POV Bella
Je crois que je me suis endormis. Ou évanouit. Depuis quand je suis ici? Et où c'est-ce "ici"?
Personne. Il n'y a personne ! Ma vessie devient douloureuse. Malgré mon manque d'appétit de ses derniers mois, mon ventre réclame un peu de nourriture. Ma bouche est pâteuse. Combien de temps peut-on vivre sans manger ni boire?
Je recherche dans mes souvenirs l'émission sur la survie en milieu sauvage que j'avais regardé avec Jacob. Il avait tenté de me faire rire en imitant le loup en rut. Quel clown mon Jacob. Il a tant fait pour moi. Tout essayé pour me redonner le sourire. Et moi, qu'ai-je fais pour lui? Rien. Il voulait plus, je ne voulais que m'endormir, à jamais.
Il m'avait sauvé quand j'avais voulu sauté de la falaise de la Push. Torse nu, essoufflé, je n'ai jamais su comment il m'avait retrouvé. Accompagné de son ami Sam, j'avais eu le droit à un sacré savon. Et une promesse de restée en vie. Je divague, je me sens partir.
Je me réveille au son d'une porte.
- Qui est là?
J'ai eu du mal à reconnaître le son de ma voix rauque.
- Où suis-je?
Rien. Je sens des bras me soulever. J'hurle tellement c'est douloureux. La voix d'une femme me répond:
- Ferme là ou je me ferais un plaisir de t'en recoller une!
Sur le coup, ça me calme, mais quand on coupe le lien qui reliait mes jambes à mes poignets, libérant mes muscles tétanisés, je ne peux retenir un hurlement de douleur. Puis, le noir.
Je me noie, tousse, crache. Non, je dois sûrement mourir. Quelle ironie ! Je lutte pour respirer alors que cela fait 6 mois que je désire mourir.
- Alors, enfin de retour?
Je plisse les yeux et cherche d'où vient cette voix. Je suis accroupie devant une bassine d'eau, dans une pièce qui doit être une chambre où la lumière du jour m'aveugle. Trois hommes et une femmes me regardent. Quatres statues grecques aux yeux rubis. Et merde !
La main qui me tenait les cheveux lâche subitement et je m'écroule au sol.
-Tu ne sens plus ta force ma chère sœur.
- Je ne me salie rarement les mains sur des parasites de ce genre Alec ! Je pense, ils s'effondrent. Mais là…
- Allons Jane, n'abîme pas le nouveau joujou du maître.
- Tu as raison Démétri, il me la laissera quand il se sera lassé.
Elle partit dans un rire qui se propagea aux autres. Elle reprit:
- Felix, va me chercher Gianna qu'elle l'habille, je ne vais pas jouer à la poupée non plus!
Sur ce, elle suivit Félix et partirent.
.
Je contemple le vampire Démétri je crois. Je ne supporte son regard et baisse les yeux. Je ne trouve pas le courage de les interroger. Je suis encore sonné de la dernière fois où j'ai ouvert la bouche.
Félix est de retour, accompagné par une femme. Elle me semble humaine vu la couleur de ses yeux, mais parait aussi froide qu'eux.
-Habille là Gianna, Rend la un minimum présentable. Vu le regarde qu'elle me jette, elle est ravie ! Décidemment c'est mon jour de chance…
Tous les vampires sortirent. La Gianna me dit:
-Lève toi, je ne vais pas t'habiller par terre !
Je me redresse comme je peux. Mes vêtements sont tachés de sang, de transpiration.
-Enlève tes guenilles et va dans la salle de bain.
Elle m'ouvre alors une porte sur une magnifique pièce Je suis trop vaporeuse pour me subjuguer, mais apprécie les talents du décorateur.
Je me déshabille et fait couler l'eau chaude. La vapeur envahie peu à peu la pièce. Je me glisse sous le jet et laisse la crasse s'échapper par le siphon. Voir se tourbillon emmener avec lui l'eau coloré me rend nostalgique. Moi aussi, je voudrais fuir. Je ne méritait pas son, leur amour, je causais du chagrin à mon père, à Jacob. Egoïstement, je faisais partager ma douleur.
J'étais juste bonne à disparaître, quitter ce monde où je n'avais plus rien à y faire. Partir, tout quitter, abandonner.
Je m'assois sous le jet d'eau chaude et lève la tête pour récupérer un peu d'eau dans ma bouche qui malgré la température me fait du bien.
J'attrape le savon et tente d'ôter toute cette crasse. Le shampooing fût plus délicat. Mais je continuais de me frotter le crâne, malgré la douleur du produit sur ma plaie.
J'étais un poids Pour ma famille à qui je créais des soucis, mes amis, ou plus simplement Jacob, mon seul véritable ami. Je devais mourir. Quitter ce monde, que cette douleur constante cesse enfin. Je dois prendre en main mon destin! Je vais mourir. Aujourd'hui. Et vu les yeux de mes kidnappeurs, cela devrait être rapide. Ils ont toujours dit que je sentais bon. Je pense sûrement être le plat principale de cet Aro, qualifié de roi des vampires par les Cullen.
Je sors de ma douche et me sèche. Le fouille dans les tiroirs et trouve tout le nécessaire de toilette pour le parfait petit humain. Je trouve brosse à dent, dentifrice, peigne, et rasoir.
Je sors de la salle de bain propre, déterminée, et surtout enrubannée dans une serviette!
-Tiens, enfile ça, ça devrait t'aller, me dit Gianna
-Merci. Que dire de plus.
Voyant qu'elle ne bougeais pas, je retourne m'habiller dans la salle de bain. Un pantalon en toile large, blanc, qui se ressert avec un lien, une chemise cintrée blanche, et des sous vêtements … blancs! Je me regarde dans la glace et sourie.
Je ressors, habillée sans oublié de prendre avec moi mon plan B. Jacob me le disait toujours, qu'en cas de problème, toujours prévoir un plan B.
- Parfait. Suis-moi, me dit Gianna en se relevant du lit. J'en profite pour détailler la pièce richement décoré mais avec goût, sachant que je n'aurait plus le plaisir de la voir.
Dans le couloir, je croise de nombreux vampires. Mais ils sont combien ici? Ils me regardent passer comme on regarde les bestiaux d'une foire agricole. Je me reprends. Je dois me reprendre. Je vais mourir, ok, mais la tête haute.
Nous arrivons à une grande porte, sculptée, magnifique. Gianna frappe. Un vampire vient ouvrir. Ils sont deux en réalité. Un de chaque coté. Je suis Gianna qui va jusqu'au milieu de la pièce et s'incline. Je regarde autour de moi. Devant, trois vampires confortablement installés sur … des trônes. Ils sont entourés par sept vampires dont je peine à voir leurs visages car ils ont une capuche. Quel cinéma. Sur chaque mûr, au moins trois vampires. Et bien, que de monde pour un repas. Devrais-je être flattée?
Je me souviens de cette peinture chez les Cullen. Je suis bien en enfer. Plus de doute possible.
Un raclement de gorge me fait revenir. Je regarde Gianna qui, toujours tête baissée me jette un regard noir. Un petit geste de sa part pour m'inciter à m'incliner. Depuis quand on s'incline devant son bourreau? Avec un sourire aux lèvres, je redresse encore plus ma tête et toise les pseudos rois. Tout d'abord celui de gauche, aux cheveux blancs qui fulmine. Qu'est-ce que je disais. Il voudrait bien me bouffer avant l'apéro! Celui de droite, un grand brun, me fixe avec insistance, les yeux plissée comme s'il se concentrait. Celui du milieu me souris.
- Ma chère Gianna, qu'avons nous là? Demanda le vampire du milieu. Jane?
- Oui maître. Voici Isabella Swan, l'humaine que Victoria a dénoncé et bien décidément elle me pourrie la vie celle-là.
- Intéressant. Très intéressant ! Chère Isabella, je me nomme Aro. Je vous présente Caïus et Marcus, mes frères.
Il se lève et s'approche de moi.
- Permettez?
Il me tend la main. Je savais par les Cullen qu'il allait lire en moi comme dans un livre ouvert.
- Ce n'est pas comme si j'avais le choix marmonnais-je.
Je lui donne en retour ma main. Son contact froid, la douceur de sa peau me fait mal! Très mal. Les souvenirs reviennent, la douleur dans ma poitrine aussi. Je ravale mes larmes. Ne surtout pas pleurer devant non pas mon bourreau, mais plutôt devant mon sauveur.
Il éclate alors de rire.
- Très bien, très très bien. Tu as bien fait de nous l'apporter Jane.
Le vampire aux cheveux blancs lui demande:
- Aro, que vois-tu?
- Rien. Absolument rien ! Un tel pouvoir en étant humaine, cela sera fort intéressant une fois devenue vampire.
Et il part dans un fou rire! Alors ça! Je ne sais pas depuis combien de temps je suis ici, mais je sais où je suis! Dans la quatrième dimension. Je regarde les gardes. Aucune réaction. Je regarde Gianna, mais elle a toujours la tête baissée. Puis mon regard croise celui de Jane, posté près d'Aro. Son regard est meurtrier, assassin. .
Aro se rassit près de ses confrères et leur donne à chacun une main. Il regarde alors Marcus qui me fixe, une expression étonnée sur le visage.
- Tu as raison Marcus, c'est fort intéressant et cela pourrait nous être bien utile. Décidemment, elle est pleine de surprise! J'ai hâte de voir cela une fois transformée.
Alors là, ils parlaient de moi, de me transformer, de me donner l'éternité? Sûrement pas! Jamais! Je remercie intérieurement Jacob. J'avance d'un pas et les gardes avec la capuche amorcent aussi un mouvement. Je me stop. Mon coup d'état se ferra donc ici, au milieu de cette sublime salle. Je prit mon courage à deux mains et dis:
- Excusez-moi, mais je me dois de refuser votre offre. Bien qu'a priori, vous ne me demandez pas mon avis. Comprenez bien qu'il est hors de question que je devienne comme vous. Je préfère plutôt mourir, et si vous me le permettez, de suite!
Quelle tirade! Cela faisait bien longtemps que je n'avais pas parlé autant en une seule fois. Je n'étais pas peu fière.
Délicatement, avec une infinie douceur, je remontais ma main vers mon sein, en passant entre les boutons de ma chemise.
Je me souvenais qu'une perle de mon sang avait fait sortir Jasper de ses gonds.
Je pressais alors la lame de rasoir que j'avais caché dans mon soutien-gorge sur la peau tendre de mon sein. A l'emplacement de mon cœur. Une douleur aigue me traverse. Je jubile de voir Aro se lever, les yeux ronds! On ne devait pas défier ses ordres tous les jours!
Plusieurs gardent se crispèrent Mon chemisier devenait de plus en plus rouge. J'avais été de bon cœur. Les vampires me regardaient avec avec des yeux noirs. Certains commencèrent à gronder. Ils se rapprochaient. Et je riais. Plus de peur, plus de douleur, seulement la perspective d'être bientôt délivrée. Un vampire se jeta sur moi. Je m'écoulais de tout mon long, avec mon attaquant sur moi, sa bouche qui découvrait ses crocs au dessus mon sein. J'entendis Aro crier quelque chose à Jane et le vampire se mit à hurler et se torde de … douleur?
Un autre m'attrapa par le cou et me releva. Lui aussi se mit alors à crier. Prit de convulsions, il ma lâcha. Je m'attendais à toucher violemment le sol, mais je retombais dans de puissants bras. Je redresse ma tête et voit des crocs. Terrifiant et tellement excitant car je me doutais que c'était ma fin. J'offris mon cou. Il se mit à grogner en direction des autres vampires qui semblaient hésiter à venir boire un petit coup.
Trois vampires encapuchonnés virent se mettre devant nous, en position d'attaque. L'agitation, mêlé au manque de nourriture et l'odeur du sang eurent raison de moi. Je me sentais partir quand j'entendis le vampire qui me portait me dire:
- On va bien rigoler avec toi…
J'eu la force de lui répondre avant de perdre connaissance:
- Connard.
POV FELIX
Jane et Alec arrivent avec l'humaine qu' il porte sur son épaule tel un sac de pomme de terre. Elle n'est pas bien grande, ni très épaisse. Pas mince, non, plutôt maigre. Il l'a posé sans douceur sur le sol. Elle semble évanouie. Je devrais être insensible à cette vision… Pourquoi celle-ci me fait-il … mal?
Je sers la mâchoire le venin afflux dangereusement dans ma bouche. Il faut que je me reprenne ! Sauter à la gorge d'Alec n'est pas au programme du jour.
Jane part dans la salle de bain et revient avec avec une bassine d'eau. Elle posa le tout par terre, devant la fille. Elle lui attrape une grosse poignée de cheveux sans ménagement et lui plonge le visage dans l'eau froide. Rien. Pourtant j'entends son cœur ! Je ne peux empêcher un grondement sortir de ma gorge. Pourquoi est-ce que je veux absolument qu'elle se réveille? Jane me regarde avec étonnement. Je détourne les yeux, pas par signe de faiblesse, mais je ne veux pas m'expliquer. Explique quoi? Je ne le sais pas moi-même.
L'humaine reprend vie. Elle tente de se dégager de la poigne de Jane. Une fois la tête hors de l'eau, elle lutte pour reprendre son souffle avant de s'écrouler au sol. Je n'ai qu'une envie. Prendre son visage dans mes mains et planter mon regard dans le sien.
Etrange vu que quand je pense aux femelles, vampires ou humaines, je n'ai qu'une envie: les baiser avec force et violence. D'ailleurs peu d'humaines survivent.
Entendre les autres gardes rirent me sort de mes pensées. Ne sachant de quoi il retournait, je ris aussi. Jane remarqua mon rire faux, mon comportement étrange vu qu'elle me demande d'allé chercher Gianna, tache d'un domestique, non d'un garde royal. De plus, elle m'accompagne. Pas bon signe!
Une fois dans le couloir, elle attaque:
- Putain, mais qu'est-ce qu'il t'arrive ?
- Je n'en sais rien Jane! Je me sens étrange depuis que j'ai vu ton humaine.
- Ecoute, tu veux sûrement la sauter et accessoirement la vider de son sang mais retiens toi le temps qu' Aro la voit.
Je laisse Jane sur cette fausse piste. Inutile d'expliquer l'inexplicable.
Jane me quitte pour rejoindre Aro afin de l'informer que nous n'allions pas tarder et organiser l'entrevue. Gianna trouvée, derrière son comptoir, pour changer, je lui ordonne de me suivre. Docilement, elle trottine derrière moi, sans m'adresser un mot. Elle me craint et c'est très bien. Je ne peux décidément pas la voir.
Je rentre dans la chambre et lui ordonne de préparer l'humaine, qui toujours au sol fixe le tapis. Une fois ressorti avec Démétri et Alec, nous allons à notre tour dans la salle du trône, attendre la confrontation.
- Tout le monde sait ce qu'il a à faire? Demanda Aro
-Oui maître.
J'entendis son cœur, douce mélodie avant de la sentir. Malgré nos ages, nous étions tous relativement excités de ce nouveau challenge… Tester nos pouvoirs sur une humaine. Dur de tester le mien sur elle. En effet, je suis plus fort qu'un vampire lambda. Mais voudrais-je lui faire sciemment du mal?
La porte s'ouvre enfin. Un ange. Toute de blanc vêtue, on aurait dit une apparition. Gianna montra son respect aux rois tandis que l'autre ose relever le menton et se permet de détailler à tour de rôle nos souverains. J'entends Jane gronder. Je la toise méchamment et sentant mon regard sur elle baisse les yeux.
Isabella. Quel joli prénom, ancien mais charmant. Quand Aro s'approche d'elle, je me retiens encore de ne pas démembrer celui qui la touche. Mais que m'arrive t-il aujourd'hui!
Je la vois nous regarder. Elle ne s'arrête pas sur Alec. Chelsea a dû échouer. Ses yeux se portent aussi sur le vampire qui se trouve à ma droite, que je ne vois pas moi-même mais que je sens. Afton n'est pas invisible pour elle. Et vu que je ne la voit pas se mettre à rire aux éclats, Corin a dû également échouer. Mais qu' est-ce que c'est que ce bordel !
Je la voit avancer d'un pas. Nous nous tendons, mais Aro, à vitesse vampirique nous dit ne pas souhaiter que l'on intervienne. Aro est de nature curieux. Nous restons tout de même vigilant. Il est hors de question de baisser notre vigilance.
Sa voix … Enraillée, comme si elle n'avait pas parlé depuis longtemps. Je n'ai pas fais attention à ses paroles, mais l'ambiance est devenu tout à coup électrique. Une odeur. Du sang? La pensée d'un repas me vient à l'esprit quand je m'aperçoit que c'est Isabella qui saigne. Un des gardes recruté récemment se jette sur elle avant que j'ai pu intervenir. Jane s'en occupa sur ordre d'Aro.
Mais un besoin urgent de la protéger me sert les tripes. Je cours vers cette ange mais un autre garde la relève par le cou. Encore une fois, Jane lui envoie une onde terrible de douleur. Il lâche alors Isabella qui va tomber durement sur le sol. Je la rattrape de justesse. Elle est si chaude et frêle dans mes bras. Je la porte comme une mariée. Je gronde en montrant mes cros. Mon esprit guerrier a reprit le dessus et j'empêcherais qui conque de l'approcher. Je me mets en position d'attaque. Pas facile avec cet ange mais je lutterais. Je gronde sur Jane et Demetri qui s'approchent, suivies par Alec. Elle se met en position d'attaque et me tourne le dos. Elle nous protège. Et à vitesse vampirique me dit:
- Sors la vite d'ici. Ramène la dans la chambre. On te couvre.
Je baisse mon regard vers cette petite chose dans mes bras et mon regard se pose sur sa tâche fraîche de sang sur sa chemise.
Comment protéger une suicidaire-téméraire?
-On va bien rigoler avec toi, lui dis-je.
Je sors rapidement de la salle et j'entends qu'elle me répond "connard".
