On continue : Cette partie est moins descriptive que la précédente (même si on reste dans le même contexte)
Disons plus M que MA
Bonne lecture !
;-)
Il émergea le premier.
- Vivante ?
- A peine, répondit-elle en riant. Tu peux… ?
- Oui ?
- Ta chemise s'il te plaît. Tu veux bien l'ôter de mes yeux ? Je voudrais te voir !
- Oups pardon, j'oubliais.
Il se redressa pour se mettre juste au-dessus d'elle et défit lentement le bandeau de chemise. Elle ouvrit les yeux petit à petit en plissant les paupières et finit par le distinguer à la pale lueur de la lune et des étoiles qui s'infiltrait dans la chambre. Il guettait son premier regard comme la première eau dans le désert. Et ce regard le cloua littéralement sur place. Il le transperçait de son bleu si pur. Et l'humidité au fond de ce bleu le bouleversait.
Sans le lâcher des yeux, elle bougea légèrement et avec l'aide empressée de son amant, parvint à s'asseoir, les mains toujours nouées sur le côté.
Ils restèrent ainsi, immobiles, quelques instants. Calant leurs respirations profondes l'une sur l'autre pour éviter qu'elles ne s'emballent. Et elle articula dans un souffle court.
- Détache-moi, Mulder. Je veux t'embrasser.
- Ah, je ne sais pas…, louvoya-t-il.
- Détache-moi ! Laisse-moi te caresser, susurra-t-elle.
- Je réfléchis… Non !
- Laisse-moi te caresser… partout…
- Tu n'as pas forcément besoin de tes mains pour ça, taquina-t-il.
- Mais j'ai besoin de mes doigts pour bien jouer de la petite flûte, aguicha-t-elle avec un large sourire.
Il éclata de rire.
- Tu es irrécupérable ! Si Josh t'entendait ! Docteur « La fellation, c'est pas une obligation ! »…
- Ce garçon était vraiment mal dégrossi, commenta-t-elle en faisant glisser doucement son pied vers l'entrejambe de Mulder avec des yeux brillants.
- Moi, il y a 15 ans ! Eh ! Qu'est-ce que c'est que cette arme non conventionnelle ? protesta-t-il en s'écartant du pied inquisiteur.
- Détache-moi parce que sinon, tu vas rater quelque chose !
- Chantage !
- Je veux te faire l'amour à mon tour, chuchota-t-elle à son oreille d'une voix grave et affolante.
- Dana ! Je sais que tu me vois comme un étalon en rut…
Elle pouffa.
- … mais là, ça ne va pas être possible, tu sais…
- Laisse-moi essayer. J'ai envie de te toucher…
Son visage redevint sérieux et elle murmura avec fièvre.
- … J'ai envie de te palper… Je veux pouvoir m'allonger sur toi et t'étreindre comme jamais.
Il passa un doigt sur sa joue avec douceur.
- Je suis mort, Scully ! Je t'ai tout donné, tu sais.
- Je sais, souffla-t-elle très émue.
Il s'était approché. Elle se redressa sur ses genoux, lutta contre la cravate qui tenait toujours ses mains attachées et se tendit vers lui. Elle déposa un baiser effleuré sur ses lèvres, très lentement.
- Jamais personne ne m'avait aimé comme ça, Fox… murmura-t-elle la gorge nouée.
- Je suis le premier alors ? plaisanta-t-il sur le même ton mais profondément touché.
- Tu es le seul. Elle l'embrassa de façon un peu plus appuyée. Tu es l'unique, poursuivit-elle d'une voix sourde…
Elle planta ses yeux bleus dans les siens. Sans faux-semblants, à nue.
- … et je t'aime… et je ne parle pas que de l'amant. C'est l'homme en entier que j'aime de tout mon corps et de toute mon âme.
Elle lui sourit gravement.
- Détache-moi, je t'en prie.
Il avait de plus en plus de mal à résister à sa voix basse et pressante.
- Dis-moi oui.
- Tu es une redoutable prédatrice, Dana ! capitula-t-il en défaisant ses liens avec mille précautions. Tu le sais ?
- Tu te trompes. Je suis juste une redoutable amoureuse, corrigea-t-elle en passant ses bras autour de son cou.
Avec une infinie tendresse, elle s'installa sur ses genoux et colla son bassin contre celui de Mulder. Elle leva les mains vers son visage, caressa ses tempes en sueur, ses joues que les pousses de poils commençaient à assombrir. Elle fit courir ses doigts sur ses lèvres… et vint l'embrasser avec tant d'amour qu'il en frémit.
- Je ne te demanderai rien, tu sais. Tu as droit au repos du guerrier…
- Je peux dormir alors ? plaisanta-t-il tout en flattant la peau fine juste au-dessus de ses hanches.
- Tu peux essayer, chuchota-t-elle en le renversant sur le dos et en s'abattant sur son torse puissant pour le couvrir de baisers.
Elle se noyait dans ses effluves virils et musqués et se mit à lui prodiguer mille baisers et caresses, ondulant sur sa peau moite, coulant sa langue dans chaque creux, chaque colline, étreignant ses hanches comme le point d'amarrage de leurs deux corps. Et doucement, elle s'insinua juste sous le pelvis. Il était là, l'animal… discret, mais réagissant déjà subtilement à ses approches… Elle sourit en elle-même. Elle pouvait entamer la danse ainsi. Elle en connaissait les pas. Mais son instinct lui souffla qu'aujourd'hui, il y avait une ouverture pour une chorégraphie légèrement différente.
- Mulder ? Quelque chose te préoccupe ? s'enquit-elle en déposant un baiser espiègle sur une chair hautement sensible.
Il tressaillit en lâchant un petit rire. Elle avait perçu son trouble. Il eut un sourire mystérieux.
- Ben…
Il hésitait un peu.
- Je me demandais…
- Mmm ?
- C'était comment ?
Elle resta un moment sans rien dire. Savourant la justesse de son intuition.
- Tu veux vraiment savoir ? sonda-t-elle finalement d'un air sibyllin.
- Je crois… Je suis curieux !
- Ça ne s'explique pas... Elle saisit la cravate et s'assit sur lui enserrant sa taille entre ses cuisses encore trempées. Tes mains, Fox, exigea-t-elle d'une voix douce comme le miel en se penchant au-dessus de son visage.
Il écarquilla les yeux.
- Tu n'y penses pas sérieusement ?
- Je suis très sérieuse, murmura-t-elle en faisant glisser la soie sur les lèvres pleines de Mulder.
- Je ne sais pas…
Il protestait pour la forme. Ses yeux brillaient d'excitation. Elle savait que ça faisait partie du jeu. On ne renonce pas si facilement au contrôle de la situation, surtout lorsqu'on est un homme, conditionné dès son plus jeune âge à prendre en main les choses, à dominer sa vie…
- Il me semblait pourtant que tu éprouvais une curiosité évidente pour certains phénomènes… inexpliqués !
Il rit.
- Ah dans ce cas. Si c'est un X-File, c'est très différent !
- C'en est un ! Crois-moi.
- Alors attache-moi. Je tiens à explorer personnellement ce dossier. Dussé-je le payer très cher de ma personne !
- Voilà un homme d'abnégation ! taquina-t-elle le sourire aux lèvres.
Et avec amour, elle serra le lien autour de ses poignets…
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- Alors ? Verdict ?
De ses doigts fins, elle parcourait avec délicatesse la verge enfin au repos. Il laissa s'écouler quelques secondes pour reprendre ses esprits.
- Alors ? !… Tu es une sorcière !
- Peut-être…
Changeant de position, elle sourit en libérant les mains de son homme et déposa un doux baiser au creux des poignets rougis par le frottement.
- … Mais dans ce cas, j'exige que ce soit toi mon bûcher…
Il passa son bras autour des épaules de Dana et la ramena contre son torse. Elle leva ses yeux émus vers lui et ils se regardèrent longuement, sans prononcer une parole, partageant seulement le bien-être absolu d'être ainsi ensemble, l'un contre l'autre. De sa main libre, il caressa ses cheveux roux soyeux puis l'embrassa avec douceur. Tout en restant étroitement enlacés, ils s'allongèrent et s'installèrent pour reprendre leur nuit. Elle se lova au creux de son épaule, glissant une jambe entre ses cuisses. Il remonta le drap sur eux et la serra contre lui, humant le parfum exquis de sa peau de nacre.
- Je t'aime, Fox…
Il resserra son étreinte.
- Je t'aime aussi… Je suis moins doué pour le dire mais je n'en pense pas moins.
- Tu es très doué pour le prouver !
Il rit.
- Dois-je comprendre que tu as apprécié ces petites innovations ?
- C'est un euphémisme ! Tu as besoin que je développe ? ajouta-t-elle en le regardant d'un air mutin.
- Pas vraiment, en fait ! Je crois que je m'en suis douté, sourit-il.
- J'ai adoré… mais…
- Mais ?
- Je ne veux pas que tu te dises que dorénavant ça devra toujours être comme ça.
Il se tourna vers elle avec des yeux brillants de gratitude. Cette femme était une bénédiction !
- C'est vrai… continua-t-elle. C'était fantastique parce que… c'était… surprenant… inhabituel… ! Mais ça ne doit pas être tous les jours Noël…
- Il n'y a plus de magie sinon…
- Oui. C'est l'ordinaire qui fait l'extraordinaire. Et l'amour est aussi là dans l'ordinaire.
Il l'écoutait le cœur battant. Elle poursuivit gravement.
- Si on se disait que l'ordinaire, ce n'est pas assez et qu'on le fuyait en s'obligeant chaque jour à davantage de performances, on prendrait vite d'autres habitudes. Un jour, on se dirait que ça ne va plus, qu'il faut encore se renouveler, et de fil en aiguille, on rentrerait dans une spirale de la surenchère et ce serait sans fin jusqu'à ce que forcément notre incapacité à se satisfaire nous revienne en pleine figure… et nous sépare. Et moi, je veux rester à tes côtés jusqu'à la fin de mes jours.
Il médita cette déclaration, plus ému qu'il ne voulait bien le laisser paraître. Et finalement, déclara d'un air rasséréné.
- Alors, j'ai encore le droit à l'amour vite fait le matin ou avant de se coucher ?
Elle rit.
- Tu auras toujours le droit à l'amour vite fait à condition que je sois un minimum disposée !
- … Et que nous prenions à d'autres moments le temps d'approfondir les choses.
- Tu m'ôtes les mots de la bouche !
Il roula sur elle.
- Tu sais pourquoi je t'aime, Dana ?
Elle écarquilla les yeux. Voilà bien une question à laquelle elle n'avait jamais espéré de réponse.
- Euh… Parce que ? ! essaya-t-elle.
Il éclata de rire, conscient qu'en temps normal, il aurait en effet probablement opposé ce genre de boutade en réponse à une telle question. Mais cette nuit n'était pas « normale »…
- Parce que tu ne me demande pas pourquoi je t'aime !… Parce que tu me donnes le droit d'être juste médiocre quand je prends du plaisir sans penser à toi…
Il redevenait sérieux.
- … Parce que je me sens roi quand je te fais l'amour à la hauteur de ce que tu mérites…
Elle le dévisageait, bouleversée, les larmes aux yeux..
- … Parce que, poursuivit-il, tes yeux me renversent et parce que, par miracle, ils brillent à m'en faire frémir lorsqu'ils se posent sur moi… Parce que tu es toujours là dans les pires situations comme dans les meilleures… Parce que tu me surprends encore tous les jours… Parce que tu es belle à tomber…
- ...
- Dana ?
Elle s'éclaircit la gorge et articula non sans peine.
- C'est tout ?
Il sourit.
- Ce sera tout.
- C'est un peu court, jeune homme ! Non ?
- Je la trouve d'une longueur parfaite !
- Tu as raison, convint-elle en retenant un rire. Et puis, ce n'est pas la taille qui compte !
- Je crois, en effet, que c'est plutôt l'art qui prime sur les aspects purement … quantitatifs, tu vois !
Elle gloussa.
- Et ce soir, ton art était parfait ! Tu peux me la refaire ?
- Euh… On parle bien de…
- Ta déclaration, Mulder ! Il faut absolument que je l'enregistre !
Elle rit devant sa mine déconfite.
- Scully, je pensais que tu savais que mes déclarations étaient des œuvres éphémères…
- Voire virtuelles ? plaisanta-t-elle.
- … Mais sache que mon amour, même non déclaré, est éternel !
- Et sache que… idem !
Elle enfouit sa tête dans son cou et l'étreignit de toutes ses forces. Il la serra contre son cœur.
- Bonne nuit, mon amour…
- Bonne nuit, mon amour.
A suivre...
