Tome 1 : Sixième chapitre

«Tu me suis, je te fuis. Je te suis, tu me fuis »

Elena s'empressa de rejoindre sa voiture, de la démarrer, et de rouler aussi vite qu'elle le pouvait. Les perles salées inondant son beau visage rendaient sa conduite difficile. Il fallait qu'elle s'arrête, qu'elle reprenne sur elle mais elle n'en avait pas la moindre envie. Elle voulait juste fuir. Fuir le plus loin possible cette immense maison qui respirait la trahison et le mensonge. Ces sanglots se faisaient moindre lorsqu'elle atteignit le centre-ville. Les habitants de Mystic Falls déambulaient dans les rues, sous le soleil froid de ce nouveau printemps. Elle se stationna devant le « Mystic Grill » et huma quelques instants l'odeur se dégageant du restaurant alors que deux personnes venaient d'y pénétrer. La cloche signalant l'entrée d'un nouveau arrivant retentit au dessus d'elle, et elle fut obligée de froncer les sourcils, pour permettre à ses yeux de s'habituer à la basse luminosité émanant de quelques néons alignés au dessus du bar comptoir. Bien qu'il faisait sombre dans le restaurant, elle reconnue sans grande difficulté, son ex petit-ami Matt, tout sourire dans sa tenue de serveur, s'élançant à sa rencontre.

« Elena, comment tu vas ? »

D'un petit signe de main, elle le salua, et le suivit pour s'assoir à une table pour deux.

« Ça va, Matt. Elle s'efforça de sourire pour paraitre un minimum convaincante. Et toi ? »

« On fait aller... Elena acquiesçait, souhaitant mettre fin à cette conversation rapidement, mais ce n'était pas de l'avis de son interlocuteur puisqu'il poursuivit affichant une mine triste. Avec Caroline ça ne va pas fort. A chaque fois que je dois passer du temps avec elle, elle annule notre rendez-vous quelques minutes avant, prétextant avoir un « truc » important à faire. Alors que je sais pertinemment qu'elle passe ces journées avec Tyler. Tu sais s'ils sont plus qu'ami tout les deux ? »

« Matt, je ne préfère pas aborder ce sujet... Tu comprends c'est entre Caroline et toi, ça ne me regarde pas, d'autant plus que je n'en ai aucune idée.»

« Ouais je comprends, excuses-moi, c'est juste que je m'interroge sur notre relation... Elle baissa les yeux, se rendant compte qu'il n'y avait pas que dans son esprit que les doutes se bousculaient. Alors, je te sers quoi ? » Questionna-t-il les yeux rivés sur son bloc note et son stylo en main.

« Un hamburger avec des frites, sans cornichons, s'il te plait.»

« C'est noté, je t'apporte ça dans quelques instants.»

Matt regagnât le comptoir et informa le cuisinier de sa commende. Elena, quant à elle, rêvassait à son « kidnapping forcé », et à sa fabuleuse journée à Atlanta en compagnie du ténébreux vampire. Elle avait déjà commandé ce même repas, et Damon, comme bon gentlemen qu'il était, lui avait mangé tout ses cornichons. A cette pensée un sourire radieux vint s'afficher sur son visage, en totale contradiction avec les larmes qui perlaient au coin de ses yeux. En quelque minutes son repas était à sa table, et elle commençait déjà à manger ses frites tout en étant dans ses pensées. Sa conversation avec Damon passait en boucle dans son esprit. Son air troublé, et ses yeux azur devenus marine qui renfermaient une infinie tristesse, la hantait. Le sursaut qui la parcourue la fit reprendre ses esprits instantanément. En effet, la sonnerie de son téléphone portable se fit entendre dans tout le « Grill » . Elena se dépêcha de payer sa collation et de sortir du restaurant, évitant au maximum les regards indiscrets de la clientèle. Elle décrocha rapidement tout en plaçant son téléphone sur son épaule afin de trouver ses clés de voiture cachées au fond de son sac à main.

« Allô »

« Elena, t'es où ? Damon m'a dit que tu es passé au Manoir, ce matin. »

Elena déglutit péniblement et sentit son corps tout entier trembler sous le poids de ses questions sans réponses. « Qu'est-ce que Damon à bien pu lui dire ? », s'inquiéta-t-elle. Elena essaye de reprendre un semblant de confiance dans sa voix, avant de lui répondre.

« Je sors du Grill, j'y ai mangé. Pourquoi ? »

« Non comme ça, Jeremy est au Manoir et il m'a dit qu'il ne t'avais pas vu de la matinée.»

« Qu'est-ce que Jeremy fait chez vous ? »

« Viens nous rejoindre, je t'expliquerai tout en détails une fois là-bas. Ce sera plus facile que par téléphone.»

« D'accord mais je croyais que je devais passé pour 14h, et il n'est même pas 13h. » Demanda-t-elle suspicieuse.

« Oui mais tout le monde est arrivé en avance. Je suis désolé.»

« Qui tout le monde ? Et pourquoi tu es désolé ? Stefan qu'est-ce que tu ne me dis pas ?»

Visiblement cette conversation, ces mensonges, et ces complots derrière son dos commençaient fortement à l'agacée.

« Viens au Manoir, Elena, c'est plus simple, tu comprendras une fois là-bas.»

« Je me mets en route,» soupira-t-elle.

« Merci, à tout de suite. Je t'aime.»

« A plus, Stefan. »

C'est dans un énième soupire qu'Elena se mit en route vers l'endroit où elle avait le moins envie de se rendre. Le Manoir.

•••

Stefan était debout au milieu du living-room, observant avec gratitude les quelques personnes qui l'entourait. Ces personnes étaient présentes pour l'aidé, pour l'aidé Elle. Et uniquement elle. Elena allait arrivée d'une minute à l'autre pour écouter toutes leurs suggestions, tous leurs plans d'attaques. Tout aurait été pour le mieux si une série de question ne lui trottaient pas en tête. Des questions tels que « Pourquoi Elena cherchait-elle à se souvenir de sa soirée ? », « Pourquoi Elena en a tant après Rose ? », « Pourquoi Elena est-elle si distante ces derniers temps ? ». Questions qui restent encore et toujours sans réponses. Dans sa contemplation, Stefan s'arrêta sur son frère, qu'il scruta avec intérêt, il se tenait devant la cheminée avec son éternel verre de Whisky à la main, mais il semblait ailleurs, dans ses pensées. Ce qui l'étonna, étant donné que ce n'était pas dans les habitudes du vampire de s'inquiéter pour quoi que ce soit. Mais là, bien entendu on parlait d'Elena. Elena, qui d'ailleurs, venait de passé le seuil de la porte.

Elena's point of vieuw

J'arrivai dans l'allée de l'ancienne pension, le cœur battant à tout rompre. Marchant d'un pas lent et mal-assuré. J'entrai dans la sombre maison, sans sonner, bien que très hésitante. Je refermai la porte sur moi, et étouffai un cri d'effroi lorsque Stefan se trouvait devant moi. Je lui fis un ridicule petit sourire, qui ressemblait plus à une grimace et baissai les yeux, embarrassé par la tournure que prenait les événements.

« Les autres t'attendent dans le salon. »

D'un geste de la tête il m'indiqua de le suivre. J'acquiesçai silencieusement et lui emboita le pas. Une fois arrivé dans le grand salon, la scène qui me fut offerte, me laissa un arrière gout en d'eux ne m'avais avertis de leur réunion. Assis dans le canapé, Bonnie, Caroline et Jeremy parlèrent. Un peu en retrait se tenait, Isobel, Rose et John. Et Stefan enlaça ma taille de son bras droit. Un seul manquait au tableau. Damon. Je les saluèrent d'un bref signe de main, et allai m'assoir en face de mon frère et de mes meilleures amies.

« Alors, que faites-vous tous là ? » J'esquivai un vague sourire

« Comme tu le sais, Isobel est arrivé hier en ville, elle se rapprocha de moi, mais je détournai mon regard vers Damon qui venait d'entrée dans la pièce. Il passa devant moi sans un regard et se dirigea vers le minibar, avant de s'arrêter devant la cheminée. Stefan avait due remarquer que mes pulsations s'étaient agitées depuis son entrée puisqu'il se rapprocha de moi et s'assit sur l'accoudoir de mon fauteuil. Elle a des informations complémentaires concernant les Originaux. Continua-t-il.

« Complémentaires ? Comment ça ?»

« Rose en connait plus sur les Originaux, que moi, mais j'ai trouvé quelques éléments importants à ne pas négliger.»

« Tu es le « double Pétrova », et de ce fait, les Originaux sont à ta recherche.» Expliqua cette dernière

« Qu'est-ce que vous entendez par « les Originaux » ?» Demandai-je

« Ce sont les tous premiers vampires.» Je me retournai précipitamment vers cette voix, qui n'était autre que celle de Damon, mais il était toujours dos à nous, face à la cheminée.

« Mais pourquoi sont-ils à ma recherche ? »

« Tu es la clé pour briser la malédiction. Ton sang le permet. »

Je déglutis difficilement. Rose m'annonça cette fatalité sans une once d'émotion.

« Quelle malédiction ? » Questionna Bonnie, pour la premiere fois.

« La malédiction du Soleil et de la Lune. » Lui répondit Isobel

« Celle dont nous a parlé Alaric ? » Renchérit mon frère

« Oui, il avait surement due consulté mes recherches. »

J'écoutai sans vraiment écouter la conversation. Mon sang annule la malédiction, c'est tout ce dont j'avais besoin de savoir, j'allais mourir et dans très peu de temps. Je pensai à toute les choses auxquels je n'aurai pas droit. Je n'aurai jamais d'enfants, de mari, de famille. J'allai mourir à Dix-sept ans. Exactement comme Stefan il y a de ça Cent quarante cinq ans. Quelques morceaux de phrases me vinrent au oreilles tels que « Les Originaux veulent Elena, pour le sacrifice final ». « Il faut les en empêcher ! » . « Trevor connaissait Elijah, un des originaux, il avait trouvé un élixir pour que Katherine survive au sacrifice »... J'étais perdue, perdue au fond de moi-même. Mon regard zigzaguai entre Damon, et la fenêtre. La fenêtre et Damon. Depuis la fenêtre, les chants des oiseaux me parvenaient, ils s'élançaient dans les airs, secouaient les branches du grand chêne, picoraient ses feuillages. Tous remplis d'énergies, le vent caressant doucement leurs plumages, ils étaient tous libre, et heureux de l'être. Je les enviais pour ça. « Ils faut qu'on trouve Elijah, il faut qu'on trouve un moyen pour qu'il nous aide ». Damon, devant la cheminée regardait les bûches flamber, perdu dans ses pensées. Seul le crépitement du feu semblait l'apaiser. Rose s'approcha lentement de lui dans une démarche nonchalante, et lui caressa le dos, comme pour qu'il reprenne conscience. Elle lui adressa un triste sourire et l'enlaça devant moi, toute en posant sa tête dans le creux de son cou. Cette vision me provoqua un frisson de colère. Un frisson de trahison, et de mensonge. Un frisson de jalousie. « Je crois que c'est notre seul espoir ». « C'est décidé, on se met aux recherches dès demain ».

« Bon ! Comme je vois que vous avez fini de planifier mon avenir, je crois que je peux m'en aller. » Annonçai-je sèchement.

« Comprends-nous Elena, c'est notre seul chance. » Me confia Stefan

« Et mon avis importe peu ? Non je demande ça, parce qu'aux dernières nouvelles c'est encore de ma vie dont on parle. »

« Elena, on cherche juste à te protéger. »

« Et bien, je suis désolé de vous l'annoncer mais votre super plan contient une faille. Je ne veux pas être protégé. » Déclarai-je tout en prenant soins d'insister sur les derniers mots. Je me dirigeai vers la sortie, mais Stefan fut plus rapide.

« Stefan, soufflais-je d'un ton plus calme. Je suis désolé, je suis un peu à cran ces derniers temps. J'aimerai juste prendre un peu l'air. Seule.

Il acquiesça silencieusement, et s'effaça pour me donner accès à la sortie. L'air frais secoua mon visage et me donna un regain d'énergie. Je regardai une dernière fois l'oppressant Manoir qui se dissimulait derrière mes pas. Il fallait que je parle à quelqu'un en qui j'ai totalement confiance, quelqu'un de tout à fait normale. Elle seule me rattache à cette réalité.