Bon voilà le deuxième chapitre, dans celui-ci on cerne un peu mieux le caractère de Violetta. Enjoy :)


Maraudeurs & Elles.

Mercredi

Je regarde mes camarades se lancer et se rouler dans des feuilles mortes par la fenêtre de ma salle commune et je les trouve tous affreusement ridicules. Pourquoi se lancent-ils des trucs sales et mouillés par la pluie? Ce n'est pas sensé être amusant encore moins drôle, c'est sensé être rien. Dans le fond, je les envie un peu. Je voudrais bien recevoir des trucs secs et moches partout sur le corps, me gaver de saleté et de mièvrerie dégoulinante d'amitié. Je soupire et pars m'installer avec mes crayons, mes papiers et mon eau embouteillée sur le sofa moelleux noir.

Le menton...Le cou...Les épaules plus carrés...C'est trop rond...Je taille mon crayon...On recommence. Dommage que je n'aie pas ma gomme blanche, je n'aime pas la rose. Les épaules...Les épaules...Puis les bras...Voilà la partie du haut de mon frère est faite. Je prends une gorgée d'eau. Zut! Du jus sur mon frère. Je le lèche.

C'est le moment que choisi Jenna Thomson pour passer et me regarder. Elle me fixe comme si je suis un morceau de viande moisi. Répugnante, moi?

- Qu'est-ce que tu regardes?, demande-je sèchement.

- Rien.

- Alors fou moi la paix et dégage !

Jenna est en cinquième année, à ce qu'il paraît elle est gentille, mais elle a des seins hallucinants. De ceux qu'on dessine dans des bandes dessinées. Je crois pas qu'elle sache cela, elle n'est pas d'origine moldue.

- Pourquoi tu lèches ton frère?, lance-t-elle l'air dégoûtée. C'est une idée bizarre. Je n'ai jamais entendu parler d'une fille léchant son propre frère dans un dessin.

Mais avant que je n'ai pu dire quoi que se soit, elle me tourne le dos et part rejoindre son amie à une table où je l'entends lui dire d'une voix amusée:

- Emy, tu sais quoi? Je viens de surprendre Violetta entrain de sucer un dessin de son frère.

Sa meilleure amie Emylia White, une blonde, ne semble pas comprendre ses propos.

- Tu sais Violetta Rose, rajoute Jenna en insistant sur mon nom de famille.

- Oh, ça ne m'étonne pas d'elle.

Ces filles et leurs rires aigus, je les déteste ! Ne supportant pas leurs stupides faces de pois chiches, je monte les escaliers de mon dortoir d'un pas énervé et m'étale sur mon lit. Lécher mon frère? Putain, c'est juste un dessin. Je me redresse et l'envie de sortir prend le dessus. Des fois, des idées me passent par la tête et je les fais. Je vais à la salle de bain et arrange mes cheveux. Regardant le reflet que le miroir me donne, je me rends compte que mon sourcil droit est froncé et que mon œil droit fait des clins d'œil étranges. Des tics. Je prends mon écharpe et mon manteau et sors. Emylia et Jenna pouffent de rire à mon passage. Crétines. Une fois dehors, je me dirige d'un pas décidé vers un banc en face de moi. Je contourne tous les imbéciles heureux qui se jettent des feuilles et m'assois bras et jambes croisés.

- Jamesie tu vas me le payer, menace un petit con nommé Sirius Black en souriant.

Son ami aussi con commence à courir. L'autre le rattrape avec un paquet de feuilles dans ses bras et ledit Jamesie se met à genoux, les mains en prière.

- Ô maître, ayez la bonté de m'épargner, lance James Potter moqueur.

- Non, tout acte cruel ne reste pas impuni, répond Black avec une voix de méchant terrifiant.

Il met finalement toutes ses feuilles dans les vêtements de Potter. Des vrais acteurs, pff. Je vois du coin de l'œil que Peter Pettigrow et Remus Lupin s'approchent de leurs amis discrètement. Ils bombardent Black et Potter de projectile faite à partir de feuilles écrasées ensemble formant une petite boule. Ils ont l'air complètement surpris et les deux autres rient aux éclats.

Bon, je suppose que vous devait déjà les connaître alors, je les présenterais brièvement. James Potter, le leader. Sirius Black, le charmeur. Remus Lupin, le mystérieux. Peter Pettigrow, le mignon. Populaire et beaux, font les quatre cent coups, se sont les Maraudeurs ! Voilà, c'est fini. Avouez que c'était rapide. Je m'étonne moi-même.

Pris d'une soudaine envie de lancer moi aussi des trucs moches, je les prends donc entre mes paumes et fait un petit tas informe avec. J'observe un moment tous les jeunes qui se retrouvent dans le parc à cette heure-ci. La plupart sont dos à moi et pas mal loin. En faite, les plus proches de moi sont nul autre que les Maraudeurs. Je vise alors la tête châtaine de Lupin et lance. Il le reçoit en pleine oreille et je détale comme une voleuse.

- Eh toi !, j'entends derrière moi.

Des pas de course se font résonner dans le couloir que je viens de prendre. On me suit et je trouve cela drôlement crampant. Je me tords de rire en courant toujours. Malheureusement, je ne suis pas très vite. Ils me rattrapent rapidement, je sens soudainement une main sur mon bras et on me tire pour que je m'arrête. Ce que je fais à la seconde près, toute essoufflée, je fais face aux quatre garçons et j'éclate de rire devant leurs mines ébahis. Ce n'est pas tous les jours qu'une fille inconnue ose les déranger ainsi.

- Pourquoi t'as fait ça?, sourit gentiment Lupin.

Je suis terriblement gênée et je me frappe la tête sous le coup de l'émotion.

- Mais non ce n'est pas grave. Faut pas te frapper pour ça, s'exclame Potter en retenant mon bras fermement.

- Je voulais jouer moi aussi, avoues-je en rougissant.

- Alors pas besoin de t'en aller en courant, dit Lupin.

- On pensait que c'était un mauvais coup des Serpentards, rajoute Black en me regardant de ses yeux noirs.

Des petits frissons agréables me parcourent l'échine. Étrange.

- Violetta, qu'est-ce que tu fais?

Oh non pas lui. Un grand brun s'avance vers nous à grand pas. Il empoigne mon épaule d'un air protecteur et dévisage les Maraudeurs un à un. J'enlève sa main de sur mon corps et lui donne un coup de poing sur les côtes. Il ne fait rien habitué à mes tics.

- Vous ne lui avait rien fait j'espère?, demande-t-il suspicieusement.

- Danaël, va-t-en, m'exaspère-je

- Nous non, peut-être que elle oui, rétorque Black avec un sourire malicieux.

Dan me regarde l'air de me demander qu'est-ce que j'ai bien pu faire cette fois-ci. Je lui fais mon visage le plus innocent.

- Bon, faites attention à ma sœur. Elle n'est pas comme les autres filles, déclare Dan.

- C'est elle ta sœur !, s'exclame Potter surpris.

Les Maraudeurs et mon frère, demi-frère en réalité, se tournent tous vers moi pour me regarder. Hum, malaise. Je fais une grimace: nez froncé, yeux de chaque côté de mon visage et lèvres ressorties.

- T'es bizarre toi, lance Pettigrow.

- Elle a le syndrome de la Tourette, elle est pas bizarre !, me défend Danaël.

- Ah, font les quatre gars l'air de rien savoir de quoi il parle.

- Désolé, s'excuse Pettigrow après quelques secondes de silence.

Ne voulant plus être avec eux, je m'en vais en frappant mon frère au passage.

Jeudi

Je parcours les couloirs pour me rendre à mon prochain cours en commun avec les Griffondors: potions.

- Va chier salopard, crie-je.

Les quelques élèves qui passent me regarde de travers. Quand je marche, ce qui n'est pas rare figurez-vous, je lance souvent des insultes. Ça sort tout seul, vous comprenez. Je ne suis pas capable de me contrôler et c'est pour ça que j'évite d'être dans des couloirs remplies d'élèves.

- Va chier !

Un petit gars de première année de Serdaigle me regarde horrifié. Non, mon bonhomme, ce n'est pas à toi que je m'adresse. On doit sûrement penser qu'après six ans, les gens seraient habitués à mon petit problème et bien non. Par contre, ceux de mon année ne font plus attention à moi depuis longtemps, car ils s'y sont fait. Ceux de ma maison m'évitent, car je suis bizarre et ils ne comprennent pas pourquoi j'agis ainsi. C'est vrai qu'ils n'essayent pas de m'approcher, car quand ils le font, je fais des grimaces horribles. Ça les éloigne et je ne me plains pas. J'aime bien être seule et ne pas être traiter comme une malade. Je préfère de loin être bizarre que faire pitié.

- Va chier connard de merde !

Oups, le directeur Dumbledore passait juste à côté. Je rougis et me donne une tape sur la tête.

- Ah Miss Rose, comment allez-vous?, demande-t-il avec un sourire en coin.

Ses yeux bleus pétillants me regardent amusé.

- Bien monsieur bien, réponds-je. Vous? Argh.

Argh, c'est mon cri de guerre. Je le fais à chaque fois que quelque chose m'énerve. En ce moment : mon syndrome. J'ai quand même, sans faire exprès, insulté le directeur!

- Ce que vous êtes charmante, je vais très bien. N'oubliez pas demain de vous déguiser, me rappelle-t-il.

Il me sourit dévoilant des multiples rides au coin de ses yeux et de ses lèvres. Je lui souris en retour et il s'en va en sifflotant les mains derrière le dos. Une chance que je l'ai vu sinon j'allais complètement oublier que demain c'est Halloween et qu'il faut se déguiser. C'est une idée cinglée qui vient de notre vieux et fou directeur. Il veut faire pareil que les moldus, c'est-à-dire se costumer toute la journée et demander des bonbons le soir. Bien sûr, on ne va tout de même pas allez de porte en porte pour quémander des bonbons. Non, lui avait eu l'idée que plus le déguisement est original plus on reçoit de friandises. J'avais déjà mon costume et pour l'originalité bah disons que j'aurais au moins dix bonbons.

Le soir même, je me couche dans mon lit prête à continuer le dessin représentant mon frère et sa petite-amie. Bientôt, ça sera sa fête et je veux lui faire ce cadeau. Je vais ensuite lui acheter un cadre et mettre le dessin dedans. Je suis sûre qu'ils vont aimer, sa petite-amie Juliette et lui. Tout en dessinant, je me rends compte à quel point mon grand frère est un bel homme et que Juliette et lui font un très beau couple. Lui, il est brun aux yeux vert, musclé et intelligent tandis que Juliette est blonde aux yeux noisettes, chétive et sportive. Lui est à Serdaigle et elle à Griffondor. Mon frère prône l'intelligence et le savoir avant le sport et l'action. Elle est tout le contraire et c'est pour cela qu'ils vont si bien ensemble.

Toi? Moi, quoi moi? Et bien je suis à Poutsouffle et ma vie amoureuse est inexistante depuis que je suis née. J'ai eu cependant des béguins sur des gars, mais rien de bien sérieux. Ils ne voulaient pas de moi ce qui est assez compréhensible. Je suis beaucoup trop expressive et trop imprévisible. Ça les déconcerte. Je suis chez les blaireaux parce que je ne suis ni sage comme les Serdaigles ni intelligente comme les Serpentards ni courageuse comme les Griffondors. Je suis à Poutsouffle parce que j'aime supposément travailler. Ouais, ben m'a t'en faire du travail.

- Oh pour de vrai? Qu'a-t-il dit après?, s'excite la voix de Chanelle Adams.

- Ben que j'étais aussi belle que le couché du soleil, répond Alyssia Hepburn avec un énorme sourire.

Pouah gros mensonge. Les filles de mon dortoir viennent juste d'arriver et leur conversation m'insupporte déjà.

- Et après?, s'empresse de demander Chanelle.

- Et bien..., commence Alyssia avec suspense.

Dépêche, je veux la suite. Non, je rigole, c'est d'un pathétique.

- Il m'a embrassé et c'était merveilleusement divin, soupire-t-elle à la fin.

Son amie fait de même. Je pouffe de rire légèrement. Elles se tournent vers moi remarquant enfin ma présence.

- Qu'est-ce qu'il y a Vi?, s'inquiète Alyssia pas sincère pour une noise.

Elles font toujours la même chose, elles me traitent comme si j'étais une retardée mentale ce que je ne suis pas, faut préciser.

- C'est drôle.

- Et qu'est-ce qui est drôle?, réplique Chanelle avec une moue pincé.

- Aly ! Est-ce que c'est vrai que tu sors avec Sirius Black?, s'écrie Eva Valley qui surgit de nul part complètement surexcitée.

Elle a les joues rouges et est toute essoufflée comme si elle venait de parcourir toute l'école pour savoir si Aly oui ou non sort avec le Don Juan de Poudlard. Moi je dis, pas de quoi faire toute une histoire. C'est que Black et Black aime les filles, les filles l'aiment et la nouvelle qu'il sort avec une autre n'a rien d'une nouvelle.

- Mmm oui c'est vrai, sourit Alyssia d'un air coquin.

Soudainement, les trois commencent à sautiller en se serrant les mains. Elles s'arrêtent et là commence une série de questionnement du genre où est-ce qu'il t'a embrassé? Comment il embrasse? T'a-t-il demandé de sortir avec toi? Est-ce officiel? Tu penses que ça va durer combien de temps? Bon, je peux répondre à cette dernière question, ça va durer pas moins de deux semaines. Les pauvres, elles rêvent en couleur. Black ne devrait juste pas exister. Je ferme les rideaux de mon lit à baldaquin et me dit que l'avantage s'est qu'elles m'ont totalement oubliée.


Au début, je voulais faire une bataille de boule de neige, mais ça ne marchait pas trop avec le reste de l'histoire et puisque j'ai déjà fait des batailles de feuille, je m'en suis inspirée. J'espère que ça vous a plu. :)