Bonsoir, ou bonjour... parce qu'il est 00:45 à l'heure où je vous parle. J'ai tenté de publier ce chapitre mercredi, mais j'ai 45 minutes de retard. Bon, voici le second chapitre, comme prévu. Soyez indulgent et pardonnez les fautes d'orthographe.
En fait, je viens d'y penser, les genres de l'histoire sont : Romance, Humour, mais aussi Drame, Psychologie et Amitié. Il n'y avait pas la place et j'y avais pas pensé lorsque j'avais publié le premier chapitre.
Donc voilà. J'espère que ça vous plaira.
Crédits : Tennis no Ojisama appartient au seul et à l'unique Takeshi Konomi.
Androphobe
Echizen Ryoma se demandait si cela avait été réellement une bonne idée de revenir. Il ne comprenait rien à la situation, et encore moins le fait que son nez ruisselât comme un robinet. D'ailleurs, s'il perdait connaissance suite à l'hémorragie, ça ne l'étonnerait même pas. Quoi qu'il en soit, ce qui était sûr et certain était que la situation ne pouvait pas être pire. Tout d'abord, on le comparait à une fille, puis on le traitait de misogyne et (ou) d'homosexuel, ensuite, son stupide oncle avait décidé d'empirer les choses en le tournant au ridicule devant tous les élèves de première année, et enfin on finissait par lui assener un coup de poing dans le nez, de nouveau devant tous les élèves, sans omettre que l'auteur de cet acte était, contre toute attente, la jeune fille autrefois si douce et timide, Ryuzaki Sakuno. Donc, selon Ryoma, son premier jour au lycée ne pouvait pas être pire.
- Combien de fois dois-je te dire de garder le nez en l'air, soupira l'infirmière de l'école pour la énième fois en saisissant son menton, ou du moins, ce qui l'en reste
Elle ricana silencieusement sur sa dernière remarque. Ryoma se contenta de rouler des yeux, tentant de voir les bons côtés des choses. Bien qu'il n'y en ait pas vraiment. Il loucha maladroitement des yeux afin de parvenir à examiner les dégâts.
- Ce n'est pas si terrible que ça, fit-il remarquer en tripotant son nez meurtri
- On ne touche pas, répliqua-t-elle en frappant les mains du jeune homme qui afficha une moue contrariée
Agacée par les gigotements frustrés de son patient, la jeune infirmière pressa sans ménagement la plaie du lycéen avec un morceau de coton imbibé de désinfectant qu'elle tenait avec une pince.
- Aïe ! Grimaça-t-il
- Oh, je suis navrée
Ryoma resta septique devant les, soit disant, excuses de la trentenaire. Face aux souffrances de son patient, l'infirmière s'entêtait à garder le sourire. Ryoma plissa les yeux, cette femme lui rappelait quelqu'un. Elle était grande, mince, avait les cheveux châtains qui lui arrivaient au dessus des épaules. Ses lèvres, constellées de rouge à lèvre, arborait continuellement un sourire. Il avait pu apercevoir des iris bleu azur derrière ses paupières, durant les rares fois où elle avait ouvert les yeux.
- Et voilà ! C'est terminé, mon poussin, dit-elle en lui collant un pansement sur l'arête du nez
- « Mon poussin » ? Répéta Ryoma pour lui-même
L'infirmière se détourna du lycéen qui était assis sur un tabouret en face d'elle, et entreprit de remplir quelques papiers administratifs. Ryoma se mit à tripoter son pansement en se demandant de quoi il avait l'air avec cette bande beige au milieu du visage.
- Pas touche, j'ai dit, ordonna-t-elle sans quitter des yeux son travail tandis que son patient s'exécutait. En tout cas, c'est bien la première fois que l'école ait besoin de mes services le jour de la rentrée pour ce genre de situation, habituellement les petits nouveaux se rendent ici à cause de nausées dues au stress, mais là… Qu'est-ce qui s'est passé ?
- Rien de spécial.
La jeune femme s'arrêta d'écrire et se tourna vers l'élève, encore plus souriante que jamais.
- Je vois, fit-elle la voix pleine de sous-entendus
Ryoma fronça les sourcils.
- Qu'est-ce que vous voyez ?
- Oh, fit-elle en retournant à son travail, rien de spécial.
Ce qu'il détestait en plus d'être tourné au ridicule, était d'être tourner en bourrique. Il décida donc de ne rien ajouter, elle en fit autant de son côté. Enfin, c'était ce qu'il croyait.
- Ah, les amours de jeunesse, dit-elle soudainement comme si de rien était, et puis ces jeunes hommes de nos jours… avec leurs crises de jalousies excessives… c'est exaspérant
Il roula des yeux, tout aussi exaspéré qu'elle.
- Fort heureusement, répliqua-t-il en se levant du tabouret, je ne suis pas du genre jaloux
Il entreprit de prendre l'autorisation de sortie de classe remplie qu'elle lui tendait, mais avant qu'il ne puisse la saisir, elle l'éloigna de sa main. Il détestait également ce genre de petit tour.
- Je finirai par l'apprendre tôt ou tard, fit-elle remarquer
Il s'empara du billet avant qu'elle ne puisse de nouveau tenter quoi que ce soit.
- Eh bien, mieux vaut tard que jamais, répliqua-t-il en se retournant, mada mada dane, sensei
La jeune femme afficha un air déçu, mais fut tout même amusée par ce jeune homme insaisissable. Il entreprit de sortir sa casquette de son sac. Elle lui avait pourtant intimé de la retirer au sein de l'établissement plus tôt, mais ses sempais se moqueraient surement de lui en le voyant avec une tête pareille, alors mieux valait dissimuler son visage.
- Ne m'oblige pas à te la confisquer, entendit-il alors qu'il fermait la porte de l'infirmerie
Il décida de jouer les sourds, tandis qu'il se dirigeait dans la direction opposée à sa salle de classe. Il envisagea de ne pas retourner en cours pour l'instant, car la succession des événements l'avait épuisé, mentalement du moins. Etant nouveau dans cet établissement, il lui fallut un peu de temps pour se dégoter un endroit calme et désert. Il finit par trouver la porte du toit. La persistance du froid se faisait sentir par l'intermédiaire des bourrasques de vent. Néanmoins, il était allongé sur le sol réchauffé par les rayons de soleil. Il ne comprenait pas pourquoi les événements avaient pris une telle tournure. Malgré le fait qu'il sache qu'il devait obligatoirement avoir une raison derrière cet acte violent, il ne pouvait s'empêcher d'être furieux. La casquette posée sur le visage, il s'endormit aussitôt que ses yeux furent clos.
- E-chi-zen !
Secoué comme un prunier, les paupières lourdes de Ryoma dévoilèrent bientôt des iris félins ambre irrités et encore embrumés par le sommeil. Mais surtout irrités (répétition volontaire). La première chose qu'il vit fut la tête d'Horio.
- Enfin, dit-il, on peut dire que tu as le sommeil lourd ! Ça fait des heures que tout le monde te cherche. Alors c'était là que tu te cachais ? Tu étais sensé retourner en classe après ton passage à l'infirmerie. Franchement, t'as du culot d'oser sécher le premier jour. C'est la pause de midi là, tu te rends compte ?
Ennuyé par le discours de son camarade de classe, il entreprit de se rendormir, mais impossible avec tout le vacarme qu'il émettait. Il finit par se redresser, et pour toute réponse aux questions de son ami, il se contenta de se frotter paresseusement les yeux.
- En tout cas, faut avouer qu'elle ne t'a pas loupé Ryuzaki, commenta-t-il, elle ne te l'a pas cassé au moins ?
- Non, répondit Ryoma, tu sais ce qui lui a pris ?
Les traits d'Horio affichèrent soudainement une expression de profonde tristesse. Il ne manqua pas de le remarquer.
- Elle est androphobe.
Ryoma eut un moment d'absence. Il crut tout d'abord qu'il avait mal comprit ou qu'Horio plaisantait, mais au vu de son expression sérieuse, il finit par réaliser ce qu'il lui racontait. Ryuzaki Sakuno était androphobe. Ryuzaki Sakuno, la petite-fille de son ex-entraineur, la fille aux joues cramoisies, toujours bégayante et nulle au tennis, celle qui le suivait partout, qui lui préparait des bentos, qui assistait à chacun de ses matchs. Celle qui avait eu le courage de lui parler après le tournoi national. Cette même fille était à présent terrifiée par le sexe masculin, dont il faisait parti.
- Co… comment ? Parvint-il à dire
Horio fut étonné de voir sont ami aussi bouleversé par l'état de Ryuzaki. Néanmoins, l'androphobie, ce n'était pas rien.
- Je ne connais pas les détails, mais tout ce que je sais c'est que ça a commencé en milieux d'année dernière. Elle allait très bien avant, elle était la Ryuzaki que tout le monde connaissait. A un moment, elle ne s'est plus montré, et après presqu'un mois d'absence, elle a commencé à agir bizarrement. Comme d'éviter tous les élèves masculins, et d'envoyer une droite à tout ce que qui avait la bêtise de s'approcher d'elle. J'ai pu tâter du poing moi aussi.
Ryoma était désemparé. Qu'est-ce qui avait bien pu lui arriver pour qu'elle devienne ainsi ?
- Seulement quelques personnes sont au courant, ajouta-t-il, mais les autres qui ne savent pas la prennent pour une folle. On sait que ce n'est pas sa faute, elle ne peut pas s'empêcher d'être sur la défensive à chaque fois que qu'un homme s'approche d'elle.
Après la pause de midi, et avec l'insistance d'Horio, il décida de retourner en classe. Ryoma put remarquer que des rumeurs se propageaient déjà, mais il n'y prêta pas attention. Il avait la tête ailleurs. Tout le monde lui lançait des regards, et comme il avait été forcé de retirer sa casquette, il devina aisément ce qui attirait tant leurs regards sur sa figure. Il passa toute l'après midi avachi sur son bureau. Parfois, il faisait une petite sieste, et à d'autres moments, il devait rester éveillé parce qu'il était continuellement interrompu par le professeur.
Elle était sensé être dans sa classe. Mais elle fut absente tout le reste de la journée. Ses camarades de classe ne manquèrent pas à dire du mal dans son dos. Ryoma ne se fit pas prier pour les fusillés du regard. Il détestait ce genre de personne. Ils parlaient alors qu'il ne savait pas. Il n'aimait pas que l'on parle d'elle ainsi. Lorsque les mauvaises paroles lui étaient adressées, il s'en fichait comme d'une guigne, leur avis lui importait peu.
Ryoma n'avait jamais été vraiment intéressé par la gente féminine, il ne comptait même plus le nombre de fois qu'il avait donné des râteaux. D'ailleurs il avait plusieurs fois été pris pour un asexué ou un homosexuel, et récemment pour un misogyne, ils avaient fini par trouver plus original. Néanmoins, à chaque fois qu'elle avait des problèmes, il fallait toujours qu'il soit là pour lui venir en aide. Son chevalier en amure étincelante, c'était son job lorsqu'elle était dans les parages. Il avait mis ça sur le compte du fait qu'elle soit la petite fille de son ex-entraineur et que celle-ci était pire que toutes les sorcières des contes de fées, en colère. Toutefois, elle n'était plus son professeur, donc il n'avait plus de compte à lui rendre. Mais malgré ça, il demeurait sur la défensive à chaque fois que l'on parlait d'elle négativement. C'était finalement devenu un réflexe. S'il s'agissait d'une autre fille, il n'agirait pas ainsi. Ce n'était pas parce qu'il en était amoureux ou quoi que ce soit d'autre, mais simplement que…qu'il pouvait la considérer comme une amie. Et ce, depuis ce fameux jour.
La sonnerie de la fin des cours retentit, Ryoma dut avant tout passer dans la salle des professeurs afin de s'y faire sermonner par son professeur principal à cause de son séchage de cours. Ensuite, il passa au club de tennis afin de s'y inscrire, puis envisagea de rentrer chez lui tout de suite après, il n'avait pas mangé depuis le matin. De toute façon, les activités des clubs commençaient le lendemain.
Ryoma se retrouva bientôt seul, dans son salon, à zapper distraitement de chaine en chaine. Ses parents avaient passé toute la journée à l'hôpital avec Nanako, et avaient prévu de faire quelques courses avant rentrer selon le mot laissé sur le réfrigérateur. Il n'avait pas choisi de s'entraîner, comme il l'aurait fait habituellement, contre le mur de la maison, ou sur le court du jardin en faisant quelques services. Il avait la tête ailleurs.
Quelqu'un frappa à la porte. Ça ne pouvait pas être ses parents, ses derniers avaient les clés avec eux. Soit il s'agissait du voisin, soit...
- Yo Echizen ! Salua Momoshirou
Ryoma s'apprêta à refermer sa porte, mais son sempai la retint avec son pied. Malgré ça il continua à pousser la porte, Momoshirou, de son côté n'abandonna pas pour autant.
- Ne m'oblige pas à appeler la police, sempai
- Oï ! Comment oses-tu dira ça ? Après tout le chemin qu'on a fait jusque chez toi…
Ryoma plissa les yeux, perplexe.
- « On » ?
Dix minutes plus tard, (le temps de le convaincre d'ouvrir la porte) ils se retrouvèrent tous les quatre dans le salon. Kikumaru, Fuji et Momoshirou étaient installés sur le canapé, tandis que leur hôte se tenait debout face à eux, les mains sur hanches. Le jeune homme aux cheveux roux et celui aux cheveux noirs hérissés affichaient une expression d'embarras, sachant pertinemment qu'ils n'étaient pas les bienvenus. Fuji arborait, fidèle à lui-même, un sourire radieux. Ryoma soupira bruyamment. Ses sempais semblaient avoir été beaucoup occupés avec les inscriptions, car ils étaient toujours vêtus de leur uniforme. Ryoma, quant à lui, avait troqué le sien avec un short noir et un sweatshirt gris.
- Hé ! Dit tout à coup Kikumaru incrédule, tu regardes ce genre de dessins animés ?
Il porta son intention vers la télévision, où était projeté un épisode des Télétubbies. Il se contenta d'éteindre l'écran.
- Qu'est-ce que vous faites ici ?
- On s'est dit qu'on allait passer te voir, puisqu'on ne t'a pas revu depuis ce matin
Ryoma croisa ses bras.
- Mais encore ?
- Et on voulait voir si tu l'avais bien pris…ajouta Kikumaru
- Comment ça ?
- Bah tu sais, renchérit Momoshirou, le coup de poing, faut dire qu'elle n'est pas allée avec le dos de la cuillère, à ce qu'on dit.
Le jeune homme aux cheveux verdâtres porta inconsciemment ses doigts à sa blessure, avant de rouler les yeux.
- Tu ne l'as pas rendu au moins ? Demanda Fuji en fronçant les sourcils, que s'est-il passé ?
- Bien sûr que non, répliqua-t-il, j'ai juste été surpris, ensuite je suis allé à l'infirmerie.
Fuji retrouva le sourire.
- Alors tu as dû rencontrer ma grande sœur
Il écarquilla les yeux. Il savait bien que l'infirmière lui disait quelque chose, elle ressemblait très portrait avec Fuji. Ils avaient la même mimique de sourire à tout bout de champs. Mais surtout, ils tout deux aussi sadique l'un que l'autre. Ryoma eut des frissons rien qu'en pensant qu'il n'y aurait pas qu'un Fuji, mais deux !
Fuji reprit son sérieux. Ses deux autres kohais firent de même.
- Quoi qu'il en soit, reprit-il, tu sais pour Ryuzaki-chan ?
Il hocha la tête, en se laissant tomber dans un des fauteuils du salon. Il tenta de ne pas montrer à ses amis son chagrin, en adoptant une expression indifférente. Mais cela ne fit pas long feu. Tout le monde était inquiet, Ryuzaki Sakuno était une fille douce, bienveillante et généreuse, ils la connaissaient par l'intermédiaire de leur ex-entraîneur, certes, mais cela ne changeait rien au fait qu'ils la considérassent au moins comme une amie. Il n'avait pas besoin de le cacher.
- Savez-vous comment…enfin-
Tululululut, tululululut tululululut.
Il fut coupé par le téléphone. Il se leva et alla décrocher.
- Allô ?
« - Bonsoir, ici l'hôpital de Tokyo, monsieur Echizen ? »
- Non, c'est son fils à l'appareil, répondit-il en fronçant les sourcils, c'est à quel sujet ?
L'hôpital qui lui téléphonait, hein ? Il craignait le pire. Ses sempais le regardèrent en silence.
« - C'est à propos de la patiente Fujita Nanako, déclara son interlocutrice, elle vient de perdre les eaux. »
Pendant un moment, il n'entendit plus rien. Seuls quelques mots lui parvinrent « contractions », « travail », « accouchement »… qu'est-ce que la dame de l'hôpital lui racontait ?
- Hé Ochibi, qu'est-ce que tu as à rêvasser ? T'as quelqu'un au bout du fil.
- Surement sa petite copine, lança Momoshirou avec un sourire en coin, tu ne nous avais pas dit, petit cachottier !
- Vu son expression, elle doit surement avoir rompu, ajouta Fuji
La conversation de ses invités le sorti de sa transe. Ses yeux s'écarquillèrent comme des soucoupes en réalisant se qui se passait. Le bébé était entrain d'arrivé.
« - M. Fujita est coincé dans les embouteillages, et ses parents ne sont toujours pas arrivés. Nous avons également essayé de contacter vos parents, mais ils sont injoignables. Et puis… Qu'est-ce que… ? Fujita-san ! Retournez dans votre chambre, vous n'êtes pas autorisée à… hé !
Que se passait-il ? Pourquoi tout ce remue ménage. Ryoma était de plus en perplexe. Il entendit un autre bruit, puis les lamentations de son interlocutrices.
« - Rendez-moi le combinez ! »
Ryoma se demandait ce qui pouvait bien se passer, quand tout à coup, il entendit la voix de sa cousine.
« - Bon écoute-moi bien, dit-elle, mes parents ne sont toujours pas arrivés en ville, et Kazuma en a pour un moment dans ses embouteillages. Alors ramène-moi tes parents et que sa saute ! »
Le jeune homme aux cheveux verdâtres savait qu'une femme enceinte devenait très exigeante, mais qui aurait cru que sa cousine deviendrait un tel tyran ? Avant que Ryoma ne puisse dire quoi que ce soit, Nanako avait raccroché. Il reposa calmement le combiner. Fuji vint à sa rencontre.
- Echizen, est-ce que ça va ? s'enquit-il en posant sa main sur son épaule
Ce fut la première fois que ses sempais le virent si désarçonné. Même durant son match contre le capitaine de Rikkaidai, il n'avait pas l'air aussi perdu.
- Je…euh… Na… Nanako…
Kikumaru et Momoshirou vinrent également. Que se passait-il ? Sa copine devait avoir été sévère pour le rendre ainsi, pensaient-ils.
- Qu'est-ce que ta copine t'a dit ? demanda Momoshirou, elle a été si dure ?
- Ne t'inquiète pas Ochibi, t'en rencontreras d'autres
Il sortit de son état second en secouant la tête. Qu'est-ce que venait de dire ses sempais ?
- Quoi ? fit-il, qu'est-ce que vous racontez ? Quelle copine ? c'était l'hôpital qui a appelé
- L'hôpital ! s'écrièrent le jeune homme aux cheveux hérissé et son sempai aux cheveux roux
Il ne prit pas la peine de leur expliquer se qui se passait. Ils devaient surement s'imaginer les pires des scénarios, mais Ryoma n'avait pas le temps, parce que Nanako non plus. Il s'empara de nouveau du combiner et composa rapidement le numéro de son père. Tout à coup, une chanson, Eye of the Tiger, résonna dans la pièce. Ryoma, guidé par l'ouïe, se dirigea vers la source. La musique s'arrêta lorsqu'il découvrit d'où elle provenait.
« Vous êtes bien sur le répondeur d'Echizen Nanjiroh les minettes, je ne suis pas disponible pour le moment, mais laissez un message et j'exaucerai vos désirs dès que possible.»
Bip
- Baka ! lança-t-il dans le combiner
Entre ses mains se trouvait un téléphone portable avec affiché sur l'écran : 3 appels manqués. Ryoma se demandait à quoi pouvait bien lui servir son mobile, et puis qu'est-ce que c'était que ce message vocale ? Le portable de sa mère était actuellement en réparation, donc il n'avait pas d'autres moyens de les prévenir. Si le temps n'était pas contre lui, il aurait volontiers fouillé tous les supermarchés de la ville. Il soupira dans la frustration, en même temps qu'il se dirigeait vers la porte d'entrée.
- Oï attends Echizen, s'écria Momoshirou, qu'est-ce qu'il se passe, pourquoi l'hôpital a-t-elle appelé, réponds-nous, bon dieu !
La main de son sempai était verrouillée sur son épaule, il n'avait pas le choix.
- Ma cousine va accoucher.
Ça leur avait cloué le bec. Ryoma enfila la première paire de chaussures qui lui tomba sous la main, ou plutôt sous les pieds.
- O-on vient avec toi, lança Kikumaru sur ses talons
- Non, répliqua Ryoma en se retournant, restez ici et prévenez mes parents dès qu'ils rentreront
- Quoi ? fit le jeune homme aux cheveux hérissés, tes parents n'y sont pas ? tu veux dire qu'elle est toute seule ?
Il ouvrit la porte.
- Ses parents et son mari sont sur la route, mais elle ne pourra pas les attendre
- Donc, dit Fuji, il ne reste plus que toi. Ne perds pas de temps Echizen, vas la rejoindre. On s'occupe du reste.
- Je compte sur vous.
Sur ses mots, il piqua un sprinte jusqu'à l'arrêt de bus, des claquettes Birkenstock Madrid aux pieds. Attrapant le bus de justesse il embarqua jusqu'à l'hôpital.
Ryoma arriva en trombe dans le hall d'entrée, haletant à cause de sa course. Il se dirigea immédiatement à l'accueil où on lui indiqua la direction de la salle d'accouchement, après qu'il ait donné le nom de sa cousine. Lorsqu'il arriva à destination, deux jeunes femmes se tenaient devant la porte. L'une des deux portait une blouse blanche, un masque ainsi qu'une charlotte médicale. L'autre, portait la blouse de patient par-dessus son énorme ventre. Cette dernière fut celle qu'il reconnut en premier. On ne pouvait pas la rater. Il soupira de soulagement en voyant qu'elle allait bien.
- Voyons Fujita-san, il s'agit de votre santé et de celle du bébé ! Rentrez dans cette salle, vous n'allez pas tarder à…
- Non, c'est non, s'écria-t-elle presqu'en larmes, je n'accoucherai pas seule, vous n'avez qu'à me donner des médicaments qui retardent l'accouchement. Je vous en conjure attendons encore un peu !
- Mais vous venez de perdre les eaux, bon sang de bonsoir ! répliqua l'autre femme exaspérée
Avant qu'elles ne puissent poursuivre leur débat, Ryoma se montra.
- Nanako, appela-t-il
Sa cousine porta son regard sur lui. L'étonnement se lut d'abord sur son visage, puis tout à coup le bonheur absolu. On ne croirait pas qu'elle était sur le poing d'accoucher…
- Ryoma ! s'exclama-t-elle en l'attirant dans une accolade
Il n'était pas habitué à une telle démonstration d'affection de sa part, Nanako était habituellement calme et posée, mais avec cette grossesse, les sautes d'humeur s'enchaînaient, il se laissa donc faire.
- Mon père a oublié son téléphone à la maison, donc, je suis venu… déclara-t-il maladroitement
- Oh merci, répondit-elle en reculant, tu ne sais pas à quel point ça me fait plaisir que tu sois là. J'ai bien cru j'allais devoir le faire dans le hall.
Ce fut au tour de l'employée de l'hôpital de retrouver le sourire.
- Alors on peut commencer ? demanda-t-elle en joignant ses mains
- Parfaitement, sourit-elle
- Bien, conclut-elle, je vais prévenir le gynécologue.
Elle se tourna vers Ryoma.
- Ryoma, c'est ça ?
Il hocha la tête, craignant la suite. S'il s'agissait du seule membre de la famille présent, et que sa cousine s'obstinait à ne pas vouloir accoucher seule, alors…
- Vous serez donc celui qui assistera Fujita-san, allez ne perdons pas de temps.
Ce fut le pire moment de sa vie. Ryoma n'aurait jamais cru qu'il assisterait à un accouchement, alors qu'il ne s'agissait même pas de celui de sa femme. Il avait quinze ans, pour l'amour de Dieu !
Avant qu'il ne puisse émettre la moindre protestation, on lui avait mis une blouse, un masque et une charlotte, avant de le traîner dans la salle d'accouchement. Il était aussi stressé que sa cousine, alors que c'était elle qui allait donner la vie.
- Poussez Fujita-san ! Allez ! Poussez encore, je vois sa tête ! Lança le gynécologue
- Courage madame, encouragea la sage femme, faîte comme moi : hi hi huu !
Nanako souffrait, et Ryoma aussi. Car ce dernier, la main prisonnière dans celle de sa cousine, était victime de la force vertigineuse de celle-ci. Ryoma n'était pas droitier, dieu merci, mais il risquait de perdre sa main droite à tout moment et d'être admis à l'hôpital à son tour.
Elle resserra son emprise, il crut que ses phalanges explosaient.
- Ah ! lâchèrent-ils en même temps
- Allez : hi hi huu !
- Hi hi huu ! fit-il inconsciemment avec elle
Puis, l'heure de la libération arriva.
- Ouin ! Ouin ! Ouin !
Le gynécologue portait précautionneusement le petit nouveau-né, nu et hurlant à plein poumons. Le tout petit être rose et joufflue beuglait et pleurait en s'agitant entre les mains du médecin. Malgré ça, Ryoma eut soudainement un sentiment de sérénité totale. Enfin, jusqu'à ce qu'il ressente la poigne de fer de Nanako. Le gynécologue passa le bébé à la sage-femme en vitesse avant de revenir à sa patiente.
- C'est parti pour le deuxième !
Il semblait que Ryoma soit la seule à ne pas avoir été mis au courant, Nanako ne sembla pas être étonnée. Il dut subir de nouveau la souffrance de sa cousine, mais la douleur lui parut moins rude cette fois, car il savait qu'à la fin il assisterait de nouveau à la plus belle des scènes.
Le second nouveau-né fut emporté par la seconde sage-femme, dès le cordon ombilical sectionné. Nanako se décida enfin à relâcher la main de son cousin, au grand soulagement de ce dernier. On retira le placenta avant qu'ils ne se retrouvent seuls.
Nanako, était harassée. Ses longs cheveux bleutés étaient en batailles, de grosses gouttes de sueurs coulaient sur son front, et elle haletait. Mais pourtant elle souriait. Ryoma concéda que la force et la ténacité d'une mère était illimitée. Il soupira en posant sa main sur l'épaule de sa cousine, récemment nouvelle mère.
- Félicitations, congratula-t-il, t'a fait du très bon boulot
- Merci, murmura-t-elle, toi aussi.
Il jeta un œil à sa main qui se pliait dans une forme bien étrange.
- Désolée
- Hn…
Les sages-femmes revinrent, le sourire aux lèvres, dans la pièce, avec un enchevêtrement de couverture rose et bleue dans les bras. Ryoma ne pus s'empêcher de sourire comme un idiot, tandis que Nanako pleurait de joie. Les deux femmes donnèrent à la jeune mère, la récompense de tant d'effort. Dans le petit tas de couverture rose se trouvait une petite fille, et dans le petit tas bleu, son petit frère de quelques minutes. Bercés dans les bras de leur mère, celle-ci les regardait avec bienveillance et amour.
La porte s'ouvrit brusquement sur un homme essoufflée et rouge de fatigue. Il était comparable à la jeune mère. Celle-ci sourit en le voyant.
- Alors, que penses-tu de tes enfants, Kazuma ? demanda-t-elle
Il en eut les larmes aux yeux. Fujita Kazuma accourut vers sa femme et la prit dans ses bras en veillant à ne pas brusquer ses deux petits enfants. En les voyant de près, il ne pu retenir ses larmes de bonheur. Les deux nouveau-nés étaient parfaitement réveillés et observaient leurs parents tout comme ces derniers les regardaient. Le père embrassa ses deux enfants sur le front, comblé de bonheur. Puis posa sa tête sur l'épaule de sa femme.
- Je suis désolé, s'excusa-t-il, je…je…j'ai fait tout ce que j'ai pu pour revenir à temps, mais l'avion a eu un peu de retard, et je n'arrivais pas à trouver de taxi.
Fujita Kazuma, marié à Fujita Nanako depuis plus d'un an, était un homme avec un très haut statu dans le monde des affaires, il était, du haut de ses trente ans, à la tête du Fujita Industrie, connu dans le monde entier. Quelques heures auparavant il se trouvait en pleine réunion avec des partenaires français, et pourtant, il avait tout arrêté pour sa femme.
Celle-ci lui donna un baiser sur la tempe.
- Ne t'inquiète pas, tout va bien, le consola-t-elle, les jumeaux sont fières de savoir à quel point leur père travail dur pour eux. Et puis, Ryoma était là.
Kazuma se rendit tout à coup compte de la présence de celui-ci. Ryoma, ne voulant pas interrompre de telles retrouvailles, avait décidé de s'effacer afin de leur laisser un peu d'intimité. Kazuma saisit les épaules du cousin de sa femme.
- Je ne sais pas comment te remercier, si tu ne serais pas là, je… je ne sais pas comment…
- Ne vous inquiétez pas, c'était la moindre des choses.
- Non, j'insiste, tu as veillé sur Nanako pour moi, je te serais éternellement reconnaissant.
Ryoma n'ajouta rien, car il ne trouva rien à dire. Le couple commença ensuite à discuter du prénom des jumeaux. Ils finirent par se mettre d'accord : la petite fille s'appellerait Sae et son frère Sei. Puis le reste de la famille arriva, ce fut d'abord les parents de Nanako qui vivaient à Kyoto, puis enfin ses parents.
- Bien joué fils, lança son père en constatant la réussite de l'accouchement, au moins tu n'auras pas de surprise quand ce sera le tour de ta femme
Il répondit dans un grognement tandis que sa mère lui ébouriffait les cheveux.
- Tes amis t'attendent dans le couloir.
Il sortit de la salle, et entreprit de retirer sa blouse et tout le tralala. Il les confia à la première infirmière qu'il croisa. Ses sempais se trouvaient près d'un distributeur.
- Yo ! Echizen ! Salua Momoshirou
Fuji et Kikumaru était assis sur un banc, seul Momoshirou demeurait debout à faire des grands signes croyant surement qu'il ne le verrait pas.
- Alors ? Comment ça s'est passé ? Demanda Kikumaru, c'est une fille ou un garçon ?
- Une fille et un garçon, et ça s'est passé comme il fallait que ça se passe.
- Tu veux dire qu'elle a des jumeaux ? Comment s'appellent-ils ?
- La fille s'appelle Sae et le garçon Sei.
Ryoma s'assit sur le banc à son tour, épuisé. Il regarda sa main en secouant la tête.
- Au moins, dit Fuji, tu seras quoi faire pour l'accouchement de ta femme, comme porté des gants en titane
Ils se mirent à rire tous les trois. Ryoma lui, se contenta de soupirer en roulant des yeux avant de remarquer que son père avait dit exactement la même chose. Quand sa femme accoucherait ? Il ne savait même pas si il allait se marier, et encore d'avoir des enfants. Mais au moins il aurait ressenti les sentiments que procure la naissance d'un être vivant. La peur, le stresse, la nervosité, la douleur, la souffrance, et puis… le bonheur absolu. Ryoma ne saurait jamais ce que ressent la femme lorsqu'elle voit pour la première fois l'être qu'elle avait porté durant neuf mois en elle, mais il savait que le sentiment de Nanako était semblable au sien mais multiplié par un billions et même plus.
Et elle, le connaîtrait-elle, ce sentiment ? Comme il l'avait ressenti, comme sa cousine l'avait ressenti ? Aurait-elle la chance d'avoir des enfants ? De tomber enceinte ? De se marier ? D'être aimé par un homme ? Être aimé par…
Perdu dans ses pensés, Ryoma ne remarqua pas le regard azur de Fuji qui lisait à travers lui.
- Hé ! lança son père qui sortait de la salle, qu'est-ce que vous faîtes tous ? Venez voir les deux bouts de choux ! Ne soyez pas timides !
Presque hurlant de joies, Kikumaru et Momoshirou rejoignirent la salle d'accouchement, tout excités, tandis que Fuji et Ryoma les suivaient calmement derrière.
- Ah Ryoma, ajouta son père, Nanako tient à ce que tu portes les jumeaux dans tes bras. Elles pensent qu'ils veulent rencontrer leur « oncle ».
Ryoma ne put s'empêcher de sourire, mais tenta de le cacher. Néanmoins, cela ne put échapper à Fuji. Ils rentrèrent donc à leur tour dans la salle d'accouchement.
Nanako tenait Sae dans ses bras tandis que Sei se trouvaient dans les bras de son père. Ils étaient assis sur le lit, posant pour la photo que prenait la mère de Nanako qui était en larmes. Ils avaient tous le sourire, ils étaient tous heureux, et ressentait tous ce sentiment de bonheur absolu.
Ryoma se jura qu'il ferait tout pour qu'elle aussi puisse goûter à ce sentiment de prospérité.
A suivre.
Alors ? Qu'est-ce que vous en avez pensé ?
En ce qui concerne l'accouchement de Nanako-san, j'avoue que j'ai du improviser un peu et magouiller quelque chose avec mes maigres connaissances acquises durant les cours d'SVT.
Quoi qu'il en soit, j'espère que vous a plu.
à la semaine prochaine.
P.S: j'ai découverts que j'avais déjà deux personnes qui suivaient cette histoire. Je vous remercie du fond du coeur, ainsi que les lecteurs qui ont jeté un oeil à ma fiction.
