La chasse est ouverte

Encore et toujours des encouragements forts sympathiques. Je poursuis cette fiction en espérant ne pas vous décevoir. Je réponds en général aux personnes enregistrées sur le site. Et si ce n'est pas le cas, vous avez le droit de protester contre cette injustice et ma tête de linotte.


-Bonnie, tu te bats contre un seul vampire. Pas une armée.

-C'est un originel, Caroline ! Et il en faut pour toi aussi. On remplit encore quelques fioles.

-Hors de question que je me balade avec ça. Je vais sentir mauvais !

Pour illustrer ses paroles, la blonde secoua fermement la tête en signe de négation, agitant sa jolie chevelure qui fouetta rageusement l'air comme pour lui donner raison. Bonnie répondit par un léger soupir d'exaspération et reprit un peu de verveine diluée à l'aide de la louche qu'elle versa dans une énième fiole. Elle déposa ensuite cette dernière auprès du petit tas d'autres fioles qui s'était formé sur le comptoir. Elle reporta la louche sur la casserole et racla le fond avec, soucieuse de ne pas en laisser la moindre goutte.

-Ta sécurité passe avant tout, Caroline. Kol était prêt à te tuer tout à l'heure.

-Tu en es certaine ? insista la blonde, sceptique.

Elle fronça les sourcils d'inquiétude. L'originel lui avait simplement paru cordial et ne correspondait aucunement au portrait du vampire impitoyable et sanguinaire que Bonnie avait dressé de lui.

-Oui, je l'ai vu dans son regard.

La sorcière parlait d'un ton si déterminé que Caroline fut portée à la croire, décidant de laisser de côté ses préjugés pour faire confiance à son amie qui savait plutôt y faire dans le domaine et dont l'instinct se trompait rarement. La jolie blonde leva le regard pour regarder l'heure affichée au-dessus de la porte.

-Il est tard, Bonnie. Je pense que je vais rentrer.

La jolie métisse resta un instant figée, les deux mains suspendues en l'air. La louche qu'elle tenait s'égoutta silencieusement sur le comptoir à contre-rythme avec le bruit du pendule de l'horloge.

-Je ne sais pas si c'est une bonne idée…

-Bonnie, c'est pour ça qu'on est restée des heures penchées sur des casseroles et des produits qui puent ! raisonna Caroline, pour ne pas rester prisonnière de chez nous.

Bonnie déposa l'ustensile dans la casserole.

-Tu as raison.

Elle glissa une dizaine des fioles en verre dans le sac de Caroline pendant que celle-ci enfilait sa veste.

-Tu crois vraiment qu'il attend dehors ?

Bonnie haussa les épaules et lui tendit le sac, le regard perdu dans le vague.

-C'est possible.

Elle plissa un peu les yeux, se remémorant sa course. Les chocs assourdissants et incessants de l'originel sur son bouclier raisonnaient encore dans sa tête. Elle revoyait son visage menaçant, son regard sauvage, son sourire carnassier qui retirait toute l'humanité que son aspect aurait dû lui donner. Il n'était que monstre.

-On dirait que la chasse n'est pas seulement une activité pour lui. Ce serait plus comme … un mode de vie. Il… il me fait peur, avoua Bonnie à voix basse.

Elle leva le regard vers le visage inquiet de Caroline. Cette dernière ne semblait plus si résolue à sortir tout d'un coup.

-Tu étais censée me rassurer, Bonnie, dit-elle d'un ton de reproche.

La jolie brune ne put s'empêcher de sourire devant son exigence.

-Tu gardes toujours une fiole en main, et il ne t'arrivera rien. J'ai aussi ensorcelé ton bracelet. Ce n'est pas très puissant mais ça te laissera quelques secondes en plus s'il venait à t'attaquer par surprise.

Elle ouvrit la porte d'entrée en regardant droit devant elle. Son geste avait beau être assuré, il ne pouvait duper Caroline qui entendait les battements accélérés du coeur de son amie. La ruelle était vide et une légère brise, douce et rassurante, s'engouffra dans la maison. Le calme ambiant était en lui seul une cordiale invitation à sortir en toute sécurité. Bonnie se tourna vers Caroline et se força à sourire.

-KM-

Kol s'ennuyait depuis que les deux femmes occupaient la maison Bennett. Il attendait sur la colline qui surplombait la ville, pouvant ainsi surveiller les activités de sa jolie sorcière. Il ne pourrait pas dormir, ni même se reposer. Il ne comptait même pas rentrer pas chez lui, se refusant à affronter la tranquillité tant qu'il n'aurait pas mis la main sur Bonnie Bennett. Tant qu'elle respirait, il n'y aurait pas de répit pour lui. Son portable vibra dans sa poche. C'était un autre message de Klaus.

"J'ai répondu à tes questions sur sa vie insignifiante. Maintenant, dis-moi pourquoi tu as besoin d'elle."

Kol répondit aussitôt.

"Je comptais l'inviter à prendre un verre."

La réponse n'était pas un mensonge. D'ici peu, l'originel réussirait effectivement à l'inviter prendre un verre. Kol n'était pas vraiment un menteur. Tout ce qu'il disait était vrai en règle générale, le problème étant qu'il y avait bien trop de chose qu'il ne disait pas...

Son portable vibra de nouveau.

"Tu vas te faire rembarrer."

Kol eut un bref sourire amusé en lisant cela, imaginant avec précision le visage exaspéré que son ainé devait avoir en ce moment. Brusquement, il leva le visage de son portable, le regard alerte. Il y avait du mouvement chez Bonnie. La porte d'entrée était ouverte. Il sourit légèrement en voyant la blonde en sortir.

En un clin d'oeil, il s'était rapproché. La belle lui tournait le dos et s'éloignait de la maison de la sorcière d'une démarche incertaine. Le vent souffla et une odeur pestilentielle parvint aux narines de l'originel. Verveine. Son sourire carnassier s'agrandit furtivement.

Ce n'est pas ça qui m'arrêtera.

Il laissa néanmoins la blonde partir. Ce n'était pas elle qui l'intéressait. Il reporta son attention sur la maison dont la porte était restée ouverte et aperçut Bonnie qui surveillait le départ de son amie, aux aguets. Kol eut un sourire malveillant.

Tu te crois donc en sécurité, derrière ces murs, Bonnie ? C'est mal me connaître…

-BB-

-Une si grande maison pour toi toute seule … ça doit résonner dans toutes les pièces quand tu regardes la télé.

Bonnie tourna si brusquement la tête vers la fenêtre qu'elle ressentit une décharge douloureuse au niveau de la nuque. Elle écarquilla les yeux de stupeur en réalisant qu'il s'agissait de :

-Damon ?!

-Tu comptes me laisser entrer ou attendre d'abord que ta mâchoire réussisse à se détacher ?

Bonnie referma la bouche et s'avança prudemment vers la fenêtre, inspectant les alentours du vampire qui était négligemment installé sur le toit et la regardait avec un fin sourire arrogant. L'ombre de la nuit projetée sur son visage avait décidé d'épargner ses yeux dont le bleu scintillait d'une lueur étrange, vacillante.

-Je peux savoir ce que tu fais là ?

-Quoi de plus normal de rendre visite à ma très chère amie ?

-Tu ne me rends jamais visite…

-C'est vrai que moi aussi, je t'oublie ces temps-ci, déclara une voix féminine derrière elle.

-Elena ?!

Bonnie se retourna d'un bond mais rencontra la porte de sa chambre qui était résolument close. Personne n'était là.

Bonnie ouvrit les yeux et se redressa doucement dans son lit en position assise. Elle ne se souvenait pas vraiment du rêve qu'elle avait fait, celui-ci lui avait pourtant laissé quelques séquelles. À commencer par une boule en ventre et un certain malaise. Plus elle essayait d'attraper les détails qu'elle avait oublié, plus les souvenir de ce rêve -ou cauchemar- lui échappaient. Elle quitta son lit et alla prendre une douche.

Puis, la belle s'habilla et descendit les escaliers en se massant les tempes. C'était une journée qui avait mal commencé. Elle entra dans la cuisine, se prépara un café et alla s'installer à la table de la cuisine, à moitié encore endormie. D'habitude, elle prenait quelques tartines mais son estomac était noué. L'horloge sonna les coups de midi et lui annonça par la même occasion qu'elle avait passé douze longues heures à dormir. Douze heures coincée dans un rêve dont elle se souvenait à peine. Elle secoua la tête. Les évènements récents avaient sûrement dû la perturber au point de ravager son cycle de sommeil.

«Un trop grand stress, sûrement», diagnostiqua t-elle pour elle-même.

Bonnie sirota son café. Les voix refusaient de quitter son esprit et lui collaient à la peau comme de misérables sangsues. Elle devait sortir. Sortir de cette maison. Trop de souvenirs y était rattachés et trottaient dans sa tête au point de lui donner une migraine qui commençait à prendre la forme d'un terrible chagrin.

Une si grande maison pour toi toute seule…

Bonnie secoua légèrement la tête et se leva pour aller rincer son bol dans l'évier. Elle le mit ensuite dans le lave-vaisselle et alla enfiler la première veste qui lui tomba sous la main. Elle prit ensuite son sac en prenant bien soin d'y glisser quelques fioles de veine de vénus car si Kol était devenu un soucis qui passé en second plan, elle le gardait toujours dans un coin de sa tête. D'autres souvenirs de son rêve lui revinrent en mémoire...

Où est ta famille, Bonnie ?

Elle enfila des bottes en cuir noir et prit une écharpe au vue de la fraicheur de l'air ambiant. Quand elle sortit, elle ne sentit pas un regard sournois et amusé se poser sur elle et suivre chacun de ses mouvements.

Ta grand-mère et ta mère ont été sacrifiées pour la cause de tes soi-disants amis. Que peuvent-ils sacrifier d'autre à ton avis ?

D'autres voix surgis tout droit de son rêve se mêlaient dans sa tête. Des chuchotis, des murmures. Et elle était incapable de savoir qui les proférait. Pourquoi ce rêve la poursuivait ? Comment tous les malheurs qu'elles avaient enfouis au fond d'elle et qu'elle avait tenté d'oublier refaisaient surface tout d'un coup ?

Était-ce Damon ? C'était un des seul visage dont elle se souvenait plutôt clairement.

Où sont-ils, d'ailleurs, ces amis ?

Bonnie ouvrit la portière de sa voiture et grimpa à l'intérieur en jetant son sac sur le siège passager. Elle sortit son portable de la poche de son jean et lut un message que Caroline lui avait envoyé la veille pour la prévenir qu'elle était bien rentrée. Soulagée, Bonnie lança le portable sur son sac, démarra la voiture et quitta son allée. Elle décida tout en conduisant que le mieux serait de faire un peu de shopping et ensuite d'aller boire un verre pour se changer les idées. Elle était restée enfermée chez elle trop longtemps, c'était sûrement cela qui la travaillait. Elle jeta un coup d'oeil hésitant à son portable reposant sur son sac, à côté. Devait-elle appeler Elena et Caroline pour qu'elle se joignent à elle ?

Ils t'oublieront quand tu n'auras plus rien à leur offrir.

Non. Elle irait seule.

Arrivée au centre-ville, Bonnie gara sa voiture sur le parking, près de l'église. Elle en descendit et prit son sac. Elle laissa cependant son portable à l'intérieur étant donné qu'il s'agissait pour elle d'une tentation pour appeler une amie. Or elle avait besoin de réfléchir seule à ce qui lui arrivait. Une sensation étrange s'était emparée d'elle la nuit et l'avait poursuivit toute la journée. Était-ce son instinct ? Était-ce sa grand-mère qui tentait de la prévenir? Après tout, il était vrai qu'elle avait perdu beaucoup en voulant faire le bien, en voulant aider ses amis… Était-ce une mise en garde d'un malheur à venir ?

Bonnie erra en ville, entrant dans les magasins, regardant d'un oeil distrait les vêtements qui se présentaient à elle. Sa tactique pour éloigner les soucis ne marchait pas, si bien qu'elle se retrouva de longues minutes à contempler une robe à pois verts dont la laideur dépassait de loin l'imaginable. Elle sortit du magasin en secouant légèrement la tête. Cette journée ne lui réussissait décidément pas. Néanmoins, elle se sentait un peu tranquille. L'ombre dangereuse de l'originel ne semblait plus hanter ses pas… du moins le pensait-elle.

Aux coups de 17h, la jolie métisse sentit son ventre gargouiller et elle entra dans une boulangerie pour s'acheter un sandwich qu'elle mangea en flânant. En voyant que le soleil commençait à se coucher, elle décida qu'il était temps d'aller prendre un verre. Elle entra au Mystic grill et adressa un signe de la main à Matt qui vint aussitôt la saluer avec un grand sourire chaleureux aux lèvres. La jolie métisse était au moins heureuse de voir un visage qui lui était familier … et qui n'était pas vraiment lié à quoi que ce soit de surnaturel.

-Qu'est-ce que je te sers, Bonnie ? … Tu veux t'installer au bar ? ajouta t-il en remarquant qu'elle n'était pas accompagnée.

-Non ça ira, je vais m'installer en salle, j'ai besoin de … me retrouver seule avec moi-même, histoire de m'entendre penser, tenta t-elle de plaisanter avec un pauvre sourire, j'aimerais bien un whisky, s'il-te-plait.

Elle songea que c'était un peu fort pour commencer la soirée, mais l'alcool amoindrirait probablement le poids qui pesait dans sa poitrine depuis un moment. Matt hocha la tête et se dirigea vers le bar tandis que Bonnie allait prendre place à une petite table isolée.

En marchant, Matt fut interpelé par un client qui lui saisit le bras en un geste amical.

-Tiens, Matt ! déclara une voix d'où suintait un faux enthousiasme, ça fait un moment, mon vieux!

Le jeune homme écarquilla les yeux de frayeur en reconnaissant son vis-à-vis.

-Kol…

Le vampire se rapprocha rapidement et usa de l'hypnose sur lui.

-Du calme, mon ami, je voulais juste avoir une petite conversation avec toi…


Bonnie déposa sa veste sur la chaise et prit place à la table près de la fenêtre. Elle posa un coude dessus et appuya la joue sur sa main en soupirant de lassitude. En levant le regard, elle constata que Matt était absent. Probablement à l'arrière-boutique pour faire le plein de boisson. Peut-être aurait-elle au moins dû téléphoner à Caroline … elle s'était quittées la veille et n'avait pas pris de nouvelles depuis. Et même si elle avait bien reçu son message, ça ne se faisait pas.

«Plus tard. J'ai laissé le portable dans la voiture de toute façon», songea t-elle pour elle-même.

Matt revint au bout d'un moment avec un sourire engageant, la boisson de Bonnie en main. Il la déposa sur la table puis regarda la sorcière d'un air hésitant. Au bout d'un instant de réflexion, il prit une chaise et s'installa, se penchant un peu vers elle avec un air inquiet et concerné. Bonnie se pencha également, curieuse de savoir ce qu'il avait à dire.

-Bonnie, je n'ai pu m'empêcher de constater que tu n'as pas l'air bien… il s'est passé quelque chose ?

La belle lui fit un sourire. Matt avait toujours eu la délicatesse de s'intéresser à ses amis, il était toujours partant pour aider les autres. Tout comme elle.

-Non, ça va, ne t'en fais pas.

-Elena et Caroline ne sont pas avec toi… pointa t-il, sachant parfaitement que prendre un verre tout seul était plutôt une habitude de Damon quand celui-ci voulait noyer ses propres soucis.

-J'avais besoin de m'éloigner de tout ce surnaturel. C'est étouffant, parfois.

-Je sais ce que c'est … Souvent, je me dis qu'il aurait mieux valu pour moi de jamais y avoir eu affaire… peut-être aurais-je gardé ma soeur.

Un éclair de douleur traversa le regard de Bonnie. Le jeune homme ne parlait pas souvent de sa soeur car il n'aimait pas étaler ses problèmes mais le fait qu'il en parle à Bonnie devait probablement montrer qu'il la jugeait apte à le comprendre, et elle lui était reconnaissante pour la confiance qu'il lui accordait. Elle baissa le regard sur la main qu'il avait laissé sur la table et posa doucement la sienne dessus en signe de soutien.

-Je te comprends, Matt…

-Je sais, Bonnie. Tu as toi-même perdu beaucoup.

Bonnie hocha la tête en silence et baissa de nouveau les yeux.

-Il ne t'arrive pas de leur en vouloir… des fois ? dit-il d'un ton hésitant.

Le souvenir de sa mère se faisant assassiner sans ménagement par les Salvatore au nom d'Elena lui revint en mémoire et elle hocha de nouveau la tête.

-Si mais…

-N'as-tu jamais eu envie de punir les responsables ?

Bonnie leva un regard légèrement surpris vers Matt. Elle l'avait déjà entendu parler de tristesse, de colère, de rage, d'incompréhension… jamais de vengeance.

-J'ignore qui sont les responsables, à vrai dire. Mais ce n'est pas mon devoir. Ma grand-mère m'a enseigné de défendre la nature et ça s'arrête là. Je ne peux me permettre de jouer le juge des vivants… ni même des morts.

Matt eut un sourire hésitant et défit la main de la sienne en se levant.

-Oh je vois... dit-il en regardant un peu autour, excuse-moi, si je délaisse les clients, je risque de me faire remonter les bretelles.

-Je t'en prie.

-Ça m'a fait du bien de parler avec toi.

Bonnie força un sourire, songeant qu'elle ne pouvait pas en dire autant vu que les questions qu'elles s'étaient posées lui revenaient à l'esprit de façon plus virulente. Et si l'intervention de Matt n'était pas un hasard ? Était-ce un autre signe de sa grand-mère ? Elle porta la main à son pendentif.

« Grams, je t'en prie, apporte-moi les réponses…»

Au bout du troisième verre, Bonnie se décida enfin à payer. Elle quitta le Mystic Grill après un énième au revoir à Matt. En passant la porte, la première chose que capta son regard fut la demi-lune dans le ciel. Ses sens furent alors en alerte. D'autant plus qu'elle ressentait une présence importune ainsi qu'un regard insistant posé sur elle.

Kol attendait le moment propice pour aborder Bonnie mais celle-ci sembla en décider autrement.

-Je sais que tu es là, Kol, dit-elle avec arrogance.

Elle avait lancé cela sans même tourner la tête, le regard résolument fixé droit devant. Et à peine eut-elle cligné des yeux qu'il lui barrait la route, un sourire joueur collé aux lèvres. Bonnie sursauta et dût prendre sur elle-même pour ne pas reculer.

-Tu m'as eu, avoua t-il en levant légèrement les mains, présentant ses paumes en signe de reddition.

Bonnie resserra son sac en bandoulière contre elle et s'arrêta. Elle le fusilla du regard, ce à quoi il répondit par un moue moqueuse. Jouant la carte de l'indifférence, elle fit mine de l'ignorer et le contourna prudemment, laissant une bonne distance entre eux.

«Si je l'attaque, il se mettra en colère. Si je ne fais rien et que j'attends le coup, j'ai les moyens de l'arrêter.»

Kol demeura immobile, la regardant faire en plissant légèrement les yeux. Par mesure de sécurité, Bonnie se prépara à créer un bouclier autour d'elle mais il semblait que l'originel avait décidé de ne pas l'attaquer. Il se mit à marcher à son tour, la suivant à une distance raisonnable, un peu en retrait.

-N'as-tu jamais songé à devenir un vampire ? lança t-il pour engager la conversation, l'air de rien.

-De qui tu te moques, Kol ?

-N'en as-tu pas marre des règles que l'on t'impose ? Pourquoi encore servir la nature après tout ce qu'elle t'as retiré ? Ta mère t'a abandonnée, ta grand-mère est morte en la servant, ton père ne veut même pas de toi malgré tout tes efforts pour le rendre fier … énuméra t-il d'une voix plus grave qu'à l'accoutumée, comme s'il cherchait à graver ses mots dans l'esprit de Bonnie.

Il avait écouté sa conversation avec Matt ! Et il semblait même en savoir plus sur elle qu'il n'aurait dû ! La jolie métisse buvait régulièrement de la verveine et si l'hypnose ne pouvait marcher sur elle, l'originel semblait néanmoins forcer les barrières de son esprit pour la manipuler. Il était habile à ce genre de chose, mais elle ne devait pas le laisser faire.

-Tais-toi !

-Comment peux-tu continuer à vivre ainsi ? Tu n'es qu'un pion dans l'échiquier de tes amis. Dès que les ennuis arrivent, ils viennent sonner à ta porte et tu réponds présente. Combien de temps as-tu dû cautionner leurs erreurs? Combien de fois t'es-tu sacrifiée pour eux?

-Je t'ai dit de te taire !

Elle tourna la tête pour lui adresser un regard furibond et lui infligea un anévrisme. Son ampleur était si puissant que Kol eut l'impression qu'une tempête se chargeait de lui retourner le cerveau. Il porta les mains à ses tempes en grognant de douleur.

Il trébucha à moitié et posa le genou au sol pour se soutenir. Bonnie écarquilla alors les yeux de peur, le doute s'emparant soudainement d'elle.

-C'était... toi ?

Ce rêve. Toutes ses questions, toutes ses voix … était-ce une mise en garde des sorcières ou était-ce l'oeuvre de Kol ? Impossible. Les vampires pouvaient s'introduire dans les rêves mais ne pouvait pas les manier de la sorte. C'était autre chose. C'était nécessairement autre chose !

L'anévrisme diminua en intensité, ce qui permit à l'originel de se redresser.

-De quoi parles-tu ? grogna t-il en avançant d'un pas lourd et menaçant vers elle.

-…

-Tu as perdu ta langue, ma jolie ?

-Ne t'approche pas !

-Empêche-moi, la défia t-il.

Il fit un autre pas, un sourire carnassier étirant ses lèvres. Bonnie fronça furtivement les sourcils, concentrée.

-Avec joie.

Elle lui infligea un nouvel anévrisme qui le stoppa net et sortit la main de son sac pour lui envoyer en plein visage une fiole remplie de veine de vénus diluée. Même si un cri de rage et de douleur franchit les lèvres du vampire, on aurait dit qu'il n'avait pas réellement cherché à se défendre…

N'y prêtant pas attention, Bonnie piqua un sprint vers sa voiture. Un fois qu'elle l'eut atteint, elle en ouvrit la portière à la volée et plongea presque sur le siège conducteur. Elle démarra en trombe et quitta le parking en faisant un excès de vitesse qui lui aurait valu aussitôt un retrait de permis si elle avait été repérée. pourtant, Kol semblait résolu à ne pas porter la main sur elle.

Il regarda la voiture s'éloigner tandis que ses brûlures guérissaient rapidement et il lui adressa même un signe de la main en guise de salut. Il arborait un sourire à la fois fier et cruel. L'expression désemparée et terrifiée de la belle montrait que ses efforts commençaient à payer.

Je connais mille et une méthodes pour détruire quelqu'un, ma jolie sorcière. Expérimentons ensemble celle que je préfère…


J'ai écrit ce chapitre un peu à la va-vite. Je ne l'ai pas relu et je m'excuse d'avance pour les fautes ou autres problèmes que vous risquez de rencontrer à la lecture. J'y apporterai une correction plus tard. N'hésitez pas à laisser vos avis.