abby.. »
Rose confirma mes dires en regardant sa cousine, l'air navré.
« Je..-tu...-QUOI ? Pourquoi tu ne nous l'as pas dit plus tôt ! »
« Ahlala et tout de suite c'est ma faute, évidemment: Primo: j'allais le faire, secundo: C'est toi qui a accepté et tertio: MAIS QU'EST CE QUI T'AS PRIS D'ACCEPTER ALORS QUE TU NE SAVAIS MEME PAS DE QUOI IL S'AGISSAIT, TU AURAIS PU DEMANDER ! »
« Mais je voulais juste énerver Pevensie et lui prouver qu'il avait tort, je pensais pas que c'était aussi... grave! »
« Bah là pour le coup, tu l'as énervé: il est défenseur gauche et Dubois voulais te donner la place de défenseur droit si tu acceptais, ce que tu as fait manifestement... »
« OH MON DIEU NON. »
« Et siii. »
« Tu peux peut-être te rétracter Abby tu sais? » D'accord, je l'admets, à la minute ou cette phrase est sortie de ma bouche, j'ai su que c'était une erreur, la preuve vivante:
« Non » dit fermement Abigail en se passant de l'eau sur le visage « Il va croire que je me dégonfle- »
« Et c'est le pas le cas ? » Pourquoi ne pas me coudre la langue ? Pourquoi je ne suis pas née muette ?
« Non, on va jouer au foot point. On a juste besoin d'un plan pour limiter les dégâts »
« on ? Tu n'aurais pas omis quelque chose chère cousine ? » demanda Rose. La tension présente dans l'air était pratiquement palpable.
« Euh... éclaire moi je t'en pris ? »
« Et bien Liliane et moi ici-présentes n'avons pas forcément envie d'intégrer l'équipe juste pour ton plaisir d'emmerder Pevensie … Tu pourrais... je ne sais pas moi, nous demander d'abord ? » Un jour, il faudrait que j'apprenne aux gens à ne pas parler à ma place. Que ce soit Rose ou Abigail.
« Ce n'est pas nécessaire: tu as sûrement déjà dit oui ayant très envie de voir les joueurs de plus près, sans leurs maillots, et Lily aurait sûrement accepter, sachant que ça lui permettrait de faire plus ample connaissance avec les élèves masculins de Gryffondors. Mais bon si tu y tiens: est ce que vous êtes d'accord pour rester - puisqu'on y est déjà, dans l'équipe ? »
« Hum... » La minute qui suivit, Rose sourit et un 'oui' » franchit la barrière de ses lèvres. Alors toutes deux se retournèrent vers moi, et là, (Dieu seul sait pourquoi -et je suis sûre que lui même en doute ), je répondis « oui » (si seulement ce n'était que ça ) mais rajoutais:
« Mais ce n'est pas pour ton bon-vouloir que je le fais »
J'étais rouge de colère: je fuyais mes parents pour arrêter qu'on décide de ma vie à ma place et voilà que je me retrouvais amie avec un Mussolini britannique, quelque chose n'allait vraiment pas bien chez moi. J'étais maso ou quoi ? Abigail était adorable, mais là, j'avais besoin d'être seule.
William
Humpf ! Ca, ça faisait mal, c'était le moins qu'on puisse dire.
« Ca va ? » Demandais-je à la fille qui s'était étalée par terre, après m'être rentrée dedans. Je la reconnue comme étant la nouvelle, celle qui traînait avec mes cousines, Abigail et Rose. Ses joues étaient teintés d'une délicate couleur rouge (bon ok, là j'étais gentil, parce qu'elles étaient plutôt rouge tomate ) et elle tentait tant bien que mal de se relever. D'habitude, j'aurais proposer mon aide (si si ), mais là je restais comme un idiot à la regarder se démener avec son sac et ses bouquins. « Hum, attends je vais t'aider »
J'étais finalement sortie de ma torpeur (le coup m'avait plus touché que ce que j'avais cru ), et aidait à présent - Liliane je crois, à rassembler les affaires qui étaient tombés de son sac lors de la collision. Liliane ne parlait pas, elle avait juste marmonner un rapide « désolé » - à peine. Sa gêne était lisible sur chaque recoin de son visage. La couleur de ses joues s'était quelque peu atténuée et derrière des mèches d'un blond sablé, je pouvais apercevoir des yeux vert – vert sapin, qui s'obstinait à regarder par terre. Pourtant, nos regards se croisèrent à un moment donné - lorsque je lui tendis son agenda, et la jeune fille ouvrit la bouche (une ravissante petite bouche en cœur ) avant de la refermer, refusant de dire ce qui lui était passé par le tête quelques secondes plus tôt.
« William » me présentais-je alors, en lui tendant la main et souriant d'un air qui se voulait encourageant. Parce que si moi je connaissais son prénom, ce n'était peut-être pas réciproque. Abigail nous avait vaguement présenté au dîner la veille, mais je préféras que ce fus fait de façon plus 'officielle'.
« Liliane » Elle tentât un léger sourire qui révéla deux adorable fossettes. Liliane – Liliane rit lorsque j'essayai de prononcer son prénom – c'était un beau prénom mais pourtant rien n'y fit, le son correct n'arrivait pas à franchir mes lèvres. La française rit de plus belle et finit par coincer une mèche derrière son oreille avant de proposer « Tu peux m'appeler Lily si tu veux, c'est peut être plus simple ? »
« Lily? Oui c'est plus simple, ma cousine s'appelle Lily, alors j'ai plutôt intérêt à savoir prononcer son prénom » Liliane rit une dernière fois, la gêne avait quitté son visage et nous nous dirigeâmes tous deux vers un des laboratoires de physique-chimie, puisque c'est là que nous avions cours.
Après avoir comparé nos emplois du temps, je me réjouis de constater que nous avions la plupart de nos cours en commun: Liliane avait l'air plutôt sympa, enfin pour une française.
« Alors, comment trouves-tu mes cousines ? »
« Oh, elles sont très sympa ! »
« Tu n'es pas obligée de dire ça pour me faire plaisir tu sais »
« Si si, je t'assure, elles sont supers, mais d'après ce que j'ai pu voir, elles ont des tempérament plutôt compliqués – enfin surtout Abby » Lily avait arrêté de tordre les coins son blaser qu'elle tripotait depuis le début de la marche et m'expliqua comment elle s'était légèrement emportée contre Abigail dans les toilettes des filles.
« Ah ça c'est du Abby tout-craché. C'est d'ailleurs pour ça que notre préfet Peter et elle ne se supporte pas: elle adore avoir les commandes, il adore avoir les commandes: forcément ça clashe »
« J'aurais pu me taire, ce n'était pas si grave que ça. Je sais vraiment comment me faire des amis dis donc... » L'ironie était claire dans sa voix et il était net que Liliane se faisait des reproches. Elle était adossée contre le mur et nous attendions que le professeur arrive pour pouvoir entrer en cours.
« Non, tu as bien fait, ça ne peut que lui faire du bien: la remettre à sa place j'entends. Et puis tu verras, c'est elle qui viendras te présenter des excuses. Abby a beau être têtue, elle sait admettre quand elle a tord – enfin encore une fois, sauf avec Peter » Oui, Abigail était têtue comme un âne - une mule ? C'était d'ailleurs ça qui lui avait valu, ou plutôt, qui ne lui avait pas valu la place de préfète et que celle-ci avait été attribuée à Blake – petite amie attitrée de Peter Pevensie. « Tu devrais lui pardonner, Abigail n'est pas méchante, c'est juste la façon dont elle a été élevée par ses parents »
« J'espère surtout que c'est elle qui me pardonnera » répondit alors Liliane – Lily, en souriant « Elle m'a tout de suite acceptée et c'est comme ça que je la remercie.. j'ai la poisse »
« Liliane! » Je sourit intérieurement et adressa un salut enjoué à ma chère cousine Abigail, essoufflée, qui se tenait par les côtes et avait du mal à aligner deux mots: « Je-je –pff, je suis dé-désolée... je n'aurais... pas... je n'aurais pas du, parler à ta-ta place, dé-décider à ta place m-m-même... désolé »
Liliane un air ahuri sur le visage, regardait ma cousine qui peinait à reprendre sa respiration. Cette fois-ci se fut Abigail qui eut l'air gêné en attendant la réaction de la petite française, elle regardait ses pieds et n'osait plus prononcer un seul mot. Attitude que je lui avais rarement vu. Lily finit par se reprendre et me lança un sourire auquel je répondis par un clin d'œil – on ne se refait pas, avant de répondre à ma cousine:
« C'est déjà oublié Abby »
« Pffiou, tant mieux, je n'ai pas couru comme une folle pour rien alors ! » Et en deux ou trois mouvement l'histoire était pliée: avec juste le temps de nous dire au revoir, de nous donner rendez-vous dans la grande salle pour le repas, Abigail était repartie en courant. Arriver en retard n'était pas dans ses priorités. D'où son petit footing
Liliane
Ma première journée de cours à Poudlard s'était passée tranquillement, mais sûrement. Les professeurs n'étaient pas aussi terribles que William les avait décris. J'avais rapidement laissé derrière-moi mes appréhensions quant à mon introduction aux autres élèves: car ils étaient pour la plupart plutôt sympathiques et car William avait été à mes côtés de façons quasi-permanente. Il m'avait immédiatement présenté à ses amis et j'avais été heureuse de dire aux filles – Abigail et Rose, à la fin de la journée, que je m'étais plutôt bien intégrée. Pour l'instant du moins.
Nous étions à table, c'était l'heure du diner, et ce soir, je trouvai le garlic bread, presque bon. J'étais attablée avec Abigail et Rose, n'ayant pas trop copiné avec d'autres filles pendant la journée, et n'ayant pas vraiment eu l'intention d'essayer non plus: j'étais très bien avec les deux Weasley. Nous étions encadrées par William et pour le plus grand regret d'Abigail, Peter. Les deux garçons étaient plongés dans ce qui paraissait être une passionnante discussion sur les bienfaits du football sur la physionomie masculine.
« Bon et sinon » Après avoir conclu que faire des abdominaux n'était nullement une punition, William se retourna vers nous et demanda: « Comme vous venez tout juste de rejoindre l'équipe, Peter et moi avions pensé vous entraîner un peu, après les cours, »
Alors qu'Abigail se renfrogna, Rose commença à sautiller sur sa chaise et questionna avec extase:
« Est ce que Eragon sera là ? » Son excitation se lisait dans ses yeux. La perspective de se faire entraîner par un des plus beaux garçons de Poudlard – d'après elle; la réjouissait au plus au point. Enfin jusqu'à ce que sa cousine intervienne et brise ses rêves d'enfant:
« Non merci, on s'en passera, on se débrouillera très bien toutes seules » déclara Abigail sèchement – un peu trop d'ailleurs, William n'avait que proposer son aide après tout. Rose n'en revenait pas et elle se mit à supplier sa cousine de changer d'avis - supplications qui allaient sûrement durer jusqu'à la salle commune de Gryffondor.
William avait l'air vexé de s'être fait rembarrer aussi durement. Il n'insista pas cependant et je lui adressai un petit sourire en coin – histoire d'excuser la conduite de mon amie.
Quant à moi, j'aurais pu encore faire remarquer à Abigail qu'elle avait encore décider à ma place – elle n'était pas la seule à qui William avait demandé; mais personnellement je préférais m'en abstenir car son refus était plutôt un soulagement: les entraînements de football, très peu pour moi – je jouais au tennis, alors les ballons avec un diamètre de plus de six centimètres, non merci.
Peter, lui, n'avait pas l'air étonné de la réaction d'Abigail – côté égo, tous deux semblaient se comprendre à la perfection; il semblait prêt à sortir une remarque moqueuse mais se ravisa, ayant peut-être eu son quota de disputes pendant la journée avec Abigail. …tant dans la même classe, ils étaient obligés de se côtoyer plus qu'ils ne devraient pour leur santé mentale et leurs « divergences d'opinions» étaient plus que nombreuses.
Il y avait eu la fois où Abby avait été en retard à son cours de littérature – à cause de notre petite altercation de ce matin; et où Peter avait laisser suggérer qu'elle était toujours incapable de se repérer dans le château même depuis sept ans qu'elle y était – ce n'était pas grand chose, mais pour Abby, c'était déjà bien assez.
Puis la fois où ils avaient dû partager leur livre de Steinbeck parce que Peter avait oublié le sien, et où Abigail avait fait remarquer encore une fois « quel piètre préfet il faisait ».
Enfin, le clou du spectacle: la fois où ils s'étaient vus assignés partenaires de relaxation (une matière inconnue de moi-même et à laquelle d'après la directrice il était primordiale d'y participer, puisqu'elle permettait aux élèves de ne pas perdre la tête avec la quantité de travail à laquelle ils étaient soumis – très rassurant oui ) et où s'était mêlée la petite amie de Peter, Blake, provoquant un véritable scandale:
« Il est évident qu'Abigail a payé la prof afin de pouvoir être avec Peter en relaxation, puisqu'il est évident qu'elle craque pour lui depuis toute petite, ce qui est évident puisqu'elle cherche toujours à attirer son attention, ce qui est encore plus évident puisqu'elle se dispute tout le temps avec lui »
- des faits dont je m'occupe bien-entendu de l'unique retranscription et que je n'ai nullement inventé.
Tout ça pour dire, qu'Abigail et Peter, c'était tout un poème.
William
Le dortoir était vide: Olivier était quelque part dans le château, sûrement avec Lulu plait-il. Je commençais à être fatigué de lui courir après sans arrêt. Cela faisait bientôt deux ans qu'elle refusait ouvertement mes avances. Peter lui, était sous la douche, d'après ce que j'avais compris il voulait se relaxer avant de devoir faire son tour de ronde. J'attendais donc mon tour, farfouillant dans mon sac à la recherche de mon agenda, même si je savais pertinemment que je n'avais pas encore de devoirs.
Je tombai sur une feuille dont j'ignorais l'existence et commençais à la déplier, curieux de savoir ce qu'il était écrit. C'était le questionnaire que les premières années de l'année passée avaient dû remplir. Je ne l'aurais pas deviné si le frère de Dubois ne s'était pas vanté de je cite « ses réponses trop cool » en montrant le brouillon qu'il avait gardé, à toute la salle commune.
C'était peut-être le sien d'ailleurs ? Non l'écriture n'était pas assez cochon.
1/ Si vous devriez vous changer en animal, lequel serait-il ? poisson rouge
2/ Quel est l'élément qui vous caractérise le plus ? -eau, air, terre, feu-
3/ Quels sont les adjectifs qui vous qualifieraient le mieux ? wonder-woman
4/ Privilégiez-vous l'individualisme ou le collectivisme ? C'est quoi ?
5/ Si vous deviez être un végétal, lequel serait-il ? un végé-quoi ?
6/ Que voulez-vous devenir plus tard ? le père-noël
7/ Quelle est votre style musical ? le style chantale goyat
8/ Si un ami était en danger comment lui viendriez-vous en aide ?
9/ Votre ami vous annonce sa promotion que vous convoitiez, comment réagissez-vous ?
10/ Quel serait le sport parfait pour vous ? pâte à modelé
11/ Quelle est l'émotion que vous ressentez le plus en vous ? (ex: Colère, amour, injustice... )
12/ Nommez votre idole. Dalida
13/ Parlez de votre relation avec votre famille, avec vos amis.
14/ 3 films qui vous ont marqué.LolitaMalgréMoi
15/ Une chanson à laquelle vous vous identifiez.
16/ Votre conte préféré ?
17/ Une personnalité historique dans laquelle vous vous réincarneriez bien, si c'était possible.
18/ Le mot que vous préférez ?
19/ Le mot que vous méprisez ?
20 / Quelles sont les représentions que vous vous faîtes de nos quatre maisons. Laquelle vous plairait le plus ?
PS: Nous saurons si vous mentez alors abstenez-vous.
Re:PS: Ci-joint un graphisme, dîtes à quoi il vous fait penser et pourquoi. »
Les réponses étaient pour le moins absurdes ? Et puis d'abord, c'était qui ça, "Mental Goyave" ?
L'écriture était fine et dérapait à des moments, en tout cas je ne la reconnaissais pas.
Je passais le reste du temps, allonger sur mon lit, à contempler le plafond me demandant à qui diable avait bien pu appartenir ce drôle de papier.
(...)
Liliane. Le papier était à Liliane.
Abigail ou Rose avait dû lui passer le questionnaire, pour lui montrer à quoi il ressemblait. Abby en gardait toujours un ou deux.
Il avait du tomber de son sac, et j'avais du le ramasser par inadvertance.
(...)
Ses réponses étaient-elles sérieuses ou pas ? Non... quand même pas ?
Liliane
« MAIS-TU-ES-FOLLE-OU-QUOI ? » Rose s'époumonait dans notre dortoir tandis que sa cousine l'a regardait l'air placide, et tranquillement assise sur son lit. Un peu comme dans les teen-movies américains, elle se limait les ongles, attendant que le calme reprenne sa place. « MAIS-QU'EST-CE-QUI-T'AS-PRIS-POUR-DIRE...NON ? »
« Bon tu as terminé ? Tu te sens mieux ? » finit par demander la jolie blonde en reposant la lime à ongles et en se levant pour faire face à une Rose à l'air complètement folle. « J'ai dit ça parce que... parce qu'on va s'entraîner nous même »
Le ton calme et posé qu'Abigail avait adopté pour parler à sa cousine ne la calma pas pour une seule seconde, mais eu pour effet de la faire repartir pour un tour. Cette fois-ci elle accompagnait ses jurons par un rire nerveux de temps à autres.
« Nous ? NOUS ENTRAINER ? Mais il te manque pas une case, MAIS DEUX MA PA-RO-LE! »
« Rose calme-toi » tentais-je en la prenant par les épaules « S'entraîner nous même, c'est pas si mal... et puis comme ça les... les garçons auront la surprise de voir que nous ne sommes pas nulles »
« Excusez-moi ? » repris Rose de plus belle « Mais comment... COMMENT des nulles peuvent-elles SE RENDRE MOINS NULLES toutes seules ? »
« …coute Rose, de toute façons si les garçons nous avaient entraînés, ça aurait été du pareil au même puisque tu aurais passé la majeure partie de ton temps à essayer d'attirer l'attention Eragon et donc par définition: à faire tous sauf t'entraîner! » s'exclama Abigail à son tour, perdant peu à peu son sang froid, mais prenant bien soin de choisir les bons arguments.
« Bon... » Rose souffla deux-trois fois puis continua plus calmement: « admettons que j'accepte – et je dis bien ADMETTONS: comment on va faire pour s'entraîner dans le noir ? »
« On iras dans le gymnase et pas sur le terrain. On allumera la lumière » expliqua Abigail d'un ton nettement plus tranquille.
« De toute façons que ce soit sur gazon ou sur bétonné, ça ne changera pas grand chose à notre niveau »
« Liliane a raison, alors cesse donc de te plaindre et repose toi en attendant, on ira quand tout le monde sera couché... » finit par assener Abigail dans une tentative de clore la conversation. Ce qui apparemment ne devait pas être de l'avis de Rose puisque celle-ci la relança en demandant avec une toute petite voix:
« On ne peut même pas demandé de l'aide à Lulu ? Après tout c'est elle qui a proposé de nous intégrer à l'équipe... »
A sa remarque, Abigail se retourna vers sa cousine illico presto dans une valse de cheveux blond et d'un air dur s'exclama :
« Non tu es folle ! Petit un: parce que l'unique raison qui l'a poussée à nous proposer était pour son petit plaisir de nous voir humiliées par nos piètres performances; petit deux: parce que ce serait extrêmement gênant de se rabaisser à un tel niveau et PETIT TROIS: parce qu'elle aurait finit par dire à Pevensie que nous avons finit par chercher de l'aide et ça CA SERAIT LA PIRE DES HUMILIATIONS! Compris ? »
Rose cligna deux-trois fois des yeux et murmura un petit oui, mais à ma grande surprise ce n'était pas de l'intimidation qu'on pouvait lire sur son visage, plutôt de l'amusement. Un sourire léger étira ses lèvres et se transforma rapidement en un rire tonitruant que je ne lui connaissais pas. Fou rire qu'Abigail et moi ne pûmes partager puisque nous n'avions aucune idée de ce qui se passait. Peut être qu'à côtoyer le caractère autoritaire d'Abby trop longtemps on devenait complètement barge ?
« Tu ne partagerais pas ce qui te fait si rire avec nous par hasard ? » demanda Abigail au bord de l'énervement alors que je la regardais désormais, moi-même amusée.
« Hihi non, je préfère garder ça pour moi... hihi pour l'instant... en tout cas tu verrais ta tête ! »
Et Rose repartit dans un énorme fou rire, se roulant par terre comme un chien avec des puces.
Admirable comparaison.
Les anglais n'étaient vraiment pas normaux.
