Le bruit de la cafetière me réveilla. Je m'étirai et ouvris les yeux. Peter n'était pas dans la pièce mais je pouvais entendre l'eau dans salle de bain. Je m'assis dans le lit et repensai à cette n'avais rien vu venir. En même temps, la dernière fois non plus. Je frémis et rapidement, passai à la suite des évènements. Tout ce qui se passait était l'arrivée de Peter était un peu flou. Il devait y avoir une part de rêve. Peter ne m'aurait jamais embrassé. Je rougis quand je revis les baisers que je lui avais volés, après mon cauchemar. Je suis amoureuse de mon oncle…Claire, tu n'es vraiment qu'une boulette ! Comme si tu n'avais pas assez de problèmes. J'espérais, vainement, j'en suis sûre, qu'il n'ait pas entendu mes dernières pensées.
Cela ne pouvait être qu'un rêve mais un tel rêve me fit rougir. Je n'aurais jamais osé faire la moitié de ça dans la réalité. Ce fut à ce moment-là que Peter sortit de la salle de bain. Ouche ! Il ressemblait à une pub pour... Pour tout ce qui a de plus glamour. La pub ambulante me fit un étrange sourire puis s'approcha pour me faire un bisou… sur le front.
Bonjour, bien dormi ?
Je lui fis un grand sourire, les joues écarlates.
Ça va.
Bien. Tu vas t'habiller ? On a rendez-vous chez Nathan dans trois heures.
Ok !
J'avais un peu oublié le repas chez Nathan.
Comment est-ce que je devrais me comporter ? En regardant dans mes affaires, je réalisai que je ne savais pas quoi mettre non plus. Je sentis la main de Peter se poser sur mon épaule.
Fais comme tu le sens. Ce n'est qu'un repas de famille.
Je relevai légèrement la tête pour lui adresser un sourire de remerciement. Je choisis quelques affaires et me dirigeai vers la salle de bain.
Quand je ressortis, Peter était assis sur le lit, fait, et paraissait en grande contemplation. Sur la table, il y avait deux mugs. Je me dirigeai vers la table en demandant :
Tu veux du café ?
Peter se secoua et me fit un sourire en coin. Ah arrête, je vais devenir folle ! Peter sourit encore plus, avec une lueur de défi dans les yeux, et un instant plus tard, redevenait sérieux.
Oui, je veux bien, s'il te plaît.
On va comment chez Nathan ?, demandai-je en remplissant le café.
-En métro puis à pied. Il n'y a pas d'arrêt juste à coté, dit Peter d'un air grave.
-Qu'est- ce qu'il y a ?
-Ce n'est rien.
Mouais si tu le dis. Je lui ramenai sa tasse et m'asseyais à ses cotés. Je mourrai d'envie de me blottir contre lui. Heureusement, il me restait assez de contrôle et surtout, de conscience pour m'arrêter.
Une heure et quelques cafés plus tard, nous étions près à partir. Peter m'ouvrit la porte et nous sortîmes. Mes chaussures n'étaient vraiment pas adaptées aux escaliers. Je faillis tomber plusieurs fois avant d'arriver en bas. Au moment où je me réjouissais de ne pas être tombée, je trébuchai et me retrouvais dans les bras de Peter qui m'attendait au pied de l'escalier. Je frémis, je rougis mais ne reculai pas. Je mourrai d'envie de lui sauter dessus (ce que j'avais déjà fait littéralement) et de l'embrasser. Il y eut un silence intense. Peter me regardait droit dans les yeux et j'étais hypnotisée par la lumière qui brillait dans les siens. Finalement, Peter se reprit,
Comment fait-il ? Claire ! Arrête, c'est ton oncle !
...recula avec un sourire en coin et me proposa sa main. Je la pris, tout en prenant la résolution de faire taire cet amour impossible, et nous partîmes vers chez Nathan.
Quand nous arrivâmes devant chez Nathan, j'étais prête à mourir de stress.
Et si il m'ignorait ? Comment va t'il me présenter à sa femme ? Est-ce qu'il y aura d'autre personnes ? Comment ...
Peter posa sa main sur mon épaule et je me calmai tout de suite.
Si tu es là, ça va bien se passer.
Il sourit et me guida jusqu'à la porte. une jeune femme brune vint nous ouvrir et tout de suite après, Nathan apparut souriant avec son air de politicien.
Claire ! Peter ! Comment ça va ?
Il serra la main de Peter et la mienne.
Claire, je te présente ma femme, Heidi. Heidi, voici ma cousine, Claire. Elle revient de 2 ans en France et ses parents habitent dans le Ohayo.
Enchantée.
Moi aussi. Bonjour Peter.
Nous les suivîmes jusque la terrasse où nous attendaient trois personnes: Angela Petrelli, un homme d'âge mur qui était un collègue de Nathan et un jeune homme, le fils de ce collègue. Angela me jeta un regard étrange comme si elle cherchait à me juger. Le jeune homme me fit un sourire éclatant lorsque je m'installai à côté de lui: il était visiblement ravi de voir quelqu'un de son âge.
Salut, je m'appelle Henri.
Salut, moi c'est Claire.
Le déjeuner fut délicieux. Henri avait un sens de l'humour incroyable et je ris à en avoir mal aux côtes. Ça faisait un bien fou après la tension de ces derniers jours. Cependant, j'avais l'impression d'être observée par moment et dès que je levais la tête, tout le monde était occupé par autre chose. Ça me tracassait... Pendant le dessert, je posai ma main sur le bras d'Henri pour lui demander quelque chose et quand je levai la tête, je croisai le regard furieux de Peter. Je fus surprise. Qu'est ce qu'il se passait ? Tout de suite, Peter tourna la tête et fit mine d'écouter son frère. Je savais qu'il n'écoutait pas vraiment alors je le harcelais de pensées: Qu'est ce qu'il y a, Peter ? Il y a un problème ?... Pour une fois que ce truc n'est pas gênant mais utile, tu vas t'en mordre les doigts. Il eût un vague sourire. Dis moi ce qui a. Henri m'appela:
Claire, ça va ? T'avais l'air dans tes pensées ?
Oh désolée ! J'étais en train de me dire que j'irai bien me promener dans le jardin.
Ok on y va !
On se leva. À ce moment-là, Peter parut vouloir venir mais Nathan lui pris le bras pour lui dire:
Et toi, Qu'est ce que tu penses de la crise avec Werner ?
Peter se rassit, contrarié...
Henri m'emmena dans la roseraie. L'odeur des fleurs me ravit. Je me sentais bien. Pendant que nous marchions, Henri me racontait des épisodes de son enfance où il avait fait des bêtises avec ses amies. Quand il eut fini, il me demanda:
- Et toi, tu dois bien avoir quelques bêtises faites avec tes amies ?
- Non... Pas vraiment. Ma vie a toujours été bien rangée. Enfin, jusqu'à il n'y a pas longtemps. J'ai perdu tous mes amis sauf un quand... Je suis partie en France.
L'excuse de Nathan tombait à pique, même si je me sentais mal de mentir ainsi à Henri.
-Oh... C'est le meilleur qui est resté ! Et si tu veux, on est ami. Comme ça, on ira faire des bêtises ensemble, finissa-t'il avec un air malicieux.
- Bien sûr, lui répondis-je avec un grand sourire.
On se fit un câlin pour sceller notre amitié. Ce fut à ce moment-là que Peter arriva. Comme il arriva face à moi, je vis la lueur de colère qu'il jeta sur notre duo. Le temps qu'Henri se retourna, il reprit une expression neutre.
- Claire, on s'en va.
Qu'est ce qui se passe ?
Mais il était déjà reparti.
- Bon, j'ai pas le choix, on dirait.
- Je viens avec toi.
On se leva pour rejoindre les adultes. Ils étaient tous levés et se saluaient déjà.
Je fis la bise à Henri:
- Salut, on se revoit bientôt.
Puis je serrais la main à tous les autres.
Le trajet du retour fut mortel. J'essayais bien de faire la conversation mais Peter était obstinément silencieux, même lorsque je le harcelais de pensées.
C'est seulement quand nous fûmes enfin dans l'appartement que je laissai éclater ma colère.
- Qu'est ce que t'as ? C'est Nathan ou ta mère qui ont dit quelque chose ?
Il ne répondit d'abord pas puis quand je pensais Il me répond pas, je me barre, il se décida:
- Aucun des deux.
- Bon... C'est moi ? J'ai vu le regard que tu m'a lancé pendant le repas.
Si nous étions restés devant la porte, Peter s'éloigna d'un coup, en me tournant le dos.
- Peter... Si tu ne m'explique pas ce qui se passe, je m'en vais. Nathan pourra toujours me trouver une petite place.
Il me lança un regard furieux mais j'étais trop énervée Il faut toujours que ce soit moi pour le remarquer. Peut-être que je ferais mieux de retourner avec ma famille... Enfin, il grommela:
- Non, c'est juste que je... M'inquiète pour toi.
- Il n'y avait rien de dangereux pendant ce repas.
- Pour le bar non plus, ce n'était pas dangereux ! Mais Claire, réfléchis ! Avec ce qui t'es arrivée hier, j'aurais pensé que tu ne sauterais pas sur le premier blanc-bec venu !
Ça me fit plus mal que je m'y attendais. Alors, il me prend pour une trainée sans cervelle... Peter écarquilla les yeux et se calma tout de suite.
- Non, ce n'est pas ce que j'ai dit. Pardon, Claire, je ne voulais pas... C'est juste que... je préfère que tu arrêtes de flirter pendant que tu es ici.
Ce n'était qu'un ami...J'avais envie de pleurer. J'étais vexée qu'il me voit comme ça et triste qu'il soit jaloux de mon ami. Attends...mais oui ! Il est jaloux !
Un sourire naquit sur mes lèvres et je m'avançai. Peter, au contraire, recula, l'air horrifié.
- Alors tu es jaloux...
J'avais enfin la solution. Tous les morceaux du puzzle collaient. J'étais sûre de moi. Je m'avançais jusqu'à ce que Peter soit à un peu près un bras de moi. Il paraissait bouleversé, la bouche ouverte, les yeux écarquillé. Je ne lui laissais pas le temps de se reprendre. Je l'embrassai tendrement.
...Merde, je suis bien jaloux d'un gamin... Hum. Il répondit doucement à ce baiser. C'est que je t'aime tellement...
Pour le coup, ça me surprit. Il m'aime ! Cela me porta au paradis.L'air de Peter passa d'une moue vexée, à surpris puis totalement horrifié.
- Non, Claire, ce n'est pas possible... Tu vas oublier tout ce que tu as découvert ce soir... Demain, j'irai voir Nathan pour qu'il te paye ton retour chez toi.
J'étais abasourdie. Je dégringolais de mon nuage de manière violente.
- Mais...
- Tu es ma nièce, Claire ! En plus, comme si ce n'était pas assez, tu es mineure...
Je descendais aux enfers à toute vitesse. Non, non, s'il te plait, non...
- Peter...
- Mais Claire, rends toi compte, c'est dégoutant Je touchai le fond à ce moment. Et illégal...
Il se détourna pour continuer.
- Tu es jeune...Ça va aller...Tu vas t'en remettre.
J'éclatais en sanglot. Je vais m'en remettre... Et c'est tout ! ... Ca fait mal...
- Je suis désolé, Claire. Ca me fait mal aussi mais je ne peux pas. Je n'y arriverais pas.
Il me prit dans ses bras, doucement.
Tu resteras ma nièce. On pourra faire comme avant... Au bout d'un certain temps...
Je m'étais endormie dans ses bras. Le lendemain, à mon réveil, il n'était plus là. Il revint me chercher plus tard, la mine patibulaire, pour me conduire à l'aéroport. La prochaine fois où je devais le voir, ce serait pour l'explosion et il y eut tellement de choses à penser et à faire que nous n'avions pas trop pensé à tout ça. Et puis ce fut l'explosion.
