OS écrit dans le cadre de la nuit du FoF, pour le thème Recul (n°5).

« Sherlock ! » C'était le cri indigné que tout le monde put entendre sur Baker Street par cette belle matinée d'automne.

Bien sûr, les habitants des appartements voisins au 221B savaient depuis longtemps que c'était là que vivait Sherlock Holmes, le plus brillant détective du 21ème siècle. Ils savaient aussi, grâce aux hurlements que poussaient très souvent Mme Hudson, leur logeuse, (et par très souvent, tout le monde savait qu'on voulait dire presque tous les jours), que l'homme n'était absolument pas ordonné et que son hygiène était déplorable.

Les passants, car bien qu'il fut quand même tôt, il y en avait, et les touristes, se demandaient ce qu'il pouvait bien se passer, et on pouvait souvent en voir plusieurs sourire en coin ou même rire ouvertement devant la situation.

Cependant, ce jour-là, Mme Hudson avait une bonne raison d'interpeller aussi violement Sherlock. Non pas que ses raisons soient mauvaises d'habitude, mais celle-ci nécessitait de prendre du recul. Beaucoup de recul.

Elle pouvait comprendre, bien que difficilement, qu'il fasse toutes sortes d'expériences bizarres, qu'il possède un crâne (quoiqu'il l'utilisa moins depuis que John cohabitait avec lui) ou encore qu'il utilise un pistolet parfois. Il travaillait pour la police, après tout. Mais ce qu'elle ne pouvait pas comprendre, pas du tout, c'était ce que faisait une tête coupée dans le frigidaire.
Le meuble était censé être utilisé pour conserver la nourriture, des aliments mangeables, comme des fruits, des légumes ou encore de la viande. Certainement pas une tête humaine coupée.

Et puis comment était-elle arrivée là, d'abord ? Comment pouvait-on transporter une telle… chose dans la rue sans que personne ne remarque rien ? Oui, se dit-elle, elle avait besoin de prendre du recul sur cette question. Elle devait arrêter d'y penser, et plutôt demander à Sherlock quand il rentrerait ce soir ce que faisait cette tête dans le frigo.

Quoique, après mûre réflexion, il valait peut-être mieux, pour sa santé mentale, qu'elle ne le sache pas. Le recul, c'était bon pour la santé. En tout cas pour la sienne.