Disclaimer: Ceci est une fanfiction écrite par Pianodream. Aucun personnage ne m'appartient, ils sont la propriété de SQUARE ENIX CO.

Ndl'auteure: Oh mon dieu... Ca fait plus de DEUX MOIS que je n'ai rien écrit! O_O

Mille pardons! _

Bref, nouveau chapitre... J'ai enfin eu mon BAC, donc peut-être que je vais pouvoir me remettre à écrire. mais je ne promets rien. dans ce chapitre, les évènements se précipitent et dégringolent. Approcherait-on de la fin?

Warning: shounen-ai, yaoi.

Balthier ouvrit lentement les yeux, ébloui par la lumière. Le soleil entrait à flots par la fenêtre ouverte et illuminait la chambre. Sa tête toujours posée sur le lit lui semblait lourde et embrumée. Il avait veillé toute la nuit, pour ne s'endormir qu'au lever du jour, exténué.
Il releva légèrement la nuque et vit que Vaan était réveillé, ses yeux à demi-ouverts regardant par la fenêtre. En sentant le pirate remuer, il tourna le regard evrs lui et esquissa un faible sourire.

_"Hey."

_"... Vaan."

Il lui prit une main. Elle était glacée. Vaan était blême comme un mort, mais ses joues gardaient encore quelques couleurs.

_"Hé bien Balthier, tu as une tête affreuse aujourd'hui!" fit-il avec humour.

_"Si tu voyais la tienne..." répliqua le pirate en esquissant un sourire, épuisé.

La porte de la chambre s'ouvrit, laissant entrer Ashe. La princesse portait un petit plateau.

_"Bonjour, tous les deux. Petit-déjeuner?" fit-elle d'un ton faussement désinvolte.

Elle posa le plateau et Vaan se redressa péniblement sur le lit.

_"Bof... Je n'ai pas vraiment faim..." marmonna-t-il.

_"Allons, Vaan. Prends au moins du thé, ou un jus de fruit?" dit doucement la jeune femme en s'asseyant près du lit.

Balthier se frotta les yeux, abruti par le manque de sommeil. Ici, maintenant, immédiatement, il avait besoin d'un remontant fort. Il se leva du lit et alla jusqu'à la porte.

_"Je reviens. Ne vous inquiétez pas."

Et il claqua la porte, laissant les deux jeunes gens seuls.
L'homme descendit les escaliers et ouvrit la porte de la boutique. Il était relativement tôt, mais le soleil illuminait déjà tout Rabanastre, éblouissant. Balthier remonta la rue, se couvrant les yeux, ébloui par la lumière, et stoppa devant l'enseigne de la taverne "La Mer de Sable". Poussant le battant de bois, il entra et alla droit s'asseoir au comptoir. Un jeune homme à la peau basanée et aux cheveux bruns et courts se planta devant lui.

_"Bonjour, Tomaj, pour vous servir!"

_"Servez moi votre alcool le plus fort."

_"De si bon matin? Euh... Oui, bien sûr, tout de suite."

Tomaj intrigué disparut derrière le bar en bois et revint quelques secondes plus tard avec une bouteille rouge et un verre, jetant un regard suspicieux au fourreau qui contenait le fusil de Balthier. Ce dernier se servit et, saisissant le verre, en but le contenu d'un trait. La liqueur forte descendit dans sa gorge et le fit tousser, brûlante et glaciale en même temps, mais il s'en fichait. Ses yeux vidés de toute énergie se promenaient d'un air absent sur les clients de la taverne sans les voir. Plus l'alcool se répandait dans son corps comme une étrange chaleur, plus la réalité lui semblait s'éloigner. Bientôt il revit passer dans sa tête des souvenirs aux couleurs à la fois vives et fanées...

Un visage à l'expression mi-déterminée mi-apeurée, aux sourcils froncés et à la peau hâlée.
Des yeux verts d'eau encadrés par d'étincelantes mèches blondes et décoiffées.
Telle avait été la première vision que le pirate avait eu de Vaan dans le palais de Rabanastre, à la lumière des torches solaires, serrant dans sa main l'Eclat de l'Aube. Un ignorant petit voleur couvert de crasse et prêt à bondir, comme un animal pris au piège. Il se rappelait encore très clairement comment lui et Fran l'avait acculé sur un rempart, exactement comme on attraperait un rat.
Il se rappelait aussi de l'odeur de soufre et la tiédeur de sa peau lorsqu'il l'avait saisi à bras-le-corps et sauté dans le vide pour échapper aux bombardements de l'Ifrit, lorsqu'il l'avait rattrapé in extremis par un bras et entraîné dans les airs, suspendu à leur moto volante...
Il se rappelait le jour où, enfermé dans le dongeon de Nalbina, il avait regardé Vaan assommé sur le sol se réveiller lentement sur le sable du cachot. Le même jour où, entraîné par une pulsion incontrôlable, il avait sauté dans l'arène pour défendre le jeune homme contre de féroces Seeqs.
Ainsi petit à petit, d'agréables souvenirs de moments passés avec Vaan revenaient dans la mémoire de Balthier. La manière dont le jeune voleur et lui avaient inconsciemment appris à se connaître au cours de leur voyage... Les innombrables fois où il l'avait entraîné malgré lui dans de périlleuses chasses aux monstres... Le jour où, fatigué d'entendre Vaan le supplier comme un enfant, Balthier avait finalement accepté de lui apprendre le pilotage des aéronefs. A cette pensée, l'homme esquissa un sourire absent et avala un autre verre de liqueur.
Mais plus il resassait ces pensées, plus elles s'effacaient devant la triste réalité. Vaan se mourait, et il n'y avait rien que lui ne pouvait faire pour empêcher cela. Balthier baissa la tête et passa la main dans ses cheveux, maudissant intérieurement le monde entier pour tenter de masquer sa douleur. Il se morfondit ainsi jusqu'à ce qu'une voix rauque et grave lui aboie:

_"C'est toi Balthier, le pirate, ss!"

Le brun ainsi interpellé leva le menton. A deux pas de lui, un Vangaa musculeux aux écailles grises lui jetait un regard mauvais. A son côté était accroché une large épée qu'il tenait fermement dans sa patte griffue.

_"Et? Que me vaut l'honneur?"

_"Alors, c'est mon jour de chance, ss. Un chasseur de primes ne tombe pas toujours sur une proie dont la tête est mise à un prix aussi exhorbitant que la tienne, ss!"

_"Et moi je ne m'attendais pas à devoir chasser les mouches de devant mon visage de si bon matin."

Le vangaa eut une seconde de silence, puis un sourire carnassier découvrit ses crocs.

_"Grande gueule et large ego, ss?"

D'un seul mouvement, il tira son épée et la brandit. Un silence de mort tomba sur la taverne, les clients se figeant de surprise devant la scène.

_"Ss, allez, maintenant tu vas me suivre sans faire d'histoires, pirate. Sinon je serais obligé de ne prendre que ta tête avec moi, fufufufufu..." ricana le Vangaa en pointant son arme sur le pirate.

Il y eut un autre moment de silence, Balthier regardant fixement la lame pointée sur lui, puis il se resservit un verre et se détourna.

_"Pas intéressé." fit-il en avalant la liqueur.

_"Qu... Quoi!" s'étrangla le chasseur de primes. "Ssss... Tu ne me laisses pas vraiment le choix, on dirait. Allez, fini de jouer." grogna-t-il en s'avancant pour saisir l'homme par le bras.

_"Holà, messeigneurs! Arrêtez!" cria une voix.

Fendant la masse des clients, l'employé de la Mer de Sable, Tomaj, courut jusqu'aux deux hommes et s'interposa entre eux, regardant le Vangaa dans les yeux et arborant une moue inquiète.

_"Messire Vangaa, si vous avez un différent avec ce monsieur, je vous prierais d'attendre au moins qu'il ait fini et payé sa consommation, ainsi que de régler ça à l'extérieur." lui dit-il, tout à fait professionnel.

Le vangaa gris lui rendit un rictus terrifiant et, brutalement, il saisit le jeune homme par le cou et l'attira vers lui, lui effleurant le dos et les reins de sa lame.

_"Sss... Une peau douce et fine, mais des épaules solides, ss..."

Ces simples mots firent tilt dans la tête de Balthier, et il se retourna d'un bloc. L'image fugace d'un Rabanastien blond lui fila devant les yeux. Les clients estomaqués ne remuaient plus un cil.

_"Aaah! Lâchez-moi!" crai Tomaj en se débattant.

_"Ssss, en voilà un beau garçon... Ecoute moi bien, petit, aucun Dalmascan, aucun homme d'Ivalice ne se mettra entre un chasseur et sa proie!"

Ce disant, le Vangaa passait lentement le plat de la lame le long du corps de l'employé, ses yeux brillants d'un plaisir sadique, serrant la gorge tendre dans sa patte musculeuse. Tomaj se mit à trembler et poussa un cri étranglé lorsqu'il sentit une langue fourchue courir sur son oreille, son cou et sa clavicule. Le reptile ricana.

_"Fufufufu... Quel délicieux goût que celui de la terreur, ss... Et maintenant, hors de mon chemin, avant que je ne te dévore!"

Et avec un sifflement mauvais, il souleva Tomaj du sol et le projeta violemment sur le côté. Le jeune Hume poussa un cri, vint heurter une table avec fracas et glissa par terre au milieu des autres clients, inanimé. La violence du coup aurait pu suffire à tuer un Seeq, mais Tomaj semblait juste assommé. Le chasseur de primes reptilien poussa un ricanement rauque en contemplant sa victime blessée, la main serrée sur le manche de son épée.
Balthier n'avait pas remué d'un pouce, surpris et à demi-assommé lui aussi par la violence de l'assaut. Ce gros lézard mal couvé venait de s'en prendre avec une brutalité inimaginable à ce garçon, sous ses yeux. La silhouette juvénile et le vêtement coloré de Tomaj lui rappelait énormément Vaan... Qu'est-ce qu'il aurait fait, si jamais le corps maintenant étendu à ses pieds avait été celui de l'orphelin blond?
A cette simple pensée, la liqueur forte sembla enfin faire son effet, et un voile sombre et lourd tomba sur les yeux du pirate. Ce fut comme si une clochette avait tinté dans son esprit.

_"Huk huk huk huk... Misérables Humes..."

_"Alors, c'est cela, la fierté des chasseurs vangaas?"

_"Le pauvre imbécile a couiné comme une fillette quand je l'ai attrapé. Pauvre petite créature insignif..."

BAM!

L'hideux vangaa n'eut pas le temps de finir sa phrase. Son rire gras fut brutalement interrompu par un poing serré comme un étau qui vint le percuter sur le visage avec la force d'un bélier. Le coup fit craquer les os, et le vangaa fut projeté en arrière comme un boulet. Il battit des pattes, perdit l'équilibre et s'étala avec fracas sur le dos, des étoiles colorées dansant devant ses yeux. Les clients de la taverne firent un bond en l'air de surprise, contemplant la scène.
Balthier avait soudainement sauté de sa chaise, comme pris de folie, et avait mis au tapis le chasseur gris de son poing. Son regard autrefois éteint brillait maintenant d'un feu ardent, mêlant colère et peine. Tirant son fusil de son fourreau en un éclair, il le braqua sur le visage du vangaa étourdi et dit d'une voix terrifiante.

_"Misérables Humes, hum? La race Vangaa est donc tombée si bas qu'elle s'en prend à ceux qui l'ont acceptée entre les murs de leurs cités? J'ai beau être un pirate, j'ai du mal à supporter ton arrogance puante et la honte que ton existence jette sur Ivalice."

Clic.
Il tira le chien de l'arme, armant le fusil, et eut un sourire machiavélique.

_"Donne moi une bonne raison de ne pas transformer ton horrible figure en bouillie de cervelle? Tu serais déjà un peu moins laid à voir, et je suis certain que cela ferait un grand bien au monde de ne plus devoir souffrir ta vue ainsi que la boue que ta langue vomit. Hum?"

_"Ah.. Je..." balbutia le vangaa.

Les rôles avaient soudainement changés. Le chasseur était simplement paralysé par la terreur, ses écailles grises virant à une couleur pâle et cendrée, louchant sur le canon du pistolet entre ses deux yeux. La tension était à son comble. Le vangaa ne put articuler un seul son.

_"Hum? Allons bon, la vue d'un fusil t'a coupé la langue? Dommage; j'attendais tes arguments pour défendre ta vie."

Il recourba son doigt sur la gâchette. Les spectateurs retenaient leur souffle, attendant que le coup parte, mais...

_"Balthier! Balthier!"

Une petite voix vint briser le climat régnant. Jaillissant de la foule, Penelo apparut soudain dans l'encadrement de la porte, et resta figée de surprise une seconde devant la scène. Balthier tourna la tête vers elle, sans lâcher son arme. La jeune fille avait les larmes aux yeux.

_"Vaan... Vaan! Il... Il est..."

Balthier sentit son sang devenir froid comme le souffle de Mateus, imaginant déjà la fin de la phrase. Ils étaient arrivés trop tard chez les garifs, sûrement, ou peut-être qu'il n'y avait plus de remède à Jahara.
Alors tout était fini?
Mais alors qu'il sentait son cerveau cesser de fonctionner, quelquechose le décrocha de son affreux pressentiment.

Penelo souriait sous ses larmes.

_"Vaan... Il est sauvé! Fran... Moi... Basch... On a réussi. On a trouvé l'antidote. Le médecin est en route... Viens... Balthier... Il faut..."

Elle hoquetait sous ses larmes de joie, sa voix devenant de plus en plus aigue et sonore.

_"Il faut... Uh... Il faut qu'on rentre chez Migelo... Pour qu'on puisse tous souhaiter à Vaan... Un bon retour... Snif..."

Balthier se sentait s'élever dans les airs. Une tension incroyablement forte lui nouait le coeur et le ventre, paralysait son cerveau, alors que les trois mots de Penelo résonnaient en boucle dans son esprit.
Il est sauvé.
Le pirate détourna le fusil du vangaa et s'avanca au dehors avec la jeune fille, littéralement zombifié sous la lumière du jour.
Il est sauvé.
Est-ce que le soleil brillait tout à l'heure? Rabanastre était-elle si animée en journée? Faisait-il vraiment jour, d'ailleurs? Balthier était sorti du temps et de l'espace. Penelo l'entraîna à toute vitesse par le bras et ils rentrèrent en courant chez Migelo, volant tel des oiseaux dans les rues. Le temps s'écoulait à la fois incroyablement rapidement et en même temps chaque seconde lui semblait infinie.
Il est sauvé.
Ils entrèrent dans la chambre tapissée, la fenêtre grande ouverte laissant passer le soleil sur le lit et faisant scintiller le visage horriblement pâle de Vaan. Celui-çi, entouré de Fran, Basc et Ashe, était endormi. Le docteur Jeska, cet homme si grand et si sec, aux cheveux gris coupés courts et à la large cape pourpre, versait dans un gobelet un liquide couleur miel. Balthier se rapprocha du lit, et tout le monde retint son souffle alors que le médecin soutenait la tête blonde et versait le contre-poison entre ses lèvres...

Pouah!

Le rêve se brisa. Vaan recracha le liquide avec un hoquet. Il ne pouvait pas boire, sa gorge sèche et torturée par le poison refusait de prendre le liquide. Il eut un spasme violent et se cambra en arrière en poussant un cri d'agonie. Balthier sentit de nouveau son sang se geler et une sueur glaciale ruissela sur son front. Le médecin tenta de le maintenir, mais sans succès.

_"Il faut absolument le faire boire, sinon il en mourra. Malédiction! Je n'ai pas amené mon instrument spécifique pour cela!" jura l'homme, affolé.

Penelo se jeta au pied du lit, prenant la main de son ami.

_"Vaan... je t'en prie... Bois, il faut boire..."

_"N... Non..." fit celui-çi, fou de douleur. "Je veux... mourir... laissez moi..."

_"Il est à bout de forces. S'il ne prend pas ce remède immédiatement, son coeur lâchera." fit le médecin, désemparé.

Le pirate estomaqué réagit au quart de tour. Il vint s'agenouiller auprès de Vaan, lui prenant la main de celles de Penelo.

_"Vaan... Ne sois pas stupide, bois ce truc. Tu as tenu jusqu'ici, maintenant tu vas te sentir mieux."

_"N... Non...J'ai mal... Si mal... Balthier..." fit le blond.

Son regard hanté par la folie glissa vers le fusil dans le fourreau et il eut une expression suppliante.

_"Balthier... Balthier... Tue moi!"

_"Que... Quoi!"

_"Ton fusil... Tue moi... Je t'en prie... Tue moi! Je ne peux plus!"

Vaan eut un mouvement vers l'avant et tenta de se saisir de l'arme avec une vivacité impressionnante, et Balthier dut s'arracher à son étreinte. Il fit quelques pas en arrière, ses yeux emplis de tristesse. Le blond poussa un cri de rage, agitant vainement les bras vers le fusil.

_"Non! Tue moi! Pitié... Tue moi... Si mal... Balthier, pitié... QUE QUELQU'UN ME TUE!"

Il avait hurlé ces derniers mots, puis retomba en se tordant de douleur sur les oreillers, portant ses mains à son coeur.

_"AAAAAH!"

_"VAAN!" hurlèrent en choeur les autres personnes.

_"Son coeur va lâcher! Il faut lui donner ce remède, sinon il sera mort dans moins d'une minute!" cria le professeur Jeska.

_"TUEZ MOI!" hurlait le jeune homme, pris de convulsions.

Balthier sentit sa tête exploser, et il porta la main à son fourreau.

_"Balthier! NON!" hurla Ashe.

Clic.
Le pirate détacha la ceinture qui retanait son arme et la laissa tomber au sol, une lueur ferme et décidée brûlant dans ses yeux noyés de chagrin. Il se saisit du gobelet de liquide que tenait le professeur Jeska et s'avanca en deux enjambées vers le lit, s'agenouilla près de Vaan agonisant et le saisit brutalement par le visage, l'empêchant de remuer de trop.

_"Parce que le premier rôle se doit de sauver ses alliés..." fit-il d'une voix éteinte.

Il porta le gobelet à ses lèvres, en prit une longue gorgée, puis, se penchant brusquement sur Vaan, il l'embrassa avec fougue. Sa langue força l'entrée de la bouche du jeune homme, ses lèvres posées sur les siennes, obligeant Vaan à ouvrir la bouche, et lui fit descendre entre les dents le liquide couleur miel. Le blond eut un spasme frissonnant, tirant avec violence sur les cheveux bruns, mais la main ferme du pirate l'empêcha de recracher et le remède descendit dans sa gorge. Balthier décolla ses lèvres des siennes, et sans lui laisser le temps de respirer, prit une autre longue gorgée du gobelet et recommenca, sa langue vigoureuse et ses lèvres avides faisant descendre le liquide de force dans la gorge tendre et obligeant le blond à avaler tout le remède jusqu'à la dernière goutte. Au goût acidulé de la boisson se mêlait la douceur des lèvres le délicieux parfum du jeune homme qui se débattait comme un dément. Vaan lui mordit violemment la lèvre, résistant de toutes ses forces, cherchant à respirer, mais il était trop faible pour lutter face à la bouche bien entraînée au baiser du pirate.
Lorsque Balthier se retira enfin, un fin filet de sang suintant du coin de sa lèvre, Vaan prit une longue respiration, et les spasmes cessèrent enfin. Le pirate lui ayant fait ingurgiter tout le contenu du verre essuya le sang sur sa manche et se redressa, reprenant son souffle. Tout le groupe restait assommé, pétrifié de surprise. Mais la réaction ne se fit pas attendre. Le médecin posa une main baguée sur l'épaule du brun.

_"Merci. Je... Vous avez été fantastique. Ce garçon vous doit la vie."

Et en effet la vie revenait à vue d'oeil dans le corps tremblant du blond. Sa peau cadavérique reprit des couleurs humaines, et sa respiration devint lente et profonde. Il ne transpirait plus, et les convulsions qui le torturaient avaient cessé.
Le groupe explosa littéralement de joie. Penelo poussa un hurlement et se jeta sur Vaan, lui prenant le bras et le serrant contre elle comme s'il avait été en or. Basch éclata d'un rire nerveux et tonitruant, comme un roulement de tonnerre, et mit dans le dos de Balthier une tape à renverser un char. Ashelia éclata en sanglots bruyants et lourds, et Fran, les oreilles plaquées sur le crâne, les yeux débordants de larmes, porta la main à son front en poussant un long hululement qui devait être un sanglot.
Il était sauvé.
Balthier restait comme suspendu hors du temps, les cris de joie lui vrillant les tympans.
Il était sauvé.
Il avait rendu la vie in extremis à...
Après un interminable moment de cris, de larmes et de joie, Basch dut presque porter Ashelia dans sa chambre attenante tant elle pleurait, et Penelo sortit en titubant, les yeux rougis et le visage rayonnant. Fran, ayant à peu près retrouvé son calme légendaire, allait sortir à son tour lorsqu'elle se retourna vers Balthier, un air grave sur son visage rosi.

_"Je... Je sais. Je sais quel est ton ressenti, Balthier. Je sais quelle place a cet enfant dans ton coeur..."

Balthier ne répondit pas, comme en état de choc.

_"Je ne comprendrais peut-être jamais les sentiments des Humes, mais... J'ai l'impression que cette force qui t'anime pourrait renverser les Occurias eux-mêmes aujourd'hui."

_"Je ne vois pas de quoi tu veux parler, Fran. Aujourd'hui j'ai sauvé un équipier. C'est le devoir d'un premier rôle, et je suis fier de remplir cette tâche."

_"Voile ton coeur si tu le souhaites, mais sache que tu ne peux pas me tromper. Je te connais trop bien maintenant."

Et l'élégante Viéra sortit de la chambre, laissant le pirate seul auprès du lit. Vaan semblait dormir. L'estomac et le cerveau noués par une tension inimaginable qui lui donnait l'impression de planer au-delà du monde et des cieux, Balthier eut un sourire empreint d'une émotion intense en contemplant le visage paisible du jeune homme. Ce dernier remua faiblement et ouvrit un oeil à demi, découvrant en face de lui le pirate.
Un sourire vaseux vint couvrir le visage de Vaan, et il marmonna.

_"Merci..."

Et il se rendormit, d'un sommeil si profond que l'apocalypse elle-même n'aurait pas pu l'ébranler. Balthier sentit son sourire s'élargir, et une larme ronde et lourde comme un diamant vint rouler sur sa joue, chaude et glaciale à la fois. Il l'essuya et sortit de la chambre à pas lents, pour aller s'effondrer dans sa propre chambre et s'endormir comme une pierre qui coulerait dans l'océan. Il ne pouvait plus se voiler la face...

Il était tombé trop amoureux de Vaan pour oser le nier.

CHAPTER 9 OWARI.

Encore toutes mes excuses pour cet inacceptable retard.
Alooors? Enfin un premier pas décisif est franchi, j'aurais peut-être pu m'arrêter là... mais non! L'histoire n'est pas finie! Oh que non! :D
Rewiew? :3