Voici le 5e chapitre.

crédits : P.O.T appartient à vous savez qui.


Confessions

Après avoir salués ses parents et ses petits frères, elle sortit de chez elle. Ça faisait deux jours qu'elle ne s'était pas montrée, et coiffée de ses deux couettes hautes, elle reprit le chemin de l'école. Osakada Tomoka avait attrapée une vilaine grippe durant le week-end, et avait été contrainte de rester clouée au lit. Durant ces deux jours, elle n'avait cessé d'être anxieuse, de s'inquiéter pour sa meilleure amie. Comment s'était-elle débrouillée sans elle ? Comment avait-elle pu affronter la classe, non, l'école, seule ? Cela poussa Tomoka à accélérer le pas. Celle-ci ne s'était jamais absentée depuis le début de l'année afin de protéger son amie frêle et fragile des persécutions de ses camarades de classe.

Tomoka secoua la tête énergiquement et décida d'aller chercher Sakuno afin de s'assurer que tout allait bien. Tomoka frappa à la porte de Ryuzaki-sensei. Quelques secondes après, la porte s'ouvrit sur une femme dont les rides et les cheveux blancs témoignaient de sa vieillesse, ou de sa sagesse. Tomoka nota immédiatement quelque chose de différent chez l'aïeule de son amie. Ses yeux habituellement emprunts de tristesse semblaient de nouveau retrouver leur lueur d'antan. La femme âgée fut d'abord étonnée de la voir puis sourit.

- Tomoka ! Comment vas-tu ? Sakuno avait prévu de passer chez toi après les cours. Qu'est-ce que tu fais là ? Tu ne prévois pas d'aller à l'école, tu es toute pâle !

- Ne vous inquiétez pas, ce n'est pas un petit rhume qui va me tuer. Je suis venue chercher Sakuno, justement, je me disais qu'on pouvait aller à l'école ensemble

- Oh ! Je suis désolée, répondit-elle, mais elle est partie plus tôt que d'habitude aujourd'hui. Elle m'avait dit qu'elle avait quelque chose à faire avec sa nouvelle amie.

Tomoka fut surprise de l'apprendre. Nouvelle amie ?

- Oui, reprit Ryuzaki Sumire tout sourire, Sakuno n'a pas arrêté de parler d'elle.

Tomoka devint de plus en plus inquiète. Elle en voulait de plus en plus à sa mère qui l'avait forcée à rester chez elle. Sakuno avait une nouvelle amie ? Tomoka savait parfaitement que toutes les filles de cette école détestaient Sakuno, et qu'elles étaient prêtes à tous pour la nuire. Ça ne l'étonnerait même pas de découvrir qu'il s'agissait d'une nouvelle ruse pour lui faire du mal. Elle savait que Sakuno était assez naïve, mais elle avait pu voir que depuis son brusque changement, son amie se méfiait de plus en plus, que ce soit fille ou garçon. Enfin, surtout avec les garçons.

Comment se faisait-il qu'elle soit déjà aussi proche d'elle ? Alors qu'elle avait passé deux mois et demi à se faire martyriser par ses camarades de classe. Malgré les apparences, Sakuno était toujours aussi vulnérable qu'avant. C'était pour ça que Tomoka était toujours auprès d'elle, et qu'elle ne la lâchait pas d'une semelle. Elle ne voulait pas que sa meilleure amie refasse la même expression qu'elle lui avait montrée après s'être confinée chez elle pendant un mois.

Tomoka devait faire tout son possible pour empêcher cette, pseudo, « nouvelle amie » de lui faire du mal. A n'importe quel prix.

- Qui est-elle ? demanda-t-elle

- Elle s'appelle Ryoko, Meino Ryoko.

Tomoka approchait du lycée d'un pas décidé, en foudroyant tous les élèves sur son chemin. C'était l'une des raisons pour lesquelles elle était immunisée contre les mauvais traitements de ses camarades. Tomoka avait un caractère bien trempé qu'elle avait hérité de sa mère. D'ailleurs, elle se souvenait du regard de cette dernière lorsqu'elle s'en était allée de la maison ce matin-là. Osakada Chizuru, infirmière à l'hôpital de Tokyo, était contre le fait que sa fille quitte le lit. Celle-ci n'était pas totalement guérie. Ses multiples mouchages de nez et son visage légèrement fiévreux en témoignaient.

Elle se dirigea vers son casier à chaussures et vérifia instinctivement l'état du casier de son amie. Elle qui craignait qu'il ait subit une customisation de la part des pestes de l'école, mais à sa grande surprise, tout était en ordre. Cela l'inquiéta d'autant plus.

A part Tomoka, aucune fille de l'école n'avait assez de tripes pour se dresser contre les auteures du malheur de Sakuno. Sa nouvelle amie devait être assez intimidante pour les empêcher de dégrader son casier. Tomoka sentait le coup monté à plein nez.

L'humeur aussi noire que la suie, elle déboula dans le couloir. Elle était tellement remonté qu'on devinait aisément que le malheureux qui tenterait de l'importuner ne finirait pas sa journée… non, sa matinée sain et sauf. Elle était presqu'aussi intimidante que Kaidoh, Ryoma et Tezuka réunis.

Elle traversa le corridor, et rentra dans la classe. Sakuno était introuvable. Tomoka craignit le pire. Elle se mit immédiatement à la recherche de sa meilleure amie. Dans les toilettes des filles, la cafétéria, dans la cours, dans le gymnase… elle finit par la retrouver dans la bibliothèque.

- Sakuno ! s'écria-t-elle en entrainant celle-ci dans une accolade

- T-Tomo-chan !

- Shh ! Vous n'êtes pas dans une foire, mais dans une bibliothèque mesdemoiselles ! s'écria la bibliothécaire

Tomoka fut immensément soulager de la retrouver saine et sauve. Elle la considéra de haut en bas à la recherche d'une quelconque blessure.

- T-Tomo-chan, reprit-elle, qu'est-ce que tu fabriques ici ? Tu n'as pas l'air en forme…

Sakuno posa sa main sur son front et le compara avec sa température.

- Je suis contente que tu ailles bien, murmura Tomoka en prenant la main de son amie

Sakuno fronça les sourcils dans la perplexité.

- Tu devrais rentrer chez toi, Tomo-chan, intima-t-elle, tu n'as pas du tout récupérer. Qui t'as mis dans la tête cette folle idée de passé toute ta journée trempée ?

- Mais il faisait si chaud…

- Tu sais pourtant très bien que tu tombes malade très rapidement, sermonna Sakuno en secouant la tête, tu devrais te reposer, tu n'as pas l'air bien. Pourquoi es-tu venue ? J'avais prévu de passer te voir tout à l'heure

- Je ne pouvais pas attendre jusque là, déclara-t-elle malicieusement provoquant le malaise de sa copine

- Oh moins, tu n'as pas perdu ton sens de l'humour

Tomoka se rendit tout à coup compte qu'elle avait oublié quelque chose d'important. Il se redressa et scruta les environs du regard. Aussi tôt le matin, il était évident que Sakuno soit la seule élève présente à la bibliothèque. Elle jeta un coup d'œil aux affaires de celle-ci. La jeune fille aux deux tresses était installée sur une grande table du coin étude. Devant elle, deux livres épais ouverts remplis de textes écrits en anglais. Il y avait également un bloc note où Sakuno semblait avoir effectué quelques exercices. Tomoka remarqua que certaines phrases n'étaient pas de Sakuno, l'écriture était beaucoup trop nette et gracile, à côté l'autre écriture ressemblait à des pattes de mouches. D'ailleurs, Tomoka s'amuser souvent à le faire remarquer à son amie.

Ce fut à ce moment qu'elle remarqua les affaires posées juste en face de Sakuno. Une trousse et un livre d'anglais ouverts reposait en face d'elles.

D'après les sens aigues de Tomoka, la place venait d'être occupée. D'ailleurs, son occupant n'allait pas tarder à revenir.

- Sakuno, avec qui étais-tu ?


Les mains dans les poches de sa jupe, il traversa le corridor. Echizen Ryoma, alias Meino Ryoko, se rendait à l'infirmerie. Il avait complètement oublié qu'il devait impérativement s'y rendre. Il frappa à la porte et fut répondu par un petit « entrée » de la part de Fuji Yumiko. Lorsqu'il ouvrit la porte, il fut accueilli par une lumière qui lui éblouit les yeux.

Click

- Arg !

Il cligna plusieurs fois des yeux en tentant de se débarrasser de la tâche blanche gravée dans sa vision.

- Qu'est-ce qui vous prend ? lâcha-t-il en se frottant les yeux

Fuji-sensei reposa son appareil photo numérique sur son bureau en affichant son sourire innocent.

- Un simple souvenir, dit-elle, mais parlons d'autre chose, que me vaut ta visite, Ryoma… je veux dire Ryoko-chan ?

Il ravala sa colère avant de refermer la porte.

- J'ai besoin d'une dispense pour l'EPS

- Ah, c'est natation pour ce trimestre, alors… remarqua-t-elle en commençant à taper sur son ordinateur portable

Ryoma s'assit sur un des lits de l'infirmerie en attendant qu'elle finisse.

- Alors, commença-t-elle, comment ça avance avec la petite choupette ? Vous vous êtes déjà parlé ? Tu t'es rapproché d'elle ?

- Hum… Ryuzaki m'attend à la bibliothèque

- Génial, elle te considère déjà comme son amie, conclut-elle, elle ne tardera surement à se confier à toi

- Pas si sûr.

Elle releva la tête de son écran, son éternel sourire sur les lèvres.

- Que veux-tu dire ?

- Eh bien, elle ne me fait pas assez confiance pour m'avouer qu'elle est androphobe

Il passa ses bras derrière sa tête et se laissa tomber en arrière. Fuji Yumiko lança l'impression.

- Il te suffit alors de l'obliger à te l'avouer.

Il se redressa, mais garda le silence.

- Tu vois où je veux en venir, non ?

Malheureusement, oui. Elle était vraiment la sœur de son frère. Malgré le fait qu'il soit contre le fait d'utiliser la manière forte, il n'y avait pas d'autre moyen. Ryoma ne pouvait pas se travestir pour toujours. Il ne lui restait plus que trois mois, et cette durée n'était pas aussi longue que cela ne paraissait. Il savait pertinemment qu'en trois mois, il lui était impossible d'obtenir une relation semblable à celle qu'elle avait avec Osakada Tomoka. Devenir son confident ? Impossible. Alors il devait lui forcer la main.

Ryoma s'apprêtait à prendre sa dispense, quand elle le mit hors de sa portée. Il soupira. Encore ce petit jeu ?

- Quoi encore ?

- Je voulais juste te dire que cette jupe t'allait à ravir.

Il s'empara de la feuille il remarqua une photo dans un petit cadre sur son bureau. Il n'eut aucune peine à reconnaître l'infirmière durant ses années de lycée. Elle portait le même uniforme que lui.

Il se dirigea vers la porte, un sourire narquois sur les lèvres. Il passa sa main dans ses longs cheveux artificiels afin de les balancer sur son épaule.

- Au moins elle me va mieux qu'à vous, railla-t-elle triomphant, mada mada

Sans qu'il ne fasse quoi que ce soit, la porte s'ouvrit sur quelqu'un.

- Dane…finit-il en écarquillant les yeux


Il avait juste fallu que Sakuno lâchât le nom interdit pour qu'elle fonce à l'infirmerie, le lieu où, d'après Sakuno, se trouvait sa cible. Alors qu'elle se tenait devant la porte, elle les surprit en pleine conversation. Tomoka écouta aux portes. Il n'avait jamais aimé ce genre de pratique mais, c'était pour le bien de sa meilleure amie.

D'ailleurs, elle ne fut pas déçue de l'avoir fait. Elle ne réussit pas à tout comprendre, mais ce dont elle était sûre était que le sujet de leur discussion était Ryuzaki Sakuno.

« Androphobe », «Ryuzaki », « obliger », « avouer » furent les mots qu'elle perçut distinctement. Ils n'étaient surement pas de bon augure. Très peu de personne était au courant pour la maladie mentale de Sakuno, celle-ci tenait à ce qu'on ne le sache, même si toute l'école la prenait pour une folle échappée de l'asile. Or, cette fille (Tomoka en déduit qu'il s'agissait de la « nouvelle amie ») était au courant. Elle parvint à reconstruire la phrase.

Obliger Ryuzaki à avouer qu'elle est androphobe.

L'ouverture soudaine ne se fit pas attendre. Celle-ci s'ouvrit sur une jeune fille grande et élancée, aux longs cheveux sombres verdâtres qui cascadaient dans son dos et dont la frange taquinait les paupières surmontées de longs cils noirs entourant d'extraordinaires iris ambre.

Tomoka rougit presque, intimidée et en extase face à une telle beauté. Elle n'avait jamais vu une personne aussi belle. Personne à part… Echizen Ryoma. Leur ressemblance était incroyable, ils avaient la même couleur d'yeux !

Elle sortit de sa transe en secouant la tête.

- M-Meino Ryoko ! s'écria-t-elle en pointant du doigt dans sa direction

- Euh, oui ?

Elle aurait juré avoir entendu la voix de du joueur de tennis parti par delà les océans. Se pourrait-il qu'il s'agisse de sa sœur ? Avait-il au moins une sœur ? Qui ait la même voix que lui ?

La sonnerie de la cloche retentit. Ce qui la fit presque sursauter. Elle entendit Meino Ryoko marmonner quelque chose avant qu'elle ne dise d'une voix totalement différente de celle émise quelques secondes auparavant :

- Désolée, je dois y aller !

L'instant d'après elle s'en allait en trottinant dans la direction que venait de prendre Tomoka.

- Tu devrais y aller toi aussi, lança quelqu'un

Elle porta son attention vers son interlocuteur. L'infirmière lui fit un signe de la main. Tomoka reconnut la grande sœur de Fuji. Qu'est-ce que cela signifiait ? Etait-elle complice ?

Tomoka remarqua soudain l'expression de l'infirmière scolaire. Son sourire avait disparue, et ses yeux azurs étaient grands ouverts.

- Tu n'as pas bonne mine, dit-elle en se levant de son bureau, je vais t'examiner

Tomoka régit au quart de tour. Il semblerait que tout le monde voulait la renvoyer chez elle.

- Non, je vais bien, merci !

Elle se rendit en classe.

Durant toute la matinée, si elle n'était pas prise de quinte de toux, elle ne cessait de méditer sur la situation. Si bien qu'elle ne suivit aucun cours. A la pause de midi, alors qu'elle s'apprêtait à rejoindre Sakuno, quelqu'un posa sa main sur son épaule.

- Horio ?

Celui-ci lui sourit maladroitement en se grattant la tête. Tomoka ne put s'empêcher de se sentir mal à l'aise. Elle savait parfaitement ce qu'il lui voulait, et c'était bien ça le problème. Elle fuit son regard, sentant la chaleur se propager sur ses joues. Elle se sentait ridicule, misérable. En face de lui c'était bien la première fois. Elle ne voulait pas en parler, elle avait honte.

- Osakada, à propos de-

- Non, le coupa-t-elle en se forçant à sourire, oublie ça, ce n'était… c'était une blague ! Comment as-tu pu croire que j'étais sérieuse ? Eh bien, tu es plus bête que je le pensais !

Son interlocuteur fut piqué au vif.

- Ah ouais ? s'écria-t-il en attirant l'attention des autres élèves, bah tu l'es encore plus si tu penses que t'intéresserais quelqu'un avec un caractère pareil !

Sur ses mots, il quitta la classe en claquant la porte. Des murmures se firent entendre, tous les élèves la regardaient, lui jetaient des regards pleins de sous entendus. Le cœur de Tomoka battait à cent à l'heure, l'embarras se lisait sur son visage. Elle aurait voulu être partout, à part là, à ce moment précis. Elle se sentait stupide et désolée pour Horio. Elle ne l'avait jamais vu aussi furieux. Certes, Tomoka et Horio étaient connus pour être des « ennemis de longue date », mais derrière ces disputes à répétitions se cachaient une grande amitié. Mais ce jour-là, tout laissait à dire qu'Horio était sérieux.

Elle se sentait tellement mal qu'elle avait envie de pleurer. Elle s'enfuit de la classe. Elle courut sans s'arrêter, bousculant les gens sur son passage, trébuchant.

Si seulement elle ne lui aurait pas dit, rien de cela ne se serait passé. Qu'est-ce qui lui avait pris de lui faire une déclaration ? Elle avait juré qu'elle protégerait Sakuno jusqu'à ce qu'elle redevienne comme avant, entretenir une relation alors qu'elle passait son temps à venir au secours de sa meilleure amie était impossible. Elle était androphobe pour l'amour de Dieu. Et puis Tomoka n'était pas la seule à devoir refouler ses sentiments, puisqu'à cause de son androphobie, l'idée même de pouvoir un jour être à ses côté lui était impossible. Ce devait être encore plus dur pour Ryuzaki Sakuno. Donc, selon Tomoka, elle se devait en tant que meilleure amie, de partager sa douleur et n'aimer que lorsque Sakuno le pourrait.

Tomoka s'assit sur un banc de la cour.

- T-Tomo-chan !

L'interpelée leva la tête vers son interlocuteur. Sakuno courait dans sa direction, puis vint s'asseoir à côté d'elle.

- Q-que se passe-t-il ? demanda-t-elle en posant sa main sur son épaule, est-ce que ça va ?

Elle se contenta d'hocher. Il ne fallait pas qu'elle l'inquiète, Sakuno avait beaucoup plus de problème. Elle s'essuya les yeux, se moucha, se frappa les deux joues et recouvra son expression confiante habituelle. Elle se leva d'un bon.

- Rien, juste une petite dispute, de rien du tout, tu connais Horio ! lança-t-elle puis attrapa son bras, viens, allons déjeuner.

- T-Tu es sûre que ça va ? insista Sakuno en le suivant

- Oui, oui ne t'inquiète pas, allez ! Je meurs de faim

Sakuno n'était pas née de la dernière pluie. Elle ne fut pas du tout convaincue, mais si Tomoka ne tenait pas à lui dire, elle n'allait pas lui forcer la main.

Tomoka inspecta les environs et remarqua quelque chose.

- Tiens, elle n'est pas avec toi, l'autre

- Ryoko-chan avait quelque chose à faire, et elle m'a dit que ce serait maladroit si on venait ensemble te voir

- Hm…

Tomoka restait méfiante. Meino Ryoko avait quelque chose à faire, hein ? Comme mettre en place son plan diabolique ?

- T-Tomo-chan, tu n'as pas l'air d'aimer Ryoko-chan

- C'est juste que, je ne lui fait pas totalement confiance, tu sais bien de quoi les filles de l'école sont capables ? Tu ferais mieux de t'éloigner un peu d'elle.

Sakuno s'arrêta, posa ses mains sur ses hanches et fit la moue.

- T-Tomo-chan ! sermonna-t-elle, Ryoko-chan est une fille très gentille, j'ai confiance en elle, elle ne me fera aucun mal.

Tomoka roula des yeux en soupirant.

- Si tu veux…

Alors que les deux meilleures amies se dirigeaient vers la classe. Tomoka se rappela qu'elle avait oublié sa boîte à déjeuner chez elle. Elle se rendit donc à la cafétéria afin de s'acheter un casse-croûte. Alors qu'elle marchait dans le couloir, un petit groupe de trois élèves qu'elle vit par la fenêtre attira son attention.

Il s'agissait de Momoshirou, Kikumaru et Meino Ryoko.

Elle ne perdit pas une seconde. Elle dévala les escaliers et se dirigea vers eux discrètement. Ils se trouvaient près des courts de tennis du club des garçons. Tomoka fut surprise d'apprendre que Meino Ryoko parlait aussi aisément avec ses sempais. Elle-même ne leur parlait que très rarement depuis que le problème de Sakuno était survenu.

Elle se faufila le plus près possible et se dissimula derrière un buisson.

- Vous allez devoir vous approchez de Ryuzaki.

Tomoka écarquilla les yeux. Il allait utiliser ses sempais pour effrayer Sakuno ? Que diable se passait-il ? Ses sempais aussi étaient des complices ?


Ryoma retourna en classe afin de déjeuner avec Sakuno. Celle-ci avait déjà sorti son déjeuner et attendait patiemment. En la voyant ainsi, si innocente et vulnérable, il regretta presque ce qu'il prévoyait de faire. Il prit une chaise et s'assit en face d'elle.

- Tu n'avais pas à m'attendre

- C'est meilleur quand on mange ensemble, déclara-t-elle, et puis, Tomo-chan n'est pas encore là

Ryoma fronça les sourcils. Il avait un mauvais pressentiment.

- Osakada ?

- Oui, elle est allée acheter son déjeuner, répondit Sakuno, tu ne manges pas, toi ?

- Si, bien sûr, répliqua-t-il en appréhendant sa réaction, Kikumaru-sempai et Momo-sempai sont allés m'acheter mon déjeuner, je leur aie proposé de manger avec nous.

Ryoma se sentait mal de devoir avoir recours à ce genre de chose, mais c'était le seul moyen. D'ailleurs, son sentiment de culpabilité s'accentua lorsqu'il remarqua que Sakuno se crispa.

- Ryuzaki, qu'est-ce qui t'arrives ?

Il lui suffisait de lui dire qu'elle avait peur des hommes et Ryoma arrêterait toute cette mascarade en un rien de temps. Il fallait juste qu'elle lui dise et ses sempais ne viendraient pas. Juste un mot : androphobe.

La porte s'ouvrit brusquement, et des hoquets de surprise se firent entendre. Les filles commencèrent à devenir hystériques et les garçons furent tout à coup pris d'admiration pour les deux nouveaux venus. Eux qui, une minute auparavant, médisaient sur la jeune fille aux deux tresses auburn qui était parvenue, par Dieu sait quel moyen, à s'accaparer l'attention de la jolie nouvelle élèves.

Eh bien, ils n'étaient pas au bout de leur peine, car voilà que deux des titulaires du fameux club de tennis du lycée allaient à sa rencontre.

L'élève de troisième année aux cheveux roux et celui de deuxième année aux cheveux noirs hérissés se dirigèrent sans attendre vers la table de Meino Ryoko. Celle-ci rendit le sourire que ses sempais leur adressaient. La seconde jeune fille demeura tête baissée, le visage dissimulée derrière sa longue frange. Elle serrait les poings tellement forts que ses ongles finirent par s'enfoncer dans sa paume. Sa respiration devint saccadée.

Les sempais jetèrent un coup d'œil inquiet à leur kohai qui détourna le regard.

- Approche-toi d'elle sempai, murmura discrètement Momoshirou à Kikumaru, on n'a pas le choix

- Hé ?! Vas-y-toi, répliqua Kikumaru sur le même ton, Ryuzaki-chan va m'envoyer à l'hosto

- Moi non plus je ne veux pas me faire tabasser, allez, honneur au plus âgée

- Je te payerai tous les hamburgers que tu voudras après les cours.

- Si tu me prends par les sentiments…

Momoshirou pris une grande inspiration. Il jeta un coup d'œil à son kohai travesti qui s'efforçait de ne pas intervenir. Il comprit le message cinq sur cinq. C'était Ryoma qui avait la plus grosse part du travail, lui n'avait qu'à recevoir un coup et retournerait dans l' « ombre ». Il n'était pas vraiment fier de ce qu'il allait faire.

Il s'approcha plus près de la table. Le silence planait dans la salle. Les élèves étaient beaucoup trop choqués pour faire quoi que ce soit, et de toute façon, c'était trop tard.

Il posa gentiment sa main sur son épaule frêle et tremblante.

- H-hé, ça va Ryuzaki-cha-

Il n'eut même pas le temps de finir sa phrase. Un cri perçant survenu, Ryuzaki Sakuno se leva. La seconde qui suivit, un coup aussi rapide que l'éclair se dirigeait droit vers lui. Malgré ses reflexes rapides qu'il devait aux entrainements de tennis, il n'aurait pas pu parer un coup aussi inattendu.

Bam !

Momoshirou ne se serait jamais imaginé qu'elle pouvait avoir une telle force. Lui aussi avait dégusté à l'époque où il ne savait pas encore, mais, la force de la jeune fille qui venait d'abattre son poing dans sa figure semblait accroitre.

Le choc le fit basculer en arrière, la douleur suivit juste après. Il l'avait bien cherché de toute façon. Kikumaru allait devoir payer pour son sacrifice. Celui-ci le rattrapa.

Des cris surpris et consternés furent émis par les élèves. Les insultes ne furent évidement pas omises.

Ryuzaki Sakuno fit un pas en arrière, faisant tomber sa chaise à la renverse. Elle se mit à émettre des paroles presque inaudibles qui ressemblaient à… des excuses ? Mais ses paroles furent couvertes par le vacarme des élèves. Une larme glissa le long de son menton. Elle secoua la tête à plusieurs reprises.

Puis détala.

Aussitôt disparue, un cercle se forma autour d'eux. Ryoma se leva s'apprêtant à aller à la rejoindre. Il ne supportait pas ce qu'il venait de faire. C'était de sa faute. Il aurait du trouver un autre moyen, ou même attendre qu'elle se confesse par elle-même. La voir ainsi était tellement… Ryoma n'avait jamais senti un sentiment pareil. Il avait le cœur serré et se sentait très mal, c'était comme si la douleur de Sakuno l'avait frappé en plein fouet. Et cette souffrance, cette honte, ce dégoût de soit même était plus douloureux que n'importe qu'elle coup de poing du monde.

Ryoma fut stoppé par la foule. Celle-ci renversa la table de Sakuno et écrasa sa boite à déjeuner sur le sol. Le jeune homme aux cheveux verdâtres s'apprêtait à se débattre comme un diable, quand il se souvint qu'il ne devait pas perdre sa couverture.

A son grand soulagement, ses sempais s'en chargèrent.

- Ça suffit ! lança Momoshirou en touchant son nez afin de s'assurer qu'il n'était pas cassé, arrêtez de vous comporter comme des sauvages !

L'agitation se calma peu à peu.

- Et nettoyez-moi ça ! ajouta-t-il en pointant du doigt le reste du déjeuner de Sakuno trainant sur le sol, ce n'est pas vous que Ryuzaki-chan a frappé à ce que je sache.

Intimidé par la colère de leur sempai, les premières années s'exécutèrent.

- Vas-y, Ochibi, murmura Kikumaru en lui faisant un clin d'œil

- On s'occupe du reste, renchérit Momoshirou en levant son pouce

Ryoma ne se fit pas prier, avant que ses camarades de classe ne s'en rendent compte, il avait disparu. Après plusieurs minutes de recherches vaines Ryoma se rappela qu'elle déjeunait souvent sur le toit. Il s'y rendit immédiatement.

Alors qu'il s'apprêtait à passer la grosse porte qui menait au toit, celle-ci s'ouvrit toute seule. Il distingua d'abord une silhouette à contre-jour.

Il eut une impression de déjà vu.

A part qu'à ce moment là, il n'eut pas la même impression lorsqu'il découvrit à qui appartenait la silhouette. Deux couettes hautes, un air méfiant et accusateur sur le visage, les mains sur les hanches : Osakada Tomoka.

Et elle ne semblait pas vouloir le laisser passer.

- Elle est là n'est-ce pas ? dit-il de la voix la plus féminine qu'il pu faire

Elle plissa les yeux et fronça les sourcils en même temps que la lourde porte se refermait.

- Cette voix, commença-t-elle sans répondre à sa question, je ne l'aime pas.

A part Sakuno, Osakada Tomoka était la seconde personne à ne pas l'accueillir chaleureusement. Elle qui était si admirative envers lui lorsqu'il était lui-même.

- Je ne te laisserai pas passer.

Il la regarda fixement, sans ciller.

- Tu ne crois pas que tu en as déjà fait assez ? Ajouta-t-elle la voix pleine de reproche, elle veut rester seule, tu ne ferais qu'empirer les choses

Ryoma ferma les yeux en soupirant. Il savait parfaitement qu'elle avait raison.

- Je comprends.

Le lendemain matin, Meino Ryoko se rendit seule à l'école. Le cartable balancé sur une épaule, et une main dans la poche, elle se dirigeait vers l'entrée du lycée, l'air pensif.

Depuis la veille, il s'en voulait. Il s'en voulait d'avoir été impatient, d'avoir écouté Fuji Yumiko (bien qu'elle eût raison), d'avoir impliqué Momoshirou et Kikumaru et d'avoir blessée Ryuzaki Sakuno. Malgré le fait qu'après qu'il ait raconté ce qu'il s'était passé, ses sempais et sa famille lui avait dit que c'était le seul moyen de ne pas perdre de temps et que c'était pour lui venir en aide.

Il ouvrit la porte de son casier. Un torrent de lettre se renversa sur le sol. Encore. Ça faisait à présent deux jours que les lettres d'amour ne cessaient d'apparaître dans son casier à chaussures. Il décida de prendre ces dernières et de remettre la paperasse à sa place. Si ça ne tenait qu'à lui, il les aurait déjà mit dans la poubelle, mais il était Meino Ryoko à présent. Il enfila ses chaussures d'intérieur et se rendit en classe.

Le premier cours de la journée fut histoire. Ryoma ne fit pas attention à ce que racontait le professeur, il gardait ses yeux ambre verrouillés sur elle.

Il l'avait croisé dans le couloir plus tôt. Elle l'avait vu, avait baissé sa tête, et avait accélérer le pas. Elle ne lui avait pas dit bonjour. C'était comme si il revenait à la case départ. Le coup de la veille avait sérieusement dû la perturber. Le contraire l'aurait étonné. A vrai dire, Ryoma s'y attendait un peu.

A la pause de midi, il n'alla pas lui parler. Osakada Tomoka avait raison, Il en avait déjà assez fait comme ça. Il allait simplement attendre qu'elle vienne à lui d'elle-même. De toute façon il ne pouvait pas aller lui parler, Osakada Tomoka était scotchée à elle et à chaque fois qu'ils se croisaient elle lui envoyé un regard meurtrier. Ryoma n'y faisait pas attention, la seule personne qu'il regardait à ses moments là était Sakuno.

Il se dirigea sur le toit. Il faisait moins chaud ce jour-là, le vent était plus présent. Il venait secouer les longues mèches de sa perruque et chatouiller ses jambes nues. Malgré le ridicule de la situation, Ryoma ne trouva pas l'utilité de s'énerver maintenant.

Il s'approcha du bord du toit, près du grillage de sécurité. Pourquoi mettait-elle si longtemps ?

Soudain, Ryoma entendit des rires plus bas. Il baissa les yeux à la recherche de la source et découvrit deux jeunes filles, assises sur un banc de la cour, à manger leur déjeuner. Il s'agissait d'Osakada Tomoka et Ryuzaki Sakuno.

En la voyant rire avec insouciance, Ryoma ne put s'empêcher de se sentir soulager. Il préférait la voir sourire plutôt que de réagir comme elle l'avait fait la veille.

Il resta là un moment à les regarder, à la regarder. Il posa sa tête contre le grillage et passa ses doigts les fils de fer.

Tout à coup, le claquement sourd de la porte le sortit de ses pensés. Il fit volte face. Horio se tenait là, la tête légèrement baissée, en face de lui avec une expression austère peinte sur le visage.

Il leva les yeux vers lui, puis sourit timidement. Ryoma craignait le pire.

- Merci d'être venue, commença-t-il en se grattant la tête, j'étais persuadé que tu n'allais pas répondre à ma lettre

- Hein ?

« Oh merde » ne put s'empêcher de penser Ryoma.

Horio avait également fourré une lettre d'amour dans son casier. Il n'en croyait pas ses yeux, ni ses oreilles d'ailleurs. C'était tellement… dégoutant. Ryoma se retint de rendre, il grimaça à la place.

Il était venu sur le toit par hasard, s'il avait su, il n'y aurait jamais posé les pieds.

- Donc…voilà, reprit Horio hésitant, tu me plais, tu veux sortir avec moi ?

- Et Osakada ?

Ce fut au tour d'Horio de faire une expression surprise. Ses joues devinrent légèrement roses, mais il détourna rapidement son regard, en enfonçant ses mains dans ses poches. Voyant qu'il ne répondait pas, Ryoma se retourna de trois quart vers le grillage. Elles étaient toujours là.

- Elle n'a rien à voir là-dedans, dit-il avec une pointe de colère dans la voix, c'est à toi que je fais ma déclaration, pas à elle

Horio fit quelques pas vers lui. Ryoma soupira, la situation était tellement évidente.

- Ecoute, trancha-t-il, je n'ai pas vraiment envie d'entrer dans vos histoire de je t'aime/je ne t'aime pas, alors…

Ryoma s'apprêtait à se retourner complètement quand tout à coup, son poigné fut saisi par Horio qui s'était approché. D'abord surpris, Ryoma ne fit aucun geste lorsque son camarade de classe le plaqua contre le grillage.

- Je t'en prie, c'est le seul moyen que j'ai de l'oublier, Meino-san, supplia-t-il désespéré, non Ryoko-chan. Elle ne sort plus de ma tête depuis qu'elle m'a avoué qu'elle, enfin…

- Que quoi ? Demanda Ryoma d'une voix étrangement posée

Horio détourna son regard, le rouge de ses joues se propagea jusqu'à ses oreilles.

- Q-qu'elle craquait pour moi…

Ryoma fronça les sourcils, puis sans le moindre effort repoussa son ami qui faillit tomber à la renverse.

- R-Ryoko-chan ?

- Je ne vois pas où est le problème.

- Hein ?

Ryoma soupira en secouant la tête.

- Es-tu stupide ? débuta-t-il, si tu l'aimes tu n'as qu'à lui dire.

- Hein ? répéta-t-il ce qui l'énerva d'autant plus, mais elle m'a dit que c'était une blague et que-

- Et alors ? Le coupa-t-il, si je résume ce que tu viens de me dire, tu me demandes de sortir avec toi parce que la fille que tu aimes t'a fait une fausse déclaration ?

- Oui, acquiesça-t-il, mais je ne suis pas sûr… elle était bizarre hier… elle semblait préoccupée, peut-être que j'en ai parlé au mauvais moment…

Ryoma roula des yeux. Il était plus bête qu'il ne paraissait.

- Tu n'as qu'à aller lui dire directement.

- Mais ce n'est pas aussi simple…

- Et tu te dis être un homme… soupira-t-il pour la énième fois en secouant la tête, ridicule.

Ryoma s'apprêtait à se dirigeait vers la porte.

- Attends ! lâcha Horio

Il tendit sa main et s'empara de la première chose à portée d'atteinte : les longs cheveux verdâtres de Ryoma.

Il tira.


Osakada Tomoka sentit son cœur se briser en mille morceaux. Alors qu'elle déjeunait dans la cours avec sa meilleure amie, quelque chose attira son attention. Ce quelque chose se trouvait quelques mètres plus hauts, sur le toit. Au début, près du grillage, Tomoka ne distingua qu'une silhouette, quand tout à coup, une autre vint la rejoindre et plaqua la première contre le grillage de sécurité. Une bagarre ? C'était ce qu'avait supposé Tomoka. Jusqu'à ce qu'un nuage passe devant le soleil et que les traits des personnages : Horio et Meino Ryoko honteusement proche. Elle en fit tomber ses baguettes.

- T-Tomo-chan, est-ce que ça va ? s'enquit Sakuno

Elle fut soudain incapable de parler. Une boule se formait déjà dans sa gorge, son rhume s'accentuait ? Tomoka n'avait pas de réponse, mais ce dont elle était certaine était que si jamais elle clignait des yeux, elle ne pourrait plus s'arrêter de pleurer. Qu'est-ce qui lui arrivait ?

- Ah…, tenta-t-elle

Les larmes tombèrent comme promis. Tomoka se leva en cachant son visage à Sakuno. Elle ne voulait surtout pas qu'elle découvre qu''elle pleurait à cause d'un garçon.

- J-j'ai un truc à faire, je reviens, lança-t-elle la voix tremblante

Elle détala la seconde qui suivit.

Pourquoi ? Pourquoi ? Pourquoi ? Pourquoi se sentait-il si triste, abandonnée et trahie ? Elle ne pouvait pas l'aimer, seule Sakuno comptait. Elle ne devait pas penser à lui, mais devait tirer un trait sur Horio. Alors pour qu'elle raison se sentait-elle trompée ? Parce qu'il avait choisi Meino Ryoko et pas elle ?

Tomoka ralentit peu à peu pour finir par s'arrêter complètement.

Si Horio ne l'aimait pas, elle finirait elle aussi par ne plus l'aimer et ne plus penser à lui… Oui, c'était peut-être une bonne chose pour lui d'aller avec une autre.

Une autre. Mais pas Meino Ryoko, cette horrible fille manipulatrice qui faisait du mal à sa meilleure amie. Elle était convaincue qu'Horio, l'homme qu'elle aimait, méritait mieux.

Elle se précipita en direction du toit. Elle grimpa les escaliers à toutes allures, bouscula les personnes sur son passage. Puis, elle poussa la lourde porte du toit.

Elle fut d'abord éblouie par le soleil. Puis, la première chose qu'elle vit fut Horio et Meino Ryoko, face à face. Quelques centimètres les séparaient. Mais ce n'était pas le plus fort, puisqu'Horio faisait glisser une mèche des cheveux de la jeune fille entre ses doigts.

- C'est parfait, dit-il

Elle sentit ses jambes trembler, et ses larmes menaçaient de tomber à tout moment. Non, elle ne pouvait pas l'accepter, il méritait mieux. C'était une mauvaise fille, elle allait le rendre triste, elle ne le connaissait pas, elle ne savait rien de lui.

La porte se claqua, Meino Ryoko fut la première à la remarquer, puis se fut au tour d'Horio. D'après leur expression horrifiée, il semblerait qu'ils ne s'attendaient vraiment pas à ça.

- Non ! hurla-t-elle en les séparant

- Osakada ? Qu'est-ce qui te prends ?! s'écria-t-il

Son expression furieuse se changea en surprise lorsqu'il remarqua ses larmes.

- Pourquoi tu-

- Tu ne peux pas ! le coupa-t-elle en l'attrapant par le col, elle ne te connaît pas, elle te fera du mal comme elle en a fait à Sakuno !

- Hein ? fit Horio complètement largué

- Elle a trompé Sakuno en prétendant être son amie, aboya-t-elle en pointant son doigt vers l'intéressée, elle a même manipulé les sempais pour qu'ils se rangent de son côté. Quand je pense que même sa grand-mère avait confiance en toi ! Tu me répugnes.

- Tu as parlé de tout ça à Ryuzaki ? demanda-t-il simplement

- Hein ? Bien sûr que non, elle a déjà assez de problème !

- Tant mieux.

Sur ses mots, elle s'apprêta à s'en aller. Mais Tomoka interrompit ses plans en sautant sur elle. Meino Ryoko tomba à la renverse, sur le dos avec Osakada Tomoka à califourchon au dessus d'elle.

- Oï ! Fit-elle dans la surprise

- Tu mériterais que je te tue ! Pleura Tomoka, tu fais du mal à Sakuno et maintenant tu t'en prends à Horio en le séduisant ? C'est parce que je t'ai dit de ne plus t'approcher de Sakuno que tu te venges, hein ? Si tu voulais ta revanche il fallait venir vers moi directement. Ne fais pas de mal aux personnes que j'aime ! Tu ne connais même pas Horio, tu ne lui as jamais parlé, tu n'as jamais fait attention à lui, et voilà que tu te le mets dans la poche en même pas trois jours ?

Horio était totalement stupéfait parce que disait Tomoka. Si celle-ci s'était retournée, elle aurait pu voir son visage complètement rouge.

- C'est injuste, moi, ça fait trois ans que je l'aime, et toi ! Il a fallut que tu te pointes pour qu'il tombe dans tes bras ? Ne t'approches plus de lui, il mérite mieux. Si tu as des comptes à régler avec moi, je suis là, plus la peine de me chercher !

Tomoka pleurait encore. Elle l'avait dit, elle n'arrivait pas à croire qu'elle l'avait dit. Elle qui pensait pouvoir l'oublier, n'y arriverait-elle donc jamais. Elle posa ses yeux sur la jeune fille sous elle, qui arborait une expression stoïque.

- T'as fini ? dit-il, tu peux bouger maintenant ?

Elle écarquilla d'abord les yeux puis dans excès de colère, s'empara de ses cheveux et tira de toutes ses forces.

- Espèce de… !

Tout à coup, là sous ses yeux, se tenait un jeune homme de son âge aux cheveux mi-longs, verdâtres et indisciplinés portant un uniforme d'été de fille et arborant une expression de mécontentement.

Meino Ryoko s'était métamorphosée en Echizen Ryoma.

Osakada Tomoka tomba dans les pommes.

A suivre.


Donc voilà ce que donne le 5e chapitre.

à la prochaine !