Pattenrond pouvait comprendre énormément de choses dans ce monde d'humains, il était, comme l'avait très justement fait remarquer son défunt ami Sirius le faux chien, très intelligent pour un chat. Aussi, il pouvait sentir la différence entre un animal et un Animagus –s'il avait bien compris le terme employé par Sirius et sa maîtresse-, il pouvait élaborer certains plans d'attaque et communiquer avec d'autres animaux pour récupérer toutes sortes d'informations qu'il pouvait sans mal transmettre, d'une manière ou d'une autre, à sa maîtresse. Il comprenait très bien le principe de la baguette magique, pour l'avoir vue être utilisée dans bons nombres de contextes, et voir les objets s'enflammer, reculer, manquer de l'écraser ne le surprenait plus, bien que le fait de voir un meuble foncer sur lui restait très désagréable. Il appréciait moins le fait d'être jeté des genoux sur lesquels il élisait domicile, pour dormir, observer ou tout simplement servir de présence, ou de tomber brutalement parce que l'humain oubliait qu'il était sur lui. Oh oui, il détestait cela.

Mais il y avait une chose qu'il n'arrivait pas à comprendre. La seule et unique chose qui pouvait le terrifier, plus qu'un loup-garou, plus qu'un Détraqueur –des genres d'aspirateurs de vie, réellement effrayants-, plus que sa maîtresse en colère –et Chat savait combien elle pouvait être affolante quand elle hurlait sur quelqu'un. Cette chose était utilisée par elle toutes les semaines. Cette affreuse créature qui se plaisait à vrombir à ses oreilles, signalant de la manière la plus bruyante qui soit son arrivée et lui laissant le temps de se cacher sous le canapé, ou la créature n'avait aucun scrupule à fouiller et à avaler les petites choses qui y traînaient –combien de fois l'avait-il vu faire disparaître en un petit craquement sinistre les petites vertèbres de rongeurs qu'il avait méthodiquement entreposées là ?-. Cette chose était tout simplement terrifiante. Cette chose s'alimentait apparemment d'un trou fait dans le mur et faisait un vacarme assourdissant, avalant tout sur son passage, guidé par sa maîtresse. Alors qu'il la respectait déjà pour ce qu'elle était, Pattenrond était entré dans un état de véritable vénération quand il découvrit qu'elle le dirigeait. Oh, bien sûr, cela ne changeait rien au fait qu'il était effrayant cela ne l'empêchait pas d'avaler tout ce qu'il trouvait. Mais tant qu'elle le tenait, Pattenrond se sentait plus rassuré. Pas suffisamment pour être téméraire au point de passer devant la créature, mais assez pour oser se mettre à découvert, bien qu'à une distance respectable d'elle, à chaque fois qu'elle l'emmenait.

Non, Pattenrond ne comprenait décidément pas du tout pourquoi sa maîtresse s'acharnait à utiliser cette créature alors qu'elle pouvait engager un elfe de maison qui l'occuperait de bien plus de choses qu'elle.