Chapitre 2 :
Comment en l'espace de quelques mois, votre vie peut-elle devenir un enfer ? Les malheurs s'enchainaient sans interruption comme un cauchemar où l'on ne pouvait trouver l'issue.
Vous vous souvenez un peu plus tôt je vous ai dit que mes regrettés parents étaient décédés ! Oh mon dieu! Malgré les années passées, j'ai toujours autant de mal à en parler. Ils me manquent tellement, pas une journée ne passe sans que je pense à eux.
Je vous ai dit que j'avais hérité d'une chose, beaucoup plus importante et bien plus précieuse que l'argent, oui, vous vous souvenez, je parle de mes cheveux, seul souvenir qui sera toujours présent malgré les années.
L'agent de police m'avait annoncé leurs décès. A partir de ce moment là commença ma descente aux enfers
Tout d'abord les frais de notaire pour le remboursement de la maison, la voiture, et puis les papiers pour les funérailles, choisir la couleur des cercueils, les poèmes à réciter, les prières à faire, la musique.
Nous avions déjà évoqués cela auparavant, je me souviens que mes parents m'avaient dit qu'ils ne voulaient pas être enterrés, ils voulaient d'abord être incinérés
« Si c'est pas malheureux d'entendre des histoires pareilles de bon matin, grogna Charlie en posant rageusement son journal sur la table.
- Pourquoi que se passe-t-il ? demanda Renée en détournant son regard de sa poêle où elle finissait la préparation d'une omelette.
- Oh non papa pas de bon matin, on est à Forks, C'est pas ici qu'on aura un truc palpitant comme un psychopathe, râlai-je à mon tour.
- Mais attendez, s'insurgea Charlie en rouvrant son journal à la bonne page. « Un père de famille meure brusquement, la famille déboussolée reste face aux dettes qu'il laisse ». Vous ne trouvez pas ça horrible vous ?
- Papa!
- Hum... c'est une histoire malheureuse surtout que vu qu'il était jeune, il n'y avait aucun testament, sa famille ne savait même pas ses dernières volontés, répondit Renée en servant les œufs.
- C'est vrai, approuva Charlie. Bon Bella, moi je veux être incinéré et toi chérie ? Demanda-t-il en se tournant vers son épouse.
- Ça c'est une idée, on mettra nos cendres dans la même boite et nous serions ensemble pour l'éternité, si ce n'est pas romantique ça, s'extasia la jeune femme, en prenant la main de son époux.
- Oh vous êtes écœurants, vous ne pouvez pas être normaux de temps en temps, franchement!
- Ma chérie, tu sais ce que nous voulons au cas où, rétorqua innocemment Charlie. Et puis tu as vu c'est follement romantique selon ta mère !
- Franchement...mais je vous aime quand même, répondit-je en tentant de ne pas trop sourire, si seulement!
Malgré la douleur, qui s'était emparée de moi, il fallait que je fasse front, je me relevais avec difficulté, du fauteuil où était si souvent assis Charlie, lorsqu'il regardait ses matchs de baseball sur son écran plat.
J'arrivais dans la cuisine, ma gorge sèche d'avoir trop pleurée, mes larmes coulaient sans que je puissent les retenir.
Mes gestes étaient mécaniques, tel un robot : prendre un verre dans le placard du haut, ouvrir le robinet, boire, poser le verre dans l'évier...et m'effondrer au sol en pleurant toutes les larmes de mon corps, pleurer encore, pleurer toujours, on dit que lorsque l'on pleure, c'est notre douleur qui s'échappe au travers des larmes. Et bien croyez-moi ! Ce n'est pas vrai, plus mes joues s'inondaient de larmes plus j'avais l'impression d'étouffer.
Tous mes repères s'étaient effondrés, comment allais-je faire, maintenant ?
Faire tout ses papiers, tout choisir, et puis voir le regard des gens qui s'apitoient sur mon sort... grrr ... je devais également informer Billy, et Harry...oh et le docteur Cullen, je devais le faire, il le fallait , je me levais de parterre et me dirigeais vers le téléphone pour appeler Billy. Je composais le numéro machinalement à force de l'avoir fait dans le passé, deux sonneries retentirent, puis j'entendis la voix rauque de Billy.
- Oui ? Famille Black à l'appareil...
-B... Billy, reniflais-je, Ou...Ou , c'est B...Bella,
-Bella ... Oh Bella, ma petite Bella , je... Je viens de voir les informations... dit-il tristement , la voix pleine de chagrin. Je suis tellement désolé Bella...
-B...Billy, que vais-je faire,...Maintenant ? Je ne sais pas par quoi je dois commencer, je suis perdue, Je... Oh mon dieu... Je m'effondrais le dos contre le mur, le combiné encore dans les mains, incapable de parler, les mots refusaient de sortir, comme bloqués par le poids de ma douleur, ma respiration devenait irrégulière, je n'arrivais plus à m'arrêter, je commençais même a suffoquer, je devais me reprendre.
-Bella ? Bella, calme toi s'il te plait, respire normalement, inspire, expire, inspire, expire, doucement me dit Billy, je l'écoutais et ma respiration redevint plus facile.
-Bella, je vais venir avec Jacob, nous allons venir pour remplir les papiers et pour ne pas te laisser seule, d'accord ?
- Oui, mer... merci Billy, à tout de suite alors ?
-Oui, nous arrivons, ne t'en fais pas, ma petite Bella, nous sommes là. Je raccrochais, sur les dernières paroles de Billy, qui furent réconfortantes, savoir que je n'étais pas seule pour surmonter cette épreuve, m'aidais un peu.
Je décidais, en les attendant, de monter dans la chambre de mes parents pour choisir leurs costumes, arrivée devant celle-ci, je pris une profonde inspiration, qui fût nécessaire je devais l'admettre, ma main tremblante se posa sur la poignée, je tournais celle-ci et entrais, dans la chambre.
Rien n'avais changé, tout était encore en place, la chemise de travail de mon père sur la chaise à coté de la fenêtre, ou encore les chaussons de ma mère près du lit. J'avais décidé que mes parents porteraient leurs habits de mariage. Pour mon père, se serait donc son ensemble gris, avec la chemise blanche et la cravate grise, un complet magnifique, et pour ma mère, se serait sa robe de mariage. Elle voulait que je la garde, mais je ne pense pas pouvoir me résoudre à la mettre, le jour où je me marierai, c'est pour ça qu'elle remettrais celle-ci une dernière fois. Une magnifique robe blanche toute simple, une robe en soie avec des motifs en dentelles sur la longueur des bras, et quelques perles sur le décolleté. Je sortis les affaires et les posa sur le lit je refermais la porte de leur chambre quand la sonnette retentit.
Cette soirée, en compagnie de Billy et Jacob fût des plus dure, tout d'abord ma peine, plus la sienne et celle de Jacob, les souvenirs, les anecdotes qui sont racontées. Oh bien sûr, nous avons ris, et même pleurés, ce fut une journée épuisante, aussi bien physiquement qu'émotionnellement. Je trouvais cependant que Jacob avait été bizarre, comme distant, mal a l'aise, il ne m'a pas regardé une seule fois, ni pris dans ses bras, lui qui d'habitude est toujours là pour me réconforter quand je ne vais pas bien. Bien trop fatigué pour repenser a tout ce qui c'était passé aujourd'hui, je m'endormis aussitôt la tête posée sur mon coussin.
Le lendemain, je décidais d'appeler la mairie et toutes les autorités pour faire part, d'un, du décès de mes parents , et d'autre part les informer que j'aurais besoin des gendarmes afin de refermer leurs cercueils, lorsque nous partirons pour la messe. Une fois que se fût fait, j'appelais les pompes funèbres afin de réserver une salle pour mes parents, ce serait la salle " Renoir " très bien avec le mot de passe " 07 68 80 " une fois cela fini , je décidais d'aller à l'église afin de voir un curé pour la cérémonie.
Une fois arrivée à l'église , je me dirigeais vers le pasteur Weber, afin de demander ce qu'il me fallait, de choisir les poèmes, musique qui passeront lors de l'entrée dans l'église. Une fois fait, je me remis en route vers le crématorium de Port Angeles, l'entrée de la propriété était chaleureuse, enfin aussi chaleureux que cela puisse être, il y avait un parking juste devant réservé aux familles et amis qui venaient pour la crémation ou se recueillir sur les tombes de leurs proches.
Il y avait aussi un chemin sur la gauche pour le cortège, le chemin qui menait aux bâtiments se trouvait au milieu d'une pelouse, bien verte. De chaque côté , il y avait plusieurs arbres, des chênes, des merisiers, des abricotiers et plein d'autres belles choses, sous ses arbres se trouvaient des bancs, afin de pouvoir s'asseoir après la dure épreuve que nous avions passé quelques minutes plus tôt. Je me dirigeais donc vers ce bâtiment je remarquais qu'il y avait sur la droite quelques plaques funéraires... J'arrivais à l'accueil , et me présentais :
-Hum, excusez-moi ? Il y a quelqu'un ? S'il vous plait ?
-Oui, j'arrive !
-Bonjour monsieur.
-Bonjour madame.
- Voilà j'aimerais, comment dire hum...
-Réserver ? me coupa l'homme.
-Oui , voilà , je voudrais faire cette... Cette cérémonie, mercredi à 14 h, c'est possible?
-Hum, mercredi, 14h, oui bien sur. Excusez- moi de demander cela, mais combien de défunts...? demanda-t-il.
-Deux...
-Je vous remercie, vous savez, c'est pour la préparation...
-Oui, oui je comprend, ne vous en faite pas. Que se passera-t -il pendant la... Le ... Enfin, vous voyez...
-Oui, et bien nous vous conduirons dans une salle a côté, le temps de la crémation de vos proches.
-Très bien, je vous remercie, pour ce qui est des frais à débourser ?
-Environ 3500 euros, le plutôt serait le mieux.
-Très bien, je vous remercie, monsieur à mercredi.
-D'accord madame, et toutes mes condoléances.
-Merci...
Il me tardait de sortir d'ici, j'avais l'impression d'étouffer, encore une épreuve de passée, mais ce n'était pas le plus douloureux me dis-je, en retournant à la voiture, le trajet du retour se passa, sans aucun bruit, pas de musique...rien, je ne regardais que la route défilée, comme une automate. Les heures avaient défilées depuis que j'étais revenue du crématorium, je voyais enfin le panneau "Bienvenue à Forks". Plus que quelques minutes et je serai arrivée, enfin, je verrais peut-être Sam ce soir, j'espérais, il me manquait tellement.
C'est vrai que depuis quelques jours, je n'étais plus la même, mais , c'était compréhensible, non ? Je coupais le contact et me dirigeais vers la porte. Une fois rentrée et celle-ci verrouillée, je me dirigeais vers le répondeur qui me signalais que j'avais un nouveau message.
Vous avez un nouveau message, message 1 biiip :
-Oui Bella, c'est moi ,Sam, je ... J'ai a te parler, c'est très important, rappelle-moi s'il te plait, dès que tu as ce message, merci.
Fin des messages. Biiiiip
J'arrivais un quart d'heure après le coup de fil de Sam, me demandant si l'on pouvait se voir. Comprenant l'urgence, j'avais décidé d'y aller tout de suite. Je le vis en train de m'attendre sur le perron de sa maison, les mains dans les poches, arpentant nerveusement la terrasse, une boule se créa dans mon estomac.
- Sam
-Oh Bella, tu es déjà là ?
-Tu voulais me parler, ça paraissait urgent, alors j'ai préféré venir tout de suite. Il se passe quelque chose ?
-...
-Sam ? M'inquiétais-je en m'approchant de lui, le voyant apeuré, le regard fuyant.
-Bella...je te jure que j'ai essayé de lutter, on a essayé...mais...mais c'est trop dur, balbutia Sam, les larmes aux yeux.
-Sam, tu me fais peur, murmurais-je.
-Bella, je voulais pas te faire souffrir je te jure, mais...
-Sam, chuchotai-je en pressant ses mains.
-Bella, je suis tombé amoureux de quelqu'un d'autre, dit-il d'une traite.
-Quoi ? Non Sam par pitié non pas maintenant, suppliais-je en cherchant une trace quelconque d'une farce ou qu'il n'était pas sérieux.
-Bella, je peux plus continuer à prétendre être ton copain, si je...
-QUOI ! M'énervai-je. Quoi tu n'arrives plus parce que ta petite-amie n'est plus aussi joyeuse qu'avant, que tu en as marre de faire le bon samaritain. EXCUSE-MOI D'AVOIR PERDU MES PARENTS !
-Je suis gay Bella et je suis amoureux de Jacob...tu..tu comprends ! Je me sens mal pour toi, expliqua Sam en la regardant libéré d'un poids.
-Je...je...non s'il te plait, reste à mes côtés j'en ai besoin, je t'en supplie, pleurais-je, m'accrochant désespérément à sa chemise. Je me sens si seule.
-Bella non, je peux pas c'est trop cruel pour toi.
-C'est trop cruel, ce que je vis en ce moment tu comprends ?
-Désolé Bella , s'excusa Sam avant de se détourner et de rentrer, me laissant le cœur meurtri, si ce n'est plus sur le perron. J'étais seule, complètement seule, et criblée de problèmes.
D'abord, les factures a payer, puis les dettes, le remboursement des frais, pour la maison et les voitures, les frais de notaire, pour les cercueils, l'église, le crématorium.
Comment allais-je faire?
Cette question tourna en boucle dans ma tête, alors que je roulais m'éloignant de Forks, j'arrivais une heure plus tard à Seattle, me demandant encore comment j'y étais arrivée.
Je verrouillais ma voiture et commençais à déambuler dans les rues, inspectant chaque vitrines, chaque annonces, décidée à me sortir de tout ça prendre un nouveau départ, n'importe lequel!
Je crus voir ma chance revenue lorsque j'aperçus une demande de serveuse dans un fast-food sur un poteau électrique.
Cependant la roue avait dû bien tourner pour moi, car lorsque j'arrivais le poste venait d'être pourvu, me laissant encore plus démunie, et désespérée.
Je fus sorti de mes pensées un peu brutalement, et pour cause, je venais de le percuter, lui ...
