Nous avions passé la matinée à nous promener dans New-York. A un moment, nous avions traversé une ruelle un peu sombre. Peter avait attrapé ma main. Ce contact m'avait électrisé. Mais arrête un peu... On dirait une pré-pubère et son premier amour. Ce n'est que Peter. A la sortie de la ruelle, il avait voulu relâcher ma main mais j'avais résistée. S'il te plait. Il avait souri et avait enlacé nos doigts. Nous avions acheté des hot-dogs à un coin de rue. Nous étions allés, ensuite, chez le docteur Mohinder mais celui-ci était absent depuis quelques semaines déjà, selon le concierge.
« Bon alors je n'ai plus rien à faire cet après-midi. Que veux-tu faire ?
Etre avec toi. ¨Peter a souri devant cet réponse impulsive mais j'ai plutôt répondu.
Comme tu veux. »
Il m'entraina au plus grand parc urbain du monde: Central Park ! [Nn je ne fais pas du pub lol] Nous marchions dans les allées, je profitais de ce moment de bonheur, quand un homme, un fou assurément, se mit à crier :
« Le monde va connaître une période d'apocalypse mais ILS vont le sauver ! C'est LEUR destin ! »
Je frissonnai. Est-ce qu'il parlait de nous ?
« Je ne pense pas. Ce genre de personne a tendance à s'imaginer des êtres extraterrestres »
Je repensais au slogan de Hiro : « Sauve la cheerleader, sauve le monde » Je ne vois toujours pas comment je vais sauver le monde. J'ai déjà du mal avec ma vie personnelle.
« Au moins es-tu vivante. C'est déjà ça. D'autre n'ont pas cette chance. »
Le regard de Peter s'assombrit. A qui penses-tu ? Il ne répondit pas alors je serais sa main. Peter…Ce n'est pas grave si tu ne veux pas me le dire mais reste avec moi. J'essayai de trouver une distraction.
"Viens, on va voir les canards."
Je tentais de l'entrainer vers l'eau mais il me retint et nous continuâmes notre chemin. Il sourit tristement et dit doucement :
« C'est mon ex. Elle a été tuée par une balle perdue. »
Il repartit dans ses pensées. Tu l'aimes encore, n'est ce pas ? Une boule se forma dans ma gorge. Il tiqua. Il murmura après quelques instants :
« Non mais ce serait mieux »
Je ne savais pas quoi penser de ce qu'il venait de dire. Pourquoi ce serait mieux ? Qui aime t'il maintenant ? Etc. etc. Une petite voix dans ma tête me souffla "tu aimerais que ce soit toi..." hein ? Qu'est ce que tu racontes, toi ? "...mais « ce serait mieux » est mauvais signe". Argh Claire ! Change de sujet ! Sur le ton de la plaisanterie :
« Tiens, au fait, ton destin de sauver le monde a pris des vacances ?
Les yeux toujours tristes, Peter eut un sourire en coin et mon cœur fit un soubresaut. Va falloir que tu te calmes toi. (s'adressant à son cœur). Je refusais encore d'analyser tout ce que m'indiquais mon corps. Je préfèrais le faire taire.
Ma première mission est de veiller sur toi puisqu'en veillant sur toi, je veille sur le monde. »
J'eus une moue dubitative. Je ne croyais pas vraiment à cette histoire de destin. Déjà parce que le mien ne me paraissait pas très réel et ensuite parce que celui de Peter est d'exploser ou d'empêcher l'explosion d'une autre bombe humaine. Bref je n'y crois pas... En plus, je ne suis qu'une mission pour lui…
Peter me prit dans ses bras en disant :
« Mais non, pas du tout…Je tiens à toi… (Sourire malicieux) Ca me donne juste une bonne raison pour rester avec toi, pour te protéger. Et puis tu es ma nièce. »
Autant ce qui avait précédé, me rassurait, autant la dernière phrase m'avait glacé sur place. Mon oncle…J'ai tendance à l'oublier. Je ne devrais pas, je le sais, mais le cerveau humain supprime souvent ce qui le dérange et moi, ça me dérange qu'il soit mon oncle ? Je ne savais pas trop pourquoi, en fait. Peter se figea contre moi. Et m***. Je reculai pour voir son air contrarié, pourtant, ce n'était pas vraiment que de la colère. Une lueur un peu spéciale brillait dans son regard, comme s'il pensait la même chose que moi. Les yeux de Peter s'éclaircirent et il sourit légèrement. Ah, il est trop beau. Le sourire de Peter s'agrandit puis il lança :
« Bon, on va rentrer. »
Il me reprit la main et m'entraina vers la sortie. Je lui posai un bisou sur la joue. Il s'arrêta, surpris, puis il sourit en disant :
« Moi aussi, je suis content d'être avec toi. »
Cela me réchauffa le cœur. Il ne m'en voulait pas. Pourtant, le nuage familial me trottait dans la tête. A la sortie du parc, un petit garçon qui se promenait avec une femme, se mit à crier en nous voyant :
« Ils sont amoureux ! Ils sont amoureux ! »
La femme le fit taire mais le mal était fait. Un malaise s'installa entre nous. Peter lâcha ma main précipitamment et fit attention à laisser une distance suffisante entre lui et moi. J'essayais de trouver un sujet de conversation mais rien ne venait. Nous marchions dans les rues depuis un moment, je commençais à désespérer de ce silence embarrassé, quand Peter s'arrêta, se retourna vers moi et me sourit. Je ne souriais pas, j'étais bien trop inquiète. Il passa sa main sur ma joue dans ce geste familier qu'il faisait souvent pour me rassurer. Ok, j'ai compris. J'arrête de me casser la tête. Il approuva du regard, repris ma main et se remit à marcher. Le malaise était parti. J'eus un élan de bonheur.
Mon père entre avec un assiette de soupe. Je lui en veux de m'obliger à quitter ces moments si doux. Il me lance un énième regard triste, pose l'assiette sur ma table de nuit et repart. Sans même un regard pour l'assiette, je m'emmitoufle dans ma couette. Ces souvenirs-là ne sont pas faciles à revoir mais je ne les ferai pas disparaître. Peter y joue un rôle majeur.
Il était l'heure de me préparer pour ma soirée. Je jetai un œil à Peter et tentai une fois de plus de le dissuader :
S'il te plaît, ne viens pas.Ca me gène de savoir que tu vas être là.
Hors de question ! Je dois te protéger.
Mais je ne risque rien de plus qu'avec toi. Je serai dans un bar quelque conque de New-York et, au moins, Paul ne doit pas exploser.
Claire… il fronça les sourcils. Je viendrais que tu le veuilles ou non.
Je me résignai et pris la direction de la salle de bain. Il m'attrapa au moment où j'allais entrer et je me retrouvai prise au piège, dos à la porte, les bras de Peter m'empêchant de fuir. Je levai un regard surpris vers lui. Il me regarda si intensément que je frissonnai :
Claire, ne boude pas, s'il te plaît.
Il me prend pour une gamine. J'étais consternée.
Tu n'es pas totalement une femme, Claire, dit-il avec un air grave.
Ah oui. Je le défiais: sans réfléchir, je me collai langoureusement contre lui, appuyant ma poitrine sur son torse. Il recula précipitamment. Gagné ! Il parut légèrement choqué et totalement troublé. Sa voix fut rauque lorsqu'il dit :
Bon d'accord, tu es une femme.
Je lui fis un sourire malicieux. "Si seulement, il n'avait pas reculé…" J'eus une vision de moi enfouissant mon nez dans son cou. "Il sent si bon…" Arrête toi !
Claire...
Je reportai mon attention sur lui. Il avait repris ses esprits. Il avait un air sérieux qui me disait rien de bon. Je me reculai pour m'appuyer sur la porte, bras croisés, prête à faire face.
S'il te plaît, ne m'en veux pas. Tu as été installée chez moi par commodité, mais surtout pour que je te protège et je ne veux pas qu'il t'arrive quoi que ce soit.
Il s'approcha de moi doucement pendant qu'il parlait. Il se trouvait maintenant à moins d'1m. Son regard était si beau, si rassurant. Je regardai ses lèvres bouger, en mourant d'envie de passer mon doigt dessus. Il eut une moue réprobatrice.
Claire, écoute-moi !
Oui, concentre-toi, Claire !
Il se rapprocha encore. Il était à portée de mes mains maintenant.
Je ne veux pas te perdre…Tu es si importante pour m…Nous alors je t'escorterai à cette soirée. Et puis, … il avait un sourire en coin, tu dois sauver le monde.
Il était si mignon et tellement proche. Je mourrais d'envie de me serrer dans ses bras tout en l'embrassant. Comme s'il pensait la même chose, il approcha son visage. Je revis, à ce moment-là, allez savoir pourquoi, Mme Petrelli me dire : « Je suis ta grand-mère. » saleté de conscience ! Le souffle chaud de Peter disparut et son propriétaire se retrouva dans le coin cuisine. Troublée, je rentrai précipitamment dans la salle de bain. Je m'adossai à la porte un instant, puis me dépêchais de me déshabiller pour me glisser sous une douche légèrement fraîche. Je repensai à tout ce qu'il avait dit et particulièrement à ce qu'il avait failli lui échapper :
Tu es importante pour m...
Moi ? Mon frère ? Je préférais la première. Celle-ci était cohérente avec la suite. Ce qui signifiait que ce truc…mon attirance était réciproque. A ce moment-là, je dus baisser la température de quelques degrés. Claire, tu vas pas bien... C'est quand même ton oncle. Il est peut-être attirant mais il fait partie de ta famille ! Je profitais encore un peu de la douche, sortis et me préparai. J'avais choisi une robe et un châle, et j'étais heureuse du résultat. Lorsque je sortis de la salle de bain, Peter était entrain de lire.
Je suis prête !
Il se leva. Je remarquai qu'il s'était changé et que se tenue lui allait parfaitement bien. Il était encore plus attirant. Je me secouai mentalement. Claire, ne recommence pas... Son regard devint de braise en m'examinant mais lui aussi se reprit et lança avec un sourire :
On y va ?
Le bar était miteux. Pleins de gars louches assis au bar, vociférant sur la télé ou plongés dans la contemplation de leurs verres. Je décidai aussitôt de ressortir pour attendre Peter. Mais quelqu'un m'appela, je me retournai pour voir Paul qui me faisait signe. Je m'approchai avec un sourire :
Salut, dis-je en arrivant près de lui. Heureusement qu'il m'a appelé, je ne l'aurais pas reconnu. Il n'avait plus rien à voir avec le garçon charmant de l'avion. Il était avachi sur son fauteuil, ivre. Ca se sentait à des kilomètres. Quand j'étais entrée, il faisait partie de ceux qui regardaient leur verre. Je décidai de tenter quand même de rester avec lui et m'installai en face de lui. J'avais conscience du regard de Peter sur nous et la présence de mon « ange gardien " me dérangeait, je n'arrivais pas à me concentrer totalement sur Paul, celui-ci, après avoir m'avoir reluquée de bas en haut, avait repris, il semblerait, ses esprits et faisait la conversation. Je me contentais de courtes phrases. Je ne pouvais m'empêcher de chercher Peter et de me demander ce qu'il pensait de Paul. Vers 23h, Paul me dit :
Tu viens ? On sort. Je ne supporte plus l'atmosphère. Je n'arrive même pas à voir ton sourire.
Il était vrai que l'air était saturé de fumée si bien que je me demandais si Peter nous voyait encore. Je lui envoyai : On sort mais ne vit aucun signe de mouvement. Il est peut-être reparti. (Je n'y croyais pas.) Paul et moi marchâmes dans la rue jusqu'à un parc. Paul attrapa ma main, peu après la sortie du bar. Cela me fit ni chaud, ni froid et cela me surprit. Finalement, il ne me plaît même plus. Où peut bien être Peter ? Paul m'entraîna vers un banc où nous assîmes en continuant notre conversation. Finalement, il sembla presque s'endormir et je partis dans mes réflexions. Qu'est ce que je ressentais pour Peter ? Plus que de l'attirance, c'était clair: j'avais passé une grande partie de la soirée à penser à lui. Mais ce n'était pas normal: il était de ma famille, on n'était pas attiré par son oncle normalement et c'est encore pire, si c'est autre chose.
Soudain, Paul sembla se réveiller et voulu m'attraper pour m'embrasser. Je me reculai et dans ma précipation, je tombai par terre sur le dos. Paul ne parut même pas s'en apercevoir, il s'assit juste sur moi pour m'embrasser de force. Son haleine était immonde, son odeur encore pire. J'avais envie de vomir. Je gémis en pensée. Au secours…Peter…s'il te plait. La main de Paul me caressa les cuisses. Je pouvais sortir son excitation sur mon ventre Cela me dégouta. Sa main me remonta ma robe pour… Il décolla pour réatterir, inconscient, contre un arbre plus loin devant moi. Je tentais de bouger pour me relever mais la douleur était trop forte. J'attendis que mes pouvoirs fassent leur œuvre. Une main se posa sur mes cheveux pour les caresser et une odeur, son odeur envahit mon nez. Peter...
Excuse-moi, Claire. J'ai été négligeant. Je suis désolé.
Arrête s'il te plaît.
Il enleva sa main.
Excuse-moi.
Non pas ça, de t'excuser.
La douleur s'était suffisamment atténuée, je pus me retourner et me blottir dans ses bras. Il m'embrassa sur la tête. Je relevai la tête et il recommença son geste. Sur mes lèvres, cette fois. …pas me faire confiance. Je suis vraiment un incapable. Je tiens à toi, Claire, trop ! Je sentais ses lèvres chaudes sur les miennes, ses mains me plaquant contre lui, son torse de plus en plus agité, son odeur qui m'enivrait. Il n'y avait que lui. Plus de problèmes, plus de Paul, plus de sang, plus de famille. J'étais toute à lui.
A cours de souffle et à regret, nous nous séparâmes. Peter se releva et je le suivis. Ses yeux devinrent haineux lorsque son regard tomba sur mon agresseur, toujours inconscient. Je lui attrapai la main :
Non, laisse… Ce n'est qu'un idiot, trop ivre pour savoir ce qu'il fait.
Je savais que ce n'était pas vrai mais j'avais eu mon compte de violence. Peter se tourna vers moi pour sonder mes yeux. J'ai besoin de toi. Reste avec moi. Il me fit un sourire rassurant et sera plus fort ma main.
Bon alors, on rentre.
L'appartement me parut oppressant, glacial. Peter m'attrapa par les épaules pour me serrer contre lui. Je m'appuyai sur lui. Nous restâmes un moment dans cette position avant que Peter dise : Va dormir. Pas maintenant, je veux rester contre toi. Je resterai avec toi dans le lit jusqu'à ce que tu dormes.
Peter me relâcha en descendant sa main vers mon poignet, il laissa celle-ci un instant comme s'il voulait me retenir puis détacha ses doigts. Je me dirigeai d'un pas de somnambule vers la salle de bain. Je trouvai étrange l'abattement que je ressentais. La dernière fois avait été bien pire mais je n'avais pas été abattue. Je frémis à ce souvenir.
Quand je ressortis, Peter se tenait dans le coin cuisine. Il posa une tasse fumante sur la table : Viens boire, ça t'aidera.
C'est quoi ?
Potion de grand-mère. (air malicieux)
Ok.
J'étais trop faible pour m'y intéresser. J'obéis, attrapai la main de Peter et le guidai vers le lit où je m'installai. Peter se mit dans mon dos et me serra contre lui. Je me retournai pour me blottir dans son cou. Je ne tardai pas à somnoler, ne craignant rien dans les bras de mon sauveur. J'eus un dernier sursaut de réalité : la voix de Peter me disant Je tiens à toi, Claire, trop ! tout à l'heure dans le parc puis je sombrai au pays des… cauchemars.
Je suis poursuivie par une ombre informe. Je cours de plus en plus vite mais elle est de plus en plus près. Elle se précise de plus en plus et devient Paul. Il m'attrape. Je me débats. Son rire sadique résonne dans le silence. Je crie et je ferme les yeux de plus en plus fort.
Je les rouvris quand je sentis un changement. Je me trouvais dans une chambre, celle de Peter, vu l'odeur. Il faisait trop noir pour en être sûre. Autour de moi se trouvait un bras qui me collait contre un corps chaud. Je me retournai et me retrouvai face à Peter endormi et torse nu ! Je le touchai du bout des doigts. Ca ne peut être qu'un rêve. Peter sourit dans son sommeil. Il est si beau. Je lui caressais doucement le ventre, tout en effleurant des lèvres la peau du cou que je pouvais atteindre. Peter se tendit et je stoppai. Voyant qu'il ne se réveillait pas, je me détendis puis l'observais. Ces lèvres me donnaient envie alors je me redressai pour poser un baiser aérien sur ses lèvres.
Claire...
Je recommençai.
Non, Nathan...
Je me reculai pour me mettre sur le bord du lit. Peter se recolla aussitôt à moi. Je ne peux vraiment pas te résister... Je devrai vraiment y réfléchir mais je n'avais pas envie maintenant. J'entremêlai mes doigts avec les siens et profitai de sa présence.
Le bruit de la cafetière me réveilla.
