CHAPITRE 6
Le soleil se leva et éclaira la chambre, illuminant le vert tendre et le vert émeraude des murs et des meubles, réveillant les oiseaux qui se mirent à gazouiller alors que l'habitant des lieux continuait à dormir plus paisiblement que jamais. Enfin pas pour très longtemps vu que cela commençait à cavaler dans les couloirs, les chuchotis et les éclats de rire résonnant agréablement de l'immense maison. Alors que le brun commençait à papillonner des yeux, la maîtresse des lieux entra dans la chambre en fredonnant, allant ouvrir les épais rideaux vert forêt pour laisser entrer plus franchement le soleil, puis la fenêtre pour aérer la pièce avec l'air frais du matin.
- Allez Harry, debout, dit-elle doucement en le regardant s'étirer dans le lit avant de replonger vivement sous les couettes en grommelant, la faisant rire aux éclats : encore un qui n'était pas du matin.
Regardant la bosse qui respirait, elle arbora un sourire malicieux et fit léviter la couette hors du lit pour la poser sur le rebord de la fenêtre, regardant le corps un peu chétif du nouveau perdu se recroqueviller sur lui-même avant de tâtonner pour essayer de retourner bien au chaud.
- Pas de grasses matinée pour vous jeune homme alors on se réveille et on se fixe, rajouta-t-elle en se penchant vers lui.
Quand le brun l'entendit, il sursauta de surprise et se réveilla complètement, un peu angoissé de se trouver là avant de se souvenir du pourquoi du comment de sa présence ici, la regardant en plissant les yeux : ses lunettes étaient en miettes chez son oncle. Matérialisant une nouvelle paire, elle les posa sur le nez du Survivant avant de s'asseoir sur le lit en souriant.
- As-tu bien dormit ? Demanda-t-elle d'une voix douce, essayant de coincer une boucle brune, et quelque peu rebelle, derrière une oreille pour regarder les yeux verts encore un peu embrumé par le sommeil.
- Oui, merci… Marmonna-t-il légèrement en rougissant un peu, triturant son pyjama pour cacher son ventre.
- Tu n'as pas besoin de faire ton timide, j'en ai vu bien d'autres, rit-elle doucement en lissant les plus de sa robe sur ses jambes. J'ai été la mère de centaines d'enfants avant toi, des filles comme des garçons, et tu verras aujourd'hui combien ils sont nombreux dans cette maison, rajouta-t-elle en lui tendant une robe de chambre bien épaisse et chaude, d'une jolie couleur vert bouteille.
- V-vous… vous êtes bien jeune pour en avoir élever des centaines et des centaines, déclara-t-il à voix basse, détournant les yeux devant son audace, un peu angoissé devant la possible punition, ses blessures encore un peu lancinante.
Mais, alors qu'il attendait la gifle et les hurlements de rage, ce fut une main douce qui releva son menton et des lèvres tendres qui baisèrent sa joue avant de lui offrir un sourire encore plus éblouissant.
- Ne baisses jamais les yeux Harry, jamais, lui dit-elle en tapotant son nez. Tu es à présent chez toi dans ce manoir et jamais je ne te ferais de mal ou lèverais la main ou la voix contre toi, rajouta-t-elle en lui ébouriffant le fouillis broussailleux de ses cheveux.
Sans vraiment y croire, le brun se sentit léger, comme soulagé d'un poids, d'un fardeau bien trop pesant alors qu'il avait une carrure si frêle. Pour la première fois depuis bien plus longtemps qu'il ne l'aurait cru, il se sentait vraiment libre et en sécurité, dans un petit univers clôt où l'on ne le jugerais pas pour son nom, sa destinée ou sa fortune, mais pour lui et ses actes. Offrant un sourire tremblotant, il éclata en sanglot, essuyant ses yeux comme un enfant, pestant contre ses larmes gênantes, honteux de se montrer se faible soudainement.
Et, au lieu de se moquer de lui comme il s'y attendait, la maîtresse des lieux l'entoura gentiment de ses bras, l'enfermant dans un cocon consolateur et d'amour maternel. Passant ses mains fines dans les boucles indomptables, elle le serra doucement en murmurant des paroles incompréhensibles mais si réconfortante à son oreille. Patiemment elle le consola et le réconforta sans jamais cesser de sourire et de murmurer d'une voix douce. Peu à peu Harry finit par se calmer et sécha ses dernières larmes, les yeux rouges et bouffis mais le cœur serein et léger.
- Merci… Souffla-t-il en calmant sa respiration.
- Ce n'est rien Harry, tu en avais besoin et je suis là pour toi à présent : je te considère comme l'un de mes petits, lui sourit-elle en embrassant son front.
Timidement, il se raccrocha à la man de la femme en rougissant légèrement : qu'il était beau le Survivant tiens ! Mais cela lui faisait du bien d'agir ainsi parce qu'il en plus que marre de la solitude de sa vie. Cependant… Oui, le gryffon jugeait qu'il était encore trop tôt pour l'appeler maman…
Alors qu'il referma la porte de sa chambre, il sursauta de surprise en voyant une autre personne dans les bras de la femme. Un garçon bien timide puisque, dès qu'il aperçut le brun, il se cacha derrière elle sous le rire doux de la fine matrone.
- Harry, je te présente l'un de mes fils et un grand timide : Joachim Strauss Peverell, le présenta-t-elle en poussant ce dernier vers le nouveau perdu.
Ce fut le léger sourire hésitant d'Harry qui poussa Joachim à enlacer le brun dans une étreinte tentaculaire.
Prochaine publication: Dimanche 25 Mars 2012
