Début du mois de juillet, avant l'Explosion.

Des vacances avec sa famille, enfin, sa famille de sang. Il y serait forcément. Elle voulait le voir. Elle était perdue et elle avait besoin d'aide pour éclaircir ses idées. C'était son héros, il pourrait l'aider. En plus, ce n'était pas parce qu'un tueur fou voulait lui couper le haut du crâne qu'elle vivrait comme un ermite. Elle voulait profiter de ses vacances.

Son père (adoptif) n'était pas d'accord. Il voulait toujours la protéger, voire la surprotéger, surtout depuis le fameux soir où Jackie était morte. Mais elle ne supportait plus d'être en cage, dans sa propre maison, avec pour compagnie son idiot de frère et M. Muggles. Elle ne pouvait plus sortir, seul Zack pouvait entrer chez elle et il était hors de question qu'elle recommence à être cheerleader.

Pour résoudre le problème, elle avait écrit à son père (biologique). Elle avait dit vouloir apprendre à connaître sa famille. Elle avait précisé qu'elle pourrait dormir à l'hôtel et qu'elle ne souhaitait pas être présentée comme la fille de Nathan. Nathan avait répondu quelques jours plus tard qu'il n'y voyait pas d'objections mais qu'il organiserait son séjour.

Les deux pères de Claire s'étaient arrangés par téléphone et Claire devait partir deux jours plus tard.

Le Jour J, Claire attendait son père qui rechignait à la conduire. Il lui fit, pendant le trajet jusqu'à l'aéroport, un sermon sur les dangers à éviter, les erreurs à ne pas faire, les gens desquels il faut se méfier, etc. etc. Claire ne dit rien parce qu'elle savait qu'il disait cela pour se rassurer. Malgré les 16 ans de Claire, son père ne voulut pas laisser seule avant l'embarquement. Il dut cependant capituler à ce moment-là.

POV Claire.

J'avais peur de l'avion. Je me demandais toujours comment cette chose, ce truc énorme pouvait voler. Je sais bien que je suis indestructible mais il y a des limites à ce que je peux endurer. Allez Claire, tu peux le faire ! Je montais dans l'avion pour prendre place. Oh non, je suis près du hublot … Les hublots donnent vers le vide et le vide me rendait malade. Après réflexion, je m'assis quand même. Mon voisin ne tarda pas à arriver et je lui demandais :

« Est ce que ça vous dérange d'échanger nos places, s'il vous plait ? » J'ajoutais un sourire pour être sûre qu'il accepterait. Et mon regard tomba sur un magnifique garçon :

« Non, comme tu veux, me dit-il avec le même sourire irrésistible.

"Merci ! »

Nous échangeâmes. Plus tard, en attendant le décollage, je l'observais parce qu'en plus d'être pas désagréable, l'observation de mon voisin me calmait. Il était jeune, 17-18 ans peut-être, brun avec des cheveux assez longs et des yeux verts sublimes qui me jetterent un coup d'œil appuyé quand il remarqua mon examen. Il ne dit rien et tourna la tête vers l'extérieur.

Après l'habituel discours sur les mesures de sécurité, l'avion se mit à avancer. Je me crispais sur mon siège. Je déteste cette machine ! Mon voisin se tourna vers moi et me prit l'avant-bras dans un geste rassurant :

« Ne t'inquiéte pas »

Ses lèvres s'étirèrent dans le un sourire magnifique et j'en fus tellement subjuguée que j'oubliais où je me trouvais et me détendit complètement. Ce garçon est plus que mignon. Ses lèvres m'attiraient particulièrement. Celles-ci se mirent à bouger :

« Comment tu t'appelles ? Moi, c'est Paul.

Claire, balbutiai-je.

Enchanté, Claire. Et poli avec ça…Son sourire est vraiment trop. Tu as peur de l'avion ?

Sur le coup, cela me calma tout de suite. Je savais que mes joues avaient pris un belle couleur rouge et ça me rendait furieuse. Il se fout de moi ! Je répondis avec un air détaché :

« Un peu. »

Au bout d'un moment de silence, on se mit à parler de tout et de rien. Sa main n'avait pas bougé de mon bras et j'étais suffisamment omnibulée par lui pour oublier que j'étais malade en avion. J'appris pleins de choses sur lui. Il allait à New-York pour le travail. Il écoutait la même musique que moi. Il faisait beaucoup de sport, surtout de la course, en fait, etc. etc. Je ne vis pas le temps passer. Lorsque nous atterrimes, j'émis une exclamation de surprise qui fit sourire mon voisin.

« Tu n'avais pas remarqué l'atterrissage, me dit-il avec un sourire taquin.

-Euh, non …répondis-je avec gêne, prenant en même temps une légère couleur rouge. Je devais être en train de fantasmer.

- Tu devais être captivée par la discussion, me dit-il avec un sourire innocent. »

Il se fout de moi là ! Ou alors il n'a vraiment rien remarqué et alors, il est vraiment aveugle. Profitant tout de même de la planche de salut qu'il me donnait, je dis :

« Oui, ça doit être ça !

- Tu me donnes ton numéro ? Si on a le temps, on pourra sortir à deux, un soir.

-Oui, si tu veux. »

Je savais très bien ce que cela impliquerait mais j'avais décidé de me lancer. Comme je l'avais déjà dit, ce n'est pas parce qu'un fou voulait me couper la cervelle que je devais vivre en ermite. Nous échangeâmes nos numéros et nous sortîmes de l'avion. Je fus heureuse de retrouver la terre ferme. Je pris ma valise et me dirigea vers le hall. J'y cherchais un visage connu ou même une pancarte avec mon nom. Un homme attira mon attention. Il était jeune (26 ans précisément), grand, brun avec des cheveux longs qui lui tombaient en une mèche sur le visage et surtout, il avait d'extraordinaires yeux marrons et le plus charmant des sourires en coin :

« Peter ! »

Je me précipitai vers lui. J'étais heureuse de le voir dès le début, il m'avait tellement manqué. On se comprenait et cela manquait singulièrement, dans ma vie, des gens à qui je pouvais parler de « mon problème » et qui comprenait ce que je ressentais. Il me prit dans ses bras quelques instants puis me caressa la joue avec un grand sourire :

« Moi aussi, je suis content de te voir. Mais il faut qu'on se dépêche, Nathan t'attend. Tu me raconteras ton vol dans la voiture », me demanda t-il avec un air malicieux.

Il me connaissait suffisamment pour savoir que j'étais malade en avion. Je ne répondis pas savourant nos retrouvailles.

Le trajet se passa à toute vitesse. Je racontais mon vol en détails sans mentionner bien sûr le sourire de Paul, sa main si douce qui m'avait tenue pendant tout le vol, son visage,... Mais parfois, quand je me souvenais de ce que j'avais pensé sur la beauté de Paul, j'avais cru voir le sourire de Peter se figer. Mais ce n'était sûrement que mon imagination parce que ses yeux souriaient toujours. Par contre, j'étais sûre qu'il s'était élargi lorsque j'avais raconté mes aventures avec la nourriture ou le moment où j'avais dû aller toilettes.

Nous arrivâmes devant un immeuble. Ca doit être les bureaux de Nathan. Cela me rappela que nous étions ici pour retrouver mon père, l'homme qui refusait toujours d'annoncer mon existence à sa femme.

« Ca va aller. Ne t'inquiète pas. »

C'est vrai, Claire. Il n'y pas de lézards. Il…

« …serai avec toi. »

Oh ! Mon héro va me protéger contre son abominable frère. (Air dramatique, un peu ironique)

Il fronça les sourcils. Je fus surprise :

« Quoi ?

Nathan n'est pas abominable. Tu ne le connais pas assez, c'est tout.

Il ne veut… Quoi ! Comment ? Tu lis dans mes pensées !

Euh oui…, dit-il, gêné, regardant ailleurs en souriant, quand même.

Je rougis en pensant à ce qu'il a pu entendre. Il va penser que je suis une obsédée.

Pas du tout.

Oups…Je lui adressai un sourire.

Bon, on y va, me dit-il avec un sourire en coin. »

Je me sentis tout de suite nerveuse. Il m'entraina vers l'énorme bâtisse, me tirant légèrement par le poignet. Il entra et monta directement sans me laisser examiner l'entrée. Il frappa et entra dans un bureau. Nathan était là, au téléphone. Il lui fit signe d'attendre :

« Oui. Tout est donc prêt. Merci beaucoup. Au revoir. »

Il posa le téléphone et nous regarda. Je me sentis mal à l'aise sous ce regard inquisiteur. Peter avait lâché ma main entrant et j'aurais aimé qu'il ne l'ait pas fait. Il se tourna vers moi et me lança un regard rassurant. Nathan se décida à parler :

« Bonjour, comment tu vas ? » Son sourire était typique d'un politicien. Je sentis la surprise de Peter, tout à coup. Il regardait Nathan avec des grands yeux. Je réponds quand même avec le sourire forcé:

« Bonjour. Ca va.

Comment s'est passé ton voyage ?

Bien.

Bon, c'est bien. Tu es sûrement fatiguée alors je vais faire vite. Tu vas dormir chez Peter… »

Je me tournai vers l'intéressé alors que Nathan continuait de parler. Peter avait l'air soucieux maintenant. Je devrais peut-être aller à l'hôtel. Je vais le gêner si je vais chez lui. Peter se tourna vers moi, me sourit et me fit comprendre que cela ne le gênait pas par un mouvement de tête.

« …et moi nous vous invitons après-demain pour déjeuner en famille. Comme ça, Claire, tu auras le temps de te reposer entre temps. Voilà, maintenant, veuillez m'excuser mais je vais vous demander de sortir. Je dois encore passer des coups de téléphone. »

Nous sortîmes. Je réfléchissais toujours sur ce qui avait pu inquiéter Peter. Peter répondit à ma pensée :

« Ce n'était pas prévu, c'est tout. Il a dû décider ça, tout à l'heure... Tu as vu, ça ne s'est pas trop mal passé.

C'est vrai, répondis-je, en lui rendant son sourire. »

Nous reprîmes la voiture. A peine partis, je me tournai vers lui et je l'observais. Ses mains douces et chaudes. Ses bras peu musclés mais toujours réconfortant. Ses cheveux noirs qui tombaient en une mèche sur son visage. La barbe de quelques jours. Les lèvres trop sexy qui s'étirèrent en un sourire en coin. Décidément, il était vraiment trop sexy, il devait avoir du succès auprès des filles. Le sourire s'étira encore plus. Ah zut j'avais oublié.

« Ça va pas être possible si tu écoutes tout ce que je pense. Je vais devenir folle.

Il se tourna légèrement vers moi tout en regardant régulièrement devant.

J'ai envie de savoir de ce que tu penses.

Pas moi. Il doit y avoir une raison pour que nos pensées ne soient pas entendues par tous.

Nous ne sommes pas encore assez développés.

Je lui jetai un regard sceptique. Il posa alors sa main sur ma cuisse. Je frissonnai.

Franchement, j'aime beaucoup écouter ce que tu penses. C'est assez drôle.

Je pourrais penser des choses ennuyeuses ou dérangeantes.

Ah oui ? »

Il me jeta un regard interrogateur, attendant un exemple. La sonnerie de mon portable me sauva. C'était un sms de Paul.

Salut, je suis installé et toi ?

Ca te dit de se voir demain

Soir ? Il y a un bar juste à

Coté de chez moi. A+ Paul.

« Tu peux y aller mais je dois t'accompagner. Je ne serai pas à coté de toi, bien sur, mais je te regarderai. »

Comme je lui lançai un regard surpris, il dit :

«Je dois veiller à ta sécurité. »

Je ne lui répondis pas. J'écrivis une réponse pour Paul :

Salut. Pas encore. C'est ok

pour demain mais je ne peux

pas laisser mon oncle. Il va

venir. A+. Claire.

Je sentis sa main quitter ma cuisse pour rejoindre le volant. Cela me fit comme un vide et cela me surprit. Je refermai mon portable et me tournai vers l'extérieur.

« Tu es vexée ? Je me retournai vers lui.

Un peu, je n'imaginais pas avoir un garde du corps tout le temps avec moi.

Je préfère ange gardien, melançat'. Je peux être invisible si tu veux mais je viendrais que tu le veuilles ou non.

Bon alors, si tu le veux. »

J'étais intriguée par son invisibilité mais trop vexée pour discuter. Je regardai dehors, en essayant d'imaginer ma soirée. La présence de Peter me surveillant me rendait mal à l'aise.

« Je serai donc invisible comme cela tu ne sauras pas où je suis. »

Je ressortis mon portable et envoyai :

Mon oncle ne vient pas

Finalement. On se rejoint où et à quelle heure ? Claire.

Je le refermai et lorsque je relevai, Peter tourna pour se garer. Nous étions dans un quartier chic de New-York.

« Tu habites ici ?

J'étais surprise. Il me lança un regard gêné.

Non mais je dois rendre la voiture. Je l'avais emprunté à un collègue.

Ah, et nous rentrons comment ?

A pied, nous sommes à quelques rues. »

Encore heureux que je ne sois pas du genre à prendre un tas de valises . Nous descendons de la voiture.

« Attends-moi, je reviens. »

Il se dirigea vers un des immeubles et disparut à l'intérieur. Je me sentis mal à l'aise, seule avec ma valise, au milieu de ce parking. Une voiture tourna en crissant, je me retournai rapidement. Elle me dépassa. Je sursautai violemment lorsqu'une main se posa sur mon épaule. Je me retournai, prête à frapper mon agresseur. Je m'arrête lorsque je m'aperçus que c'était Peter. Je me jetai dans ses bras et le serrai très fort. J'étais un peu stressée par ce tueur, finalement. Il se tendit un instant puis se calma.

« C'est bon, je suis là, dit-il en posant sa main sur ma tête. Tu n'as pas à avoir peur. »

Nous restâmes dans cette position, un moment. Je me sentais parfaitement bien dans ses bras alors je me forçais à m'éloigner:

« Allez, on y va. »

Il me prit la main avec un sourire et nous sortîmes du parking.

Son appartement était situé dans un vieil immeuble au dernier étage. Bien sûr. Peter eût un léger rire et ouvrit la porte. Je le suivis et m'arrêtai pour observer la pièce. A droite de la porte se trouvait le coin cuisine avec une petite table. En face, le lit occupait le coin. Devant moi, il y avait un canapé avec une télévision. Il restait deux portes sur le mur de gauche et dans le coin, une armoire.

« Cette porte mène à la salle de bain et celle-là au bureau. »

Peter posa ma valise sur le lit.

« Tu dormiras là. Je serai dans le canapé.

Hum, gentleman, dis-je avec un sourire malicieux.

Toujours, me répondit-il avec le même air. Tu as faim ?

Pas trop.

Bon alors, je te laisse t'installer. »

Il s'installa devant la télé. Je l'observai. La lumière du soleil couchant lui donnait l'air d'un héro, mon héro. Il semblait se passionner pour la guerre en Irak mais un grand sourire démentait cette impression. Je rougis et décida d'aller me débarbouiller pour ne pas avoir l'air d'être passée sous un rouleau. En sortant, je remarquai que le soleil s'était couché.

« On peut manger si tu veux.

Je te propose de manger ici, ça te va ?

D'accord, acquiesçai-je de la tête.

Ok…Bon alors, ce sera...

Il ouvre le frigo, s'arrête et se relève, gêné.

Je n'ai pas acheté à manger. Il ne me reste que des plats surgelés.

Ah ! Mais c'est pas grave ! Qu'est ce que tu as comme plats ?

Il sourit.

Des pâtes bolognaises, ou carbonaras ou une pizza texane. Qu'est ce que tu veux ?

La pizza ! Parce qu'avec les pâtes… (air sinistre)

Qu'est ce qu'il y a avec les pâtes ? (sourire en coin)

Rien !

Tu es sûre ? (air malicieux qui devient sérieux). Installe-toi dans le canapé et choisis ce que tu veux regarder. »

J'obéis et choisis un film au hasard. Peter vient s'installer à coté de moi, avec deux assiettes. Il m'en tend une.

« Merci. Qu'est ce qu'il y a de prévu demain ?

Je dois aller chez Mohinder, tu peux venir ou rester ici.

Je viens. La dernière fois que tu es allée chez lui, tu es mort.

Pas vraiment puisque tu étais là. »

Il me sourit. Trop mignon.Et tendit sa main pour caresser ma joue. J'adorai ça. C'était un geste bien à lui. Pour un peu, je me blottirai dans ses bras en ronronnant. Mais mon portable se mit à vibrer et Peter retira sa main pendant que je lisais le sms:

Salut, vers 20h au bar de

La Chope Pleine. Je passe

Te prendre ? Paul

« Pas la peine. Je t'y amène. J'en profiterai pour rester. (Sourire en coin)

Mais…

Pas de mais. Je t'accompagne. (air sérieux)

Je ne répondis pas mais lui lançai le regard « on verra plus tard ».

Salut, ok. Non, mon oncle

Me dépose. Passe une

Bonne soirée. A demain.

Mon oncle... Mais oui, Claire, n'oublie pas. Il est ton oncle. Peter eut un sursaut. Tais-toi, Claire ! J'essayai de m'intéresser au film mais sa présence près de moi me troublait, maintenant que je me rendais compte que j'aurais voulu qu'il ne soit pas mon oncle. Je finis par m'endormir, je ne sais comment, le décalage horaire sûrement.

Au milieu de la nuit, je me réveillai. Des doigts caressaient mes lèvres. Je fus sur le point de paniquer mais son odeur me rassura. La main glissa sur ma joue. J'en profitai pour me blottir dedans. La main se retira. J'ouvris les yeux à demi. Je distinguai la silhouette de Peter mais avant de voir plus le noir se fit. Je m' étais rendormie.