Poilou poilou!
Ca faisait longtemps! (Sauf pour ceux qui suivent mon autre fic ^^)
J'ai pas écrit pour ce recueil depuis... Feu ma clé usb :'(
M'enfin, me revoilà, pour un nouveau OS suuuuur... L'Avariiiceuh! Ouéééé!
Alors, que dire que dire? Déjà, désolée d'avoir été si longue! Ensuite, non, ce OS n'a rien à voir avec le précédent! Et enfin... Euh... Bah c'est tout.
Diclaimer: Vous le savez, pas à moi, blablabla.
Pairing: Plusieurs! Notamment du Rhada/Kanon (dans CE sens è_é), du Minos/Eaque (dans le sens que vous voulez), du Aioros/Saga (dans ce sens aussi!) évoqué.
Rating: Eeeuh... T. Y a rien.
Note: Je vous aimeuh!
Note 2: La citation de base est "Le coffre que l'avare a fait dépositaire de son trésor, est tout ensemble et son ciel et son enfer." Bref ça change pas trop.
Note 3:
Merci au reviewers bien sûr! Ca fait plaisir de se savoir lue et encouragée! ^^
Now enjoy!
Avarice
ou « Le coffre que l'avare a fait dépositaire de son trésor, est tout ensemble et son ciel et ses Enfers.»
Jaune pisse.
C'était ça. Jaune pisse. Il n'y avait pas couleur plus adaptée à celle de ses yeux. Jaune pisse.
C'est tout ce que voyait Rhadamanthe, ce matin là, en fixant son reflet. Celui-ci le dévisageait, l'air endormi, les cheveux en bataille, et le fixait de ses immondes yeux jaunes. Comme lui, le reflet dans le miroir finit par baisser les yeux en soupirant et se pencha pour passer un peu d'eau sur son visage. La nuit avait été longue, ce qui ne rajoutait pas à son absence de charme habituelle. Non pas que Rhadamanthe avait ne serait ce qu'eu la prétention de se trouver beau -non mais, il était Juge des Enfers, il n'était pas là pour faire joli, mais plutôt pour effrayer! -, mais vraiment, ces yeux là le dérangeaient. Naître avec une couleur bien plus ordinaire -marron, noir, il s'en fichait!- lui aurait été bien moins douloureux à regarder. Qui avait envie d'avoir du jaune pisse au fond des yeux?
Il ébouriffa un peu plus sa tignasse matinale en soupirant une fois de plus et s'étira sans plus se regarder avant de faire demi-tour pour regagner sa chambre. Il la traversa, ignorant sa couverture qui bougeait un peu, accompagné de petits soupirs et gémissements. Arrivé dans la cuisine, il mit une poêle sur le feu et, aidé d'oeufs, de tomates, de saucisses et de lard, entama la cuisson d'un English Breakfast. L'odeur salée se répandit rapidement dans tout ce qui lui servait d'habitat, et aussi ne fut il pas surprit d'entendre quelques pas derrière lui et de sentir bientôt deux bras se refermer autour de sa taille. Inconsciemment, il sourit.
La tête appuyée sur son épaule, le corps enroulé dans la couverture collé à son dos, Kanon bailla à s'en décrocher la mâchoire avant de renifler avec envie.
« Il y en a pour moi?» ronronna t'il en se frottant contre la nuque du Wyvern.
« Je croyais que tu détestais la bouffe anglaise.»
« Seulement celle qui est visqueuse ou non identifiée.»
Rhadamanthe leva les yeux au ciel.
« Oh allez Rhada, tu dois le savoir, pourtant, que j'adore les saucisses...»
Le Wyvern rit, s'avouant ainsi vaincu, et éteignit le feu sous la poêle.
« Allez, assieds toi.»
Ravi, Kanon relâcha le corps anglais et sautilla jusqu'à la petite table, à peine assez grande pour deux personnes, et faisant de la couverture qui l'entourait une montagne, il put s'asseoir. En approchant la poêle bénie du Dragon des Mers, Rhadamanthe s'attendait presque à le voir baver. Ce qui l'aurait bien fait chier, soit dit en passant, parce qu'il y avait déjà -probablement- assez de saloperies comme ça sur sa couverture.
« Manger!» cria Kanon devant son assiette, alors qu'au même moment grondait son estomac.
Et sans plus attendre il s'appliqua à le satisfaire. Rhadamanthe le regarda manger un instant. Il ressemblait à un enfant devant son gâteau d'anniversaire.
« Tu dois rejoindre Minos et Eaque quand?» demanda l'ex Marina, la bouche pleine, ce qui eut pour effet de le sortir de sa réflexion.
« J'ai le temps. Avale avant de parler, tu vas t'étouffer.»
Kanon haussa les épaules mais avala tout de même.
« J'ai le temps aussi. Après tout, c'est pas comme si Athéna et les autres avaient vraiment besoin de moi.»
Le Wyvern hocha vaguement la tête, écoutant plus ou moins. Kanon, qui attendait une réaction, le fixait. Rien ne vint. Alors il insista:
« J'ai bien une heure à tuer. Peut être plus.»
Toujours aucune réaction. Le Gémeaux tiqua.
« Rhada! Je suis en train de te dire que je suis actuellement libre pour rejouer la bête à deux dos!» grommela t'il.
Le Juge cligna des yeux.
« Oh, oui, pardon, j'étais ailleurs.»
Kanon grimaça.
« J'ai remarqué oui! Qu'est ce que tu contemplais avec autant d'intérêt?» bougonna t'il.
« Tes yeux.»
Le Dragon des Mers resta bouche bée, sa fourchette délaissée en l'air, dévisageant l'étrange personnage en face de lui comme s'il venait de lui demander sa main.
« Mon Dieu Rhada, articula t'il avec difficulté une fois remis de ses émotions, c'est la chose la plus romantique que tu m'aies jamais dite. T'es malade?»
L'Anglais soupira, levant les yeux et secouant la tête.
« T'as raison. J'dois être fiévreux. Lève ton cul, on va baiser.»
Rassuré de reconnaître son Spectre, Kanon se leva d'un bond, se prit les pieds dans le tissu qui l'entourait, se cassa la gueule et se releva comme si de rien n'était.
« Tu débarasses, je t'attends!» chantonna t'il en se sauvant dans la chambre.
Consterné, Rhadamanthe mit assiettes et poêle dans l'évier et les passa vaguement sous l'eau, tandis que bientôt il entendit s'élever un petit air de musique depuis sa chambre. Refermant le robinet, il quitta la cuisine pour venir se poster devant les pieds du lit, détaillant le Gémeaux qui, un magazine people à la con entre les mains, avait levé les yeux vers lui.
« Tu chantes du Final Fantasy VIII là?»
« Yep.»
« C'est sexy.»
Kanon jeta le magazine au sol.
« Sois tu te fous de ma gueule, sois t'es sérieux et particulièrement attentionné aujourd'hui... Et franchement, je sais pas laquelle des solutions me fout le plus les boules.»
Le Juge s'assit au bord du lit et plongea son regard dans l'océan qui servait d'iris à son vis à vis.
« Ca t'es pas venu à l'idée que je pourrais simplement être amoureux?»
Un oreiller atterrit sur sa tête de façon plutôt violente.
« Dis pas de connerie comme ça, tu veux?» gronda le Dragon des Mers, beaucoup plus froid alors.
Rhadamanthe ricana. Mais malgré tout, pour appaiser l'animal bleu, il s'empara de ses lèvres et le coucha sur le lit. Nu sous la couverture, le Grec ne perdit pas de temps pour ôter le pantalon enfilé à la va-vite du Spectre. Ils oublièrent bien vite leur échange verbal pour ne plus se concentrer que sur leurs corps.
Eaque pestait. Rhadamanthe était en retard, encore. Rhadamanthe était toujours en retard. Enfin non, il était ponctuel, avant. Avant. Avant de traîner avec ce stupide animal bleu, là, chevalier d'Athéna en plus. Et depuis, pouf, la belle vie le Rhada, il se pointait aux heures auxquelles il se pointait, et si pas content bah c'était pareil.
Alors il pestait, Eaque. Et Minos, silencieux et amusé, le regardait faire les cent pas. Bien sûr, Minos s'en fichait, lui. C'était même le premier à essayer de le retenir, le matin, à coups de suppliants « encore cinq minutes » ou de « et si on y allait pas? » et même de mains baladeuses s'il le fallait. Mais Eaque n'aimait pas être en retard, même s'il savait que de toute façon Rhadamanthe ne serait jamais arrivé à l'heure s'il y avait dans les parages l'autre jumeau aux influences douteuses.
Quand enfin Rhadamanthe arriva, le Garuda le fusilla du regard, les lèvres pincées, mordues mêmes, tant il était furieux.
« Je vais vous tuer. Toi, et lui!» gronda dangereusement le brun.
« Qui?» demanda innocemment Rhadamanthe, avec l'air de ne pas comprendre.
« Tu crois que je sais pas pourquoi t'es à la bourre? C'est sa faute, à cet abruti du Sanctuaire!»
Le Wyvern haussa les épaules.
« T'es mal baisé aujourd'hui Eaque. Ce n'est pas le cas de tout le monde ici.» ricana t'il.
Minos en fit de même, alors que le Garuda fulminait. Certes Eaque perdait rarement son sang froid, mais il avait horreur, il détestait, il abhorrait, il haissait, il maudissait le manque de ponctualité. Mais sa colère n'avait pas l'air d'inquiéter Rhadamanthe. Alors, après avoir proféré des injures telles que nous ne les retranscrirons pas ici, il fit volte face et ouvrit la marche.
Pas vexé pour un sou, Rhadamanthe le suivit, accompagné de Minos. Mieux vallait laisser le brun déversait sa colère sur rien du tout, à distance raisonnable.
« Il est de bonne humeur, on dirait, fit remarquer le blond, il m'a insulté moins longtemps que la dernière fois.»
« Il est peut être pas aussi « mal baisé » que tu ne le penses.» répondit le gris avec un sourire.
Le Wyvern lui jeta un regard amusé et hocha la tête d'un air complice.
« Et sinon, ta matinée à toi? Plutôt bonne, j'ai l'impression.» reprit Minos.
« Oh pitié, tu vas me parler de la pluie et du beau temps aussi? Tu te fiches de ma matinée, autant que moi de la tienne.»
« Je n'y avais pas pensé, c'est juste que j'ai toujours droit à une anecdote... Kanonesque*.»
« Oh. Bah, il est con. Que veux tu que je te dise de plus?»
« Je vois. Rien d'exceptionnel aujourd'hui.»
Ils firent quelques pas de plus dans un silence total, puisque même Eaque, plus loin, s'était calmé. Puis le Wyvern s'immobilisa, obligeant Minos à en faire de même. Finalement, se sentant peu suivi, le Garuda stoppa sa marche également et se tourna vers eux avant de revenir avec un soupir.
« Dites, reprit l'Anglais en regardant dans le vide, songeur. Vous croyez que je suis amoureux?»
Les deux autres Juges le fixèrent avec un air horrifié sur le visage. La bouche du Griffon s'était même ouverte en grand à cette question.
Devant les réactions très... Positives de ses pairs, Rhadamanthe soupira.
« Laissez tomber.»
« Par Hadès, Rhada, ne nous refais jamais ça! J'ai cru que mon coeur allait s'arrêter!» maugréa Minos.
« Ca va pas? T'as de la fièvre?» demanda le brun.
« Ouais, ouais, ça doit être ça.» marmonna le Wyvern en reprenant sa marche.
Comparée à la journée qu'avait probablement dû vivre le Juge, celle de Kanon avait été assez calme, en somme. A peine rentré au Sanctuaire, Saga lui avait confié le temple pendant qu'il irait faire des courses - de très grandes et importantes courses- pour préparer l'anniversaire d'Aioros. Il était parti tôt et était rentré tard, les bras chargés, éreinté, tandis que son jumeau avait passé de longues heures sur le canapé, une manette entre les mains, à buter des gens, à grimper sur les toits et dans les arbres et à échapper aux loups**.
En le voyant arriver ainsi, étouffé sous le nombre de sacs, la seule chose qui vint à l'esprit de Kanon fut de lui demander de «ne pas passer devant la télé», sinon il n'y verrait plus. Saga avait pété sa crise, comme quoi son frère n'était qu'un lamasticot amorphe ou un truc du genre, ce à quoi le Dragon des Mers avait répondu par un casque sur les oreilles pour ne plus l'entendre.
Finalement, Saga s'était occupé des courses tout seul, malheureusement pour lui, mais il s'en doutait. Il n'essaya même pas d'étriper son jumeau pour se venger. Au contraire, une fois tout remis en ordre, il s'allongea sur le canapé et se colla à l'ex Marina qui, pour le coup, avait un peu de mal pour jouer. Saga ferma les yeux un moment, au chaud contre son jumeau, écoutant son coeur battre sous ses vêtements.
« Tu n'es pas souvent là en ce moment...» marmonna t'il en serrant son frère contre lui.
D'une main, Kanon leva un côté du casque qu'il avait toujours sur la tête.
« Quoi?»
Saga soupira.
« Rien. Je suis fatigué.»
Le Dragon des Mers hocha la tête, absorbé par son écran, et joua avec les cheveux de son frère le temps d'une cinématique.
« Tu te mets dans de sacrés états juste pour un anniversaire.» fit il remarquer un peu distraitement.
Saga sourit.
« Ca fait longtemps qu'il n'en a pas eu un, un vrai. Avec tout le monde. Un joyeux.»
Kanon quitta l'écran des yeux et les baissa vers son jumeau pelotonné contre lui.
« Saga?»
« Hm?»
« Réponds moi sincèrement... Ca fait combien de temps que tu l'aimes?»
Le premier Gémeaux se mit à rougir et les deux coeurs des jumeaux accélérèrent à l'unisson. Une ange passa. Seuls les quelques bruits de la télé venaient perturber le silence.
« Ca doit faire vingt ans.» finit par chuchoter Saga.
L'ex Marina resta silencieux après une telle annonce. Il délaissa la manette pour serrer son frère contre lui à son tour.
« Je ne sais pas comment tu fais. T'es trop sentimental, mon grand.» plaisanta t'il.
Saga le mordit.
« Et toi tu l'es pas assez.»
« T'es fleur bleue.»
« Et toi t'es une loque.»
« T'es trop accroché.»
« Et toi t'es trop détaché.»
« Je rigole pas, Saga, ça va finir par te blesser.»
« Je rigole pas non plus. Tu vivras jamais si tu te laisses pas aller, Kanon.»
Les jumeaux se détaillèrent, ou peut être s'affrontaient t'ils du regard.
« De quoi tu parles?»
Saga le lâcha et se releva.
« Tu crois que je sais pas pourquoi tu disparais tout le temps? Il est temps d'ouvrir les yeux Kanon, tout le monde ici sait qui tu vas voir et pourquoi tu vas le voir. Seulement, il n'y a que toi pour te refuser à l'admettre.»
Il quitta la pièce, sous le regard ébahi de son jumeau.
« Je vois pas pourquoi je me laisserais aller, tu te fais des idées!» cria enfin Kanon, contrarié et plus très sûr de lui.
Mais, pensif, il ne toucha plus à son jeu. Plus tard, il se releva et, sans demander son reste, quitta le temple. Dans l'ombre, Saga le regarda descendre les escaliers, sachant où il allait et pourquoi il y allait. Tout ça ne lui plaisait pas vraiment, mais il ne pouvait pas entraver son frère qui avait enfin appris à être amoureux.
Quand trois coups furent frappés à sa porte, Rhadamanthe était en train de manger un morceau de viande rapidement cuit, un papier sous les yeux. Avec un soupir, il délaissa ses occupations pour aller ouvrir. Une tignasse bleue lui souhaita le bonsoir.
« Qu'est ce que tu fais là? J'ai pas le temps, je t'avais dit pas ce soir.»
Kanon fit la moue.
« Je t'embêterai pas, promis. Je voulais pas rester avec mon frère, et je savais pas où aller à part ici.» mentit il à peine.
Rhadamanthe leva les yeux au ciel et s'effaça pour le laisser passer.
« Bon, tu te mets dans un coin et tu t'occupes tout seul.»
Le Grec hocha la tête en entrant.
« Vous vous êtes disputés?» demanda le Wyvern, au cas où, en refermant derrière lui.
« Non non.»
Ils arrivèrent dans la cuisine.
« Tu as mangé?»
Le bruit d'un estomac pas content lui répondit.
« Evidemment. Prend ce que tu veux dans les placards, fais comme chez toi, j'ai du boulot.» grommela le Juge en se rasseyant.
Pas besoin de lui dire deux fois, l'ex Marina se servit et prépara sa popote comme un grand. Puis il s'assit en face du Spectre, le regardant travailler, mangeant en silence. Au bout d'un moment, Rhadamanthe releva les yeux vers lui.
« Quoi?»
Kanon secoua la tête.
« Rien. Je te regarde travailler.»
« T'as l'air concentré, tu dois vouloir quelque chose.»
« Non non, je t'assure.»
« Hm.»
Le Juge se replongea dans sa lecture, se rappelant de temps à autre que son morceau de steack refroidissait dans son assiette. Le Gémeaux continuait de le détailler dans un mutisme parfait. Il sourit en constant les quelques changements sur le visage de l'Anglais.
« J'ai le droit de savoir quel est le problème?» finit il par demander.
« Hm... On a un mort mais seulement le corps.»
« Hein?»
« On a un mec mort, mais il y a seulement son corps. Et on ne peut pas juger un corps.»
Kanon soupira.
« Bien sûr qu'on peut juger un corps!»
Le Wyvern leva les yeux vers lui l'air consterné. Tiens donc, il allait lui apprendre son métier maintenant?
« Regarde, par exemple, tu peux juger mon corps de parfait, sexy, magnifique, sexuellement attirant et surtout de très étroit.»
Le Juge ne savait pas s'il devait rire ou pleurer. Il opta pour la troisième solution.
« T'es con.»
Kanon rit.
« Au moins, j'ai égayé ta soirée.»
« Qu'est ce qui te fait dire ça?»
« Tes yeux. Tu lisais d'un air désintéressé, mais là, ils brillent à nouveau.»
Rhadamanthe cligna des yeux plusieurs fois et détourna le regard.
« Tu ferais mieux de t'occuper plutôt que de me fixer.»
« Houla, mais c'est que tu vas rougir?»
« Fous moi la paix.» gronda froidement le Spectre.
Surpris, le Gémeaux resta un moment silencieux. Mais pas trop longtemps quand même.
« Pourquoi tu t'énerves?»
« Je te demande pas de me rendre des comptes quand tu veux pas de «connerie» sur notre relation, alors je compte pas t'en rendre maintenant.»
A nouveau, Kanon resta muet un instant.
« Je t'ai vexé? Ce matin?»
« Non.» trancha sèchement le Wyvern en se reconcentrant sur son document.
« Tu veux me parler de... Sentiments?» demanda à voix basse le Gémeaux alors que son coeur s'emballait malgré lui.
« Je veux juste savoir pourquoi toi, tu n'en parles jamais.» rectifia Rhadamanthe sans le regarder.
Le silence revint. Cette fois, Kanon ne le brisa pas. Le Juge reprit son travail, oubliant même la présence du Chevalier en face de lui. De longues minutes s'écoulèrent. Le jumeau n'avait bougé ni parlé depuis. Il fixait le vide, réfléchissant tant bien que mal, essayant d'ignorer les battements fébriles de son coeur.
« J'ai peur.»
Rhadamanthe releva la tête vers lui.
« Je crois que c'est parce que j'ai peur.» répéta le Grec.
« Pardon?» lâcha le Spectre, incrédule.
« La dernière personne que j'ai aimée plus que moi même n'a pas hésité à m'enfermer et m'a laissé me noyer, en oubliant jusqu'à mon existence. Alors je crois que j'ai le droit d'avoir peur.»
Le Wyvern ne dit rien mais détailla le visage de son vis à vis, qui s'empourpa légèrement et détourna les yeux.
« C'est... Pour ça que je préfère... Me dire que tu m'appartiens... C'est plus facile...» bégaya le bleu.
« Pourquoi?»
Relevant les yeux vers lui, le Gémeaux pencha la tête sur la gauche.
« Pourquoi quoi?»
« Qu'est ce qui te fait dire que je t'appartiens?»
Kanon se gratta la nuque.
« Tes yeux.»
S'il ne savait pas se tenir, Rhadamanthe aurait grand ouvert la bouche.
« Mes... Yeux? Qu'est ce que tu racontes, ils n'ont rien de...»
« On dirait de l'or, coupa l'ex Marina. Deux petits anneaux d'or.»
Le Spectre en resta totalement abasourdi. Le Grec sourit.
« Paraît que les dragons sont attirés par l'or. Qu'ils le gardent. Donc, tu m'appartiens.»
Enfin, un faible sourire se dessina sur le visage anglais.
« Mon Dieu Kanon, c'est la chose la plus romantique que tu m'aies jamais dite. T'es malade?» ricana le Juge.
Le jumeau lui fit un doigt.
« Fais pas le malin, je suis très avare, tu sais!»
* Kanonesque: J'ai hésité, je savais pas si écrire "Kanonique" était un jeu de mot valable ou pas :/
** à buter des gens, à grimper sur les toits et dans les arbres et à échapper aux loups: Toute ressemblance avec Assassin's Creed III serait purement fortuite.
Voilà! This is the end ^^
Plus que cinq péchés!
Reviews? :D
