Aoro I, parce que ce ne sera sûrement pas le seul, j'adore ce personnage.
Bonne lecture ;)
Oûl tiendrait l'auberge, dans l'hypothèse où un éventuel client viendrait. Il voulait boire. Il devait boire. Il en avait besoin. C'était un peu comme un rituel, désormais. Il prenait une bouteille, la plus grande dont il disposait, puis un verre, toujours le même, celui sur lequelles furent gravées les lettres AE par la dessinatrice aux cheveux violets, puis il s'installait, et commençait à sombrer. Il voulait se perdre. Il voulait oublier. Oublier, l'espace d'un instant, comme il se consumait de voir le bonheur dans des yeux qui ne le regardaient pas, jamais, lui, l'humble poète que l'on laissait toujours sur le carreau. Oublier comme il était seul, le soir, quand, une fois dans sa chambre, il pouvait regarder les étoiles des heures durant à sa fenêtre. Oublier comme il était seul, dans la soirée, quand il faisait le service dans la salle bondée. Oublier comme il était seul, le matin, quand il regardait le soleil se lever, entraîné par le chant des oisillons, si mélodieux. Oublier comme il était obligé de boire pour oublier. Oublier qu'il était trop faible pour faire autrement.
Quand Aoro eût bu suffisamment pour frôler le coma, on frappa à la porte de l'auberge. Entra la seule personne qu'il ne voulait pas voir, qu'il ne pouvait plus voir. La seule qui ne devait pas le voir dans cet état-là. La seule qu'il ne devait pas voir dans cet état-là. Celle qu'il devait oublier. Ellana.
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