Interlude
Souvent on me demandait la raison pour laquelle j'avais accepté de me mêler aux affaires de Holmes, le fait est que je n'avais rien accepté car on ne m'avait rien proposé ni même demandé quoi que ce soit. Holmes me laisser participer à ses affaires presque tacitement.
Au début je lui demandais à plusieurs reprise, si je ne le dérangeais pas en l'accompagnant pour un cas et à chaque fois il me répondit que non. Après quelques cas, je n'avais plus demandé et il semblait presque naturel de l'accompagner.
Souvent, au début surtout, on me mettait en garde sur Holmes : de son caractère instable, de l'homme taciturne qu'il était, asociale, incapable de se lier d'amitié avec quiconque. Lestrade connut Holmes cinq ans avant moi et comme il me l'avait dit un jour à la fin d'une affaire « Je ne connais rien de lui, je serais bien peiné à l'invité prendre un verre et cela ne me viendra jamais à l'esprit »
On ne comprenait pas aussi, que Holmes ait mit sa confiance en moi aussi rapidement. Il me confia plusieurs fois des responsabilités qu'il n'aurait jamais imaginé confié à Lestrade, mais je le répète tout ceci s'est fait sans réflexion, presque naturellement. En tout cas pour ma part, quant à Holmes je ne saurais le dire, il n'était pas homme à faire des compliments aux autre ou à leur parler ouvertement des sentiments qu'il ressentait vis-à-vis d'eux et je l'acceptais ainsi.
Il était pour moi patient mais se montrait impatient et irritable avec les autres. Il se montrait brusque, intraitable, ne s'intéressant nullement au ressenti d'autrui, il pouvait l'être aussi avec moi mais je remarquais à maintes reprise que lorsque cela me touchait vraiment, il s'en rendait compte et tenter de se maitriser.
Je ne sus quand Holmes décida de me faire confiance, de me laisser entrer dans son intimité, plusieurs fois je me demandai quel aurait été le comportement de Holmes avec un autre colocataire, je crois que celui-ci sera parti au bout d'un mois ou peut-être pas car Holmes savait se montrai poli et courtois, il était même un homme agréable quand cela ne touchait pas la sphère d'une affaire. Mais dans cette sphère il était un autre homme.
Je pensais a tout cela, quand Holmes entra dans le salon, un samedi matin. Il bourra sa pipe, me jeta un rapide coup d'œil puis dit
« Qu'avez-vous Watson ? Comme vous m'aviez l'air concentré et perdu dans vos pensées à l'instant »
Je levai le regard vers lui et lui sourit
« Je réfléchissais Holmes voilà tout »
Il sourit et s'appuya à la cheminée pour m'observer à sa guise
« Et à quoi donc ? »
Sans réfléchir, encore pris dans mes pensée je lui répondis pour ensuite le regretter à la seconde où je terminais de prononcer mes paroles.
"A la manière dans laquelle nous vivons depuis notre rencontre "
Holmes sembla perplexe, il se décolla de la cheminée et s'assit sur son fauteuil
« Peut être pourriez-vous être plus précis ? »
Alors que j'allais répondre quelque chose pour mettre fin le plus rapidement à la discussion et éviter qu'elle prenne une tournure étrange, il me coupa
« Ttt! ce qui est dit est dit, ne revenez pas dessus, maintenant que vous avez parlez ayez l'obligeance de répondre à ma question »
Je soupirai sachant déjà comment allez finir cette discussion. Je tentai d'un ton calme de répondre rapidement
« Holmes, je pensais juste au passée voilà tout »
Il ne sembla pas du tout convaincu au vu du regard qu'il me lançait
« Au passée ? A quelle période précise je vous prie »
« Au début de notre emménagement, j'ai l'impression que cela date d'hier et pourtant cela fait des années »
Il ne parla pas, je continuai remarquant qu'il sembla calmé ayant eu sa curiosité satisfaite
« Je n'ai vraiment jamais su pourquoi, vous m'aviez laissé vous accompagner dans vos affaires, moi qui étais un ancien soldat, qui ne connaissais absolument rien au monde criminel et qui n'étais qu'un poids dans vos recherches »
Il fuma quelques instants, je continuais donc attendant une certaine réaction de sa part.
« Cela surpris, plusieurs personne Holmes , même Lestrade ne comprenait pas que vous m ayez permis de devenir votre compagnon dans vos cas »
Holmes souris amusé
« Oui cela peut paraitre surprenant, au premier abord »
Je ne répondis rien, presque blessé par cette phrase, sans doute il le remarqua car d'un ton sérieux il continua
« Pourtant, je n'ai jamais à aucun instant regretté d'avoir pris la décision de vous entrainer avec moi dans cette vie mouvementé, à part lorsque je vous ais mis en danger. »
Surpris je levai les yeux pour le regarder
« Vous le savez Watson, je ne suis pas homme à m'étaler sur des choses qui pour moi n'ont guère de grandes utilités et nous fait perdre du temps. »
Je compris que par « choses » il parlait des émotions humaines, je ne répondis rien. Croyant que la discussion était close et qu'il ne souhaitait pas en reparler, je tentai de me changer les idées de mauvaise grâce car n'ayant pas eu de réponse à ma question. Il se leva et observa la rue par la fenêtre, habitude qu'il faisait souvent durant ces heures perdues. Puis une demi-heure après toujours en regardant la rue, il reprit
« J'ai la faculté de pouvoir voir au-dessus des apparences, et ce que je vois à chaque fois que je rencontre autrui n'est que des mensonge et hypocrisie. L'homme est un menteur et avant tout un lâche, il se ment à lui-même pour mieux s'endormir le soir." »
Je savais que si je couper la parole à Holmes maintenant pour lui dire mon désaccord sur la manière dont il percevait l'Homme, je ne saurais jamais ce qu'il voulait me dire. Il continua d'un air perdu
« Les gens veulent vivre une vie calme et paisible mais passons, ma faculté à voir autrui, -une faculté Watson, j'appuie sur ce point car ce n'est nullement un don puisque je l'ai travaillé - m'a permis dès le premier regard que j'ai posé sur vous dans ce laboratoire à vous voir tel que vous étiez : un homme loyal et de confiance, un homme avec lequel je pourrais trouver un soutien. Mais ne croyez pas que je vous ai pris comme colocataire avec ce projet, loin de là, j'étais et suis encore un homme solitaire Watson, mais je pensais que vous n'étiez pas homme à vous mêler des affaires d'autrui avec des mauvaises intentions. Quelques jours de colocation avec vous m'ont permis de vérifier l'exactitude de mes déduction : vous étiez patient envers moi - le violon il est question de ça - vous ne posiez pas de question lorsque je vous faisiez quitter le salon soudainement - même si j'essayais de le faire avec tact - et vous ne plaignez pas à Mme Hudson de mes humeurs sombres et de mon changement de comportement »
Il se retourna et me regarda enfin, quant à moi j'étais touché comme à chaque fois que Holmes me faisait part de ses pensées les plus intimes. Il sourit en me voyant de la sorte et se rapprocha de moi
« Je vous ai proposé de venir avec moi pour Une étude en rouge - c'est ainsi que vous l'avez nommé - et j'ai vu encore une fois que vous saviez vous faire discret et silencieux lorsqu' il le fallait pour me laisser à mes réflexions. Bref je savais à partir de cette affaire que je pouvais vous faire entièrement confiance et la suite l'a confirmé. »
Il se rapprocha de moi et continua
« Vous êtes un homme rare Watson, je vous l'ai déjà dit, pour moi vous n'êtes pas la lumière mais le fil conducteur à la lumière, - ne prenez pas cet air - chose primordial car sans fil conducteur pas de lumière n'est-ce pas ? »
Il sourit et fuma sa pipe en se rasseyant sur son fauteuil. Je tentai de reprendre un air calme et lui dit
« Je ne savais pas que vous pensiez cela de moi Holmes »
J'étais surpris d'entendre ces mots du génie scientifique qu'il était.
Il me regarda puis s'installa confortablement dans son fauteuil et laisser sa tête reposer contre sa main
« Watson voilà votre seul défaut, votre manque de confiance en vous, suis-je homme à perdre mon temps avec quelqu' un qui n'en vaudrait pas la peine ? »
Je lui jetai un regard presque agacé par la façon dont il prononça ses mots avec une certaine arrogance qui parfois avait le don de m'irrité. Mais cette fois l'agacement face à ses manières se dissipa aussitôt en ayant encore en mémoire tout ce qu'il venait de me dire.
Le reste de l'après-midi se passa silencieusement, je lisais une revue médicale pendant que Holmes annoter une nouvelle partition qu'il venait d'acquérir la veille. Alors qu'il sonnait dix-huit heures, Holmes se leva de son fauteuil pour faire quelques pas dans le salon comme à son habitude après être resté longtemps assis. Je fermai les yeux quelques instants commençant à m'assoupir, profitant de la douce chaleur qui flottait dans la pièce qui provenait de la cheminée.
A ce moment-là, je sentis une légère caresse dans mes cheveux, à peine un effleurement, quelque chose de subtil et léger.
J'ouvris les yeux pour voir si mon imagination ne me jouer par des tours à cause de la fatigue. Holmes était dos à moi, il continua son chemin sans m'adresser un regard, ouvrit son étui à violon pour en sortir son instrument.
Je refermais les yeux attendant que les premières notes de musique se fassent entendre.
