centerA la fin, nous sommes tous égaux/center
Au final, on n'a que ce que l'on mérite.
Mais je ne mérite pas ce qui m'arrive…
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19 septembre 2010, 15 H 01
iOh non… C'est pas vrai…/i
Il venait de détruire ses dernières chances de survie. Il avait tout essayé dans le passé et s'était rabattu en désespoir de cause à la provocation et la pitié. Il était bon dans ce domaine, il savait ce qu'il fallait dire pour avoir ce qu'il veut. Mais la haine, la rancune et le chagrin l'avait emporté sur sa manœuvre. Potter l'avait déjà condamné à ses yeux, il était déjà mort.
iNon…/i
« Debout, Malefoy. »
Drago se leva lentement. Après le départ de Potter, il s'était effondré sur sa chaise, désespéré, anéanti. Il avait à peine entendu les deux gardiens entrer dans le parloir.
D'un geste presque machinale, le sorcier traça un trait avec sa baguette, faisant glisser les chaines paralysantes dans les anneaux qui lui enserraient les poignées. Ces fers, Drago les gardera jusqu'à la fin. Magiques, ils sont impossibles à enlever. C'est tellement plus pratique pour les gardiens de faire seulement apparaitre les chaines dans les anneaux et tellement incommodant pour les prisonniers de supporter ces saloperies rouillées et irritantes. Un vrai petit modèle d'efficacité et de sadisme.
Tandis que s'affairait le gardien, son collègue le maintenait en joue, comme si Drago allait en profiter pour essayer de s'évader. Quelle blague ! Même si par un coup de chance mémorable il parvenait à échapper à ses geôliers, il lui faudrait encore remonter quelques vingt étages et éviter une cinquantaine de types armés pour atteindre le niveau de la mer. Non, ce n'était même pas la peine d'y penser. A moins d'un miracle, il ne pouvait pas sortir de ces murs. Pas vivant en tout cas.
« iIncarcerem mekal/i. »
De fines chainettes apparurent de nulle part et se tordirent dans sa direction, se faufilant dans les anneaux qu'il portait aux poignées et aux chevilles ainsi qu'à la ceinture. Entravé, Drago se laissa docilement conduire par les deux hommes. Ils passèrent la porte du parloir et remontèrent le couloir qui précédait les cellules. Drago garda le regard fixé devant lui, il faisait tout pour ne pas tourner la tête en direction du couloir de la mort au fond duquel l'attendait sa destinée. Heureusement, ils avancèrent assez vite et le cœur de Drago put retrouver une cadence normale (la seule vision de cette ligne noire qui marquait la limite entre la coursive et le couloir de la mort suffisait à le troubler au point de vouloir se jeter sur les murs). Il fut accueilli dans la section des cellules par le rire dément de ce fou furieux de Gormon.
« Hé, blondinet, t'sais pas la dernière ? Parait que c'est cuit pour Chichi, il va passer à la casserole, le petiot, c'est pour bientôt…
- Ferme ta gueule, connard, » gueula un gardien en frappant sur les barreaux.
- J't'emmerde, maton. J'ai encore le droit de dire ce que je veux dans ce trou merdique.
- J'ai dit : la ferme ! »
Cette fois, le gardien usa de la magie pour le faire taire. Couinant comme un chien battu, Gormon recula au fond de sa cellule en maugréant des choses que la censure m'interdit de retranscrire. Drago regrettait presque le fait de ne pas pouvoir être là le jour où les gardiens l'emmèneront à la croix (les malheureux en avaient encore pour un mois à le supporter). S'il y en a un qui méritait vraiment ce châtiment, c'était lui. Drago ne savait plus pourquoi il était là. Viol, peut-être…
En attendant, il comprenait pourquoi il y avait quatre gardiens en face de la cellule 19. C'était celle où dormait en ce moment Wayne Chikliss, un type qui avait tué sa femme lorsqu'il l'avait surpris avec son amant (également refroidi) et qui avait été condamné à la croix par un juge sévère alors qu'autrefois, il aurait écopé, au maximum, d'une réclusion à perpétuité. Mais les choses ont changé et entre l'enfermement à vie et le calvaire de la croix, la frontière était mince. Et plusieurs juges n'hésitaient pas à la franchir à l'occasion.
« Avance. »
Le gardien enfonça la pointe de sa baguette dans les reins de Drago, qui, absorbé par ses réflexions, s'était figé devant la cellule de Chikliss. Sans un mot, il reprit sa marche. Il savait ce qui allait se passer. Pour avoir vu ce manège cinq fois depuis son arrivé, il savait que Coffee allait arriver et discuter avec le prisonnier de certaine chose. Drago n'avait jamais compris pourquoi le directeur faisait ça, sans compter que le condamné pourrait en profiter pour se tirer ou, à défaut, se défouler sur Coffee. Mais à chaque fois, les prisonniers ne faisaient rien. Probablement à cause du fait qu'il est impossible de fuir et que si jamais il faisait le moindre geste menaçant, quatre baguette vomiraient une magie paralysante (pas mortelle, vous pensez, ce serez privé la croix de sa victime). Cela ne servait à rien de se rebeller. C'était d'autant plus inutile que Coffee devait savoir se démerder tout seul, avec sa carrure de champion de bodybuilding.
Tiens, en parlant du loup… pensa Drago.
Le directeur venait d'arriver.
Le regard neutre, Coffee s'avança dans le couloir et s'arrêta devant Drago. Ses pupilles noires étaient insondables.
« Malefoy, votre entrevue avec Potter s'est bien passé ? »
Drago fit un bruit de gorge mais ne répondit pas.
« Ce n'est pas le cas, apparemment.
- Allez-vous faire foutre. »
Et sans même attendre une directive de son gardien, Drago passa à côté de Coffee et marcha vers sa cellule. Il ne vit pas le léger sourire du directeur.
Au moins, il a dit plus que deux mots, pensa-t-il.
Drago attendait devant sa cellule tandis que Coffee avançait d'un pas pesant vers la cellule 19.
« Ouverture cellule 16. »
La grille coulissa et Drago entra dans ce que l'on pourrait considérer comme sa dernière demeure. Un fois la cage refermée, le gardien fit un geste avec sa baguette et les chainettes disparurent.
« Ouverture cellule 19. »
Drago posa les bras à travers les barreaux et observa pour la énième fois la mascarade des gardiens. Sa cellule était quasiment en face de celle de Chikliss, à deux rangs près. Il pouvait presque sans problème voir ce qui se passait. Il était d'ailleurs le seul dans ce cas. Gormon, l'abruti vociférant, se trouvait dans la cellule 23, sur la même ligne que Chikliss. Quant à Numéro Quinze, il se trouvait directement en face de Drago et ne pouvait bien entendu rien voir. Drago lui jeta un bref coup d'œil avant de se concentrer sur Chikliss. Le tatoué se tenait dans la position du lotus, les mains jointe en un signe de prière, les yeux fermés, la bouche psalmodiant ce qui, en dehors d'Azkaban, aurait pu être des incantations, mais qui n'était que des psaumes à l'intérieur de ces murs. Cela intrigua Drago. Numéro Quinze ne priait que le soir (ou ce qu'il pensait être le soir), jamais la journée. Il lui faudra éclaircir cela, plus tard. En attendant, Chikliss avait toute son attention.
Coffee se tenait devant la cellule ouverte, regardant le prisonnier avec patience. Chikliss était allongé sur sa paillasse, immobile. On aurait dit qu'il dormait. Cela dépassa Drago. Comment ce type pouvait-il pioncer en sachant qu'il lui restait que quelques heures à vivre ? Etait-il devenu timbré ?
« Wayne Chikliss, » fit Coffee de sa voix de ténor.
L'homme en question mit un temps considérable à réagir. Au bout d'une bonne minute, il se redressa lentement et se tourna vers le directeur. Ses habits froissés, ses traits tirés, son air chiffonné étaient vraiment pitoyables.
Coffee fit apparaitre une chaise avec sa baguette tandis que les quatre gardiens prenaient position. Dignement, Coffee se posa.
« Vous savez pourquoi je suis là, n'est-ce pas ? »
Chikliss ne répondit pas. Il continuait de regarder devant lui.
« Il est exactement 15 heure 12, vous serez exécuté à 18 heure. Si je suis là, c'est pour…
- Et ouais, tu vas griller, Chichi, l'interrompit Gormon de sa voix d'attardé, tu vas passer à la casserole.
- Ta gueule, connard, ferme-la, beugla un gardien en cognant sur les barreaux.
- Eh, Chichi, tu le veux comment ? Cuit ou à point ? Ca peut s'arranger, tu sais. Ding, Ding et un bouffon grillé, un. Qui veut la patte, bien cuite la patte ?
- Boucle là, enfoiré, si tu ne veux pas une séance de relaxation maison.
- Ca te tente, blondinet ? Non ? Et toi, le curé, pas intéressé ? » Ni Drago, ni Numéro Quinze ne prirent la peine de répondre. « Tant pis, il y en aura plus pour moi. Miam, miam.
- Tu l'auras voulu, ça va sévir.
- Que de la gueule, maton ! »
Le gardien se tourna vers Coffee, qui lui fit un imperceptible hochement de tête. Avec un sourire, le gardien fit un signe à l'un de ces collègues et tous deux s'approchèrent tandis que la cellule 23 s'ouvrait dans un chuintement métallique. Gormon éclata de rire.
« J'vais vous crever, tas de… »
On ne saura jamais ce qu'étaient les gardiens. Deux sortilèges d'emprisonnement ont fusé et Gormon se retrouva saucissonné de la tête aux pieds. Le trainant comme un poids mort, les gardiens l'emmenèrent en dehors du quartier pour une séance de « relaxation maison ». Drago ne savait pas en quoi ça consistait, ne leur ayant jamais donné l'occasion de lui en faire subir une, mais à chaque fois, Gormon revenait comme drogué et trempé des cheveux jusqu'aux orteils. Ca le calmait pendant une heure maxi puis il reprenait son manège détestable. Décidément, seule la croix le calmerait.
Drago reporta son regard sur Coffee et Chikliss. Ce dernier était toujours dans la même position les provocations de Gormon ne lui ont apparemment rien fait.
« Je disais donc, reprit le directeur, si je suis là, c'est pour connaitre vos dernières volontés, savoir entre autre s'il y a certaine personne que vous aimeriez voir, famille, ami, ou encore ce que vous voudriez comme dernier repas. Vous n'avez rien dit pour midi, mais il n'est pas encore trop tard. Alors ? »
Généralement, les prisonniers parlaient à ce moment-là, ne serait-ce que pour alléger leur conscience ou encore pour avoir un contact humain autre que celle des autres damnés, même si ce contact faisait 1 mètre 90 et était engoncé dans un costume de marque. Après tout, c'était leur dernière chance. De se soulager, de profiter, de se pardonner. Mais Chikliss n'en fit rien. Il ne bougeait pas, ne disait rien, ne pensait rien probablement. Drago s'était étonné du fait qu'il puisse dormir malgré la mort qui s'approchait à grand pas, puis il a vu ses yeux et il a compris. Coffee s'en rendait peut-être compte, l'homme qu'ils vont attacher à la croix était déjà mort. Dans sa tête, il n'était plus.
« Bien, fit Coffee, j'ai remarqué dans votre dossier que vous étiez un pratiquant du catholicisme. Souhaitez-vous que je fasse venir un prêtre ? »
Face à l'absence de réaction de son interlocuteur, le directeur se résigna.
« Très bien. » Il tendit la main et prit le morceau de tissus que lui tendait un gardien. « Vous devrez mettre ceci. Les gardiens et moi-même viendront vous chercher à 17 heure 40. Il est important que vous portiez cette chemise. Si vous ne le faites pas, les gardiens vous la mettront de force, et nous préférons éviter ce genre de désagrément. D'accord ? »
Pas de réponse. Coffee posa la chemise du condamné sur le bord de la couchette et se détourna. Les cinq hommes sortirent de la cellule qui se referma automatiquement derrière eux. Ni Coffee, ni les gardiens ne se retournèrent par la suite. Ils sortirent tous du quartier, laissant les condamnés seuls avec leurs pensées.
Drago observa Chikliss. Il attendait sa réaction, il voulait savoir ce qui l'attendrait dans deux jours. Mais il fut déçu. Chikliss ne jeta même pas un coup d'œil au vêtement. Il tourna le dos à la grille, se recoucha et ne bougea plus. Le meurtrier avait de nouveau plongé dans sa torpeur.
Dépité, Drago se tourna vers Numéro Quinze, toujours perdu dans sa transe mystique. Véritablement intrigué, il lança :
« Eh, tu fais quoi ? »
Numéro Quinze ne répondit pas tout de suite. Au bout d'une quinzaine de secondes, il dit sans ouvrir les yeux :
« Je prie.
- Tu prie pour quoi ?
- Pour lui. »
Drago mit deux secondes à comprendre qu'il parlait de Chikliss.
« Tu plaisante ?
- Non. »
Drago le regarda, incertain, se demandant si Numéro Quinze ne se foutait pas de sa gueule.
Il faut dire que c'était un drôle de numéro, celui-là (sans mauvais jeu de mot). Numéro Quinze est arrivé une semaine à peu près après Drago et il ignorait toujours son nom. Les gardiens l'ignoraient (après tout, ils n'avaient aucune raison d'être sur son dos, puisqu'il était un prisonnier encore plus irréprochable que Drago), et comme il ne parlait quasiment pas, il était difficile de savoir qui il était, d'où il venait et ce qu'il avait fait pour en être arrivé là. A dire vrai, ce prisonnier fascinait l'ancien Serpentard. A défaut de connaitre son nom, il l'avait surnommé « l'étranger de la cellule 15 », « le tatoué », « le curé » ou plus communément « Numéro Quinze ». Il l'avait ensuite observé afin de percer son mystère. Numéro Quinze était grand et d'une maigreur presque maladive. Son visage devait être sec et abrupte bien avant que les ravages d'Azkaban ne l'enlaidisse davantage. Sa figure était mangée par une barbe clairsemée et une masse de cheveux noirs qui lui cachait à moitié les yeux. Son regard, justement, était sombre. Deux globes noirs assez dérangeants. Mais ce n'était pas le plus intriguant chez lui. Ce qui l'était, c'était ses tatouages. Il en avait un sur la jugulaire gauche qui avait la forme (douce ironie du sort) d'une croix. A l'endroit où se croisait les deux branche de la croix se trouvait un autre symbole : un cercle, à l'intérieur duquel se trouvait un triangle, lui-même séparé en deux par un trait. Drago ne savait pas grand-chose sur ce symbole. Le peu dont il se souvenait était lié au très célèbre Grindelwald et depuis, Drago assimilait Numéro Quinze à l'un de ces néo-fanatiques qui avait fait du mage noir un objet de culte. Cela pourrait expliquer son comportement de religieux à tendance philosophes et ses signes sur ses phalanges, des runes semblables à des signes de magie noire.
Drago avait essayé d'en apprendre un peu plus sur lui par le biais des gardiens. Ces derniers ne lui ont quasiment pas répondu, lui faisant clairement comprendre de la fermer, qu'ils avaient autre chose à foutre, et que lui-même devrait s'occuper de sa propre merde plutôt que de chercher à fouiller dans celle des autres. Charmant… En dernier recours, Drago avait essayé de questionner Numéro Quinze. Il se rappelait encore de leur première conversation, étant donné que ce fut l'un des rares moments où le tatoué a prononcé plus de deux phrases. Il avait regardé le blondinet avec un sourire moqueur et lui avait dit calmement :
« Je ne te dirais rien sur moi, Drago. A toi de deviner.
- Bordel, et je peux savoir pourquoi ?
- C'est très simple. Si je te dis ce que tu veux savoir, tu n'auras plus rien à faire. »
Drago avait marqué le coup, cherchant le sens de cette phrase. Il avait fini par comprendre au bout d'une journée. En cherchant à percer le mystère Numéro Quinze, deux semaines s'étaient écoulées sans qu'il s'en rende compte. Drago cherchait à s'occuper l'esprit, par n'importe quel moyen, et Numéro Quinze était un bon passe-temps. Il lui fallait réfléchir sur autre chose que lui-même il le fallait, c'était vital. S'il ne le faisait pas, il pensait alors à sa situation et l'image de la croix venait flotter dans son esprit, lui tordant les boyaux, lui donnant envie de vomir. Numéro Quinze lui faisait une fleur en ne révélant rien sur lui, laissant son mystère intact. Un autre point à rajouter à son étrangeté. Par moment, Drago se demandait ce qu'il faisait là. En vérité, le seul détail dont il était sûr à son sujet, c'est que la date de sa mort n'avait pas encore choisi.
« Ne t'inquiète pas, Drago… »
Numéro Quinze entrouvrit à peine les yeux une lueur étrange dansait au fond de ses pupilles.
« … Lorsque ton tour viendra, je prierais pour toi aussi.
- Connard. »
Vexé, Drago lui tourna le dos et alla se coucher sur sa paillasse. Il entendit Numéro Quinze ricaner derrière lui.
iEspèce de salaud…/i
Inévitablement, il se mit à penser à lui-même. Il songea à sa femme, à son fils qu'il ne verra jamais grandir, à tout ce qui a été gâché cette chaude nuit d'été. Et allongé sur sa couchette, il sentit ses tripes se nouer. Rongé par une profonde tristesse, il essaya de penser à autre choses mais il n'y parvint pas. L'émotion le submergeait et il faisait ce qu'il pouvait pour ne pas craquer, pour ne pas se mettre à chialer comme un gosse.
Dans sa cellule, Numéro Quinze avait repris sa prière.
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Lorsqu'arriva l'heure fatidique pour Chikliss, le quartier des condamnés était bien silencieux. Drago était allongé sur sa paillasse, faisant tout son possible pour penser à des choses insignifiantes. Numéro Quinze était toujours dans sa position du lotus mais ne priait plus. Son regard morne se promenait de droite à gauche, comme si la moindre tâche de rouille suffisait à retenir son attention. Gormon, lui, bavait comme un bébé en émettant des gargouillements répugnants. La « séance de relaxation » avait duré une bonne demi-heure et l'enfoiré en était revenu tellement groggy qu'il s'en était toujours pas remis. Bah, ce n'était pas Drago qui allait s'en plaindre. Ca lui faisait des vacances. Quant à Chikliss… Eh bien, Chikliss dormait toujours. Il ne s'était réveillé qu'une fois pour mettre la chemise du condamné, un vêtement sans manche privé de tissus dans le dos (les bras et le dos doivent être dénudé pour que la croix fonctionne), puis il avait passé par-dessus sa veste rayé de prisonniers et s'était rendormi. Drago s'étonnait encore de le voir bouger. C'était comme observer un Inféri. Ca tenait du sacrilège, de voir un mort bouger.
La porte claqua. Coffee apparut, suivit de trois gardiens. Deux d'entre eux portait un brassard bleu. Drago en ignorait la signification exacte, il pensait que cela devait avoir un sens lors de l'exécution. Le petit groupe s'arrêta devant la cellule 19. La grille coulissa, Drago se leva.
« Il est l'heure, Chikliss, » fit le troisième gardien.
Docilement, Wayne se leva et resta figé devant ses geôliers. Avec des gestes lents, il approcha ses poings et ses chevilles afin que le gardien puisse plus facilement lui passer les chaines. Un fois la besogne achevée, il sortit de la cellule avec des cliquetis discrets et avança à coté de Coffee en direction du couloir de la mort.
Drago ressentit une curieuse empathie pour cet homme qu'il ne connaissait pas. S'il y a bien une chose qu'Azkaban lui avait appris, c'est qu'à la fin, nous sommes tous égaux. Il s'imaginait très bien à la place de Chikliss en ce moment. Il imaginait très bien ce qu'il pouvait ressentir, puisque lui-même ressentait la même chose en ce moment. Dieu que c'était horrible de voir ça. Dieu que c'était horrible d'attendre son tour.
« Adieu, Chikliss. »
Drago ne se tourna pas vers Numéro Quinze qui avait prononcé cette phrase. Le petit groupe avait passé la porte et se tenait désormais dans le couloir précédant la salle d'exécution. Un gardien s'approcha de la porte et la ferma. La dernière vision que Drago eu de Wayne Chikliss fut un regard mort. Un regard pitoyable.
Une fois la porte fermé, le silence s'abattit de nouveau sur le quartier comme un sac de brique. Drago retourna s'allonger sur sa couchette et tourna le dos à la grille, prenant la même position que Chikliss il y a pas si longtemps. Les secondes coulèrent, les minutes passèrent… Puis il y eu le cri sourd. Ca y est, Chikliss était sur la croix. Son calvaire semblait interminable. Après de longues secondes, il se tût. Ca y est, Chikliss n'était plus.
Drago resta allongé le reste de la soirée. Il ne bougea pas lorsque les gardiens lui apportèrent le diner, il ne s'énerva pas plus face aux provocations grossières de Gormon il ne faisait plus rien, il ne voulait plus rien faire, soudain pris d'une lassitude proche du coma. Convaincu de son innocence, il serrait le poing et répétait indéfiniment la même phrase :
iJe ne veux pas mourir… Je ne veux pas mourir… Je ne veux pas mourir…/i
