Warnings : vous pouvez lire cette deuxième partie pour le découvrir par vous-même ou bien vous rendre à l'AN2 en fin de page.

5 – Brittany

Elle était une fée ! Et elle était accompagnée d'une licorne et de deux chevaliers ! C'était vraiment magique comme soirée, pensa Brittany. Sauf que … elle se rembrunit. Sauf que sa Reine n'était pas là. Santana ne pouvait pas l'accompagner ce soir parce qu'elle était en famille. C'était si étrange de ne pas assister à une soirée avec elle. Surtout depuis qu'elle était ensemble.

Vraiment ensemble.

Santana l'avait présentée à ses parents comme sa « petite-amie » (bien qu'elle ne se sente pas si petite que ça, au contraire, maintenant, elle se sentait comme une géante et c'était grâce à Santana !) et ils étaient si gentils même s'ils avaient un chien (ce n'était pas si grave, elle avait déjà expliqué à Lord Tubbington qu'ils trouveraient une solution. Peut-être que s'il acceptait de laisser pousser un peu sa queue pour ressembler à un chien … ou alors apprendre à aboyer : il maîtrisait déjà l'allemand, le « chien » ne devrait pas poser de problème).

Santana l'avait aidée à choisir sa robe. Celle qu'elle préférait (une robe grise. Santana disait que cela faisait d'elle sa « petite souris »). Celle qu'elle aimait lui enlever, doucement, doucement … elle faisait d'abord glisser la fermeture éclair, puis elle tirait sur le tissu et la sensation laissait des petites traces de chair de poule partout sur le corps de Brittany et après qu'elle l'ait complètement enlevée, Santana passait un long moment à faire disparaître les petites bosses à la surface de sa peau, en soufflant dessus, et son souffle était tout chaud contre sa peau et tout était tout simplement parfait. Brittany trouvait amusant de passer de la souris à la poule pour redevenir Brittany sous les mains expertes de Santana.

Mais ce soir, c'étaient les mains de Kurt qui la guidaient. Elles étaient différentes de celles de Santana. Même Santana n'avait pas la peau aussi douce. Et puis les doigts de Kurt étaient longs et fins, sa peau si blanche qu'elle contrastait avec le tissu de la robe de Brittany.

Kurt était très féerique lui aussi ce soir. Il avait mis une chemise blanche toute simple, qu'il portait déboutonnée au niveau du col, manches relevées, et un de ses jeans slims noirs qui le moulaient tant qu'on aurait pu croire qu'il s'agissait non pas de tissu mais de peinture apposée à même sa peau. Brittany avait insisté pour le maquiller. Elle avait passé un trait d'eye liner sous ses yeux et un peu de poudre sur ses joues. Le gloss avait été la touche finale. Juste avant qu'ils ne s'amusent tous les deux avec les paillettes !

Ils se tenaient par le bras et marchaient tous les deux devant Finn et Mike (qui n'avaient pas voulu mettre de paillettes ou de maquillage mais c'était normal, ils étaient des chevaliers et les chevaliers sont toujours très sérieux. Il le fallait pour tuer des dragons ce qui n'était pas une mince affaire et nécessitait une grande concentration. Si les paillettes vous tombaient dans les yeux au mauvais moment, vous risquiez de passer à la casserole !).

Ils n'eurent aucun mal à trouver la maison où avait lieu la fête : on pouvait entendre la musique à fond à des kilomètres à la ronde !

- Oooooooooooooh, regarde Kurt ! C'est un château !

Et c'est vrai que c'en était un. Il y avait des petites tourelles et des fenêtres ovales. Et les pierres étaient toute grises et ils y avaient des chandeliers disposés un peu partout devant les fenêtres à l'extérieur.

- Oui Britt', dit Kurt, je crois bien que tu as raison. C'est un château. Et nous en sommes les invités royaux ce soir. Finn ! Mike ! Par ici messieurs, nous avons besoin de notre escorte.

Sans se presser (à croire qu'ils ne voulaient pas entrer dans le château, ce qui était plutôt étonnant pour des chevaliers), Mike donna le bras à Brittany et Finn, le sien à Kurt.

Kurt donna leur invitation à la personne qui attendait à la porte (il n'avait rien d'un chevalier, c'était un vieux bonhomme à la mine sévère habillé comme un pingouin. Mais ce n'était pas très grave, car Brittany était l'amie de tous les animaux).

Ils avaient fait le tour du salon et étaient arrivés sur la piste de danse au moment ou passait une chanson de Lady GaGa. Ils dansèrent et dansèrent et dansèrent ! Brittany ne se rappelait pas avoir jamais vu Kurt aussi heureux. Comme libéré. Brittany n'était pas stupide, elle savait que l'année dernière avait été difficile pour lui jusqu'à ce qu'il rencontre Blaine. Et maintenant, il pouvait être lui-même. C'était comme si plus rien de mal ne pouvait le toucher. Il était invincible. Peut-être que les fées pouvaient aussi être des chevaliers ?

Même si Brittany aimait Santana et que maintenant elle était à elle et seulement à elle, elle savait encore distinguer le beau du laid. Et Kurt n'avait jamais été aussi beau. C'était comme si une lumière s'était allumée de l'intérieur et le révélait au grand jour.

Blaine n'avait qu'à bien se tenir, pensa t-elle. Parce que bientôt, tout le monde verrait ce qu'elle voyait. Un séduisant jeune homme.


Ils en étaient à leur troisième danse endiablée lorsque le DJ passa un slow. Brittany et Kurt échangèrent un regard entendu (pas question de danser ça sans leur petit ami et petite amie respectif) et quittèrent la piste de danse pour s'écrouler, tout en sueur, sur un banc.

- OhMonDieu, s'écria Kurt, je vais devoir passer une heure, non, deux, sous la douche pour faire disparaître cette odeur de mes cheveux. Et je doute qu'il s'agisse de simples cigarettes. Argh, et je ne pourrais jamais récupérer cette chemise ! Une Marc Jacobs. Bah, elle était de la saison dernière.

Il posa une main sur son front.

- Bon sang, il fait une chaleur étouffante ici, je boirais bien -

Et hop, juste comme ça, deux verres apparurent devant eux. Un garçon les tenait dans les mains. Il leur souriait en tendant les verres. Il était grand et plutôt mignon, blond avec des yeux très bleus.

- J'exauce tous les vœux, un peu comme le père noël, annonça le jeune homme avant de disparaître dans la foule.

- Merci cria Kurt, mais c'était trop tard, leur génie exauceur de vœux avait déjà disparu. Oooooooooooh, c'est si frais ! Un pur délice, dit Kurt qui passait le verre sur son front.

Brittany allait porter le sien à sa bouche lorsqu'une main la stoppa net.

- Huhu, pas question, dit Finn, un air réprobateur sur le visage. Et si quelqu'un l'avait drogué, hein ? Avec toutes ces histoires sordides dont on entend parler. Tu es beaucoup trop confiante Brittany.

- Oui, encore heureux que nous sommes là pour te protéger. Tiens, voilà une cannette. Elle sort du réfrigérateur, donc aucun risque, annonça Mike qui tendait un coca à Brittany.

- Et nous ne te quittons pas d'une semelle, ajouta Finn qui poussa Kurt d'un coup de fesse manquant de le faire tomber du banc. Kurt renversa son verre.

- Ouch ! Finn, fais attention. C'est malin, maintenant il va falloir que j'aille en chercher un autre. Soyez sages les enfants, je reviens de suite !


Brittany sirotait son coca en se dandinant sur la musique qui passait sur la piste.

- J'ai faim, annonça t-elle soudain.

Comme un seul homme, Mike et Finn se levèrent d'un bond.

- Je vais faire un raid dans le réfrigérateur, dit Finn avec un grand sourire.

- Et moi, je vais voir ce qu'ils ont sur le buffet, j'ai vu des fruits je crois dans une coupe, quelque part, renchérit Mike.

Brittany sourit. Une fois débarrassée de ses charmants, mais bien collants, anges gardiens, elle se leva et se mit à visiter le château.


La musique masquait les conversations et un peu partout se trouvaient des couples qui s'embrassaient, ou des gens, un peu saouls, qui riaient sans trop savoir pourquoi. Brittany fit le tour des pièces. C'était partout le même spectacle. Brusquement, elle se sentit mal à l'aise. L'ancienne Brittany, avait aimé ces ambiances mais maintenant … maintenant tout ce qu'elle voulait, c'était être en sûreté dans les bras de Santana.

Elle arriva dans la cuisine. Une pièce immense, pleine de monde comme les autres. Tout le monde l'ignorait. C'était comme si elle était invisible. Et peut-être que c'était vrai : elle ne se sentait réelle qu'avec Santana à ses côtés.

Elle prit une pomme et la fit briller en la frottant contre sa robe. Elle était rouge sang, un peu comme la pomme de Blanche-neige. Elle était vraiment dans un conte de fées ! Brittany allait y croquer à pleine dents lorsqu'elle entendit quelque chose … un gémissement. Cela provenait de dehors.

La cuisine possédait une immense baie vitrée. Les portes coulissantes en étaient entre ouvertes, certainement pour laisser entrer un peu d'air frais dans le château à l'air saturé. Il y avait un couple allongé par terre, pratiquement dans la neige. Brittany trouva ça un peu étrange mais c'est vrai qu'il faisait vraiment très chaud à l'intérieur, ils avaient peut-être voulu se rafraîchir un peu. Et la neige avait l'air si moelleuse, comme un matelas de nuages.

Elle allait croquer sa pomme lorsque quelque chose de brillant près du couple, miroita dans la lumière des chandelles qui étaient disposées à l'extérieur. Quelque chose portant les couleurs de l'arc en ciel.

Des paillettes …

6 – Mike

Mike n'était pas un gars suffisamment populaire pour avoir eu la possibilité d'être invité régulièrement à ce type de fêtes. Et depuis qu'il avait intégré ND, c'était bien entendu encore moins fréquent. Mais cela ne le gênait pas vraiment. Boire jusqu'à ne plus savoir ou vous habitiez n'était pas vraiment son truc. Mais danser ? Ca oui. Et maintenant que son père avait enfin accepté qui il était, qui il voulait devenir, tout lui semblait possible.

Aucun sommet n'était inatteignable. Grâce à l'amour. Parce qu'il n'avait aucun doute que c'était grâce à Tina qu'il allait pouvoir réaliser son rêve. Leur rêve.

ND lui avait apporté ça : un rêve qui allait devenir réalité.

Pour le moment, son rêve c'était de trouver un truc à manger pour Brittany. Et de trouver Brittany aussi puisque lorsqu'il était revenu sur la piste de danse, il n'avait trouvé aucun signe d'elle. Ni de Kurt d'ailleurs. Et pas davantage de Finn.

Bon, en principe, la nourriture se trouvait dans la cuisine, il n'avait donc qu'à retrouver le chemin de cette dernière. Il avait bien réussi lorsqu'il avait ramené le soda alors pourquoi est-ce qu'il ne retrouvait pas cette foutue cuisine maintenant ? A croire que Brittany avait fini par influencer la maison avec ces histoires de fées et de château. L'endroit était hanté, ou maudit : il faisait disparaître les cuisines !

Huhuhu, il était certain d'être passé près de cette (hideuse selon lui) statue pseudo gréco-romaine. Plutôt de mauvais goût. Son père, qui avait tort sur des millions de choses mais avait généralement raison sur les gens, disait toujours « les parvenus ont des goûts de chiotte » (bon, okay, il n'utilisait pas l'expression « chiotte » mais l'idée générale était la même).

Aaaaaaaaaah, et voilà c'était la cuisine ! Victoire.

C'était une pièce vraiment grande. A croire que ces gens avaient des dizaines d'enfants à nourrir ! Mike repéra un des frigo (et oui, il devait bien y en avoir trois au total !) et l'ouvrit pour y farfouiller lorsque des cris retentirent. Il leva immédiatement la tête.

Cette voix, il connaissait cette voix …

- Brittany … ?

Mike se fraya un passage à travers la masse de personnes qui se trouvaient entassée dans la cuisine et … et rien. Plus de voix. Plus de cris. Avait-il rêvé ? Autour de lui, les gens ne semblaient pas avoir remarqué quoique ce soit et continuaient tranquillement de boire et de manger comme si de rien n'était. Okay, il avait des hallucinations … c'était Santana qui l'avait mis en condition ! Cette fille lui foutait sérieusement les jetons.

Il allait retourner à son inspection du frigo, lorsqu'il remarqua une pomme par terre près de la baie vitrée. Hey, une fois lavée, ce serait le petit encas parfait pour Brittany ! Il se pencha pour la ramasser et c'est là qu'il vit ce qui se passait dehors.

7 – Ensemble

Kurt avait soif. Et chaud. Après avoir demandé où se trouvait la cuisine et reçu en retour des haussements d'épaules indifférents (preuve supplémentaire que les adolescents étaient les animaux les plus bêtes de la planète, Dieu merci, Kurt serait bientôt majeur), il déambula d'une pièce à une autre lorsqu'une main agrippa son bras. Kurt n'avait pas été projeté contre un casier depuis des mois mais malheureusement les vieux réflexes ont la vie dure et instinctivement, il ferma les yeux et concentra toute son énergie à faire de son corps la plus petite cible qui soit, ramenant ses bras le long de son torse et attendant le choc.

- Hey mec, relax, je vais pas te faire de mal, fit une voix près de son oreille.

Kurt ouvrit les yeux. Un regard bleu perçant le fixait. Sourire Colgate, blondeur aryenne, le garçon qui le regardait – et qui lui tenait le bras – était tout simplement sublime.

Natation, pensa immédiatement Kurt en examinant la stature du bel étranger qui soutenait son regard. Le jeune homme avait la musculature caractéristique d'un nageur.

- Tu allais t'étaler de tout ton long sur Josie, je t'ai rattrapé juste à temps.

Josie ?

Kurt baissa les yeux vers le sol. Une immense peau d'ours se trouvait là, sa pauvre gueule béante tournée vers Kurt. L'inconnu tira doucement Kurt par le bras, hors de la trajectoire de l'immonde peau.

- Tu allais où comme ça ? Rejoindre quelqu'un peut-être, susurra le bel inconnu qui l'avait sauvé des griffes de Josie la carpette.

- Je … j'ai soif. Je cherche la cuisine.

- Oh, répondit juste l'autre garçon. Et à part un verre à boire, tu cherches autre chose peut-être ?

Ses dents étaient comme le reste de sa personne : blanches et immaculées. Ce type n'était pas une gravure de mode, il était un cliché vivant. Okay, un superbe cliché mais un cliché quand même. Un cliché qui regardait Kurt comme s'il était un plat sur le menu d'un grand restaurant. Un plat alléchant à en juger par la lueur qui brillait dans ses yeux bleus.

- Je … j'ai un petit ami, lâcha soudain Kurt.

L'autre hocha la tête.

- C'est pas un problème, c'est noël, la grande époque du partage … et je crois fermement dans les valeurs de noël.

Kurt allait lui répondre lorsqu'il se rendit compte que s'il n'avait pas été balancé contre un casier, il avait été, de manière tout à fait experte, acculé contre le mur d'une petite alcôve. Il sentit la colère montée en lui : pour qui se prenait ce bellâtre !

- J'ai un petit ami, répéta Kurt d'une voix ferme, et nous sommes tous les deux des enfants particulièrement mal élevés : nous ne partageons pas ce que nous aimons. Maintenant, si tu veux bien m'indiquer le chemin de la cuisine, ce serait vraiment très, très gentleman de ta part.

Le jeune homme fixa un moment Kurt puis éclata de rire. Il fit un petit geste de reddition de la main et Kurt se retrouva libre.

- J'ai su tout de suite que tu serais un défi … comme une apparition, presque irréelle. Inatteignable.

Kurt ne peut s'empêcher de rougir sous les compliments. Il n'était pas vraiment habitué à être courtisé de la sorte.

- La cuisine, c'est la troisième porte sur ta gauche.

Il se déplaça pour laisser passer Kurt.

- Merci, répondit sèchement Kurt.

- De rien. J'aime rendre service …


Kurt ouvrit le réfrigérateur. Gah, que des sodas sucrés ! Il referma la porte et chercha un verre (il dut se contenter d'un gobelet en plastique qui traînait sur le comptoir et qu'il lava soigneusement dans l'évier). Le réfrigérateur était une de ces monstruosités modernes qui vous délivraient glaçons et eau fraîche. Kurt profita des deux. Il fit glisser un glaçon sur son cou. La chaleur n'avait pas diminué et il avait un peu le tournis maintenant. Le froid lui fit du bien. Il avala trois verres d'eau d'affilée mais avait toujours aussi chaud.

Okay, il était temps de prendre un peu l'air.

Kurt fit coulisser la baie vitrée et fut immédiatement enveloppé par le froid qui régnait dehors. Il avait cessé de neiger. Il ferma les yeux et leva le visage vers le ciel, juste pour profiter de cette petite bouffée d'air frais, frais, frais. Les yeux toujours clos, il soupira. Ouch. Il avait complètement oublié Finn. Il espérait qu'il s'amusait bien … à veiller sur Britt'. Kurt leur souhaitait bien du courage à Mike et à lui : vouloir encadrer Brittany, c'était comme vouloir dompter l'eau d'une rivière avec ses mains ! Kurt se rappelait de l'une des sorties que Coach Sylvester avait organisé en forêt lorsqu'il avait été dans les Cheerios (c'avait été pour aiguiser leur sens de survie avait-elle dit). Ils avaient passé une partie de la journée à chercher une Brittany qui s'était égarée en suivant … un papillon. Brittany était un être à part. Et oui, elle méritait d'être protégée.

Une voix désormais familière, le fit sursauter.

- Je peux t'offrir un autre verre autre ?

Kurt cligna des yeux. Un autre verre … ? Oh, oui, c'était lui qui leur avait donné leur verre à Brittany et à lui. Son bellâtre sommelier attitré apparemment.

- Non merci, je n'ai pas fini celui-ci, répondit Kurt en montrant le gobelet qu'il tenait à la main.

Kurt retourna à son examen du ciel, yeux désormais ouverts, espérant que ce type comprendrait le message : « merci je n'ai besoin de rien et surtout pas de toi, alors bon vent ! ». Bien évidemment, Kurt n'eut pas cette chance.

- Tu dois être une véritable bombe au lit.

Ce n'était plus du flirt, c'était carrément du rentre dedans et Kurt commençait sérieusement à trouver ça insupportable. Et un chouïa flippant. Il décida qu'il avait très, très envie de voir Finn et Mike maintenant. Kurt ne répondit pas à la provocation et décida de rentrer. Il jeta son gobelet dans une des poubelles qui se trouvaient dehors et se planta devant la baie vitrée. Il allait l'ouvrir en grand mais le bellâtre (pas besoin d'un prénom, cet adjectif lui collait parfaitement) l'en empêcha en se plantant devant lui.

- Laisse moi passer, grinça Kurt avec tout le calme dont il était encore capable. Il sentait une vague de panique monter en lui.

- D'habitude, je n'ai pas à attendre aussi longtemps, répondit juste le blondinet.

Kurt cligna des yeux.

- Que … quoi ?

Le garçon haussa juste les épaules, il souriait toujours à Kurt, le sourire du prédateur qui a enfin réussi à capturer sa proie.

- Généralement, des petites choses comme toi, une seule dose et hop (il claqua des doigts), je n'ai plus qu'à les cueillir. Un peu comme des fleurs …

Une dose ? Mais de quoi … OHMONDIEU. Le verre. Le verre qu'il leur avait donné. Il … il l'avait drogué ! Si Finn n'avait pas renversé son verre … non, Kurt refusait de penser à ce qui ce serait passé. Pour la bonne raison que cela pouvait encore se passer.

Le garçon avança vers Kurt et ce dernier recula instinctivement.

- Et tu vas être une de mes plus belles cueillettes. P'tain t'es juste … t'es ensorcelant. Depuis que tu es entré, je ne t'ai pas quitté des yeux. La manière dont tu bouges, ces longues jambes, ton cul, c'est un véritable appel au crime. Passionnel le crime …

Okay, là, Kurt avait passé le stade de la vague de panique : il était en plein tsunami. Il fallait qu'il rentre et qu'il trouve Finn. Finn réduirait en bouillie ce pauvre spécimen de la race humaine. Il le repoussa. Violemment. Kurt n'avait plus quinze ans. Il n'était plus un gamin apeuré. Il avait grandi, physiquement et mentalement. Il pouvait se protéger des gros balourds sous stéroïdes.

Surpris par la force du geste de Kurt, le balourd en question trébucha. Kurt crut que c'était bon, ça y'était, il allait pouvoir rentrer à l'intérieur et mettre cette scène dans la liste de ses aventures déplaisantes à ne pas renouveler mais le garçon n'était pas si balourd que ça. C'était un sportif de haut niveau et Kurt, juste une ancienne pom pom girl. Il retrouva rapidement son équilibre et fut sur Kurt en quelques secondes, le plaquant contre le mur de la maison. La tête de Kurt heurta violemment la pierre froide et pendant quelques secondes, au ciel noir autour de lui s'ajouta un millier de petites étoiles blanches. Il cligna des yeux. Son agresseur était penché sur lui. Il faisait pression avec son corps, plaquant Kurt contre le mur. Et c'est là que Kurt la sentit contre lui.

- Tu vois ce que tu me fais, grogna le bellâtre qui frottait son érection contre Kurt. Un putain de sort que tu m'a jeté.

- Je … je vais appeler à l'aide, réussit à dire Kurt, encore sonné. Lâche moi, maintenant !

Le sourire sur le visage de son agresseur se transforma en un rictus.

- Okay, répondit-il.

Il lâcha Kurt mais pour mieux le projeter en avant. Kurt sentit son pied glisser sur la neige fondue et il s'écroula de tout son long par terre. Il sentit le crac dans son poignet lorsqu'il entra en contact avec le sol, mains les premières pour protéger sa chute. La douleur fut si intense que pendant un moment, Kurt en eut le souffle coupé. Il n'eut pas le temps de crier parce qu'un corps lourd s'écrasa presque immédiatement contre le sien. Face contre terre, Kurt tâtonna avec ses mains à la recherche de quelque chose, n'importe quoi qui puisse lui servir d'arme. Ses doigts entrèrent en contact avec quelque chose de dur et de froid. Un dessous de pot ? Peu importe, pas le temps de réfléchir. Avec toute la force qui lui restait, il tenta de désarçonner son violeur et lui asséna un coup.

Il y eut un cri et le poids qui le suffoquait disparut. Momentanément. Kurt avait à peine eut le temps de se mettre en position assise que le garçon se rua à nouveau sur lui. allongé sur le dos, cette fois, Kurt se débattit avec toute l'énergie du désespoir : coups de pot, de pieds et de genoux, de poings, de griffes.

Jusqu'à ce que l'autre l'écrase une fois encore, coince ses mains sous lui et … l'embrasse.

Non, pensa juste Kurt. Non et non. Pas encore. Jamais plus.

Et il mordit à pleine dent la langue qui venait de s'insinuer dans sa bouche.

Son agresseur hurla, porta la main à sa bouche et cracha par terre en proférant des insultes. Il y avait du sang sur la neige et Kurt avait un goût de fer dans la bouche. Il aurait le temps d'être horrifié par tout ça plus tard, pour le moment, il fallait qu'il mette fin à ... à ça. Kurt, qui tenait toujours son dessous de pot dans sa bonne main allait asséner le coup de grâce à la petite ordure qui était toujours assise sur lui lorsqu'il vit les yeux de ce dernier s'écarquiller puis chavirer dans leurs orbites.

Tout le poids de son agresseur lui retomba dessus, vidant les poumons de Kurt du peu d'air qui lui restait. La dernière chose qu'il entendit avant que tout ne devienne noir autour de lui fut la voix de Brittany criant son nom.


Des paillettes arc en ciel ? C'était impossible n'est-ce pas ? C'était leur idée à Kurt et à elle, leur monde, lui la licorne et elle la fée. Il ne pouvait pas y en avoir d'autres n'est-ce pas ?

Et Brittany analysa ce qu'elle voyait derrière la baie vitrée. Un couple en pleine action ? Non, deux corps dont l'un écrasait l'autre. Une main caressant le corps aimé ? Non, une main serrant un pot en terracotta comme on serrerait une arme. Et d'ailleurs, c'était cette main qui était couvertes de paillettes, une main blanche aux longs doigts effilés.

Kurt.

Brittany ouvrit la baie vitrée en grand, saisit le chandelier qui se trouvait par terre et en asséna un violent coup à la base de la tête de la personne qui se trouvait à califourchon sur Kurt. Les bougies atterrirent par terre et s'éteignirent au contact de la neige avec un petit psssshhit triste. La magie s'était envolée. Brittany lâcha son arme et s'agenouilla près des deux corps. Elle repoussa violemment celui qu'elle venait d'assommer et prit la main de Kurt. Elle la reposa immédiatement lorsqu'il poussa un gémissement. Elle se pencha au-dessus de lui.

- Kurt, appela t-elle doucement. Kurt, ouvre les yeux s'il te plaît.

Aucune réaction.

Brittany essaya une technique qu'elle connaissait pour réveiller les gens (et la seule qui marchait sur Santana et Lord Tubbington) : elle déposa un baiser sur la pointe du nez de Kurt, puis ses deux paupières closes, ses joues. Elle sentit ses cils bouger contre sa peau (ça la chatouillait un peu), signe que sa technique marchait.

- Britt' ? Demanda Kurt d'une toute petite voix.

Brittany soupira. Ca allait aller, Kurt était réveillé. Elle décida qu'il faisait vraiment froid. Kurt devait avoir froid aussi. Elle s'allongea tout contre lui et passa son bras sous son torse pour le ramener vers elle.

- Ca va aller Kurt, ça va aller. Personne ne te fera de mal. Tu peux refermer les yeux si tu veux ?

- Oh … Okay, dit juste Kurt d'une voix fatiguée.

Brittany le serra fort contre lui. Son regard fut attiré par la personne qui se trouvait de l'autre côté de la baie vitrée, à l'intérieur de la cuisine. Elle fit un petit signe à Mike et ce dernier les rejoignit dehors.

- Oh, tu as trouvé ma pomme ! Merci.

Comme un automate, Mike lui tendit le fruit. Son regard allait de Brittany (et Kurt allongée contre elle) à celui du dragon terrassé (yep, Brittany avait décidé qu'en fin de compte, elle était aussi un chevalier).

Elle vit Mike sortir son téléphone portable et ferma les yeux. Tout allait bien se passer maintenant, les deux autres chevaliers allaient s'occuper de tout. Elle devait juste s'occuper de Kurt. La nuit était froide, le ciel d'un noir d'encre mais la neige leur faisait un agréable matelas. Elle posa son front contre la tempe de Kurt et se mit à fredonner.

Les licornes comme les fées aimaient la musique.


Kurt ouvrit les yeux … et le regretta immédiatement. Qui avait eu l'idée de mettre un plafonnier juste devant son lit ? Et d'ailleurs, il n'y avait pas de plafonnier devant son lit. Mais où était-il donc ?

- Hey Kurt, ça va aller, ça va aller fiston, fit une voix sur sa droite.

Kurt tourna la tête vers la voix. Seconde mauvaise idée : le mouvement lui donna la nausée.

- Finn, baisse un peu la lumière tu veux ? Demanda la voix.

Finn ? Et cette voix …

- Papa ? Murmura Kurt d'une voix rauque.

- Oui Kurt, je suis là, tout va bien. Tu as … une petite commotion cérébrale mais ça va aller maintenant.

Commotion cérébrale ? Comment pouvait-on aller bien avec une commotion cérébrale, même petite ?

Kurt décida de retenter d'ouvrir les yeux. Il fallait qu'il sache où il était et ce qui c'était passé. La lumière était moins crue et cette fois, il put les garder ouverts.

Son père était là. Et Finn. Et Carole.

Dans une pièce qui ressemblait fortement à une chambre d'hôpital. Mais qu'est-ce qu'il faisait dans … et comme dans ses films de série B, tout lui revint brusquement : les paillettes, le château, le bellâtre … Et il étouffa un sanglot (il ne pleurerait pas, pas question qu'il pleure !).

- Il … il a essayé de … de …

- Oh, Kurt, je sais, je sais. Il … cette petite ordure est en garde à vue. Enfin, dès qu'il sera sorti de l'hôpital, il sera en garde à vue. Il ne peut plus rien te faire. Il ne peut plus faire de mal à personne.

- J'ai essayé de le repousser papa, je … j'ai vraiment essayé.

- Je sais Kurt, je sais. Kurt, s'il te plait regarde moi.

Kurt ravala un autre sanglot et fixa son père.

- Kurt, je sais que tu t'es défendu. Cette petite saloperie est couverte de bleues et d'égratignures. Tu t'es défendu comme un lion !

Plutôt comme un chaton pensa tristement Kurt.

- Mais je suis certain que je ne l'ai pas mis k-o, dit Kurt.

- Euh, non, c'est cette gamine là, celle qui a été élue présidente.

- Brittany ?

- Oui, c'est ça. Finn a appelé la police et une ambulance.

Kurt frissonna.

- Pourquoi est-ce que j'ai si froid ? Demanda t-il alarmé par ses tremblements.

- Légère hypothermie, tu … ton amie Brittany a eu du mal à être persuadée que dormir sur la neige n'était pas une bonne idée après une agression. En fait, que ce n'était pas une bonne idée, point.

Kurt sourit.

- Brittany est … spéciale.

Burt posa sa main sur le front de son fils et caressa ses cheveux.

- Je lui serai éternellement reconnaissant de ce qu'elle a fait, spéciale ou pas. Je vais dire aux autres que tu es réveillé.

Il déposa un rapide baiser sur le front de Kurt (faisant rougir ce dernier jusqu'à la racine : gah, devant Carole et Finn !) et sortit de la chambre.

- Kurt, je suis heureuse que tu sois sain et sauf, dit Carole les larmes aux yeux. Elle serra sa main, lui sourit et suivit Burt dehors.

Finn était toujours planté près de la porte, fixant ses chaussures.

Silencieux.

- Finn ?

Pas de réponse.

Kurt se redressa dans son lit … et poussa un petit cri. Il n'avait même pas remarqué que son poignet était encastré dans un joli plâtre. Finn fut sur lui en un instant.

- Tu as mal ? Je vais appeler une infirmière. Non, un médecin. Un spécialiste ? Okay, comment s'appelle les spécialistes de la douleur parce que je ne dois pas me tromper de nom et –

- FINN !

- Oui.

- Finn, viens juste m'aider à m'asseoir, okay.

Finn obtempéra.

- Bien, maintenant, assied toi près de moi.

Finn s'assit. Et resta silencieux.

Génial pensa Kurt, c'est encore moi qui vais devoir faire tout le travail. Il allait demander à son demi-frère ce qui n'allait pas lorsque Finn lâcha, d'une traite :

- Je … je suis désolé Kurt, je ne pensais pas que … je … je voulais protéger Brittany, parce qu'elle était trop jolie et que c'est parfois dangereux et … et comme d'habitude, comme d'habitude, le gros homophobe que je suis a oublié qu'un garçon aussi ça pouvait être joli, et qu'un garçon aussi, ça méritait d'être protégé parce que un garçon aussi ça peut être … sa voix s'étrangla.

- Un garçon aussi ça peut être … violé, finit Kurt en frissonnant en prononçant ce mot.

Finn hocha la tête. Il y avait des larmes dans ses yeux.

- Je croyais avoir changé, dit-il. Je le croyais vraiment, je suis désolé Kurt, si désolé.

- Oooh Finn, non, tu … tu as changé. Comme Puck. Tu es plus mature, plus respectueux des gens différents autour de toi. Je le sais, je vis avec toi. Tu n'es pas homophobe Finn tu es juste … comment t'expliquer ça. Kurt soupira et ferma un moment les yeux avant de les rouvrir. Finn, regarde moi et écoute moi bien : nous sommes tous élevés dans une culture précise. Une culture qui met en valeur ce qui peut être vu comme des caractéristiques liées à chaque sexe. Comme le fait que les filles aiment le rose et les garçons le bleu, que les filles doivent recevoir des jouets en lien avec la parfaite ménagère et les garçons, des garages ou des voitures de pompier. C'est … plutôt sexiste. Au-delà de ce sexisme de base, il y aussi une culture de l'hétéronormativité. C'est-à-dire que dès leur plus jeune âge, les garçons sont élevés dans la culture de que qui est viril, et donc acceptable et de ce qui ne l'est pas. Il est normal lorsqu'on a été baigné dans cette culture de penser que seule une fille peut être victime de prédateur sexuel. Tu … tu n'es pas anormal ou homophobe Finn, juste habitué à voir les choses sous un certain angle.

- Oh, fit Finn.

- Et le plus important Finn, c'est que je sais que tu m'aimes. Et je t'aime aussi … comme un frère bien entendu.

Finn lui sourit.

- Oui, comme un frère. Il fronça les sourcils. Je crois que les frères ne s'embrassent pas lorsqu'ils s'aiment.

- Euh, je n'en sais rien, lui répondit Kurt. Je suppose que non à cause de …

- … l'hétéronormativité ? Suggéra Finn.

- Finn Hudson, vous avez donc un cerveau sous cette masse de cheveux, et de plus, vous savez l'utiliser ! Félicitations, le taquina Kurt.

- Huhu, en revanche, ils font certainement ça …

Fin se pencha vers Kurt et … lui ébouriffa les cheveux.

- AAAAAAAAAAAAAAAAAH ! Non, pas les cheveux ! Fiiiiiiiiiiiinn !

- Euh, vous voulez que je vous laisse seuls ? Fit une voix.

Kurt et Finn regardèrent le nouveau venu.

- Blaine ! s'écria Kurt. Tu … tu es venu ?

- Bien sûr que je suis venu, Kurt. Je suis venu dès que j'ai su.

Finn sourit.

- Je vais vous laissez seuls tous les deux. Il faut que j'aille soutenir Mike. Santana est là et je crois qu'elle veut nous crever les yeux … à moins que cela ne soit pire. Mais avant …

Il se pencha sur Kurt et l'embrassa sur la joue.

- … à bas l'hétéronormativité, chuchota t-il à l'oreille de Kurt.

- FINN HUDSON !

- A plus tard tous les deux ! Claironna Finn que les explications de Kurt avaient manifestement soulagé du poids de la culpabilité.

Blaine était assis sur le lit et tenait la main de Kurt, celle qui n'était pas dans le plâtre. Il fixait Kurt sans rien dire.

- Blaine … ?

Toujours sans un mot, Blaine se pencha vers lui et l'enlaça, son visage enfouit dans le cou de Kurt. La position devait être inconfortable. Kurt allait lui dire de se relever en plaisantant sur ses cheveux (une masse de boucles indomptées, Mamie était passée par là !) lorsqu'il sentit quelque chose de chaud et mouillé dans son cou. Blaine pleurait …

L'heure n'était pas à la plaisanterie.

Tou bi concludeud dans une troisième partie avec Blaine et Kurt, nos deux zamours !

AN2 : tentative de viol dans cette partie.