Note de l'auteure : Bonjour ! Voici donc le 4e chapitre ! Ah ! On est allé si loin ensemble. J'avais pour dessein, d'envoyer tous mes chapitre chaque mercredi, mais le destin en a décidé autrement ! ce chapitre terriblement long m'a prit plus de temps que prévu, si bien que je n'ai pu que le terminer aujourd'hui à 6heures. Oui j'avoue que si je n'avais pas fait ma flemmarde toute la semaine, je l'aurais publié plus tôt, mais ! C'est les vacances, et je suis humaine ! Ne vous inquiétez pas, j'essaierais de me mettre au travail plus tôt à l'avenir. Soyez indulgents avec les fautes !

Bref, j'arrête de parler (ou d'écrire...) et je laisse place au chapitre.

Crédits : Tennis no Ojisama appartient au seul et à l'unique Takeshi Konomi-sensei, seule l'intrigue et les nouveaux personnages sont à moi.


Son sourire

Echizen Ryoma, alias Meino Ryoko, assistait au deuxième cours de la matinée. Le professeur lui avait attribué sa place habituelle, étant donné que seules quelques personnes savaient que Ryoma n'était pas réellement parti. Pour le moment tout allait bien, il tenta tant bien que mal d'agir normalement, mais qui pouvait agir normalement alors qu'il assistait à un cours, travesti ? Il n'arrivait toujours pas à croire que ses camarades de classe n'y aient vu que du feu. Ils auraient pu au moins se douter de quelque chose. Mais l'histoire de la cousine venue de Kyoto semblait crédible pour eux. Toutefois, il ne s'en plaignait pas, car si jamais quelqu'un d'assez réfléchi avait fait le rapprochement entre son départ précipité et l'arrivée soudaine d'une cousine dont on avait jamais entendu parler et qui lui ressemblait comme deux gouttes d'eau, ce serait la fin des haricots pour lui. En d'autres mots, le jeune homme risquait à tout moment de se faire démasquer. Néanmoins ce qui le gênait était le ridicule de la situation. Il portait une jupe, bon Dieu ! Sans oublier cette énorme perruque d'une tonne qui reposait sur sa tête. D'ailleurs le fait que Nanako possédât une chose pareille dans son grenier demeurait un mystère pour lui.

Il soupira de frustration. Quoi qu'il en soit, il devait supporter cela. Même si jamais une fois dans sa vie, il n'avait songé à penser qu'un grand jour il finirait par porter un uniforme de fille. Entre autre celui de la grande sœur de Kikumaru, diplômée du lycée Seishun, et qui avait eu le grand honneur, en tant que remarquable esthéticienne, d'épiler les jambes de monsieur. Rien que le fait de penser à ça le mettait en colère, il se sentait tellement ridicule et embarrassé. On lui avait rasé les jambes ! Ryoma n'aurait jamais imaginé que cela lui arriverait un jour, il avait perdu toute virilité à présent. A présent, il faisait parti du sexe faible (*). En fait, pas tout à fait, puisque lui se travestissait.

Il serra les dents en se remémorant les ricanements de ses sempais sur le chemin de l'école. Il avait même pu apercevoir un rictus sur le visage de son capitaine, qui arborait continuellement un visage stoïque. La dernière parcelle de respect qu'il avait d'eux s'en était allée depuis perpette.

Alors que Ryoma s'efforçait à ne pas se cogner la tête sur son bureau, il remarqua le regard insistant de sa voisine. Celle-ci devint écarlate lorsque leur regard se croisa, mais tenta de se reprendre en secouant la tête. Puis elle pointa du doigt dans sa direction. En plus d'avoir oublié son nom, Ryoma ne comprit pas tout de suite où elle voulait en venir. Jusqu'à ce qu'il suivit la direction que son doigt indiquait : sous sa table. Il suivit son regard, perplexe. Il baissa ses yeux pour constater qu'il n'y avait rien d'anormal. Enfin, jusqu'à ce que ça le frappe : il était assis les jambes écartées. Il découvrit avec horreur que depuis près de deux heures et demie il s'était installé sur sa chaise les jambes anormalement écartés. Pour une demoiselle du moins. Qu'elle fille serait assez folle pour s'asseoir ainsi, en jupe ? À moins d'être dans le cas de Ryoma, personne. C'était tout aussi embarrassant pour lui, même en tant qu'homme, montrer ainsi ses jambes, c'était ridicule. Il avait catégoriquement refusé de porter des sous-vêtements féminins, il ne fallait tout même pas trop pousser. Il avait donc gardé ses boxers en dessous, et ne portait pas non plus de soutient gorge, il ferait donc parti du groupe de fille de quinze ans qui paraissaient en avoir toujours onze. Quoi qu'il en soit, Ryoma ne se fit pas prier et referma illico ses jambes dans un claquement sourd. Voyant que quelques regards s'étaient ajoutés à celui de sa voisine, il leur servit le sourire « ne vous inquiétez pas tout va bien » que Fuji lui avait enseigné. Comme l'avait prédit son sempai, ses camarades lui rendirent son sourire et se remirent à travailler.

Ryoma soupira de soulagement. Au moins la semaine d'entrainement intensive avait servi à quelque chose, car selon les organisateurs de toute cette mascarade, il ne suffisait pas de porter l'uniforme pour devenir Meino Ryoko. Comme quoi « l'habit ne fait pas le moine ».

Soudain, une boule de papier atterrit sur son pupitre. Il leva la tête de son cahier et tourna sa tête dans la direction d'où provenait le projectile. Une expression choquée se dessina sur ses traits lorsqu'il vit Horio lui faire les yeux doux en remuant son sourcil. Il se retourna pour voir s'il ne s'agissait pas d'une erreur de destinataire. Néanmoins, il n'y avait pas de méprise, car Ryoma se trouvait au dernier rang. Le jeune travesti déglutit en redoutant le contenu du morceau de papier. Il ouvrit la feuille froissée et lut les mots inscrits dans une écriture presque illisible.

« N'hésite pas à m'appeler si tu te sens seule »

Cette phrase était couchée sur le papier, suivie d'un cœur et d'un numéro de téléphone. Un frisson de dégout s'empara de lui. Il eut soudainement envie de rendre. Voilà que maintenant qu'on lui faisait la cour, par Horio en plus ! Ryoma songea d'abord à l'appeler à la pause de midi pour lui dire ce qu'il pensait de lui et où il pouvait fourrer sa boule de papier. Néanmoins, s'il l'appelait avec son téléphone portable, sa couverture serait brisée, et puis il n'avait pas vraiment l'intention d'aller à la quête d'une cabine téléphonique pour ça, il n'avait pas autant de temps libre. Il entreprit donc de lui renvoyer discrètement le projectile dans la tête, à la place.

Voilà qu'on le prenait pour un débauché, c'était surement à cause de sa façon masculine de s'asseoir, qui avait été mal interprétée. Il serra ses genoux en tirant le morceau de tissu qui lui servait de jupe vers le bas afin de couvrir le plus de peau possible, en ignorant les signes d'incompréhension de son camarade de classe aux intentions douteuses.

Il fallait qu'il supporte tout ça. Serrer les dents et prendre son mal en patience, voilà ce qu'il devait faire. Après tout, il y avait une raison à tout ça. Il ne le faisait certainement pas pour rien. Il respira profondément et leva les yeux. Son regard ambre se posa sur une personne en particulier, qui se trouvait au troisième rang. De derrière, il ne pouvait qu'apercevoir ses éternels deux longues tresses auburn qui longeaient le dossier de sa chaise.

C'était elle sa raison.

Lorsque la sonnerie retentit, à midi, quelques élèves vinrent à sa rencontre. Son irritation revint tout à coup, les entendre piailler lui donnait des maux de tête. Elles commencèrent à lui poser des questions, Ryoma reprit les mêmes mots qu'il avait prononcés quelques heures plus tôt lors de sa présentation, à croire qu'elles aimaient faire répéter les gens. C'était précisément ce qu'il détestait. Ryoma voyait déjà le déroulement des prochains jours : à coup sûr ils allaient devenir terriblement ennuyeux. Le groupe de jeunes filles commença à parler de tout et de rien. Ryoma, lui, n'aimait aucunes célébrités en particulier, il avait juré tuer quiconque oserait lui mettre du maquillage lors de sa « transformation », et n'était pas vraiment intéressé par Takemura Shinji.

- Qui ? demanda Ryoma en reconsidérant la question

Durant les deux mois et demi qu'il avait passé en tant qu'homme digne de ce nom, il n'avait jamais entendu parler de ce garçon.

- Ah, tu ne connais sans doute pas encore le président du conseil des élèves

Il n'aurait donc jamais entendu parler du président du conseil des élèves ? Il était pourtant élève de cette école depuis deux mois et demi. Peut-être qu'il ne participait pas assez à la vie scolaire, sans doute, même. D'ailleurs, il ne savait même pas qui était le délégué de cette classe. Il se comportait vraiment comme un nouvel élève, sans le vouloir.

- Pour ma part, je préfère Sukejiro-sempai, dit une autre rêveuse

Sukejiro ? Ryoma se demandait comment il avait bien pu se débrouiller pour passer à côté de ça. Takemura Shinji était le président du conseil des élèves et Sukejiro Hayato n'était autre que le vice-président. Au moins ce dont il était sûr était qu'il ne les avait jamais vus de sa vie.

- Il faut dire que Sukejiro-sempai est assez distant, reprit sa voisine

- Je trouve que ça fait parti de son charme, défendit la rêveuse, il est du genre mystérieux, tu sais.

- C'est vrai, ajouta une autre dont le nom aussi échappait à Ryoma, on ne connaît rien de lui, mais selon les rumeurs, il serait le fils du PDG d'une grosse compagnie.

Ses amis commencèrent à glousser et à soupirer d'admiration. Ryoma quant à lui soupira d'ennui. La conversation commençait à devenir enquiquinante, non, elle l'était depuis le début. Il s'en fichait pas mal de savoir qui était le sujet de leur fantasme, ou même qui pouvait bien être le président du conseil des élèves. Au moins, la proximité du groupe de filles avait le mérite d'éloigner les garçons qui regardaient dans sa direction avec avidité. Ryoma eut de nouveau un frisson de dégout. Il n'aurait jamais pensé que ça lui arriverait.

- Echizen Ryoma-sama aura toujours la première place, pour moi, déclara sa voisine en posant ses mains sur son cœur

- Tu n'as pas tort, il est irrésistible !

Ryoma fronça les sourcils, il n'y avait pas que les garçons qui lui donnait des frissons. Qu'est-ce que ces filles pouvaient bien imaginer en pensant à lui ? Déjà que leur fantasme était limite avec ses sempais représentant du conseil des élèves, comment ça serait avec lui ? Il ne voulut même pas le savoir.

- Tu le connais, n'est-ce pas ? Echizen Ryoma, le joueur de tennis

« Il est devant toi » pensa-t-il dire, mais il se ravisa. Il était Ryoko à présent.

- Plus ou moins, répondit-il en haussant les épaules

Les trois jeunes filles en face de lui arborèrent des expressions choquées. C'était comme si ce qu'il venait de dire était profane. Il ne pouvait se permettre de dire la vérité, car qui connaissait Echizen Ryoma mieux que lui ? Elles entreprirent de lui raconter sa biographie. Bien qu'il n'en ait pas.

Ryoma soupira d'ennui. Il se leva et scruta la classe du regard. Elle n'était plus là. Ryoma fronça les sourcils, c'était sa faute. Si ces filles ne l'avait pas distraient, il aurait déjà… qu'est-ce qu'il aurait fait ? Ryoma n'était pas vraiment sûr de ce qu'il devait faire pour l'aider, on ne le lui avait pas expliqué. Ses sempais l'avaient simplement ordonné d'enfiler ce stupide uniforme et de se faire passé pour sa cousine dont il ne savait rien pour aider Ryuzaki Sakuno. Mais comment devait-il s'y prendre au juste ?

Il ne savait pas non plus en quoi sa présence allait l'aider. Il devait, apparemment, s'approcher de la petite-fille de son ex-entrainer et… et quoi ? Le fait qu'il se travestisse n'allait pas empêcher le fait qu'elle soit androphobe. Il n'allait surement pas réussir là où les psychologues avaient échoué. Même Osakada Tomoka, qui était sensée être sa meilleur amie, n'y était pas parvenue. Et la personne la plus proche d'elle, sa chère Grand-mère, n'avait rien pu faire. Alors pourquoi lui ? Pourquoi pas l'un de ses sempais ? Même Horio aurait pu accomplir cette tâche.

« …tu es le seul à pouvoir l'aider… »

C'était ce que lui avait dit sa mère. Il ne comprenait vraiment pas comment, alors qu'il avait été le seul à être tenu à l'écart. C'était ce qu'elle voulait. Ryuzaki Sakuno ne voulait pas qu'il sache. Alors pourquoi se démènerait-il à lui venir en aide. Si elle tenait à ce qu'il ne sache pas ce qui la vérité, elle voulait certainement qu'il ne fasse plus parti de sa vie…

Sous une chaleur ardente, une jeune fille aux joues cramoisies remuait les lèvres. Ses lèvres roses se courbaient dans un sourire bienveillant, plus chaleureux que la température ambiante.

- Ryoma-kun !

Avant qu'il ne puisse le réaliser, il se trouvait déjà dans couloir. Ryoma ne savait pas où il se dirigeait, mais son corps avait pris les avant et réagit avant son esprit. Il avait fallu qu'un vieux souvenir refasse surface pour qu'il se rende compte qu'il avait été idiot. Idiot de douter de son utilité, idiot de penser qu'il s'agissait d'une perte de temps, idiot de penser que rien ne changerait, idiot de croire qu'elle voulait qu'il sorte de sa vie. Il était peut-être le seul à pouvoir l'aider. Il pouvait faire quelque chose, il pouvait y parvenir. Il pouvait réussir là où les psychologues avaient échoué. Le fait qu'il se travestisse n'allait pas empêcher le fait qu'elle soit androphobe, mais il allait grandement y contribuer. Après tout, n'avait-il pas juré vouloir tout faire pour qu'elle puisse un jour ressentir le bonheur absolu ?

Après tout, il était le seul à pouvoir la faire sourire comme dans ses souvenirs.

Ryoma débuta ses investigations. Tout en marchants dans les couloirs de l'école, il tenta du mieux qu'il put de ne pas répondre vulgairement aux regards et aux gestes pervers des personnes sur son passage. Ryoma garda son sang froid et se rendit d'abord dans le réfectoire bondé. Encore une fois sur son passage, les élèves le dévisagèrent avec surprise, admiration et avidité. Mais il ne se laissa pas perturbé. Son objectif en tête, ses yeux ambres aux aguets, il fouilla la grande salle de fond en comble.

Pas là.

Il passa la main dans ses cheveux de frustration, et jura. La pause déjeuner n'allait pas durer une éternité, alors il devait se dépêcher. Déjà qu'il avait passé les quinze premières minutes avec les pipelettes. Ryoma se retourna en trombe vers la sortie.

Il percuta quelque chose de dure.

Il s'était tellement précipité, que la force de son élan le fit presque tomber à la renverse. Presque. S'il n'aurait pas été rattrapé au dernier moment, il se trouverait sans aucun doute sur le sol. La veille, Ryoma n'aurait jamais imaginé que le lendemain même il ouvrirait ses paupières dans les bras d'un homme. Effectivement, il avait fermé les yeux en appréhendant le choc de son dos contre le sol. Mais au lieu de ça, lorsqu'il recouvra la vue, la première chose qu'il vit fut des yeux gris.

Si ses yeux gris étaient froids et distants, comme ceux d'un loup, son apparence était loin d'être semblable. Surmontés de longs cils et de fins sourcils châtains, ses yeux gris étaient d'une teinte glaciale complètement opposée à celle de ses cheveux blonds platine mi-longs qui venaient taquiner ses paupières.

Ryoma ne put s'empêcher de se sentir embarrassé par leur position, les yeux écarquillés et les joues très légèrement roses, il souhaita de tout son cœur se trouver six pieds sous terre. Ryoma était horrifié, sa pauvre dignité devenait de plus en plus frêle. Il devait sans doute passer pour une fille dans ses grands bras musclés. Ses sempais allaient le payer très cher.

- Je suis navré, commença-t-il, t'ai-je fait mal ?

- N-non, marmonna Ryoma

Reprenant ses esprits, il se dégagea rapidement de son étreinte. Tout le réfectoire les regardait, envieux et admiratif. Ryoma roula des yeux. Il ne manquait plus que ça pour aggraver son cas. Il remarqua que son interlocuteur le dévisageait avec insistance. Ryoma fit de même. S'il pensait qu'il allait le remercier, il se fourrait le doigt dans l'œil. Pourquoi diable le remercierait-il de lui avoir retiré toute dignité ?

Il remarqua aussi quelque chose d'étrange.

Cette personne lui était familière. Ryoma savait qu'il l'avait déjà vu quelque part. Qu'il l'avait rencontré dans de mauvaises circonstances. C'était sans doute la raison pour laquelle plus leur contacte visuel se prolongeait, plus Ryoma se sentait irrité.

Tout à coup son « sauveur » tendit la main vers son visage. Surpris, Ryoma eut un mouvement de recule, mais il ne s'arrêta pas pour autant.

- Ne nous sommes-nous pas déjà rencontrés, quelque part ?

Etait-ce une manière de flirter ? Ou bien, avait-il la même impression de déjà vu que Ryoma. Celui-ci se rendit compte que les doigts de la personne en face de lui se rapprochaient de sa joue. Avant qu'il ne puisse reculer, quelqu'un le devança. Il fut saisit par les épaules et emmené en arrière.

Le jeune travesti leva les yeux pour voir le regard azur de Fuji braqués sur son « sauveur ». La main de ce dernier fut saisit par Momoshirou qui la rendit à son propriétaire.

- Quel drôle de façon de flirter, Sukejiro-kun, commenta Fuji en recouvrant son sourire

Sukejiro ? Alors il s'agissait du vice-président du conseil des élèves. Sukejiro Hayato, Ryoma ne l'aimait pas. Vraiment pas.

- Ryoko-chan n'a pas l'air d'apprécier, ajouta Momoshirou en lançant un regard insistant à son kohai

Celui-ci comprit le message cinq sur cinq, mais fut d'abord retissant. Un second regard le fit se soumettre à sa volonté. Dans un léger soupire, il se retourna vers Fuji et saisissant sa chemise dans son poing, il enfonça son visage dans son torse. Les personnes témoins de cette scène émirent des «Oh » de tendresse. Fuji légèrement surpris, compris malgré tout le message et referma un bras autour de ses épaules.

Si le visage de Ryoma n'aurait pas été dissimulé dans la chemise de son sempai, tout le monde aurait pu voir l'expression désespérée, dégoutée, embarrassée et terriblement furieuse qu'il arborait. Lors de la semaine d'entrainement Ryoma avait du faire, à contrecœur, ce genre de chose. Mais jamais au grand jamais, il n'aurait imaginé devoir le faire en publique. Il avait tellement honte. Il ne laisserait pas Momoshirou s'en tirer comme ça.

- Je ne flirtais pas, se défendit le vice président d'une voix douce

Quelques gémissements firent émit par le public. Sukejiro lorgna Fuji et la petite créature terrifiée dans ses bras. Celle-ci lui disait vraiment quelque chose. Quoi qu'il en soit, la voir ainsi dans les bras de Fuji l'agaçait quelque peu.

Ryoma sortit de l'étreinte, en baissant la tête. Il ne voulait en aucun cas voir le sourire moqueur de Fuji, ni même celui de Momoshirou. Il envisagea donc de sortir de la scène en se plaçant derrière lui. Aussitôt, Kikumaru vint encercler ses bras autour de ses épaules. Ryoma remarqua que ses autres sempais se retenaient de rire.

- Bien joué, murmura Kikumaru à son oreille, on aurait vraiment dit une petite fille sans défense

- Oh la ferme, lâcha Ryoma en recouvrant sa voix habituelle

- Je ne te connaissais pas ce talent d'acteur, lança Inui en griffonnant sur son calepin

Il se contenta de le fusiller du regard.

- Quel genre de relation entretenez-vous, si je puis me permettre ? demanda soudainement Sukejiro

- Ryoko-chan est la cousine d'Echizen Ryoma, déclara simplement Fuji, je la considère comme ma petite sœur

Ryoma eut envie de se cogner la tête contre un mur.

- Ryoko… répéta le vice-président comme pour lui-même

- Pourquoi cette question ? dit Fuji en élargissant son sourire, serais-tu intéressé par Ryoko-chan ?

Tout le monde fut surpris de constater un léger rougissement sur le visage du représentant du conseil des élèves.

- P-pas spécialement.

Sur ses mots, il s'en alla du réfectoire. La seconde qui suivit, un troupeau d'élèves tenta de s'approcher de Ryoma, curieux de connaître la cousine du fameux prince du tennis et de savoir si elle était sous le charme du vice-président. Mais grâce à l'aide de ses sempais, ils parvinrent s'éclipser. Une fois à l'abri des regards, ses sempais lui demandèrent ce qui s'était passé.

- On s'est rentré dedans, c'est tout.

Ils n'avaient pas l'air satisfait de sa réponse. Ryoma s'en fichait, puisque lui n'avait pas l'air satisfait, lui, lorsqu'ils se moquaient de lui, ni même en étant habillé en fille.

- Et où en es-tu avec Ryuzaki-chan ? demanda Fuji

- Je la cherchais justement.

Une discussion rapide eut lieu au sujet du comportement qu'il devait avoir, de sa façon de parler et de marcher.

- Echizen, commença Momoshirou tout sourire, on dirait que t'as une touche

Ryoma le foudroya du regard.

- Il a raison, renchérit Kawamura, on dirait que tu l'intéresse beaucoup

- Il faut dire qu'Ochibi est tellement mignon, ajouta Kikumaru

- Il m'a l'air louche, Fsh…

- Ne baisse pas ta garde Echizen, conseilla Tezuka

- Je vais faire des recherches sur lui, déclara Inui

- Ne te surmène pas, intima Oishi

- Hn.

Alors que Ryoma s'apprêtait à s'en aller, Fuji le rattrapa par l'épaule avec un sourire.

- Tu peux revenir dans mes bras quand tu veux

- Tche, fit Ryoma, compte là-dessus et bois de l'eau fraîche

Le jeune travesti se remit à la recherche de Ryuzaki Sakuno. Il se remit également de se léger contre temps et reprit son sang froid. Sur son chemin, les ragots faisaient rage. On ne parlait plus de lui en tant qu'étudiant transféré, mais en tant que la cousine du beau Echizen Ryoma. Celui-ci fut très surpris quand il entendit sont prénom assimilé à celui du représentant des élèves. Mais il n'en accorda pas d'importance, il se rendit rapidement sur le toit. Il doutait un peu de sa présence en ces lieux, car avec les rayons du soleil qui tapait très fort, le sol en béton du toit était assez chaud, sans oublier la, quasi, non-existence d'ombre.

Lorsqu'il ouvrit la porte du toit, il fut d'abord ébloui par la lumière du soleil au zénith. Puis, peu à peu, il distingua une silhouette. Quand Ryoma reconnut ses deux longues tresses fouettant l'air, son corps se figea. La personne s'avança, vers lui, la porte du toit se referma dans un claquement sourd et sec. Ryoma fit un pas en arrière.

Il la cherchait depuis un moment déjà, mais à présent qu'elle se trouvait devant lui, il ne savait que faire. Malgré son déguisement, il n'était pas sûr de tout. Allait-il se faire frapper ? Le reconnaissait-elle ? Le sentait-elle ? Elle était androphobe, et agressive quand un homme était à proximité, Ryoma craignait le pire. Il ferma les yeux en appréhendant.

Quelques secondes passèrent. Ryoma rouvrit les yeux, il découvrit qu'aucun deux n'avaient bougés. Ryuzaki Sakuno semblait aussi tétanisée que lui. Il soupira de soulagement en comprenant que le déguisement avait marché. Puis il reporta son attention vers elle. La dernière fois qu'il l'avait vue d'aussi près, c'était le jour de la rentrée des classes. Depuis, il avait comprit qu'il ne pouvait plus l'approcher, non pas pour sa sécurité, mais pour son bien à elle. Elle avait peur des hommes, elle ne le faisait pas exprès, son corps réagissait ainsi. Son mode autodéfense était automatique, un réflexe. Et Ryoma savait pertinemment qu'à chaque fois qu'elle blessait un garçon innocent, elle ressentait plus de douleur que sa victime.

Malgré ces quatre années sans avoir eut de contacte, il la connaissait toujours autant. Enfin…C'était juste qu'elle fût prévisible. C'était ce qu'il appréciait chez elle. Il n'y avait pas de surprise, toujours calme et sereine, souriante et bienveillante. C'était la raison pour laquelle il n'aurait jamais cru qu'un tel changement puisse survenir. Le jour de la rentrée, il avait vu une Ryuzaki Sakuno totalement opposée de celle d'antan. Mais pourtant, il savait qu'à l'intérieur, elle n'avait pas changé. Il se trouva stupide d'avoir douté d'elle. Ryuzaki Sakuno était Ryuzaki Sakuno, et rien n'allait changer cela.

Ryoma prit une grande inspiration, en tentant de contrôler le sentiment étrange qui lui parcourait la colonne vertébrale. Il fit un pas en avant et afficha un sourire. Il avait été forcé d'en faire toute la journée, mais cette fois, son sourire était sincère.

Ryoma avouait qu'il n'était pas mécontent de la revoir, là, en face de lui.

- Euh, commença-t-il maladroitement en montant sa voix d'une octave, tu es Ryuza…

Son « interlocutrice » inclina la tête en avant en signe de politesse, avant de descendre les escaliers.

- …ki ? Finit-il l'expression souriante figée en la regardant s'en aller

Le bruit de pas se poursuivit quelques instants avant de se faner dans le silence pesant qui entouré le jeune travesti.

Ryoma n'en croyait pas ses yeux, venait-elle de… l'ignorer ? Que diable se passait-il ? Il cligna des yeux pendant quelques secondes, encore stupéfait par ce qui venait de se produire.

Il sortit finalement de sa transe et résuma la situation. Alors tout d'abord, Ryoma avait dû se travestir pour s'approcher de Sakuno. Puis, lorsqu'ils se trouvaient face à face, elle ne le frappait pas. Toutefois, lorsqu'il tentait de lui parler…eh bien, elle l'ignorait. A la suite de cette rapide synopsie, Ryoma se posait une question.

Etait-ce une plaisanterie ?

Oui, sans doute, elle n'allait pas tarder à revenir. Oui, bien sûr. Elle était surement allée chercher quelque chose d'important, mais elle allait revenir. Ryoma attendit. Cinq minutes plus tard, il se ruait dans les escaliers à sa poursuite, persuadé qu'il s'agissait d'une grosse méprise.

Elle n'avait certainement pas pu l'ignorer. Toute l'école ne parlait que de lui, sur son passage, tout le monde lui vouait de l'intérêt, filles ou garçons. Mais pourtant, elle semblait immunisée. Depuis le moment où il avait mis les pieds dans cet établissement, ce matin-là, Ryoma avait souhaité que tout le monde soit immunisé. Mais quand c'était elle qui l'ignorait, il n'aimait pas ça.

Le jeune homme en jupe fouilla toute l'école au pas de course à la recherche de la fauteuse de trouble, en vain. Où avait-elle bien pu passer ? Alors qu'il marchait dans le couloir du premier étage, une porte s'ouvrit soudainement. Quand il vit son « gibier » en sortir, il se rendit compte qu'il s'agissait de la seule salle qu'il n'avait pas fouillée : la salle des professeurs.

Ryuzaki Sakuno en sortit avec une énorme pile de paperasse dans les mains qui parvenait presque à dépasser sa tête. En arrivant discrètement près d'elle, il fut heureux de constater qu'il la dépassait de plusieurs centimètres.

- Tu étais donc là ! dit-il lorsqu'il arriva à sa hauteur

Il vit qu'elle sursauta légèrement, sans pour autant faire tomber sa pile. D'ailleurs, elle avait l'air de peiner avec toute cette charge. Qui diable pouvait bien lui avoir confié une telle tâche ?

- Besoin d'aide ?

- Ç-ça va aller, souffla-t-elle sous l'effort

Ça faisait bien longtemps qu'il n'avait pas entendu sa voix, enfin parler. Lui parler. Ça faisait si longtemps qu'il en eut des frissons. Sa voix était la même, toujours aussi légère et hésitante.

Quelques élèves traversèrent le couloir, le fait que son interlocutrice ait une telle tâche ne semblait pas les toucher. Ryoma fronça les sourcils, il tendit les bras vers sa « cargaison ».

- Si, j'insiste

Ryuzaki Sakuno eut un mouvement de recul.

- Non ! s'écria-t-elle

Surpris, il demeura muet. Il se contenta de la dévisager. Elle se mordit la lèvre inférieure.

- J-je veux dire, non merci. Reprit-elle, c-ce n'est pas aussi lourd que tu le crois

Sur ses mots, elle le laissa. Qu'est-ce qui lui arrivait ? Pourquoi était-elle ainsi ? Distante, froide et sur le qui-vive. A ses yeux, elle n'était pas un homme, alors pourquoi autant de méfiance ? Se comportait-elle ainsi avec les autres ? Serait-ce la raison pour laquelle lorsque sa meilleure amie n'était pas présente, elle restait toujours toute seule ? Rejetait-elle les autres ? Où était passé sa bienveillance, sa gentillesse, sa joie de vivre ?

Où était passé son sourire ?

C'était comme si c'était quelqu'un d'autre. Comme si il ne la connaissait plus. Ils étaient dans la même classe, pourtant. Comment avait-il fait pour ne pas remarquer cela ? Ryoma voulait savoir, il ne pouvait pas rester là sans rien faire.

Chercher des réponses, c'était ça sa mission.

Ryoma retourna en classe. Le groupe de fille qu'il avait laissé se trouvait toujours près de son pupitre à blablater.

- Où étais-tu passée ? demanda sa voisine en la remarquant

- J'étais euh… aux toilettes

- Ah bon ? intervint une autre, pourtant je ne t'y ai pas vue quand j'y suis allée

- Ah, c'est parce que je suis allé à l'infirmerie, après

Les filles arborèrent tout à coup une expression perplexe. Ryoma devint soucieux. La cloche retentit, les filles entreprirent de retourner à leur place. Sa voisine lui donna une petite tape sur l'épaule.

- Alors ça tombe aujourd'hui pour toi ? conclut-elle, pas de chance, alors qu'on a natation en sport tout à l'heure

Ryoma ne comprit pas son allusion, mais fit mine du contraire en hochant la tête. Le cours débuta.

Ryoma ne cessa de penser à un moyen de percer la coquille dans laquelle Ryuzaki Sakuno s'était enfermée. Il finit par conclure que s'il voulait des réponses, il fallait devenir son amie. Mais pour l'instant, c'était mal parti. Tout ce qui lui restait à faire était d'insister.

Lors de la pause de quinze minutes, qui suivait le deuxième cours, survint, Ryoma entreprit d'aller voir Ryuzaki Sakuno. Celle-ci s'en était allée de la classe en suivant la professeure d'anglais. Les voyant entrer dans la salle des professeurs, il s'arrêta près d'une classe à quelque porte de là, pour ne pas paraître suspect. Cinq minutes plus tard, l'élève ressortait légèrement abattu de la salle. Elle ne semblait pas avoir remarqué qu'il la suivait.

Il la traqua jusqu'à la bibliothèque. Il la suivit jusque dans un rayon et entreprit de faire son entrée somme si de rien n'était. Sa « proie » se trouvait dans le rayon langues étrangères et lorsqu'il s'approcha d'elle, celle-ci ne sembla pas le remarquer. En effet, elle était beaucoup trop occupée à chercher un moyen de parvenir à récupérer le livre se trouvant hors de sa portée.

Ryoma ne put s'empêcher d'esquisser un sourire. Voilà à quoi ressemblait la Ryuzaki Sakuno qu'il connaissait. Il vint à sa rencontre et prit le livre pour elle. Ryoma ne savait pas comment elle avait réagit, cachée derrière son rideau auburn, mais en se référent à la forme de « o » que sa bouche avait prise, il en déduit qu'elle était surprise.

Ce fut également à son tour d'être surpris en portant son attention vers le livre.

L'anglais pour les nuls

Il porta sa main à sa bouche, mais ne put s'empêcher de pouffer de rire. Furieuse, elle lui arracha le livre des mains et le laissa planté là. Ryoma finit par contrôler son fou rire, et alla à sa poursuite.

Lorsqu'il la retrouva, elle venait d'emprunter ses ouvrages. Elle transportait tant bien que mal ses cinq énormes livres, dans ses deux petits bras frêles.

- Laisse-moi t'aider, dit-il lorsqu'ils sortirent de la bibliothèque

Elle le foudroya du regard. Enfin, c'était ce qu'il comprit lorsqu'elle leva brusquement la tête dans sa direction.

- En guise d'excuse

Elle secoua la tête et poursuivit sa route, mais il la retint par le bras. Elle lui fit face pour de bon avant de s'exclamer.

- Ne sois pas aussi insistante !

Ryoma reçut le coup en point fouet. Alors qu'il voulait l'aider, il se faisait toujours rejeté. Qu'est-ce qui lui prenait à la fin ? Comment était-il sensé lui venir en aide, alors ? À ce train, là, tout ce qu'avait monté ses sempais et sa famille dans le but de l'aider n'aurait servit à rien. Il lui rendit sèchement son bras.

- Désolé de vouloir t'aider, déclara-t-il en s'en allant

Ryoma était en colère. Ce n'était plus la fille qu'il connaissait, elle avait changé. Autant à l'extérieur qu'à l'intérieur. Elle rejetait toute l'aide qu'on lui proposait, elle persistait à vouloir rester seule. A croire que la situation ne la dérangeait pas. Mais se rendait-elle compte de ce que cela provoquait autour d'elle ? Il y avait des gens qui souffraient de son état, sa grand-mère était désespérée. Pourtant, elle continuait à vouloir se renfermer sur elle-même. Elle ne se rendait pas compte, que son avenir était en jeu, qu'elle ne deviendrait jamais une femme accomplie comme le voulait tant sa grand-mère, qu'à un moment, elle ne pourrait plus revenir en arrière.

La Ryuzaki Sakuno qu'il connaissait n'aurait jamais fait autant de mal autour d'elle, même avec de l'androphobie, Ryoma était sûr et certain qu'elle aurait tout fait pour trouver un moyen de surpasser les difficultés. Elle aurait accepté l'aide de sa famille et de ses amis, afin que tous ensemble, ils puissent vaincre sa maladie mentale.

Mais pourtant, elle ne semblait pas comprendre. Non, elle ne le voulait pas. Comment était-il sensé y parvenir, lui ?

Ryoma en avait assez. Il avait du sacrifier sa dignité en se travestissant, sacrifier sa vie de lycéen normal, se faire draguer Dieu sait combien de fois, et se faire enlacer par Fuji ! On lui avait même épilé les jambes, pour l'amour de Dieu ! Et tout ça pour elle, qui le rejetait continuellement. Ryoma savait qu'elle n'était pas au courant de qui était vraiment Meino Ryoko, mais tout de même. Elle semblait si seule, n'était-il pas normal pour elle de lui renvoyer sa gentillesse ?

Elle avait changé. Peut-être ne voulait-elle pas qu'on vienne à son secours.

Il envisagea d'aller voir Fuji après les cours et lui dire qu'il arrêtait tout.

Les garçons de la classe s'étaient déjà changés depuis un moment, et patientait en maillot de bain et bonnet sur le bord de la piscine pour la sortie des jeunes filles du vestiaire. Ils gloussaient, riaient et s'impatientaient. Ils avaient attendu ce jour depuis la rentrée. Ils allaient enfin pouvoir voir les filles en maillot de bain. En prime ce jour-là, ils allaient également découvrir le corps sublime de la nouvelle élève. Que rêver de plus ?

Après quelques minutes d'attente, elles finirent par sortir. Cloitrés dans leur serviette de bain, elles avançaient d'un pas lent et embarrassé pour rejoindre les garçons qui imaginaient déjà les courbes de ces dernières dissimulées derrière leur serviette.

Ryuzaki Sakuno sortit du vestiaire à son tour, elle s'était changée elle aussi. Sauf qu'elle avait troqué son uniforme avec la tenue de sport du lycée : short bleu et polo de sport blanc où le blason de l'école paraissait sur la poitrine gauche.

Les jeunes lycéens ne semblèrent pas déçus de la voir ainsi, d'ailleurs, ils n'attendaient pas grand-chose de cette fille complètement folle. La classe avait entendu dire qu'elle avait été odieuse avec la nouvelle. Ça ne fit qu'attiser leur haine envers elle.

Puis, Meino Ryoko fit son entrée. Elle s'était rendue aux toilettes lors du changement des filles. Les garçons se lamentèrent en découvrant avec déception qu'elle était vêtue de la même façon que l'élève sortie précédemment.

Les élèves se réunirent autour du professeur. Il commença par dicter les consignes puis leur demanda d'entrer dans l'eau pendant qu'il s'en allait chercher le matériel. Puis il remarqua que la nouvelle élève n'était pas rentrée dans l'eau.

- Ah ? Pourquoi n'es-tu pas en maillot de bain, Meino-san ? demanda-t-il en fronçant les sourcils, il n'y a que Ryuzaki-san qui soit excusée

Entre temps Ryoma avait fini par comprendre où sa voisine voulait en venir, un peu plus tôt. C'était assez embarrassant. Mais il s'agissait d'une excuse infaillible. Bien sûr Ryoma n'avait aucune intention de se mettre en maillot de bain dans la peau de Meino Ryoko.

- J'ai mes règles, répondit-il platement comme si il venait de dire le temps qu'il faisait

Le professeur écarquilla les yeux, pris au dépourvu par sa franchise.

- Tu as besoin d'aller à l'infirmerie ? s'enquit-il en se raclant la gorge

- Non, ça va aller, répliqua-t-il en affichant le sourire classique

Sur sa réponse, le professeur s'en alla. Ryoma et Sakuno étaient les deux seuls élèves hors de l'eau. En ce jour de chaleur, on serait bien fou de refuser de plonger dans la piscine. Ryoma enviait ses camarades de classe. Il crevait de chaud sous ce soleil de plomb. Et sa perruque était carrément un panneau solaire ambulant. Elle cumulait toute la chaleur et à cause de sa couleur sombre, elle attirait les rayons du soleil. Ryoma regretta sa casquette. L'endroit où il avait le plus chaud était sa nuque, avec toute cette fourrure, il ne cessait de transpirer.

Il passa sa main sur sa nuque et releva ses longs cheveux avant de les déplacer sur son épaule droite. Il faisait tellement chaud, il pouvait entendre le bruit des criquets. Ça lui rappelait le jour où lui et ses sempais avaient remporté le tournoi national. Il faisait aussi chaud. Même plus. Il se souvint qu'à la fin de son match elle l'avait appelé et-

Il fallait qu'il cesse de penser à ça. Elle devait sans doute avoir oublié. Il s'agissait d'une vielle promesse. Elle avait changé, elle n'était plus la même.

Ryoma la regarda du coin de l'œil. A part sa frange démesurément longue, elle n'avait pourtant pas changé extérieurement. Elle se tenait légèrement courbée, ses deux tresses lui tombant dans le dos, et les mains sur ses genoux serrés, tripotant ses doigts. Elle baissait la tête, si bien que ses cheveux couvraient presque complètement son visage. Il ne put qu'apercevoir son menton et ses lèvres.

Ses lèvres qui formaient de si beaux sourires.

Ryoma n'était plus en colère contre elle, c'était juste qu'il ne la comprenait pas. Elle ne ressemblait pas à une fille froide et distante. Si bien qu'il avait l'impression que s'il lui touchait l'épaule, là, elle relèverait la tête, dévoilant son doux visage avec un chaleureux sourire.

Il soupira de frustration.

Pendant ce temps, juste en face d'eux, deux jeunes filles, les bras sur le rebord de la piscine les observaient. Elles n'aimaient pas la jeune fille qui se tenait près de la gentille Meino Ryoko. Celle-ci était si aimable avec elle, mais Ryuzaki Sakuno n'avait fait qu'être odieuse. Elle méritait une bonne leçon.

- Ryuzaki-san ! lança une des deux jeunes filles en agitant son bras hors de l'eau

L'intéressée leva la tête.

- Sois gentille, ramène-moi mes lunettes de piscine à côté de toi

La fille aux longs cheveux auburn, prit les lunettes et s'avança vers le bord d'un pas mal à l'aise et les tandis à sa camarade de classe. Celle-ci lui sourit en la remerciant, puis lança un regard entendu à son amie. Ryuzaki Sakuno s'apprêtait à repartir vers son banc, quand tout à coup, elle sentit une pression sur sa cheville.

Le temps qu'elle se rendît compte de ce qui se déroulait, elle tombait déjà à l'eau. Son cri de surprise se perdit dans la piscine.

Ryoma qui avait assisté à la scène d'un œil méfiant, découvrit trop tard l'intention des deux jeunes filles dans l'eau. Ses gestes furent plus rapides que sa parole. Il s'élançait déjà vers le bassin. Puis juste au bord de la piscine il se rendit compte d'une chose : s'il rentrait dans l'eau et que sa perruque se faisait la malle, qu'allait-il bien pouvoir faire ? Il eut un temps d'arrêt.

Horio, lui, ne se fit pas prier, il avait vu toute l'action et s'apprêtait à porter secours à son amie, jusqu'à ce que quelqu'un l'arrête.

- Non, Horio !

Il se figea net, persuadé d'avoir entendu la voix de son ami partit pour les Etats-Unis une semaine auparavant. Mais lorsqu'il tourna la tête, ce fut pour découvrir Meino Ryoko, enfilant des lunettes de piscines.

- Tu va l'effrayer ! disait-elle en plongeant, va appeler Masayuki-sensei

Entre temps, Ryoma avait trouvé le moyen de garder sa perruque sur la tête. Les lunettes de piscine laissée sur le rebord allaient la garder en place. Une fois sous l'eau Ryoma repéra les deux jeunes filles qui tiraient la pauvre victime vers le fond de la piscine en lui tirant les cheveux et les jambes. Ryuzaki Sakuno, elle semblait manquer d'oxygène et peinait à se défendre.

Ryoma réagit au quart de tour. Il se précipita vers les auteures du coup monté, attrapa leur bras et d'une seule traite les envoya valdinguer vers le fond de la piscine. Puis il constata avec horreur que la pauvre jeune fille aux deux tresses cessait peu à peu de bouger. Il fonça dans sa direction, passa ses bras sous ses aisselles et la remonta fissa. Une fois à la surface, ils prirent tout les deux une grosse bouffée d'air. Ses jambes autour de sa taille, et ses bras autour de son cou, elle s'agrippait désespérément à lui. Ryuzaki Sakuno fut prise d'une quinte de toux, puis absorbant de l'oxygène, elle se calma peu à peu. Elle se mit sangloter. Ryoma rejoignit le bord de la piscine, et à l'aide de l'échelle, la fit sortir de l'eau.

Une fois sur la terre ferme, il reçut une serviette de la part de Horio. Il la passa autour des épaules de la pauvre Ryuzaki Sakuno.

- Qu'est-ce que ça veut dire ?! S'écria le professeur en laissant tomber le matériel de natation qu'il tenait dans ses bras

Ryoma n'eut pas l'occasion de régler le compte des deux filles, son professeur s'en chargea. Sous les yeux encore stupéfaits des autres élèves de la classe, le professeur hurla pendant près de quinze minutes. Les deux filles furent envoyées dans le bureau de son oncle. Masayuki-sensei leur assura qu'il ferait tout pour qu'elles obtinssent une semaine d'exclusion.

Ryoma emmena la pauvre jeune fille à l'infirmerie. Etant donné que la piscine se trouvait à l'extérieur, il fallait traverser toute le court pour se rendre au bâtiment principal où se trouvait l'infirmerie. Si bien que les rayons du soleil commencèrent à sécher leurs vêtements. Tout à coup, elle s'arrêta de marcher. Ryoma se tourna vers elle.

- J-je suis désolée, commença-t-elle

- Tu n'as pas à t'excuser, demanda-t-il

Ryuzaki Sakuno baissa la tête.

- B-bien sûr que si ! S'écria-t-elle en serrant les poings, je suis horrible avec toi, alors que tu es si gentille avec moi. Tu es même venue à mon secours, malgré tout ça. Pourquoi es-tu comme ça avec moi ?

- Parce que tu en vaux la peine, répondit-il sincèrement

Ryuzaki Sakuno semblait désespérée.

- N-ne dis pas des choses aussi gentilles, comment vais-je pouvoir t'éloigner de moi, après ? poursuivit-elle

- M'éloigner de toi ? répéta-t-il, mais pourquoi ? Qu'est-ce que j'ai fais ?

Elle releva la tête. Ryoma sentit qu'elle le regardait dans les yeux.

- T-tu ne devrais pas t'approcher de moi, conseilla-t-elle, je ne t'apporterai que des ennuis. Il y aura des rumeurs sur toi, et… imagine-toi ce qu'ils raconteront sur toi !

- Je me fiche de ce que disent les autres et-

- E-eh bien moi pas ! Trancha-t-elle, je ne veux pas qu'une personne aussi aimable que toi sois impliquée. J-je ne veux pas que tu sois blessée, Meino-san

Ryoma en avait assez, il ne pouvait même pas en placer une. Il comprenait à présent la raison de son comportement froid et distant. Il retirait tout ce qu'il avait pensé auparavant. Elle voulait simplement le tenir à l'écart, le protéger d'elle.

Sauf que ça c'était son boulot.

II fit un pas en avant, et réduit la distance qui les séparait, si bien qu'il ne restait que quelques millimètres avant que leur deux corps ne se touchent. Il lui saisit le menton et releva sa tête afin qu'elle puisse, malgré leur différence de taille, le regarder dans les yeux. Bien que sa franche lui cachait toujours le visage. Elle fut d'abord surprise et tenta de se dégager en s'agrippant à ses bras. Mais sans succès. Leur force n'était pas comparable, c'était un homme après tout.

- Ecoute-moi bien, lui intima-t-il, je me fous de ce les gens disent ou pensent de moi. Si je veux devenir ton ami, alors je deviendrai ton ami, peu importe ce qu'ils disent…

Elle tenta de se dérober, mais il resserra son emprise.

- Peu importe ce que tu dis

Elle arrêta de gigoter. Ryoma espérait qu'elle ait bien compris le message. A présent que les choses étaient clarifiées, qu'il savait que son dessein avait été de le protéger, il se dit que finalement, il allait continuer de se travestir encore quelques jours…

- Mais, s'ils te blessent…

Ryoma relâcha son menton.

- Ne t'inquiète pas, ils ne me blesseront pas facilement

Puis à la seconde qui suivit ses mots, une brise légère vint les rafraichir et le temps sembla s'arrêter. Ses sourcils s'arquèrent, ses yeux ambre s'écarquillèrent, la surprise se lut sur son visage. Il fut comme hypnotisé.

Les cheveux de Sakuno furent secoués par le vent, et sa longues frange encore humide se souleva, dévoilant ses grands yeux bruns légèrement rougeâtres surmontés des plus longs cils qu'il n'eut jamais vu, son petit nez, ses joues cramoisies rebondies, son menton pointu, et… ses lèvres charnues roses courbés dans un sourire chaleureux.

Puis tout à coup, du rouge aux joues, il se détourna d'elle, et se remit en route, craignant de ne plus contrôler ses gestes. Qu'est-ce qui lui arrivait ?

- E-eh ? Attends-moi !

Ce fut ainsi que Ryuzaki Sakuno et Echizen Ryoma, alias Ryoko Meino se rendirent à l'infirmerie.

A suivre.


Voilà, voilà ! Alors ? Comment vous avez trouvé ce chapitre ?Oui, c'est vrai, j'ai fait Ryoma-sama un peu trop indécis, mais il faut dire que l'histoire est assez compliquée...BREf ! J'espère que ça vous a plu.

(*) en ce qui concerne le terme "sexe faible", bien sûr que je ne le pense pas. Je pense que les femmes sont à égalité avec les hommes tout comme vous toutes. C'est juste que ça doit surement être le contraire dans la tête des garçons avec un ego grand comme l'univers. C'était juste pour qu'il n'y ait pas de méprise.

Je remercie du fond du coeur toutes celles qui ont commenté l'histoire : Chachou, Baka-chan et Aka-chan.

Apprendre que vous trouvez ma fiction originale m'a fait très chaud au coeur. J'avais eu peur au début de votre réaction vis-à-vis du traitement que je donne à notre héro, mais j'ai été si surprise quand j'ai lu vos commentaires que... j'en ai eu les larmes aux yeux. Je sais je suis stupide...

Quoi qu'il en soit, je vais tenter de répondre aux questions :

Mes couples préférés sont Ryosaku, NatsumeXMikan, MaiXNaru, HikariXKei... Il y en a tellement que si je ne m'arrête pas là, j'y serai encore demain. En tout cas, dans chaque manga que j'ai listé, il y a un couple que j'aime (quasiment).

Je ne sais pas encore combien de chapitre je vais sortir, au départ, j'avais prévu une fiction courte afin que mes lectrices (ou lecteurs, bien que j'en doute) ne soient pas trop ennuyés, mais quand j'ai lu ta question Aka-chan, je me suis dis : "hey ! T'as un Ryoma-sama travesti, alors pourquoi ne pas en profiter" Mais je ne suis toujours pas sûre de rien, j'espère au moins qu'il y en aura plus de quatre ! (lol)

Si j'aimes les Yaoi ? Qu'est-ce que c'est que cette question ? Bien sûr ! Il n'y a rien de plus "MOE" que les yaoi ! D'ailleurs, je me souviens que cette année, avec une copine, il y avait eu un moment où on ne jurer que par le yaoi ! Ma première fois (visionnage) a été avec Junju Romantica ! C'était tellement Poignant !

Merci encore de donner votre avis, ça m'aide vraiment beaucoup pour la suite, ça me permet de modifier certaines choses et d'avoir la volonté de continuer. Merci pour vos encouragements !

Je remercie également, Didi64270, Lysandera et Maaya-san de suivre ma fiction boîteuse !

Et bien sûr également à tout ceux qui jette un oeil à mes chapitres !

à la prochaine !