Tome 1 : Neuvième chapitre
« On a tous du chemin à faire, mais la balade en vaut la peine. »
PREMIERE PARTIE
Le soleil, contemplé sous le regard inquiet de la vampire, commençait déjà sa course dans le ciel, lors de cette belle matinée de premier Mai. La voiture noire au vitre tintée, roulait à vive allure sur l'autoroute menant en Géorgie, depuis deux bonne heures déjà. Le vampire, de cinq cent ans son cadet, jetait de temps à autre des coups d'œil indiscret à la jeune femme d'apparence trentenaire, mais sans jamais prononcer mots. La laissant profiter au maximum de la lumière du jour, sans risque de se retrouver immoler. Rose se redressa et s'en jamais quitter le soleil des yeux, annonça à Stefan qu'ils n'étaient plus qu'a quelques kilomètres de la propriété de son ami. « Prends la prochaine sortie à droite, et continues tout droit après le rond-point. », lui indiqua-t-elle, toujours absorbée par le halot de lumière s'élançant au dessus d'eux. Le jeune vampire s'exécuta, et prit la direction indiquée. Rose et Stefan se trouvaient à présent en Caroline du Sud, comme l'annonçait le panneau qu'ils venaient juste de franchir, après avoir quitter l'autoroute. La Caroline du Sud, était la parfaite antithèse de la Caroline du Nord. « Comme Elena et Katherine », pensa soudainement Stefan. Autant la première paraissait chaleureuse et attrayante, avec ses littoraux paradisiaques, autant la seconde, semblait glaciale, puisque, lorsqu'ils l'avaient traversés, l'Etat était encore plongé dans l'obscurité, la rendant froide, et inquiétante par la même occasion. Au plus grand soulagement de Stefan, la Gérogie ne se trouvait plus qu'a soixante quinze miles. Bientôt, ils auront les renseignements permettant à Elena, de s'en sortir saine-et-sauf face au sacrifice, tant redouté.
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La sonnette de la demeure des Lockwood venait de retentir, brisant le calme qui s'était abattue sur tout Mystic Falls depuis le petit matin. Après s'être réajuster au niveau de sa tenue, et de sa coiffure, Caroline Forbes attendait patiemment que Tyler daigne venir lui ouvrir. Les quelques instants qui s'écoulèrent avant qu'elle n'entende les pas de son ami résonner dans l'escalier lui parurent interminable. Caroline était patiente, oui, mais seulement pour quelques secondes. Lorsque le loup-garou apparut enfin devant elle, une lueur qui lui était étrangère luisait dans son regard, une lueur de culpabilité. « Peut-être envers Matt », s'imagina-t-elle. Mais c'est alors qu'elle entendit d'autres pas survenir et Jules apparaitre au coté de Tyler, qu'elle devina que le pire allait lui arriver. Subitement, la lueur si étrange dans ses yeux se transforma du tout au tout, passant de la culpabilité à la soudaine colère.
« Caroline, est-ce que Mason à été tué par Damon ? » Accusa-t-il, poings et dents serrés.
« Tyler... » Essaya-t-elle.
« Réponds-moi ! » La coupa-t-il.
Caroline n'osa le regarder dans les yeux et lui acquiesça, tête baissée. Appréhendant sa réaction, elle attendait, la vue déjà brouillée. Mais aucuns gestes, ni aucunes paroles se fient entendre, alors, elle prit son courage à deux mains, et leva les yeux pour affronter les siens. Tyler fixait un point invisible, au loin, très loin. Un point traversant lisière et foret. Un point qui se révélera être le Manoir des Salvatore.
« Tyler, écoutes-moi. Si je n'ai pas voulu te le dire, c'est pour que tu ne détestes pas les vampires. Pleura-t-elle, c'est pour que tu ne me détestes pas, moi. » Avoua-t-elle, doucement.
Tyler la jugea d'un regard qu'elle ne lui connaissait pas, un regard sombre, remplit de haine et de rancœur qui eut pour effet de redoubler les pleurs de la jeune vampire.
« Emmène-là. »Exigea-t-il à Jules.
Et tout se passa très vite, un claquement de porte puis un bruit sourd et se fut le trou noir pour Caroline.
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Le soleil était au zénith à présent, et la vieille église du village de Brunswick en Géorgie venait de sonner midi depuis quelques minutes, déjà. Les deux amis traversèrent les ruelles et arrivèrent à la lisière de la foret. Passant devant plusieurs Manoirs et anciens Châteaux tantôt tombés en ruines, tantôt rénovés, Rose désigna vivement du doigt une maisonnette modeste, en contrebas. « C'est là-bas, nous sommes arrivés » s'enjoua-t-elle, laissant apparaître, sur le visage du vampire un sourire de contentement. Stefan emprunta alors l'entrée menant au garage qui était plongé dans l'obscurité la plus totale, afin que Rose ne soit exposée au rayons du soleil. Devant la petite porte communiquant entre la demeure et le garage assombrit se trouvait un homme, petit et trapu, ayant l'apparence d'un universitaire de vingt-cinq ans. Ce dernier arborait un sourire rassurant, et, chaleureusement, il les invita à entrer.
« Slater, je suis si contente de te revoir, » Lui avoua Rose, tout en le prenant dans ses bras.
« Moi aussi, Rose ! Où est Trevor ? » Demanda-t-il, après avoir remarqué que la vampire était effectivement accompagnée, mais pas de son ami.
« Trevor est... » Commença-t-elle, les yeux baissés.
« Je suis vraiment désolé, Rose. » Consola-t-il, en lui prenant les mains.
Rose se ressaisit, après avoir aperçut que Stefan se trouvait à quelques mètres derrière eux, et n'avait prononcé aucunes paroles depuis leur arrivée, se faisant discret en préférant les laisser se retrouver dans l'intimité.
« Slater, voici... » Commença-t-elle en se décalant pour que le vampire ait Stefan en champs de vision.
« Stefan Salvatore, dit « L'éventreur ». Récita-t-il, en lui serrant la main. J'ai beaucoup entendu parler de toi. »
« Comment ça « beaucoup entendu parler de moi », c'était il y à très longtemps... » Se justifia-t-il.
« J'ai fais quelques recherches sur toi. Un vampire qui décime des villages entiers sans jamais être rassasié, ça intrigue les plus grands. » Sourit-il, en admiration.
Voyant Stefan très mal alaise face aux remarques désobligeantes de Slater, qui lui, pensait vraisemblablement le flatter, Rose crut bon d'intervenir en leur rappelant à tout deux, que, s'ils étaient parvenus jusqu'ici, c'était pour une tout autre raison. Et, Stefan, dans son fort intérieur, lui en était reconnaissant. Les trois vampires descendirent à la cave de l'universitaire, non sans avoir fait le tour de sa demeure, qu'il tenait tant à faire visiter, à ses deux nouveaux invités.
La cave regorgeait de manuscrits en tout genres portant sur toutes sortes de catégories de vampires, de lycanthropes, ou encore de sorcelleries blanches comme noires, ainsi que, sur des étagères, avaient été exposés des tonnes de journaux anciens comme récents relatant les diverses meurtres, et attaques « animales » commis ses cinquante dernières années.
Slater se dirigea vers un bureau éclairé par plusieurs petites lampes exposées les unes aux cotés des autre, et descella, à l'aide d'une petite clef qu'il gardait autour de son cou, un tiroir fermé précieusement. A l'intérieur était gardé hors porté de vue, un ancien manuscrit dont Stefan s'empara. Au premier abord, il remarqua qu'il était assez épais et marron grisonnant, tant il était ancien. Puis une inscription en lettres majuscules dorés retint particulièrement son attention et avec stupéfaction, déchiffra : LEGENDS : ORIGINALS . Le vampire déposa délicatement l'ouvrage sur le bureau, et commença à parcourir les premiers écrits. « Il n'existe que trois originaux : une femme, deux hommes » ; « Femme maudite » ; « Le choix du cœur, à couru à sa perte ». Stefan n'y comprenait strictement rien, alors c'est par un regard entendu, que Slater se mit à conter l'histoire des trois originaux.
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Jules et Brady, lassent d'attendre que « La Belle au Bois Dormant » version vampire daigne se réveiller, décidèrent d'employer de grands moyens. C'est ainsi que, le loup-garou, à l'aide de sa matraque en acier, eu l'idée de tambouriner, dans un bruit sourd, sur tous les barreaux de la mini-prison de Caroline.
Quelques instants plus tard, quand le vacarme fut passé, la vampire fut prise de vertige, quand ses yeux encore habitués à la basse luminosité de la nuit, rencontrèrent des faisceaux de lumières projetés juste devant elle. En l'espace d'une seconde, l'inquiétude et la peur l'emparèrent lorsqu'elle remarqua avec effroi qu'elle se trouvait enchainée dans une cage. Après son analyse furtifs des lieux - caravane, couché de soleil, loups , PLEINE LUNE - , milles et une questions se bousculèrent et fusèrent tout à coup en elle. Mais ses réflexions furent brusquement interrompues lorsqu'une abominable douleur dans le crâne s'empara d'elle. Inconsciemment, elle y porta la main, et y découvrit avec horreur que cette dernière s'avérait être recouverte de sang. Sa douleur s'amplifia et ses sanglots redoublèrent, quand elle retira, les mains tremblantes, l'objet, auteur de ce méfait : Une balle en bois. Caroline la jeta aussi loin qu'elle put et se recroquevilla dans au fond de sa cellule, sous le regard amusé de Brady, l'acolyte de Jules.
« Bien dormi ? S'agenouilla-t-il auprès d'elle. Ne t'inquiètes pas encore quelques minutes et on appellera le vampire qui te sert d'ami à la rescousse... Laisses-nous juste le temps d'être égal à égal. »
« Stefan n'est pas à Mystic Falls, » sanglota-t-elle d'autant plus, se rendant effectivement compte qu'elle était seule.
« Qui t'as dis que je parlais du petit Salvatore ? Ria-t-il, puis son expression changea du tout au tout laissant paraitre une colère vraisemblablement non dissimulée. Non, nous on veut celui qui à tué Mason, et lui rendre la monnaie de sa pièce. »
Subitement, le lycanthrope fut prit d'une soudaine douleur qu'il connaissait que trop bien. Le soleil venait de cacher ses derniers rayons lumineux, alors le retour à sa vrai nature opérait. Et, il réussit tant bien que mal à ordonner à Jules d'appeler Damon comme, elle, qui était loup-garou depuis plus longtemps que lui, pouvait contrôler ses transformations, comme les retarder de quelques minutes. Caroline, elle, le regardait, horrifiée, se tordant et retordant, se contorsionnant rapidement, et perçut bien malgré elle, ses os se briser, ses yeux jaunir et changer, ses canines devenir crocs rendant ses gencives ensanglantées. Dans un vif sursaut, la vampire fondit contre le mur, au fond de sa cellule pour ne pas finir entre les crocs du loup-garou, qui fut, maintenant, bel et bien transformé. Comme tout ses autres acolytes, d'ailleurs. La soirée risquait de tourner en pire cauchemar.
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L'obscurité de la pénombre recouvrait entièrement Mystic Falls. Et, sous les lumières resplendissantes et réfléchissantes de la grande roue, Damon et Elena se regardaient intensément, la panique se lisait dans leurs yeux.
« Il n'y a pas d'autres moyens, Elena. Alaric va arrivés d'une minutes à l'autre, avec des armes anti loups-garous et nous irons libérer Caroline. » Annonça-t-il, sans conviction aparente.
« C'est la pleine lune, Damon ! Souviens-toi, une seule morsure et... »
La jeune femme n'eut pas la force de terminer sa phrase, et baissa instinctivement la tête, cachant par la même occasion sa crainte qui se lisait visiblement dans ses prunelles. Damon, lui s'approcha de quelques pas d'Elena, et déposa sous sa mâchoire, une main confiante lui faisant redresser son visage et, tout en captant son regard noisette, le vampire lui caressa lentement et délicatement sa joue déjà bien rosie, essayant de la rassurer un tantinet. Touchée par cette soudaine douceur contre sa peau,et désirant en recevoir d'autant plus, l'adolescente le prit dans ses bras, tandis que ceux de Damon venaient se loger derrière son dos et savourer la douce fraicheur de ses cheveux, tout en lui murmurant au rythme régulier de ses pulsations des « ça va aller ».
Se fut le grincement des roues du véhicule d'Alaric sous les écorces et les branches séchées de la foret, qui vint briser cet instant de silence et de bienséance, en leurs rappelant à tout deux que peut-être, oui, peut-être, Damon ne s'en sortira pas vivant, ce soir.
