Me revoilà avec le premier chapitre! Comme annoncé, ce n'est pas forcément long et j'ai adapté une nouvelle forme d'écriture sur cette fic, j'espère que ça vous plaira :)

zazeal t'es pas loin du tout! C'est bien une pub de parfum mais pas celle avec emma ^^ Mais chapeau tu es très près ^^

Excellente lecture à tous!


Les nuits romaines ne seraient pas ce qu'elles sont sans ce moment de la nuit. Lorsque le soleil tombe bas dans le ciel offrant sa lumière rougeoyante, les ombres se dessinent, les couleurs de la ville évoluent et les silhouettes semblent prendre une dimension mystique. Elles donnent un aspect intemporel à la scène. On entend des sons s'échapper des maisons. On entend les mères de famille s'affairer dans les cuisines pour préparer le repas tandis que les enfants jouent dans les rues.

Pour un peu, cette scène pourrait-être celle de toute capitale du vieux continent. Mais à Rome, entre chien et loup, le temps suspend son vol. Le Colisée offre un éternel spectacle à celui qui sait en profiter. L'eau des fontaines s'enrichit de la lumière et offre une palette de couleurs semblable à celle d'un diamant. Les odeurs vous captivent et vous ensorcellent.

Plus encore, certains prétendent que la splendeur de l'antique Rome vient s'ajouter à celle d'aujourd'hui pour subjuguer les passants. Les ruines du forum semblent revivre et les murmures des badauds semblent être en latin.

C'est pour ça que moi, je suis toujours ici. J'ai tout quitté pour m'installer dans la ville éternelle qui n'a pas son pareil pour m'inviter à exercer mon art. Je photographie peu mais je choisi l'exact moment. L'instant unique. Mon vieil appareil argentique s'attire parfois encore quelques moqueries à l'ère du numérique mais moi, je sais. Je sais qu'il peut capturer Rome avec une perfection inégalée…


La petite ruelle à l'arrière de la villa était étroite et relativement déserte. Chloé se mordit la lèvre inférieure dans un signe évident de remords. Comment pouvait-elle envisager de quitter une fête donnée en son honneur ? Elle devait être reconnaissante et…

Et puis, zut. Elle était la cible de toutes les attentions depuis quelques jours. Des attentions intéressées et permanentes qui avaient fini par la rendre dingue. Personne ou presque ne faisait attention à elle avant. Son patron aimait son travail mais jamais au grand jamais il ne l'avait envisagée comme une journaliste sérieuse. Ses collègues la regardaient de haut et maintenant, ils cherchaient ses faveurs.

Et elle n'allait certainement pas rester là. Une vieille femme se baladait encore dans la ruelle et elle s'assit devant une maison. Chloé supposa que c'était la sienne en voyant les quelques vêtements qui séchaient sur un fil tendu au dessus de leurs têtes.

La femme marmonnait des paroles incompréhensibles pour Chloé. Mais ses gestes en direction de l'immense villa laissaient présager des remontrances contre son patron et ses somptueuses soirées. Un jeune garçon d'une dizaine d'années passa en courant devant elles, un pain coincé sous son bras et il ne put s'empêcher de rire en entendant la petite vieille jacasser. Son langage ne devait pas être très châtié.

Chloé sourit et hésita un instant. Elle finit cependant par se diriger vers la gauche. En apercevant les voitures et les limousines déposer quelques personnalités dont Chloé ne connaissait que les visages et peut-être un ou deux noms, elle fit demi-tour et s'engagea à droite de la ruelle.

Un jeune couple d'adolescents se bécotait près d'une Vespa rouge sang et Chloé les envia un instant. Juste assez pour décider de continuer dans les minuscules ruelles à la place des grandes artères de la ville.

Elle se délectait des odeurs des repas et elle fut contente d'avoir pensé à prendre un peu d'argent avec elle. Chloé s'approchait d'un parc où l'on pouvait voir quelques ruines antiques. Fascinée par ce mélange étrange d'antique et de modernités dans un tel lieu – chose qui était presque inenvisageable chez elle – elle poussa la minuscule barrière du parc.

Quelques enfants s'amusaient sur des balançoires tandis que leurs mères discutaient à grand renfort de mouvements de mains et de sourires.

Chloé était subjuguée par la scène et lorsqu'elle entendit les cris d'une petite fille, elle se retourna. Elle regardait la petite qui venait vraisemblablement de perdre son ballon qui s'envolait.

Ni une ni deux, Chloé se précipita et grimpa sur le banc le plus proche pour essayer de rattraper la ficelle rouge et blanche accrochée au ballon.

Et elle y arriva.

Descendant avec un sourire et une certaine rougeur sur les joues, Chloé tendit le ballon à sa légitime propriétaire et le lui noua autour du poignet. Les enfants l'applaudissaient en criant et riant.


Mais cette photo là, c'était providentiel. Une évidence. Comme si le destin m'avait guidé. Cette jeune femme, la jambe légèrement pliée alors qu'elle monte sur le banc et que ses doigts veulent attraper ce ballon.

Son côté parfait, c'était son style retro. Sa robe absolument divine et légère très année soixante selon moi et ce chapeau tout droit sorti de l'entre-deux-guerres. Et puis, ce banc devant quelques colonnes millénaires et cette lumière unique tandis que des enfants l'entouraient de loin. C'était de l'émotion pure.

Si j'avais su à cet instant que cette photographie finirait à la Une du Times pour un article sur la jeune journaliste Chloé Sullivan… je vous aurais très certainement ri au nez. Et pourtant…

Vous vendre l'originale ? Non. Ce ne sera pas possible. J'ai déjà cédé cette photographie et la personne souhaite garder l'anonymat. Il vous faudra vous contenter des copies.

Max Plovin - Photographe