Note de l'auteure : Non ! Non ! Et non ! Je n'ai pas disparue ! La fiction n'a pas été abandonnée ! Et l'école n'accorde toujours pas de jours de repos aux auteurs en herbe de fanfiction. Ouin !Quel monde cruel je vous jure.

Oui, d'accord, je suis aussi horrible que ce monde sans pitié pour vous avoir laissé(e) sans nouvel pendant trois semaines ? Mais allez donc vous plaindre à mes professeurs, et rejoignez ma pétitions contre la surdose de devoirs à la maison ! Contrairement à ce que j'ai cru le lycée c'est du caca de pigeon ! ah ! je me sens arnaquée mais à un point... Bref, voici l'un des derniers chapitre de l'histoire Misogyne

En espérant que vous aimez ! Bonne lecture !

crédits : Non ! P.O.T ne m'appartient toujours pas ! Shit !


Harcelé

- Dieu merci ! s'écria-t-elle en soupirant de soulagement, je n'aurais jamais pu me faire à l'idée que Ryoma-sama ait de tel passe-temps

Ryoma la toisa en plissant les yeux, tandis que Horio se contenta de ricaner discrètement. Ils se trouvaient à l'infirmerie depuis quelques minutes, Osakada Tomoka avait repris conscience et était assise sur l'un des lits, Horio, à son chevet et Ryoma, adossé contre le mur, les bras croisés.

Il avait été contraint de mettre Osakada dans le secret. Sa mission sensée restée secrète, avait été révélée à deux personnes en l'espace de… cinq minutes, voire moins… ? En plus du fait que ses sempais allaient lui faire passer un sale quart d'heure, le fait que ces deux individus sachent qu'il se travestissait meurtrissait son ego en voie de disparition. Lui qui était habitué que ces deux là soit en admiration face à lui, c'était assez embarrassant et humiliant de les voir pouffer et échanger des regards entendus à son égard.

Si seulement ce stupide Horio n'avait pas eu la bêtise de le retenir par les cheveux, en agissant comme une personne normale qu'il n'était pas, il n'aurait pas été obligé de lui dire. Sachant que cet acte avait entraîné les conclusions hâtives d'une certaine fille à couettes hautes qui s'énervait pour des broutilles, alors qu'Horio ne faisait que remettre sa perruque en place…

Ryoma soupira en secouant la tête. Tout ça parce qu'il avait accepté ce service. Sa réputation était définitivement fichue. Il jeta un œil aux deux jeunes lycéens qui, à présent, se fuyait du regard, réalisant sans doute, la raison de tout cet emportement. N'importe qui aurait compris que ces deux là avaient besoin de parler seuls à seuls, même Fuji-sensei avait eut l'amabilité de tirer le rideau qui séparait son bureau du lit du patient. Ryoma se redressa en se dirigeant vers la porte. La sonnerie avait retentit quelques minutes auparavant, il était déjà en retard, mais n'y accordait pas d'importance, il y avait toujours son but principal qui l'y attendait.

- Attends ! lança Osakada en se levant tout en vacillant, je viens avec toi, Sakuno a besoin de moi

- Osakada…fit Horio en la stabilisant ce qui valu une série de rougissement

- Tu ne vas nulle part jeune fille, rétorqua l'infirmière en faisant son entrée, tu es brûlante de fièvre. A moins que tu ne veuilles qu'un autre élève se sacrifie pour te ramener de nouveau ici, inconsciente ? Dans cet état, tu ne lui seras pas d'une grande aide…

Faute d'argument convaincant, l'intéressée se contenta de pincer les lèvres.

- Et puis, ajouta-t-elle, je suis sûre que vous avez beaucoup de chose à vous dire. Je ferais une exception et te ferais un mot Horio-kun

Celui-ci s'empourpra, imité par sa camarade de classe. Ryoma tourna les talons et fit glisser la porte.

Alors qu'il arpentait les couloirs le plus lentement possible afin de rater le maximum du cours de mathématiques, il entendit des bruits de pas derrière lui. Ryoma s'arrêta et tourna la tête.

Personne

Étrange, il était pourtant persuadé d'avoir entendu des pas… Il regarda autour de lui, selon le long détour qu'il avait fait, il se trouvait au troisième étage, celui où se déroulaient principalement tous les cours des troisièmes années. Il se dit alors que ce bruit étrange venait sans doute des salles de classes.

Il entreprit donc de reprendre son chemin, sans y accorder d'importance. Jusqu'à ce que les pas se firent de nouveau entendre. Ryoma n'avait jamais cru aux histoires de fantôme ou d'école hanté, et il n'allait pas commencé de si tôt. Il mit donc cela sur le coup de la fatigue, il avait sauté son repas de midi après tout… et puis, ça commençait sérieusement à l'agacer. Il tenta d'apercevoir l'auteur de ses maux du coin de l'œil, il entraperçut une silhouette et fit volte-face.

Personne.

Son poursuivant avait sans doute pris la fuite en changeant de couloir au dernier moment. Ryoma ne rêvait pas, on le suivait bien. S'agissait-il d'un professeur ? Non, si cela aurait été vrai, il n'aurait pas prit la peine de s'enfuir, mais au contraire, serait venu lui passer un sermon en le voyant traîner dans les couloirs. Ryoma ne savait pas non plus s'il s'agissait d'un élève, puisque la pause déjeuné s'était terminée depuis un moment déjà… A moins qu'Osakada Tomoka ait réussi à échapper aux mains de la sœur de Fuji ? Peu probable. Si Horio essayait de lui faire une blague, il allait le regrettait amèrement. Le jeune travesti n'avait particulièrement pas apprécié la façon dont ils s'étaient moqués de lui.

Il se retourna et tellement prit dans son élan, ne put éviter la personne qui se tenait derrière lui quelques secondes auparavant. Oh ça oui, il avouait qu'il avait eu une peur bleu. Il ne s'attendait vraiment pas à croiser quelqu'un. Au moins, celui-ci n'était ni un fantôme, si un mort-vivant. Il s'agissait de…

- Je suis navré, t'ai-je fais mal ? s'inquiéta la personne en le rattrapant

Sain et sauf dans les bras du jeune homme, Ryoma eut, en plus d'une irrévocable envie de rendre le peu qu'il avait dans le ventre, une amère impression de déjà-vu.

Qu'est-ce que ce type fiche ici ?!, pensa-t-il

Aussi rapide que sa pensée, Ryoma mit une distance d'au moins un mètre entre eux. De gros frissons lui parcourant la colonne vertébrale, il se força à faire face au vice président du conseil des élèves. Celui-ci feignit l'incompréhension en le dévisageant d'un air déconcerté.

Le jeune homme aux longs cheveux verdâtres recula d'un pas et tenta de ravaler son dégoût et sa colère. Pourquoi fallait-il toujours que ça tombe sur lui ? (Mot de Ryoma : Elle est con l'auteure ?!) Remettant sa jupe et sa chemise en place, il fit ce que toutes les autres filles auraient fait à sa place.

Il s'inclina et entreprit de s'en aller.

Pensant alors qu'il s'en tirerait sans trop de dégât, il sentit une pression sur son poigné. Il se retourna sur son sempai aux cheveux d'or et aux yeux orageux. Son expression troubla le jeune joueur de tennis, il était comme… désespéré ?

- Tu n'as pas besoin de te cacher, dit-il dans un murmure presque inaudible

Ryoma ne voyait pas du tout où il voulait en venir. Il fronça les sourcils et se dégagea de l'étreinte.

- Je dois retourner en cours, trancha-t-il en s'en allant

Quelque chose de vraiment étrange venait de lui arriver. De toute façon, le simple fait qu'il se travestisse n'était pas normal, donc il préféra ne plus y penser. Et puis, ses sempai lui avaient dit de ne pas trop s'approcher de lui, et d'aucun autre garçon d'ailleurs, ou sa couverture serait en danger. En ce qui concernait Horio il avait lamentablement échoué. Il dévala quelques escaliers, avant de débouler à l'étage des classes de premières années.

Il frappa à la porte de la sienne.

Après un vague sermon du professeur de mathématiques, il se dirigea vers son pupitre sans pour autant omettre de jeter un regard discret à la jeune fille aux cheveux auburn. Celle-ci ne broncha pas et garda sa tête baissée sur son cahier noirci de note, le visage dissimulé sous sa longue frange.

A quelques minutes de la fin du cours, Horio fit son apparition. Il montra au professeur son mot d'excuse.

- Et Fuji-sensei a renvoyé Osakada chez elle, son père est venu la chercher

A cette déclaration, quelques murmures s'élevèrent, mais rien de grave. Par contre, Ryoma ne manqua pas la réaction de l'élève aux deux longues tresses, celle-ci tressaillit si discrètement qu'il fut le seul à le remarquer.

En allant à sa place, Horio glissa un morceau de papier sur le pupitre de Ryoma. Ce dernier soupira en le dépliant et en lisant le contenu :

Ryoma-sama, étant donné mon incapacité à m'occuper de Sakuno, je te prierai de prendre soin d'elle.

Osakada Tomoka

Ses yeux ambre ne quittèrent plus la silhouette de la jeune fille ne serait-ce une seconde.

A la fin de la journée, Ryoma patienta adossé au portail du lycée en portant un regard envieux vers les courts de tennis où ses sempais s'entraînaient Quand-est-ce qu'il avait joué pour la dernière fois ? Et combien de temps lui restait-il avant de s'en aller pour un nouveau tournoi ?

L'arrivée de l'intéressée le sortit de ses songes. Elle avait été retenue par le professeur d'anglais, il avait donc attendu à l'extérieur.

- M-Meino-san ?

Ryoma fronça les sourcils. Où était passé le « Ryoko-chan » habituel ? Il fit mine de ne pas y faire attention, et montant d'une octave, il entreprit de lui répondre :

- Rentrons ensemble

Le fait qu'elle fût contre était flagrant, mais elle n'en fit rien. Au contraire, lorsque Ryoma se mit en route sans attendre de réponse, il fut soulagé de la voir le suivre.

Le trajet se déroula sans parole. Bien que Ryoma ne fût pas de nature bavard, il avoua que ce silence le dérangeait, il était plus habitué à la Ryuzaki Sakuno qui parlait à tout bout de champ de tout et de rien. Parfois même, il lui jetait quelques regards en coin pour s'assurer qu'elle n'avait pas pris la poudre d'escampette, ou tout simplement pour la voir…

Il décida de ralentir afin de se caler sur sa vitesse, car bien qu'il fût travesti, il marchait aussi vite qu'avant. Ryoma n'osait pas engager la conversation non plus, puisque le seul sujet auquel il pensait était son androphobie. Avait-elle l'intention de le lui en parler ? Il fallait au moins qu'il tente de l'emmener sur le vif du sujet.

Il s'arrêta en se tournant vers elle.

- Pour-

- Ah ! s'écria-t-elle provoquant la surprise de son interlocuteur

Ryuzaki Sakuno était en état de panique. Elle fouillait frénétiquement dans ses poches à la recherche d'une chose si importante qu'elle en vida son sac sur le trottoir.

- Que se passe-t-il ? s'enquit-il en l'aidant à ramasser ses affaires

Elle se reprit à la vitesse de l'éclair et rangea ses affaires.

- Euh… rien

« Rien » ? Ryoma plissa les yeux en la scrutant. On ne pouvait décidément pas donner une réponse pareille après un tel remue-ménage, de plus, le peu de l'expression d'embarras qu'il parvenait à voir malgré sa frange le lui confirmait. Il n'insista pas dessus.

Ils reprirent le chemin de la maison en silence. Ryoma ne songea pas non plus à engager la conversation, car la garantie d'une réponse était infime.

Ils arrivèrent finalement devant la résidence de son ex-entraîneur.

- M-merci de m'avoir accompagnée, déclara-t-elle en s'inclinant

Ryoma, une main dans la poche et l'autre portant son sac par-dessus son épaule, se contenta de la contempler sans vraiment l'écouter. Ils demeurèrent ainsi quelques instants, face à face.

- A-ano… M-Meino-san?

- Ryoko

- Hein?

- Appelle-moi Ryoko, dit-il avec désinvolture, comme avant

Le silence reprit. Il la vit se mordre la lèvre inférieur, avant de s'incliner une seconde fois et de se diriger vers sa porte d'entrée. Ryoma détourna le regard afin de ne pas lui montrer à quel point il se sentait vexé et stupide. Qu'est-ce qui lui avait pris de lui dire une chose pareille ? Il se retourna et poursuivit son chemin en se maudissant silencieusement.

Mais rapidement, rebroussa chemin.

Quelque chose le dérangeait. Qu'est-ce qui lui avait prit plus tôt, que cherchait-elle ? Une fois devant sa maison, il la découvrit assise sur le palier, la tête contre la porte.

Il esquissa un sourire. Elle était toujours aussi fidèle à elle-même.

- T-tu n'as pas besoin de faire ça, se plaignit-elle, je peux attendre grand-mère, elle ne va pas tarder

- Ne dis pas de bêtise, soupira-t-il en la tirant par le bras

Ryoma avait finit par découvrir ce qu'elle cachait. Tôt ce matin-là, sa grand-mère lui avait averti qu'elle rentrerait tard et de ce fait, elle devait impérativement prendre ses clés avec elle.

Ce qu'elle n'avait pas fait.

- C-c'est très gentil de ta part, Meino-san, insista-t-elle en se débattant contre sa poigne de fer, mais je ne peux pas accepter.

- Ce n'était pas une question en fait, dit-il en roulant des yeux, je ne t'ai pas dit de boire les jus infects d'Inui-sempai, mais de venir chez moi

- Tu y as déjà goûté ? demanda-t-elle surprise

Ryoma réalisa son erreur et se reprit rapidement.

- Non… enfin… pas vraiment, baragouina-t-il en tentant de trouver une excuse, je veux dire… c'est mon cousin qui m'en a parlé

Puis il s'en suivit soudainement d'un silence pesant. Avait-il dit quelque chose qu'il ne fallait pas ? Il sentit qu'elle cessa de se débattre. Il relâcha son poignée Il comprit alors que la mention de son cousin - soit de lui-même – était un sujet tabou. Comment devait-il le prendre ?

Tout à coup, à mi-chemin, Ryoma s'arrêta soudainement et tourna brusquement la tête. Sakuno, prise de court, se cogna dans son dos.

Il avait encore eu cette impression d'être suivi. Comme lorsqu'il se trouvait dans les couloirs de l'école. Il scruta les environ du quartier presque vide, à la recherche de la moindre personne suspecte.

Rien.

Que se passait-il ? Devenait-il paranoïaque ? Il avait la constante impression d'être observé… Il sentit d'ailleurs le regard troublé de sa camarade de classe. Il secoua la tête en guise de réponse avant de repartir. Ils arrivèrent enfin à destination.

A la résidence Fujita.

Ryoma n'y avait pas fait attention avant, mais en voyant l'expression de Sakuno, il concéda que la maison de sa cousine était assez imposante. Si bien qu'il dut encore se « battre » avec elle avant qu'elle n'ose entrer.

En effet, tant qu'il serait dans le personnage de Meino Ryoko, il se devait de rentrer complètement dans la peau personnage. Et donc de vivre chez Nanako. En étant baby-sitter à mi-temps. Le pire était qu'il n'était même pas payé. Et oui, garder des jumeaux n'était pas une partie de plaisir. Certes, leur naissance avait été une scène magnifique mais les élever, c'était une autre affaire…

Il ouvrit la porte, et la seconde qui suivit des cris et des pleurs furent immédiatement entendus. Quel subit changement d'atmosphère ! Ryoma, lui était habitué à ça, et ne broncha pas. Il fut d'ailleurs surpris de constater que sa camarade de classe en fit autant. A peine eut-il refermé la porte qu'il vit sa cousine lui foncer dessus.

- Ah ! Tu es enfin de retour ! S'écria-t-elle en s'effondrant dans ses bras, je suis épuisée ! Kazuma travaille toute la journée, je m'occupe de ces petits monstres depuis quatre heures du matin ! Si tu sais où se trouve le bouton marche/arrêt, dis le moi je t'en prie !

C'était le même cinéma à chaque fois qu'il rentrait. Alors pendant qu'elle récupérait, il lui donnait un coup de main.

- Une mère ne devrait pas dire de telles choses, déclara-t-il en roulant des yeux

Nanako fit la moue, en se reculant.

- Tu ne me comprendras jamais, de toute façon, tu n'es qu'un…

Elle se reprit immédiatement en remarquant qu'il n'était pas seul. Ce fut surtout quand elle vit le regard de son cousin qui virait sur elle d'un air affolé.

- Qu'une… qu'une… eh ! Mais qu'avons-nous-là ? poursuivit-elle

- J-je suis Ryuzaki Sakuno, une camarade de classe de Meino-san, se présenta-t-elle en s'inclinant à quatre vingt dix degrés, je suis ravie de vous rencontrer madame

Elle releva un sourcil.

- Moi de même, et appelle-moi Nanako, Sakuno-chan, dit-elle, que me vaut ta visite ?

- Ah… euh… je… croassa-t-elle en tripotant ses doigts

Ryoma retira ses chaussures, la laissant plonger quelques minutes.

- Sa grand-mère n'est pas chez elle, alors elle attend son retour ici

- M-mais vous avez l'air déjà très occupées, alors j-je pense que je vais…

- Nous donner un coup de main ? la coupa Nanako les yeux luisant d'espoir et en posant ses mains sur ses épaules, cela nous serait d'une grande aide, je m'en remets à toi Sakuno-chan !

- H-hé ?

La seconde qui suivit, elle se trouvait déjà dans son lit, au premier.

Ryoma retira ses chaussures en soupirant. Sakuno fut d'ailleurs contrainte de l'imiter. Ils se rendirent alors dans le salon où les deux petits diablotins hurlaient à plein poumons. Avec l'habitude, Ryoma en pris un dans chaque bras. Puis voyant que Sakuno ne savait comment réagir, il lui donna un bébé. Comme il ne savait pas trop si son androphobie concernait aussi les garçons nouveau-nés, il préféra prendre des précautions en lui confiant Sae.

Il fut étonné de la voir se débrouiller comme un chef. Une fois dans ses bras, elle la berçait si gentiment que Sae ne put que se calmer. Tout d'abord réticente de se retrouver dans les bras d'une inconnu, elle l'observa avec scepticisme. Ryoma ne sut pas se qui se passa ensuite, car alors que Sae s'apprêtait à pleurer, Sakuno parvint à lui donner le sourire.

Il ne put s'empêcher de sourire en voyant cette scène. Néanmoins, lui aussi avait un bébé entre les mains, d'ailleurs il perdit très expression de contentement, lorsqu'il sentit un liquide chaud sur son épaule… Il jura dans sa barbe.

- Garde-le, lui aussi, j'arrive, dit-il en tendant Sei à Sakuno

- Euh… d'accord, répondit-elle en remarquant la tâche jaunâtre sur son épaule.

Ryoma n'avait pas le choix, il devait impérativement nettoyer cette tâche. Cet uniforme était le seul qu'il avait en réserve, alors s'il souhaitait pouvoir poursuivre sa mission pour le bien de la jeune fille dans son salon, il fallait qu'il se change rapidement. Sachant que maintenant Sei était également sous sa responsabilité. Il souhaita de tout son cœur que Sei se trouvait vraiment en sécurité…

Aussi rapide qu'un éclair, il se débarrassa de la tâche puis mit le vêtement à sécher, enfila le premier T-shirt à sa taille, et retourna illico au salon. Il se dit également que la prochaine fois qu'il verrait son oncle, il lui demanderait des uniformes de rechanges.

En arrivant, il constata avec surprise que les cris et les larmes avaient été remplacés par le rire et la joie. Allongé sur le canapé, les jumeaux riaient aux éclats face aux grimaces de sa camarade classe, car oui, ils pouvaient apercevoir son visage. Il fut lui-même très surpris en voyant que Sakuno avait relevé sa frange afin de pouvoir pleinement amuser les deux petits nouveau-nés.

Ryoma resta d'ailleurs dans un état secondaire quelques secondes. Ses iris ambre parcouraient chaque millimètre de son visage angélique ses joues roses et rebondies, les lèvres roses et charnues, son petit nez retroussé, ses immenses yeux marron-rougeâtres entourés de ses interminables cils noirs…

Soudain Sei l'aperçut, et cessant de rire, tendit ses toutes petites mains dans sa direction en le réclamant.

- Ah ! Hum ! Buuh ! fit-il en s'apprêtant à pleurer

Ryoma s'exécuta immédiatement, ne voulant pas qu'une nouvelle session de cris sauvages surgisse. Ce ne fut qu'en le prenant que Sakuno se rendit compte de sa présence. Il fut d'ailleurs très amusé de voir ses joues s'empourprer.

- D-depuis combien de temps… ?!

- Je ne savais pas que tu étais aussi douée avec les enfants, railla-t-il en faisant un sourire en coin

- Mou… fit-elle en faisant la moue et relâchant sa frange

Elle prit la petite fille sur se genoux afin de laisser Ryoma s'asseoir. Ensuite il alluma la télévision en prétendant que cela les aidaient à s'endormir. C'était surtout pour regarder la chaîne des sports. Le silence inconfortable s'installa, enfin, à part les bruits perpétuels des jumeaux, ils s'enfermèrent chacun dans leur mutisme. Ryoma espérait toujours qu'elle se confiât à lui.

- Et…

Son souhait se réalisait-t-il ?

- C-comment s'appellent ces deux adorables bébés ? demanda-t-elle en glissant son doigt dans la petite main de Sae qui la referma

- Celle que tu tiens c'est Sae, déclara-t-il, et puis avec moi, c'est son petit-frère… Sei

Il attendait sa réaction. Il craignait qu'elle rentrât comme avant en mode auto-défense et qu'elle s'attaquât au bébé. Il vit sa main se lever et se diriger vers le petit garçon sans défense qui commençait à somnoler. Ryoma ne l'arrêta pas. Pour quel raison l'aurait-t-il fait ? Puisqu'à son grand soulagement elle caressa délicatement la frimousse de Sei qui sourit mollement à son attention.

- Il t'aime beaucoup on dirait… murmura-t-elle

Ryoma ne répondit pas. Il se sentait très étrange depuis un moment. Le fait de voir autant de facette de cette personne qui se refermait sur elle-même, lui faisait de l'effet ? Non, parce que si cela avait été quelqu'un d'autre il ne se sentirait pas autant… comment se sentait-il d'ailleurs ? Bouleversé ? Non. Triste ? Encore moins… heureux alors ? Peut-être bien, mais il ne l'avouerait jamais. Surtout parce qu'elle était la seule à pouvoir lui faire ressentir un tel bonheur…

Les minutes passèrent et passèrent. Le silence se renforça puisque les jumeaux rejoignirent le pays des rêves dans leurs bras. Il l'observa du coin de l'œil, tentant de discerner le moindre signe de confession. Il la vit soudainement tressaillir. Il reporta son attention vers la télévision où la rediffusion d'un match de tennis était montrée.

Son match de tennis.

Il s'agissait des quarts de final de l'US open qui s'était déroulé deux ans auparavant, il était le plus jeune participant, et le plus jeune vainqueur.

Il se revoyait jouer contre un adversaire coriace qui avait bien failli lui faire perdre son match. Ils avaient même dû recourir au Tie-break.

- Game and match, hurla finalement l'arbitre à travers l'écran de la télévision, Echizen Ryoma, 7-5

Il ne put s'empêcher de sourire en voyant l'expression de triomphe qu'il affichait alors que l'on faisait un gros plan de son visage.

- Ryoma-kun...dit-il dans un murmure presque inaudible

Il la vit même sourire. A ce moment-là, sans qu'il puisse le contrôler, son cœur manqua un battement et commença à pulser tellement vite qu'il en eut presque mal. Mais cette douleur là était étonnement agréable. Quoi qu'il en soit, il ne comprenait se qui se passait. Il sentit la chaleur se propager sur ses joues. Il détourna son regard. Qu'est-ce que cela signifiait ? Pensait-elle encore à lui, à leur promesse ?

- Tu es l'une de ses admiratrices ?, ne put-il s'empêcher de dire

Elle eut un hoquet de surprise et sembla comme sortit d'une longue réflexion. Il vit ses joues s'assombrirent. Il se sentit fier, car après tout, Il n'y avait pas qu'elle qui faisait de l'effet.

- E-euh… je…, balbutia-t-elle en secouant ses mains devant elle, non…enfin… j-je veux dire

Il y eut ensuite un silence. Ryoma savait bien qu'elle espérait qu'il parlât pour changer de sujet, mais elle pouvait toujours courir. C'était l'occasion pour lui de savoir ce qu'il pensait de lui. Puis, après un moment, elle finit par hocher la tête, très lentement. Son regard resta rivé sur ses doigts comme si elle y avait découvert un grand intérêt.

- Il n'y a pas de honte à cela, fanfaronna-t-il en sentant son ego refaire surface, mais dis-moi plutôt… Qu'est-ce que tu pense de mon cousin ?

Sakuno leva sa tête, il remarqua ses joues toujours aussi rouges et attendit patiemment sa réponse. Les deux bébés eux dormaient toujours dans leur bras. Il vit la jeune fille aux de longues tresses prendre une grande inspiration.

- J-je trouve qu'il joue très bien au tennis, déclara-t-elle

Il ne cacha même pas sa déception, et insista.

- Mais encore ?

Elle se tourna vers lui, presque implorante, mais fini par céder.

- I-il est fort e-et sportif, et très intelligent, surtout en anglais, commença-t-elle en tripotant ses doigts, il excelle dans tous les domaines, il est déterminé et déteste perdre un match. C-c'est vrai qu'il est parfois arrogant et qu'il manque de tact, mais c-c'est un garçon honnête et digne de confiance… c'est pour tout cela que je l'admire…

Elle devint si écarlate que le jeune travesti crut voir de la vapeur s'échapper de ses joues. D'ailleurs lui aussi devait surement se trouver dans la même situation car face à cette déclaration, il ne pouvait qu'être embarrassé. Savoir qu'elle pensait ça de lui le rendait si…si heureux…Il regrettait tellement de devoir se cacher. Lui qui pensait qu'elle le détestait, il s'agissait d'une agréable révélation.

- Vous vous ressemblez beaucoup, d'ailleurs, ajouta-t-elle, vous avez, les mêmes cheveux verdâtres, les mêmes yeux ambre…

- Et c'est un compliment ? demanda-t-il

- B-bien sûr ! S'écria-t-elle en se retournant subitement vers lui tout en prenant soin de ne pas réveiller Sae, j'ai toujours pensé qu'il avait les plus beaux yeux…

Elle s'interrompit réalisant ce qu'elle venait de dire.

- Enfin…je veux dire…

Ryoma, de son côté, ne sut comment réagir. Son cœur recommençait à lui faire agréablement mal et cette chaleur auparavant sur ses joues, se propageait sur tout son corps. Qu'est-ce qui lui arrivait ? Quel était ce sentiment ?

Soudain, une sonnerie les interrompit. Elle arrivait au bon moment, car ils n'auraient jamais pu supporter un autre silence. Sakuno décrocha en vitesse, tandis qu'il jeta un coup d'œil à l'horloge du salon. Elle échangea quelques mots avec son interlocuteur avant de raccrocher.

- Grand-mère est à la maison, annonça-t-elle en se levant, je vais y aller

Il se contenta d'hocher la tête. Tout conte de fée avait une fin. Après avoir rendu les jumeaux à leur mère, ils entreprirent de s'en aller. Ryoma insista pour la raccompagner.

- J-je t'assure que je peux rentrer seule, rétorqua Sakuno

- Mais il ne va pas tarder à faire nuit, dit-il, une jeune fille ne se promène pas seule le soir

- E-et toi ? Comment vas-tu faire pour rentrer ?

Il en avait trop dit.

- Ne t'inquiète pas pour moi, déclara-t-il

- J'avais prévu de passer chez Tomo-chan en rentrant…

Ryoma soupira. Pensait à cette fille à couettes hautes lui rappelait des souvenirs amères. Il n'ajouta rien et la suivit en silence. Mais très vite, quelque chose l'interpella.

Alors que leurs pas résonnaient sur le bitume du trottoir, Ryoma décida qu'il était temps.

- A propos de la dernière fois, dit-il réticent, à l'heure du déjeuner

Il la vit se contracter. Elle s'arrêta de marcher.

- Que t'est-il arrivé ? Souffla-t-il le plus nonchalamment possible

Elle ne répondit pas. C'était bien se qu'il craignait. Mais ce qui l'étonna fut qu'elle ne bougea pas non plus. Son regard semblait rivé sur ce qui se trouvait devant eux.

Là, à quelques pas, se trouvait ce qui devait être la maison D'Osakada Tomoka, car devant celle-ci l'on pouvait apercevoir près du portail deux personnes qui s'enlaçaient : Tomoka et Horio.

Ce dernier fut le premier à les remarquer, puis lorsque ce fut le tour de la jeune fille, une expression horrifiée se peignit sur ses traits. Sakuno tourna les talons et s'apprêta à s'en aller dans la direction opposé. Ryoma attrapa son poignée Que se passait-il ? Pour quelle raison semblait-elle aussi bouleversée ? Avant qu'il ne puisse dire quoi que ce soit, il fut devancé.

- Sakuno, attends !

La seconde qui suivit Tomoka accourait déjà vers sa meilleure amie.

- J-je…je suis désolée, reprit-elle haletante et le visage fiévreux, j'aurais du te le dire plus tôt, mais je n'osais pas. Je t'en prie pardonne moi, ne t'en vas pas.

Sakuno se retourna vers elle et après quelques secondes à se contempler, la prit dans ses bras.

- N-non, c'est moi qui suis désolée, répliqua Sakuno, j'aurai dû le remarquer. Je n'ai pensé qu'à moi tout ce temps, alors que toi, tu as toujours été là pour moi.

Tomoka resserras son étreinte. Horio les rejoignit aussi bouleversée que les deux filles tandis que Ryoma, lui ne comprenait rien à la situation.

- Tu sais bien que ce n'est pas ta faute Sakuno, dit Tomoka, et c'est mon boulot en tant qu'amie d'être là pour toi quand ça ne va pas… Je ne voulais pas que tu te sentes coupable alors je ne t'ai rien dit. Je me suis toujours dit que je resterais à tes côtés jusqu'à ce que tout redevienne comme avant, et que d'ici là je ne resterais qu'auprès de toi.

- M-mais je ne voulais pas te priver d'amour Tomo-chan ! s'écria-t-elle, je ne veux pas être un fardeau pour toi, tu as le droit d'aimer…

Elles se reculèrent légèrement avant de se regarder dans les yeux. Elles étaient toutes les deux en larmes à présent.

- Mais qui s'occuperas de toi si je ne suis pas là, qui te défendra… ? Je ne veux pas te voir souffrir.

- Je peux me débrouiller toute seule, rétorqua-t-elle, et puis-

- Je suis là, moi.

Tous les regards se tournèrent vers lui. Ryoma commençait à saisir vaguement la situation.

- Je suis également l'amie de Ryuzaki, donc en cas de problème je suis là, déclara-t-il

Sakuno regarda le regarda longuement avant de hocher la tête. Elle sourit tristement à son amie et posa sa main sur sa tête.

- Oui, Ryoko-chan est là, murmura-t-elle, tu peux te reposer à présent, avec Horio-kun à tes côtés.

Celui-ci hocha la tête avec gratitude. Après une dernière accolade et quelques souhaits de rétablissement, ils se séparèrent. Sakuno resta silencieuse tout le reste du chemin. Ils atteignirent bientôt sa maison. Quelques lumières étaient allumés. Elle arriva au portail.

- T-tu dois surement te demander ce qui s'est passé…

- Oui, un peu, avoua-t-il

- Je pense que tu as le droit de savoir, à présent

Elle soupira et se tourna vers lui. Il retint sa respiration.

- Je suis androphobe.

Elle l'avait dit. Enfin. Il soupira silencieusement à son tour. La moitié du chemin était à présent parcourue.

- C'est pour cette raison que j'ai agit ainsi avec les sempais hier, c'est également pour cette raison que la moitié de l'école me prend pour une folle et c'est également pour cette raison que…je ne voulais pas accepter ta gentillesse

- Comment ça ? demanda-t-il calmement

Elle fit un pas vers lui. Quelques centimètres les séparaient à présent. Elle leva légèrement la tête afin de le regarder dans les yeux.

- J'ai fait du mal à ton cousin, dit-elle, toute l'école me déteste pour ça, déclara-t-elle, tout ceux qui s'approche de moi finisse par avoir des problèmes. J'avais alors décidé de m'éloigner de tout le monde afin de ne déranger personne.

Ryoma resta silencieux et à son écoute.

- Tomoka était la seule exception, elle seule était immunisée par les persécutions des autres élèves, donc elle est toujours restée avec moi, sourit-elle tristement, mais je ne me doutais qu'en faisant ça, elle faisait beaucoup de sacrifices

Le vent se leva et vint chatouiller ses longues mèches auburn qui dévoilèrent ses traits fins exprimant une profonde douleur.

- Comme celui de faire passer ma sécurité avant sa santé, reprit-elle, ou bien mon bonheur avant sa vie amoureuse

Puis elle se tut. Lorsqu'elle poursuivit son monologue, sa voix était brisée et tremblante.

- J'aurai du le voir plus tôt ! s'écria-t-elle en serrant les poings jusqu'au saignement, j'ai été égoïste, elle a tout sacrifié pour moi, je l'ai empêchée d'être heureuse avec la personne qu'elle aime, tout ça à cause de mon androphobie ! Je suis horrible, méprisable ! Je…

Elle s'arrêta. Des larmes brillèrent sur ses joues. Le vent, réagissant violemment en même temps que sa colère, se calma. Puis, malgré cette nuit d'été, il devint soudainement glacial en même temps qu'elle lâcha sa phrase :

- P-parfois, je pense que j'aurai dû mourir sur le coup, l'année dernière

Tout à coup, il posa sa main sur l'arrière de sa tête et la plaqua contre son torse.

- Ne dis plus jamais une chose pareille, siffla-t-il

Il la sentit se débattre légèrement, mais tint bon.

- Tu les entends, toi aussi non ?, reprit-il, les battements de mon cœur. Imagine-toi qu'il s'arrête, tu sais ce que cela signifierait ?

Il prit son mutisme pour un non.

- Cela signifierait que tu serais morte, que tout le fonctionnement de ton corps cesserait, que la chaleur que ton cœur produit disparaîtrait, que les neufs mois de grossesses de ta mère ont été vains, que les sacrifices et l'amour de tes proches n'ont servis à rien. Tu ne penses pas à ce que ta famille penserait si tu mourrais ? A ce qu'Osakada penserait ?

Il attendit une réponse qui ne vint pas. Il poursuivit donc.

- La vie n'est ni juste ni facile, mais comme ton cœur le fait, chaque jour tu dois te battre pour qu'elle le devienne. On n'a qu'une vie, alors s'il te plaît n'abandonne pas, pour ta famille pour Osakada, et… pour moi.

Il n'avait jamais autant parlé de sa vie. Mais il s'agissait d'un cas de force majeur, puisqu'il venait d'apprendre qu'elle avait des tendances suicidaires…

Ses yeux s'écarquillèrent, et ses sourcils s'arquèrent. Les petites mains de Sakuno étaient à présent sur son dos, l'étreignant à son tour.

Il espéra au moins qu'elle ne remarquât pas les battements son cœur s'accélérer. Un sourire se dessina sur ses lèvres.

Plusieurs semaines passèrent, leur relation s'améliora du tout au tout. Comme Tomoka passait le plus clair de son temps avec Horio, Sakuno et Ryoma se retrouvaient souvent ensemble à l'heure du déjeuner, à la sortie des cours… Les sempais étaient à présent au courant que les deux pipelettes étaient dans le secret et les avaient priés (menacé) de garder leur bouche fermée. Néanmoins, cela aidait énormément Ryoma dans sa mission. Il n'y avait plus de gêneurs et à ce train-là, il devenait de plus en plus proche de Sakuno. D'après Fuji-sempai, son ex-entraîneur constatait un changement radicale chez sa petite-fille, c'était comme si elle avait de nouveau la joie de vivre.

Les résultats de ces trois mois de travestissement semblaient très satisfaisants. Néanmoins, pas assez pour qu'elle se confiât sur ce qui s'était passé lors de sa dernière année de collège. Ryoma l'aidait tout de même peu à peu à s'ouvrir, à se lier d'amitié avec les gens de sa classe, à leur faire confiance, à ne pas systématiquement rejeter toute forme de gentillesse et au contraire, à la rendre. Elle ne s'approchait pas trop de la gente masculine mais parlait avec eux par l'intermédiaire de Ryoma. Celui-ci pensa au moins qu'il s'agissait d'un bon début.

Les jours passaient et passaient si bien que le délai touchait bientôt à sa fin. Ryoma s'inquiétait, les sempais également. Se confesserait-elle complètement à temps ? C'était la question qui lui trottait dans la tête alors qu'il marchait dans les couloirs vides du lycée. Les cours étaient terminés, mais Ryoma avait été retenu par le professeur de mathématiques pour ses siestes à répétition durant son cours.

Tout à coup, son impression d'être observé lui revint tout à coup. Durant ces derniers mois, sa « paranoïa » semblait s'être aggravée. Que ce soit à l'école ou dans la rue, il se sentait suivi et observé. Et là, ça recommençait.

Alors qu'il tenta d'ignorer son impression, quelqu'un l'interpella. Il se retourna. Ses yeux se plissèrent et le mépris se lut sur son visage en même temps qu'il découvrit son sempai : Sukejiro Hayato.

Ryoma eut tout à coup un mauvais pressentiment. Que faisait-il ici, alors qu'à cette heure-ci, tous les élèves devaient avoir quitté le lycée… Sans doute les avantages ou désavantages des membres du conseil des élèves… Ce qui l'inquiéta fut alors l'expression peinte sur son visage.

Elle n'avait rien à voir avec son air aimable habituelle, mais était indescriptible…

Il s'approcha. Ryoma n'était pas effrayé, au contraire, il était prêt à en découdre s'il le fallait, puisqu'après tout, il ne le portait pas du tout sur le cœur.

- Quelle coïncidence, commença-t-il en souriant d'une manière aussi troublante de son sempai Fuji, de te voir, seule, à cette heure-ci

- Hn, fit-il froidement

- Ne soit pas aussi distante, je t'en prie, quémanda-t-il en fronçant légèrement les sourcils, je voulais juste t'informer d'une chose…

Ryoma releva un sourcil. Comment se pouvait-il qu'il ait une information qui l'intéresse. Il envisagea de le laisser planter là. Déjà que la dernière fois qu'ils s'étaient parlés, il n'avait pas compris où il voulait en venir en lui disant qu'il n'avait pas besoin de se cacher… Ce garçon n'était pas net, et ses sempais avaient raison de lui dire de ne pas trop l'approcher…

- Fuji a une petite-amie.

Il fut surpris d'apprendre qu'une jeune fille ait craqué pour le côté sadique de son sempai et que ce dernier ait réussi à cacher une chose pareille. Ryoma avait à présent un moyen de se venger…

- Ah bon, répondit-il avec nonchalance

Ce fut autour de son sempai d'écarquiller les yeux. Ryoma lui, resta impassible.

- C'est tout ce que cela te fait ? dit-il, je viens pourtant de te dire que Fuji a déjà une copine

- Oui, et alors ? répliqua-t-il

- Tu veux dire que ça ne te fait rien ? Je croyais qu'il t'intéressait pourtant

- Hein ? Qu'est-ce que tu racontes Sukejiro-sempai ?

Celui-ci resta silencieux.

- Bon, je dois y aller, finit par annoncer Ryoma qui tourna les talons

Puis brusquement, il se sentit plaqué contre le mur. Ce fut à ce moment-là, qu'il se souvint. Il comprit soudainement pourquoi il avait une impression de déjà vu à chaque fois qu'il voyait le vice-président du conseil des élèves.

Mais le plus surprenant à ce moment-là fut que Ryoma n'avait rien vu venir.

- Qu'est-ce que tu… ?! s'écria-t-il sentant la colère bouillonner en lui

Son sempai plaqua ses poignées de part et d'autre de sa tête. Ryoma n'en croyait ses yeux, son sempai était…

- Si tu n'es pas intéressé par Fuji, s'emporta-t-il, pourquoi ce déguisement ?!

Ryoma écarquilla les yeux. Avait-il bien entendu ? Son sempai était au courant ? Comment cela se faisait-il ?

- D-de quoi parles-tu, sempai ? balbutia-t-il en tentant d'entrer dans son personnage

- Tu n'as pas besoin de te cacher, rétorqua-t-il en s'approchant dangereusement de son visage, je suis comme toi… et je sais qui tu es

Son cœur battait à cent à l'heure, avait-il compris ?

- Echi-

Tout à coup, des bruits de pas se firent entendre. Ils reconnurent tous les deux les voix des professeurs. Profitant de cela, Ryoma se dégagea violemment de l'étreinte de son sempai avant de repousser et de prendre la poudre d'escampette. Il dévala les escaliers, traversa le hall, récupéra ses chaussures au passage avant de s'en aller.

Il devait en parler à ses sempais le plus vite possible. Son secret était en danger, comment se faisait-il qu'il soit au courant. Se pouvait-il que tout ce temps, il avait bien été suivi et observé par Sukejiro ? Ça ne l'étonnerait même pas. Il aurait dû s'en douter. Ryoma sortit son téléphone portable de son sac en s'apprêtant à composer le numéro de Momoshirou, quand tout à coup, il reçut un appel.

Il s'agissait de Ryuzaki Sakuno.

Il décrocha immédiatement, échangea avec elle quelques phrases avant de raccrocher.

Elle venait de lui demander quelque chose. Une chose si importante et embarrassante pour lui qu'il en oublia presque les évènements récents…

A une semaine de son départ, il allait passer la nuit chez Ryuzaki Sakuno.

A suivre…


Encore désolée pour le retard, et oui, il est 1h40 à l'heure où je vous écris... Je suis peut-être une sorte de vampire... ? quoi qu'il en soit, cela va sans dire que la relecture n'a pas été très rigoureuse, donc soyez indulgent. alors qu'avait vous pensé de ce chapitre boiteux ?J'avais que c'est un peu compliqué mais tout sera révélé dans le prochain chapitre!

Merci à tout ceux où celles qui me suivent, me soutiennent, lisent, et commentent ma fiction ! Je vous aimeuhhhhhh ! ça me donne le courage de continué et la fic et le lycée.

J'espère répondre à quelque question rapidos avant que mes parents ne découvre que je suis encore sur l'ordi à cette heure-ci...

Vous avez bien devinez, le couple secondaire de cette fic est bien TOmoka et Horio !

J'ai intentionnellement choisi le titre de Misogyne pour une raison que vous découvrirez bientôt !mouahahahah !

à la prochaine !