Je soulève mon amant, l'allonge sur le dos avant de glisser un doigt dans ma bouche. D'un regard, je demande une confirmation, Spencer ferme les yeux, hoche doucement la tête, s'agrippe à mon bras puissant.
Effleurant l'intérieur de la cuisse de mon doigt humide, je cherche encore une fois un certitude dans l'attitude de mon compagnon. Une pression sur mon bras m'incite à agir. Toute en douceur, je glisse l'index dans l'antre inviolé de jeune homme.
Un petit cri aigu me répond, Spencer se tend contre ma main. Je voudrait fuir, disparaitre pour toujours, ne plus jamais revoir ces yeux, mais il est trop tard, je le sait. Bientôt, je ne pourrais plus me retenir et j' enfouirais ma virilité couverte de honte dans les chaires meurtries de Spencer.
Mon doigt avance et recule au rythme de mon excitation. Je sens son corps se tender et ployer sous mon assaut. Il semble sur le point de se rompre. A demi conscient, il caresse mes épaules. Dans un sursaut de plaisir, il enfonce profondément ses ongles dans ma peau brune, alors que mon doigt heurte le plus intime point de ce corps.
J'ondule contre son ventre, retenant à grande peine l'envie de le brutaliser. Mon poids pèse sur son corps, ma main écarte doucement ses cuisses. Il a compris ce que je vais faire, il ferme les yeux, une peur qui le fait trembler.
- Je vais, articule je difficilement, Spencer repousse moi.
Mais rien ne vient, pas un geste ni un mot. Alors, sentant la malédiction s'abattre sur mes épaules, je presse mon érection contre lui et d'une poussée dévastatrice, je le pénètre. Son corps se contracte, me tirant un râle. Je me retiens d'exploser en lui, je contiens mon plaisir, le forçant à se taire, tapi au fond de mes entrailles.
Je le sens trembler contre moi, j'enfouis ma bouche dans son torse mince. Je veux mourir, qu'il puisse oublier jusqu'à mon existence. Le monstre au fond de mon cœur prend le dessus, me murmurant de le prendre, d'extraire jusqu'à la dernière goutte le plaisir de son corps. Alors presque contre ma volonté, mes hanches bougent, mon membre remut en lui.
Ses doigts, toujours enfoncés dans ma chair, se crispent un peu plus.
Mes mouvements s'accélèrent sans que je me puisse les retenir. Il gémit dans mon cou, ce murmure me brûle les sens, m'incitant à le prendre plus fort. Son gémissement se mût bientôt en cri de plaisir. Sait il qu'il hurle? Je ne crois pas, peu m'importe, son corps incendie le mien. Et dieu que c'est bon!
Je vais mourir de ses mains sur ma peau, de son corps prisonnier du mien.
Au creux de mes bras, il n'est qu'un fétu de paille, qui ploye au gré de mes envie. D'un geste rapide, je me redresse, l'entrainant avec moi. En appui sur mes jambes, je le force à s'assoir sur mes genoux. Ses yeux s'ouvrent grand, me dévisageant. De mes bras puissants, je l'empale brutalement sur mon membre. Mon regard le brule, je voudrais le tuer de mes yeux, qui ma honte disparaisse avec lui. Mais il me sourit, scellant ma malédiction.
Réveillé en sursaut, je m'étire et m'immobilise presque dans un même mouvement. D'un geste leste que je connais trop bien, je me dégage des bras frêle de mon amant. Je glisse le drap froissé sur sa peau frémissante. Cinq minutes plus tard, douché et habillé, je referme la porte de la chambre. Ayant retenu mon souffle à l'extrême, je respire à nouveau lorsque je suis sur de ne pas l'avoir réveillé.
D'un pas mal assuré, je quitte le couloir, préférant les escaliers à l'ascenseur.
L'aube pointe ses premiers rayons quand j'entre dans un snack bar ouvert en permanence. Je choisis le coin le plus à l'écart, chose peu aisée dans ce genre d'endroits, tout y est éclairé. Une pulpeuse serveuse me dévore des yeux lorsqu'elle dépose une tasse de café sur ma table.
- Que puis j vous servir, Monsieur? Dit elle dans un souffle qui se veut charmeur.
- Juste du café, rien d'autre, j'insiste, ne la regardant pas.
Dieu faites qu'elle est compris, tout ce que je souhait est de disparaitre de ce monde. Que plus jamais personne ne pose ce regard concupiscant sur mon être, pas mais cette jeune fille insignifiante. Pourtant il me suffirait de la prendre, de me montrer quelques instants à son bras et Spencer ne reparaitrait plus jamais devant moi.
Comment puis je seulement imaginer me débarrasser de lui, alors que je suis le monstre de l'histoire.
J'ingurgite d'une traite le café que j'espère brulant, qu'il me tut sur place, que je ne revoit jamais son visage.
J'erre un certain temps dans les limbes de mon déshonneur, lorsque la jeune femme me propose une nouvelle tasse de café.
- Quelle heure est il?
- Bientôt dix heure, Monsieur, dit elle d'un air inquiet. Vous êtes comme ça depuis deux bonne heure au moins. Vous allez bien?
- Un monstre peut il aller bien? L'interroge je, en riant.
- Excusez moi, monsieur mais je ne comprend pas…..
- Peu importe, murmure je.
Je laisse deux billets sur la table sans même prendre conscience que je paye dix fois le prix d'un café. Je file aussi vite que mes jambes me le permettent. Je redevient un homme comme les autres, anonyme au creux de la foule.
Vingt minutes plus tard, je pousse la porte de la chambre de mon obsession malsaine. Personne. Le lit défait est froid. Je marche lentement, oppressé par le bruit assourdissant de mes pas. Je me fige sur le seuil de la salle de bain. En appuie sur le lavabo, couvert d'un peignoir de bain immaculé, ma malédiction fixe deux flacons et la seringue posés sur le marbre.
D'un geste rageur, je balance le tout contre le mur. Il se rue sur les tessons de verre, manquant de se couper. Je le retiens de mes mains enserrant ses bras. Le regard hagard, il ne me voit pas. Il gesticule, frémi, cherchant à se dégager de ma prise. Mais je tiens bon, non cette drogue ne réussira pas là où un psychopathe n'a pas réussit.
Désormais et à jamais tu m'appartient, mon corps seul décidera de ta survie.
Sa supplique n'a aucun sens, mon refus n'est qu'une réponse automatique, ses insultes ne me blessent pas.
Ses ongles déchirent doucement ma peau, un mouvement sensuel.
Sait il que son corps tout entier se pliera à ma volonté?
- Ton corps contre cette chose!
Il se fige, tête baissée, bras ballant.
Il veut vraiment que je …
D'un mouvement brusque je le plaque contre le mur. Il hoquète de douleur mais ne se débat pas.
- C'est vraiment ce que tu veux? Ma haine perce de mes mots.
- L'oubli est tout ce qui m'importe….
- Alors je serrai ton oubli et cela aussi tu l'oubliera.
Doucement ma main glisse contre ses yeux, obscurcissant son environnement. Mon autre main fond sur sa peau diaphane, je suis lui.
Retrouvant les entailles sur mes épaules, ses ongles pénétrant à nouveau ma peau.
Et bien plus qu'il m'appartient, je suis à lui.
Mes mains quittent le simple épiderme, prenant possession de son intimité, je le fais mien à nouveau.
A peine dévêtu, je me disperse en lui, le faisant hurler.
Sa douleur réveille mon monstre, et de mon corps je le puni.
M'enfonçant sans ménagement en creux de ses entrailles, je vais et je viens. Mon sexe le brutalise, et alors que je veux faire taire ce monstre en moi, je sens ma main s'abattre sur sa joue.
Il pleure, supplie, et prie.
Mes bras puissants le soulève, alors que le reste du vêtement disparait, je l'appuie de toute mes forces sur mon membre.
Ses mains encrées à mon cou, une douleur sourde se répand dans ma colonne vertébral.
Tout contre mon oreille, il murmure.
- Fais moi oublier, et je serrai toujours à toi. Ta chose. Ta volonté seule guidera mon corps.
- Alors brule pour moi, et je te ferrai renaître.
Veuillez m'excuser pour l'attente.
Avant dernier chapitre, épilogue à venir.
