Blabla de l'auteur : Bonsoir à tous. Désolée de poster que maintenant. J'espère que ce chapitre vous plaira. Un très grand merci à amy_chan, MiniMagiCcOlOur, Mama054, Solen, morgane, pamou et Bina 1996 pour leur review. Je vous adore !

Disclaimer : Bon, soyons clair. L'univers, les personnages et ceux que vous reconnaissez, ne m'appartient pas. Ceci dit, si jamais vous connaissez le prix qu'il faut donner pour avoir Shane, je suis preneuse. (De l'info hein) Non sérieusement, rien ne m'appartient, tout est à Disney.

Merci à chris87 pour ses corrections et nouna pour ses commentaires ! (certain valent vraiment la peine)

PS : Je dédie ce chapitre à MiniMagiCcOlOur qui fait son Grand retour dans mes fidèles lectrices. L0ve.

Bonne lecture !

Chapitre 01

Je sais, vous vous dites qu'on a été stupide, de coucher ensemble au bout d'une heure, alors qu'on connaissait juste le prénom de l'autre ! Et vous savez quoi ? Certains soirs, je me suis dit la même chose. C'était une erreur ! Une erreur qu'on fait souvent à notre âge. On connaît tous une personne qui a fait la même chose. En vacances, les esprits se font plus légers et les idées plus lubriques, comme dit ma grand-mère. Je ne nous cherche pas d'excuses rassurez-vous ! Pour autant, je ne regrette pas la suite de notre histoire. Le lendemain de cette rencontre, j'ai eu le cœur gros, comme on s'en doute. Je m'en voulais de ne pas avoir pris son numéro ! Je ne savais rien d'elle, sauf son prénom : Mitchie ! Un prénom qui sonnait très bien à mes oreilles. Une semaine plus tard, je réintégrais New York, sans aucun espoir de la revoir. Quinze jours plus tard, alors que je jouais avec mes deux amis à Central Park, nous avons été contactés. Un chasseur de tête, nous avait repérés et souhaitait signer un contrat avec nous. Dans les mois qui ont suivis, je ne vis pas les jours passer. Pas un soir n'est passé sans que je pense à elle, pourtant je n'ai jamais raconté cette histoire à mes amis. Nate et Jason, ont bien vu que je n'étais plus le même, il paraît même que j'étais un peu déprimé. Peut-être… Je n'ai jamais aimé me fixer dans le miroir, pour lire au fond de mes yeux. De toute manière, passé un an, je me suis simplement dit que je ne la reverrais jamais. Notre histoire, même si elle ressemblait plus à une histoire d'un soir, qu'à celle d'Elisabeth et Darcy, d'Orgueils et préjugés était terminée. J'ai donc décidé de tourner la page… Sans pour autant chercher à la remplacer !


Lorsque le panneau qui souhaitait la bienvenue à Green Bay fut en vue, Mitchie soupira. Ils arrivèrent rapidement chez elle et elle monta ses bagages, l'esprit resté à Miami, dans cette petite chambre sobre. Alors qu'elle rangeait ses affaires, on sonna à la porte et sa mère ouvrit. Au ton qu'elle employa pour lui dire qu'elle avait de la visite, la brunette sut que son ex-copain était là. Elle descendit en soupirant et lui fit face, sans l'inviter à entrer. Les bras croisés sur sa poitrine, elle le fixa méchamment.

« - Qu'est-ce que tu veux ?

« - M'excuser, d'une part ! C'était lâche et ensuite t'expliquer !

« - M'expliquer quoi ? Que t'en as eu marre que je refuse de coucher avec toi et que t'as préféré te jeter dans les bras de Kelly Tompson ? Rassure-toi, je ne t'en veux pas ! Soyez heureux ! Salut. Bonjour chez toi !

Sur ces mots, elle ferma la porte et secoua la tête avant de remonter dans sa chambre terminer ce qu'elle faisait. Quand elle eut terminée, elle prit la tenue qu'elle avait mise la veille et la fit sécher. Elle ne voulait pas que sa mère la lave. Elle se coucha peu après et rêva du jeune homme. Il devait lui en vouloir d'être partie comme une voleuse et pour être honnête, elle s'en voulait également. Elle aurait aimé le connaître mieux, mais ses parents avaient refusé qu'elle retourne se balader. Ils restaient toute la maison à vider et elle avait dû les aider, non sans pester. Le lendemain, lorsqu'elle se réveilla, elle nota que les vêtements étaient secs et elle les plia pour les ranger. Elle ouvrit son dressing, et prit la boite à souvenir, que son grand-père lui avait fait. Il en avait fait pour chacun de ses petits-enfants et aujourd'hui encore, lorsqu'elle y rangea la tenue, elle l'en remercia. La boite était assez grande pour contenir les souvenirs de sa vie. Elle la referma, la replaça, puis descendit.

Durant un mois, elle ne pensa qu'à lui, même si les cours avaient repris. Elle n'était pas surdouée, mais avait une bonne mémoire qui lui avait permis d'avoir toujours la moyenne, alors qu'elle rêvait durant ses leçons. Aussi durant ce mois, elle avait beaucoup pensé à lui. Elle revivait leur rencontre, la modifiait, en imaginant qu'ils habitaient la même ville et allait au même lycée. Elle fixa, plusieurs fois, la porte en s'attendant à ce qu'il la franchisse, sans succès. En plus de son prénom, elle ne savait que deux choses de lui. La première c'est qu'il avait du se faire opérer de l'appendicite, vu la cicatrice qu'il avait et surtout qu'il n'était pas du Texas. La plupart de sa famille y vivait et elle reconnaissait l'accent facilement. Un accent qu'il n'avait pas !

Seulement, un matin sa vie changea. Comme souvent, depuis deux semaines, à peine commença-t-elle son petit-déjeuner, qu'elle fut prise de nausées. Elle lâcha tout et fila aux toilettes rendre ce qu'elle venait d'ingérer et s'interrogea. Qu'avait-elle ? Un instant, elle sourit en s'imaginant enceinte, puis y renonça ! Ils n'avaient certes pas fait attention, mais elle avait eu ses règles peu après, donc aucune raison de s'inquiéter. Elle se releva, se rinça la bouche et vida son bol dans l'évier, comme souvent. Elle prit un paquet de biscuit, ainsi qu'une orange et fila s'habiller. Elle décida d'aller chez le médecin, le lendemain, en revenant de ses cours. Le vendredi était le seul jour où ses parents rentraient après vingt heures, ils ne sauraient donc rien de son rendez-vous médical.

Lorsqu'elle sortit du bureau, avec une ordonnance pour faire une analyse de sang, elle se posait un milliard de question. Le médecin, le docteur Sullivan, pensait qu'elle était enceinte et lui avait demandé de faire cette prise de sang, pour s'en assurer, puisqu'elle n'y croyait pas. Elle lui avait, pourtant, assuré avoir eu ses règles récemment, mais il n'avait rien voulu savoir. Aussi le lendemain, elle se leva et partie, à jeun, faire la piqûre qui prouverait à son médecin qu'il avait tord. Elle se rendit au cabinet d'analyse et, une fois l'examen fini, on la prévint qu'elle pourrait récupérer les résultats le soir même.

Elle passa la journée assise au jardin, à jouer un peu de guitare. Elle se demandait quelle maladie elle avait. Elles n'étaient pas nombreuses avec des vomissements matinaux et un excès de fatigue. A seize heures, elle rangea l'instrument et retourna chercher les résultats, avant d'aller voir son médecin avec qui elle avait pris rendez-vous dès son retour. Elle ouvrit l'enveloppe, et y vit un paquet de chiffres ainsi qu'un mot de sept lettres qui lui coupa le souffle. Positif ! Elle se reprit, rangea la lettre la mit dans son sac et sortit du cabinet. Durant tout le long du trajet qui la conduisait chez son médecin, elle se demanda comment ça avait pu arriver. « Oui, bon comment, je le sais, j'étais là, soupira-t-elle, mais j'y comprends rien. J'ai eu mes règles depuis. Il doit y avoir une erreur, c'est impossible autrement. Je ne peux pas être enceinte ! Je ne connais rien de son père, j'ignore où il vit, s'il pense à moi, ou si j'étais juste une passade. Comment mes parents vont réagir ? Ils vont vouloir que j'avorte et ils vont avoir raison. Je n'ai que quinze ans ! Bon seize à la fin du mois, mais ça ne change rien ! Je suis trop jeune et son père n'est pas dans ma vie ! » Ayant pris sa décision, elle poussa la porte du cabinet médical et la secrétaire lui sourit avant de lui indiquer la salle d'attente. « Mouais, faudrait que j'arrête d'être malade, moi. Je commence à avoir mes entrées ici. Ils devraient mettre en place un service de fidélité, s'amusa-t-elle. » Dix minutes plus tard, son médecin la fit entrer. Elle s'assit face à lui et lui tendit la lettre. Il l'ouvrit, lut, la posa devant lui, et la regarda.

« - Ce doit être une erreur !

« - Mitchie, ça ne l'est pas ! Je vais vous donner une lettre pour faire un examen gynécologique, histoire de savoir de combien vous êtes enceinte mais…

« - Depuis le trente Aout, répondit-elle spontanément.

« - Vous en êtes certaine ?

« - Je ne l'ai fait qu'une fois docteur, soupira-t-elle, la veille de mon retour de vacances, donc oui j'en suis certaine. A moins qu'on fasse les enfants en s'embrassant, il n'y a que ce jour-là qu'il a pu être conçu !

« - Bien, nous avons au moins la date exacte de l'accouchement ! Enfin, à moins qu'il y ait de l'avance ou du retard, lui sourit-il. A moins que vous préfériez avorter ? Vous êtes jeunes et vous n'avez même pas vos SAT. Ce serait peut-être plus sage !

« - En effet ! Juste par curiosité, si j'avais décidé de le garder, quand serait-il né ?

« - Le treize juin, fit-il après avoir regardé son calendrier. Bien, dans ce cas, je vais vous conseiller un gynécologue, afin qu'il procède à l'opération !

Elle acquiesça, sûre d'elle, puis saisi d'un doute, lui demanda comment ça allait se passer. Elle imaginait déjà un aspirateur muni d'un tuyau qu'on ferait entrer dans son utérus afin d'aspirer l'enfant qu'elle portait et voulait être rassurée. Seulement, lorsqu'il lui en expliqua le déroulement, elle prit peur. Voyant la panique dans son regard, il la rassura en lui disant qu'elle ne sentirait rien, mais c'était trop tard. Le doute était dans son esprit. Demandant à y réfléchir un peu, elle partit du cabinet et passa une semaine à y penser.

Quand sa décision fut prise, elle retourna le voir et lui dit que finalement, elle allait prendre rendez-vous avec un gynécologue afin de poursuivre sa grossesse. Même si elle ne connaissait pas le père, elle avait aimé être dans ses bras et n'avait pas, un seul instant, regretté ce qu'ils avaient vécu. Le docteur Sullivan lui rappela qu'elle était encore jeune et qu'un enfant à cet âge allait lui fermer la porte de certaines universités, mais elle haussa les épaules. Elle voulait le garder, quoi qu'il lui dise, elle le garderait. En dernier recours, il lui dit d'en parler avec ses parents. Elle était encore mineure et vivait chez eux, leur avis devait donc compter. Elle sourit et mentit en disant qu'ils étaient d'accord avec son choix. En vérité, elle avait peur de leur en parler. Ils risquaient de la forcer à avorter et elle refusait cette option. Cet enfant, qu'elle portait depuis le trente Aout était tout ce qu'il lui restait de Shane. Hors de question qu'elle le tue. Quitte à ce que ce soit un handicap dans sa vie amoureuse et professionnelle. Elle l'aimait et rien ne l'empêcherait d'aller au bout de sa grossesse. Elle se promit de leur en parler quand le délai légal pour avorter serait passé. Elle prit la lettre du médecin et sortit de son bureau, avec dans sa poche, une ordonnance qui lui permettrait de passer son premier examen gynécologique.

Elle était enceinte de trois mois et demi, quand elle en parla à ses parents. La discussion fut houleuse puisqu'ils lui reprochèrent son choix durant quelques jours. Ils finirent par l'accepter, à condition qu'elle quitte le lycée. Elle passa donc le reste de son année par correspondance, tout en emménageant la chambre de son petit bout. Connie chercha plusieurs fois à savoir qui était le père, en priant que ce ne soit pas Gaël et elle consentit à lui fournir un morceau de réponse. Elles étaient toutes les deux en trains de peindre la chambre en jaune pâle, quand elle lui posa la question. La jeune femme fixa le mur, sans le voir, en revivant l'expérience, puis murmura :

« - Il s'appelle Shane ! Il a dix-sept ans et il était en vacance à Miami, en même temps que nous, cet été. On était ensemble depuis une semaine, quand ça s'est passé, mentit-elle. C'était la veille de notre départ, quand il a plu.

« - C'est pour ça que tu voulais ressortir sitôt ta douche prise ?

« - Oui ! Je n'avais pas pris son téléphone, puisque officiellement j'étais encore avec Gaël, mais il m'a téléphoné le trente pour me dire qu'il avait couché avec Kelly la veille, et me quitter. Je l'ai annoncé à Shane ! On a rit, de savoir que finalement, j'avais été plus malhonnête que lui, puisque ça durait depuis plus longtemps mais bon. Ensuite, une chose en entraînant une autre… J'étais chez lui, quand vous m'avez appelée. Il dormait, je n'ai pas osé le réveiller, en pensant que je pourrais revenir ! Fin de l'histoire.

« - Pourquoi ne pas nous l'avoir dit, ma chérie ? On t'aurait laissé le revoir.

« - Je sais, mais… C'était plus facile pour moi que vous ignoriez que vous aviez élevé une fille infidèle ! Enfin bon, c'est terminé, je l'ai jamais revu, parce que malgré toutes nos conversations, je lui ai jamais demandé où il vivait, ni parlé de Green Bay ! J'avais peur qu'il vienne et que Gaël nous voit ! Débile, mais bon !

A partir de ce jour, Connie se montra moins curieuse. Rassurée de savoir que l'enfant n'était pas de Gaël, elle ferma le chapitre et aida sa fille au mieux, durant le reste de sa grossesse.

Durant l'année qui suivit, Mitchie obtint ses examens et entra à l'université de la ville. En contrepartie, ses parents l'aidèrent à élever son fils, qu'elle avait appelé Gwenaël Shane Torrès. Le premier, parce qu'elle avait un faible pour les prénoms Breton et qu'il signifiait ange et le second en référence à son père biologique. Elle avait dit à sa mère qu'elle ne le connaissait pas beaucoup, elle avait été étonnée d'avoir de ses nouvelles, via les clips de MTV. Accompagné des deux garçons qu'elle avait vus sur la photo dans sa chambre, il chantait. Retenant le nom de son groupe, elle était devenue fan et lisait chaque article qui parlait d'eux. Elle avait une préférence pour les interviews que pour les magazines à rumeurs. C'est ainsi qu'elle avait acquis plusieurs informations sur lui. Il était New Yorkais depuis toujours, bien qu'il passait tous ses étés à Miami. Il aimait voyager, jouer de la guitare et la pluie. Ce détail l'avait fait sourire, puisque depuis ce fameux après-midi, elle aussi aimait beaucoup la pluie.

Un an plus tard, il y eut du nouveau dans sa vie. Ses voisins, un adorable couple de retraités, qui avaient gardé Gwenaël avec plaisir quand elle ne le pouvait pas, déménagèrent. En effet, l'homme mourut durant l'hiver et sa femme raconta à Mitchie que leurs enfants la voulaient près d'eux. Elle quitta donc sa maison, qu'elle avait toujours connue, et fut remplacée par un couple de l'âge de ses parents. Elle jouait au jardin avec Gwen, comme elle le surnommait depuis toujours, lorsqu'ils étaient arrivés. Si elle s'était tout de suite entendue avec eux, elle les laissa croire que son fils était son frère. Elle n'avait pas honte d'avoir un enfant de cet âge mais elle les connaissait trop peu pour leur raconter sa vie. Une semaine plus tard, ses parents firent un barbecue et les invitèrent afin de faire connaissance. Ils s'appelaient Rory et Penelope Anderson. Il était médecin généraliste et elle pédiatre. Ils s'étaient rencontrés sur les bancs de la fac et elle avait sourit en entendant, celui qui allait remplacer le docteur Sullivan, raconter que sa femme l'avait fait attendre un an, avant d'accepter d'aller au cinéma avec lui. Ce même soir, elle apprit qu'ils avaient un fils de l'âge de Mitchie, mais qu'il vivait avec ses deux amis, à Richmond en Virginie.

« - Mais vous venez d'où, demanda Connie.

« - On vivait à New York, expliqua Rory, mais ma femme ne supportait plus la vie dans une grande ville, alors on est venu ici ! J'y ai vécu quand j'étais enfant et j'y ai d'excellents souvenirs.

Mitchie sentit un frisson la parcourir. Ils venaient de la ville où habitait Shane. Peut-être y vivait-il encore ? Elle se retint néanmoins de poser la question. Un jour, peut-être ! En attendant, ses cours reprenant le lendemain, puisque nous étions dimanche, elle monta avec son fils, en souhaitant bonne soirée aux adultes, puis l'emmena dans sa chambre. Echangeant la tenue de jour de son fils contre son pyjama, après lui avoir mis une couche au préalable, elle s'assit, comme chaque soir, sur le fauteuil et il vint la rejoindre un livre à la main. L'asseyant contre elle, elle prit l'ouvrage et lui lut un chapitre des aventures des personnages de Disney. Quand elle le sentit dormir contre elle, elle sourit et posa le livre sur le petit meuble à côté. Elle le prit dans ses bras et partit l'allonger dans son lit, en embrassant son front. Elle le couvrit et l'observa quelques secondes, comme chaque soir, en cherchant un trait familier avec elle. Seulement, l'enfant ne lui ressemblait pas du tout, ce qui était un plus pour cacher aux curieux des parcs, quel liens elle avait avec lui. Rangeant le livre, elle alluma la veilleuse, en souriant à la peur du noir qu'avait son fils et ferma la porte doucement en lui chuchotant combien elle l'aimait. Chaque soir, elle avait ce petit rituel, elle partageait avec lui ces petits moments particuliers. Sauf que ce soir-là, en se couchant, elle se remit à penser au père du garçon. Mettant leur dernier album en route, elle reprit son cours de droit. Elle voulait être juge d'instruction, mais toutes les lois qu'elle devait connaître la barbaient. Elle savait qu'elle n'avait pas le choix et que ça lui servirait plus tard, pourtant, elle n'arrivait pas à se concentrer. Ce soir-là, également, puisqu'elle repensait sans cesse à cette unique nuit, qui avait changé sa vie. « Cet après-midi, songea-t-elle. » Elle remerciait souvent gaël de l'avoir appelé. Il lui avait offert, dans un sens, le plus beau des cadeaux, même s'il l'avait traité de traînée lorsqu'il l'avait vu, avec son ventre de femme enceinte. Il l'avait accusé de l'avoir trompé, mais elle avait simplement sourit. Kelly était là, souriant comme le vainqueur de la tombola. Lorsqu'il avait dit qu'elle couchait avec n'importe qui, elle avait éprouvé un grand plaisir à répondre. Se souvenant de l'évènement, elle sourit.

Flash-back

Elle était en train de faire du lèche-vitrine, pour trouver le cadeau d'anniversaire de sa mère, quand Gaël entra dans le magasin, sa copine à son bras. Elle ne l'avait pas vu, trop occupée à comparer les bracelets. Seulement, ce n'était pas le cas de sa rivale qui l'avait montrée du doigt. Comme c'était souvent le cas, elle n'avait pas relevé le nez, n'écoutant que d'une oreille la remarque qu'elle allait entendre.

« - J'y crois pas ! Tu m'as claqué la porte au nez, le jour de ton retour, en décrétant que j'avais été las d'attendre que tu veuilles bien aller plus loin, alors que visiblement, ça faisait longtemps que tu avais pris ton pied, fit-il dédaigneusement.

Levant les yeux, elle croisa son regard haineux et celui ravi de la jeune femme.

« - Pardon, demanda-t-elle. Je n'écoutais pas, tu disais ?

« - Que t'étais qu'une garce qui couche avec un gars et sort avec un autre !

« - Euh non, désolée ! Tu confonds avec toi !

« - Ouais, n'empêche cet enfant n'est pas de moi !

« - Encore heureux mon cher, sinon crois-moi, j'aurais avorté, dit-elle avant de caresser son ventre avec tendresse. Reste donc avec ta poupée !

Il n'y avait aucune animosité dans sa voix. Elle avait fait son deuil de cette histoire et reconnut qu'ils allaient bien ensemble. Tout deux avait un regard perçant, vert pour elle, qui était entouré de cheveux blond apportant une douceur à ses traits qu'elle était loin de posséder dans son caractère.

« - N'insulte pas Kelly ! C'est une fille bien, elle ! Alors dis-moi il est de qui, cet enfant ? Enfin, si tu connais le père, naturellement.

« - Cet enfant a un père qui s'appelle Shane ! Il est doux comme tu ne le seras jamais et tendre ! Et figure-toi que, contrairement à toi, il m'a donné envie d'aller plus loin. Notre histoire a été belle Gaël, j'en ai apprécié chaque moment, mais Shane est vraiment mieux pour moi ! Il respecte les règles de mes parents, n'essaient pas de me les faire transgresser, même si je regrette tes cours de motos.

« - Tu parles, on te voit jamais avec ton gars ! T'es sûr qu'il ne t'a pas quitté, demanda Kelly avec supériorité.

« - J'en suis certaine ! Pour le moment, il termine ses études à New York, pour être architecte. On se voit que durant certains week-ends et c'est juste parfait. Au fond, je te remercie d'avoir tenté Gaël pour qu'il couche avec toi, cette nuit-là ! Ainsi il m'a quitté et j'ai rencontré l'homme de ma vie ! Quant à vous deux… Vous allez très bien ensemble. J'espère que votre histoire durera.

« - Fous-toi de moi, en plus ! T'es à combien ? Huit mois, c'est ça ?

« - Seulement six mois ! Calcule, six mois c'est le nombre de mois qu'on est séparé. J'ai rencontré Shane peu de temps après ton appel ! Il m'a consolé de toi et des larmes que je versais en te maudissant, et en prévoyant déjà une vengeance de taille ! Finalement, vu ta réaction aujourd'hui, je me suis vengée de la meilleure manière. Tu vois, jamais, dans tes caresses, tu m'as donné envie d'aller plus loin, alors que lui si. Il est tellement tendre que c'est chaque fois un plaisir de m'endormir nue et fatiguée, contre lui ! Bonne journée, ajouta-t-elle en parlant la tête haute.

Fin du flash-back

Secouant la tête, elle posa ses cours sur son chevet, éteignit la musique et se coucha. Son réveil était déjà réglé pour sonner à six heures et elle soupira en songeant qu'elle ne pourrait pas emmener Gwenaël à l'école le lendemain. Heureusement sa mère le ferait.

La semaine passa rapidement, entre ses cours et sa vie de maman et quand le vendredi arriva, elle soupira. Elle finissait à quinze heures et fila tranquillement à l'école de son fils. Son institutrice, Clara Dolovan, était toujours étonnée de voir cette jeune fille venir chercher son frère, son sac de cours sur le dos. La première fois qu'elle avait vu cette jeune femme venir le chercher, elle les avait trouvés mignon. Certes ils n'avaient pas de traits communs, mais Gwenaël avait toujours un plus grand sourire quand elle venait. Elle fut donc étonnée de l'entendre parler :

« - Maman !

Il lui courut dans les bras, le plus vite possible malgré ses petites jambes. C'était le plus jeune de la classe, puisqu'il avait eu deux ans depuis seulement deux mois quand il était entré.

« - Hey, ça va mon bébé, demanda-t-elle en se mettant à sa hauteur.

« - Vi ! La maicresse, elle a fait faire un dissin, agade, dit-il en désignant son chef-d'œuvre.

« - C'est très beau, qu'est-ce que c'est, demanda-t-elle en avisant les traits qui partaient dans tous les sens.

« - Là, toi, dit-il en montrant une espèce de bonhomme, là moi et là mamie.

Elle regarda les trois silhouettes et eut un petit air triste. Comme elle aurait aimé qu'il connaisse son père, autrement que par la télé. Certes, il connaissait approximativement, les paroles de toutes leurs chansons, mais ce n'était pas pareil. L'institutrice s'approcha et détacha le dessin avant de le lui tendre. La remerciant, elle demanda s'il avait été sage et elle acquiesça en songeant qu'elle était vraiment jeune pour être maman.

« - Puisque t'as été sage mon bonhomme, je t'emmène manger une glace d'accord ?

« - Vi, dit-il en sautant sur place frappant ses mains l'une contre l'autre.

Elle rit de cet enthousiasme mais mademoiselle Dolovan demanda à lui parler en privé. Acquiesçant, elle lui demanda d'être sage et suivit l'institutrice à l'autre bout de la classe.

« - Voilà, je voulais vous dire que Gwenaël est en avance pour son âge, puisqu'il s'est déjà compter jusque vingt !

« - Je le sais ! C'est moi qui lui ai appris, grimaça-t-elle.

« - Je comprends, fit-elle en la fixant étrangement.

La jeune femme attendit sagement de savoir la raison de cette fixation, tout en surveillant son fils. Il jouait avec une petite fille et elle sourit à ce tableau, avant de reporter son attention vers l'institutrice.

« - C'est tout ?

« - Non ! Je voulais savoir pourquoi il vous a appelé maman, aujourd'hui !

« - Parce que je suis sa mère.

« - Mais vous êtes jeune !

« - L'un n'empêche pas l'autre, vous savez ! Si vous n'avez rien d'autre à me dire, je m'en vais ! Vous ne connaissez rien de moi, ne me jugez pas ! Allez viens Gwen, je t'ai promis une glace. Au revoir Mademoiselle, termina-t-elle froidement.

Aussitôt l'enfant se leva et fit signe à sa camarade avant de rejoindre sa mère qui lui tendit la main. Son sac de cours sur son dos et celui de son fils dans l'autre main, ils partirent d'un pas tranquille sous le regard de l'institutrice. Si Clara Dolovan était maîtresse d'école, ce n'était pas par vocation. Plus jeune, elle avait eu un accident de voiture et était devenue stérile. Elle n'avait que seize ans à cette époque et chaque matin, en se regardant dans le miroir, elle maudissait son copain de l'époque, qui était mort dans sa voiture. A cause de lui et de son goût déraisonnable pour l'alcool, elle n'aurait jamais d'enfant. Aussi, suite à cette nouvelle et parce qu'elle adorait les enfants, elle s'était tournée vers ce métier. Elle avait vu beaucoup de mère de famille venir chercher leurs enfants, en cinq ans d'enseignement aussi, elle se demanda comment elle avait fait pour ignorer le lien entre le petit Gwenaël et celle qu'elle avait prise pour sa grande sœur. Et surtout, une question lui trottait dans la tête, qui était son père ? Puisque la jeune femme était sa mère, l'homme, plus âgé qui venait quelques fois devait être son grand-père et celle qu'elle avait prise pour sa mère, sa grand-mère ! Mais jamais un jeune de l'âge de la jeune femme n'était venu. Peut-être l'avait-il quitté, ne se sentant pas prêt à être papa ! Se promettant de demander à l'enfant où était son papa, elle se reprit et continua de donner les dessins des enfants aux parents.

Pendant ce temps, loin de connaître les projets d'investigations de l'institutrice, Mitchie emmena son enfant jusqu'au parc. Ils allèrent voir le marchand et elle demanda deux glaces au chocolat. Ils la mangèrent tranquillement et il lui raconta sa journée. Tout en l'écoutant, elle pensa, pour la seconde fois de la journée, à son père. Comme cette balade aurait été parfaite s'il avait été là. Il la serrerait contre lui, en écoutant son fils parler avec passion des activités de la journée.

Une demi-heure plus tard, ils rentrèrent et elle lui lava les mains avant de lui proposer d'aller au jardin. Il accepta et partit chercher ses jouets, alors qu'elle prenait ses cours. Ils saluèrent leur voisine, qui faisait du jardinage et elles discutèrent quelques minutes, puis s'excusant, Mitchie s'assit à la table de jardin, pour réviser, tout en surveillant son petit trésor. « Où que tu sois Shane, merci pour ce cadeau ! C'est le plus beau qu'on m'ait offert, songea-t-elle en posant sur lui un regard tendre. »


Et voilà ! C'est fini pour aujourd'hui ! J'espère que ça vous a plu ! Oui, bon l'institutrice est un peu chiante, mais bon ! Elle n'a pas un grand rôle, donc pas grave !

Missy Tagada (L)