Erwann, Un des jeunes hommes saouls présents dans la boîte, entraîné par le rythme de la musique, un genre d' hard rock électronique rétro des années de 2160's, se laissa aller à faire quels pas en tournant sur lui-même en balbutiant des mots incompréhensibles. Hillare, un verre à la main qu'il prit soin de vider d'un trait, il sentait son monde s'agiter autour de lui, véritablement proche d'un crise d'exultation.

La sensation de devenir encore plus léger le saisit délectablement, et au même moment il aperçut une jeune fille, au summum d'un sentiment d'extase qui explosa dans ses chausses. Jeune, beaucoup plus jeune que lui. Elle ressemblait encore à une adolescente mais dieu qu'elle était canon. Un regard bleu, d'une acuité extrême et transcendant, comme jamais on en voyait dans ces regard qui dénotait quelque chose de spéciale, une force insaisissable. Brune, Un peu maigre, mais d'un profil très agréable. Contrairement à toutes les autres filles dans le coin, elle donnait une impression de force, de liberté, et d'indépendance. Et c'était précisément cela qui faisait qu'elle se démarquait physiquement, le plus des autres, alors qu'elle déambulait confiante, de sa démarche arrogante.

L'homme saoul avait déjà testé des prostituées, il désirait maintenant expérimenter une autre saveur, " quelque chose de plus fort ". A renfort de grands rires incontrôlés, il se complut dans cette idée alléchante. Il se doutait qu'elle devait appartenir à un gang ou qu'elle devait déjà être prise ou protégée, mais il se sentait audacieux et invulnérable ce soir. Peut être l'alcool se dit-il en riant à nouveau tandis qu'il s'approchait de la donzelle. Quoi qu'il en soit, Erwann avait clairement le sentiment que rien de bien méchant ne pourrait lui arriver, gang ou pas. D'un mouvement volontaire il se frotta à elle alors qu'elle le croisait et une fois passée devant lui, il se retourna et vint lui poser salacement la main au cul, avant de le presser pour en juger de la fermeté. Et ferme à ça il l'était. Le contact fut agréable - pour le bref instant de délice qu'il lui avait procuré -, avant qu'un mal innommable, malgré la boisson ne le saisisse au bas ventre.

La garce, se retournant, l'avait froidement et férocement attrapé par les couilles, qu'elle broyait d'une main ferme, sans pitié. Une douleur effroyable qui dissipa immédiatement les effets de l'alcool. D'abord épris d'une colère incontrôlable, le jeune homme tenta de la frapper, mais à peine avait-il fait un mouvement, que l'insolente avait renforcé impitoyablement sa main mise, avant de tirer brutalement sur ses bijoux de famille, presque comme si elle voulait les arracher de la partie auquel ils se rattachaient. L'homme hurla, tombant à genoux, tandis que la jeune fille ne lâchait toujours pas prise malgré qu'elle se soit certainement aperçue que toutes les forces l'abandonnaient, criblé de douleur.

Des larmes se déversant de ses yeux, Erwan hurlait, de nombreuses personnes dérangées par son vacarme, se tournant vers la scène avec intérêt ou mépris. Erwan sentit le sang se déverser sur ses cuisses en dessous de son pantalon, la garce avait diablement meurtri ses parties internes. Terrifié, le visage torturé de douleur il admira la jeune fille, qui de ses yeux d'un bleu intense transmettaient une froide colère. La férocité avec laquelle elle poursuivait son attaque traîtresse, ne cessa non plus de l'étonner. Il l'avait sous-estimé, pensant qu'elle n'émettrait qu'un cri plaintif comme toutes ces filles apeurées qu'il avait potelé dans la boîte.

Pôv con. Qui t'a permis de me toucher l'arrière-train ?

- Per.. Personne. S'il.. te plait... lâche. moi.. lâche mes..

- C'est ta propriété ? Il y a ton nom dessus ?

Il tenta de lui dégager sa main, mais elle renforça durement sa poigne, et à sa grande surprise elle était plus forte que son physique ne le laissait penser, ou alors l'alcool l'avait vraiment affaibli, ou encore le fait qu'elle avait de manière ignoble agrippé le plus point grand point faible de l'homme ne lui laissait simplement aucune chance, chaque traction de ses doigts menaçant de le faire s'évanouir de douleur. Peut être les trois raisons à la fois, très certainement d'ailleurs. C'était vain de combattre, Erwann était totalement à sa merci agenouillé, il opta pour la supplication, du vaincu au maître.

- No... non, pardon ! Pardon ! J't'en supplie, j'ai mal. Lâches...

Et c'est alors que deux autres gars apparurent et vinrent l'encadrer, l'allure menaçante et le regard sombre tourné sur lui, leur yeux de feu lui promettant les plus indicibles souffrances. Erwann sentit ses entrailles se nouer, il savait qu'ils ne venaient pas pour l'aider, les tatouages sur leur cou indiquait foutrement leur appartenance aux Reds. Les problèmes pour lui ne faisaient que commencer. Maudit soit-il, quel diable l'avait saisi, avec cette idée de s'en prendre à un Reds ? S'il sortait seulement vivant de cette déroute, il promettait de ne plus boire avant longtemps, tout du moins, sans jamais se laisser à être saoul et à faire n'importe quoi avec n'importe qui. S'il voulait survivre, il aurait intérêt à s'assurer de s'en prendre à plus faible que lui..

- Ce gars t'emmerdes Johanna, tu veux qu'on s'en occupe ? demanda Grim grand et noir, suivi de près par un autre plus petit et trapu répondant au nom de Flinch qui ajouta en faisant craqueler ses doigts.

- Il vient de briser la règle n'1. On va lui montrer ce que ça vaut de s'en prendre à un Reds.

Johanna vit la terreur emplir le visage de sa victime, devenu plus pâle qu'il ne l'était déjà. Toute animation, toute couleur semblait presque avoir été aspirées. Son regard alterna du pauvre gars à ses camarades, tous attendant attentivement sa sentence. Johanna savait ce que les Reds s'apprêtaient à faire, les reds ne plaisantaient pas, tous ceux qui leur manquait de respect en payaient durement les conséquences. Le seul moyen pour eux d'être respecté et d'être craints. Or pour Erwann qui avait déjà assez souffert - à ses yeux -, il ne faisait aucun doute qu'il lui réservait une bastonnade, si sévère qu'elle pourrait jusqu'à le tuer dans son état. Et Johanna ne souhaitait pas sa mort, pas plus qu'il ne souffre outrancièrement, après tout, dans son état d'ébriété, il ne lui avait simplement qu'empoigné un pan de fesse, il n'y avait pas mort d'homme, et elle n'était pas de ces sadiques qui aimaient contempler les autres torturés même quand ils l'avait offensé.

- Non c'est bon. répondit-elle finalement en soupirant. Les deux autres hochèrent la tête, peut être un peu déçus de ne pas lui rendre service, -elle la copine de leur chef-. Tout aussi manifeste apparaissait le soulagement de son agresseur. Mais Shepard ne comptait pas en rester là, achopper sur cette conclusion. Elle devait être respectée, et ceux qui se méprenaient volontairement ou involontairement, qui déconnaient avec elle, devaient en payer le prix. La réponse adéquate s'obtenait dans la poigne de fer. Tous sans exception devaient apprendre comment elle traitait ce genre de cas. Il s'agissait d'une nécessité, d'un acte qui servait sa protection à long terme. Autrement il pourrait lui en coûter. La jeune adulte ne savait que trop comment ça se terminait pour ceux qui faisait preuve de la moindre faiblesse. Fixant son agresseur à genoux, immobile et toujours agrippé par la peau des couilles de sa main gauche, Johanna plongea son autre main dans sa poche qui s'enfonça dans son poing américain.

- Si tu recommences un truc de ce genre, saches que ce n'est pas seulement tes bijoux de familles qui te seront ôtées, mais aussi la vie.

Ces mots achevées, sortant la main de sa poche, Johanna la lança vivement à la face d'Erwann et frappa férocement d'un revers, le poing américain atteignant d'une dureté sans pareille la mâchoire du prévenu qui d'une plainte déchirante s'écroula au sol après avoir valdingué en arrière. Loin d'avoir terminé, elle le serina de chassé, de coups de pieds à la tête. Celui-ci fut assez astucieux pour ne pas l'insulter malgré la nouvelle colère qui l'emplissait, préférant plutôt trouver moyen de pleurer sur la douleur. Satisfaite Johanna le laissa s'apitoyer sur son sol, reprenant sa route là ou elle l'avait laissée, non sans avoir craché sur sa chemise. Pauvre mec.

Nombre de gens avaient été témoins de cette scène, et nombre d'entre eux réfléchiraient à deux fois avant de s'en prendre à elle. Finalement, ça n'était pas plus mal que cet imbécile ait tenté sa chance avec elle. Traversant la salle et abandonnant ses camarades, dont elle connaissait seulement le nom, elle finit par atteindre l'arrière sale par l'intermédiaire d'une porte. Sans frapper, elle entra, et atterrit au milieu d'un groupe de plusieurs personnes attablées, les principaux leaders de leur petites faction, dont faisait partie son petit copain. Lukas. Celui-ci d'ailleurs, fumant un joint, au milieu de la table, lui avait réservé une place à côté d'elle. Sous les salutations chaleureuses de tous, elle vint s'asseoir à ses côtés.