ça fait longtemps hein? Très longtemps! Trop longtemps? J'espère pas, parce que j'ai enfin réussi à obtenir quelque chose qui me plait de ce chapitre. Toutes mes excuses d'avoir été si longue. Je ne sais plus si à l'époque j'avais répondu à vos reviews pour le chapitre précédent. Dans le doute : Un gros MERCI à tous!
Souvenez-vous : Ziva, Maman du petit Lucas, tranquillement en train de faire bronzette sur une plage à Perth, reçoit soudainement un sms de Tony l'invitant à son mariage avec Anaïs, le lendemain à Chicago. Vous vous souvenez? Bon. Vous allez pouvoir lire la suite alors! LE grand jour! Qui y sera? Que va-t-il se passer?
Bonne lecture et vive les reviews! :D
Chapitre 2 : Oui.
Ziva David s'affairait au téléphone. Elle était rentrée à son hôtel depuis plus d'une heure et sa valise était bouclée. Elle tentait maintenant de décommander son vol à direction de Tel-Aviv, pour se réserver une place sur le prochain vol direct Perth - Chicago. Heureusement le décalage horaire jouait en sa faveur.
Elle s'escrimait au téléphone depuis dix minutes. Elle tapait du pied et faisait virevolter un stylo entre ses doigts tout en maltraitant une pauvre hôtesse de l'air. Elle s'en voulait un peu, mais elle n'avait que très peu de temps à sa disposition et il fallait bien qu'elle passe ses nerfs sur quelqu'un. L'hôtesse de l'air lui demanda si elle désirait réserver un vol de retour. Ziva répondit rapidement que non. Elle se soucierait de cela plus tard, et sur place. Surtout qu'elle rentrerait à Tel-Aviv après cela, et non à Perth, et qu'elle ne se sentait pas le courage de partir dans de nouvelles démarches maintenant au téléphone. Elle ne savait d'ailleurs toujours pas pourquoi elle avait réservé un vol aller, alors elle n'allait pas s'embêter avec un vol retour.
Puis Ziva téléphona à la nourrice de son fils, afin de la prévenir que finalement, contrairement à ce qu'elle avait pu dire, elle serait encore absente quelques jours. Et enfin elle appela son père, lui expliquant qu'une affaire urgente l'empêchait de rentrer demain. Elle se montra distante, et évita de s'étendre dans les moindres détails. Elle n'avait aucune envie de lui révéler la véritable raison du report de son retour.
Tout s'accélérait soudainement. L'heure précédente elle était encore tranquillement sur la plage. Puis il y avait eu ce message auquel elle n'avait pas répondu. Et ensuite, poussée par elle ne savait qu'elle impulsion, d'un coup elle s'était levée. Elle avait décidé de ne pas y aller, de ne pas assister à cette scène qui ne pourrait lui apporter que de la douleur. Mais pourtant soudainement, sans réfléchir, elle s'était levée. Elle avait replié sa serviette de plage, enfilé sa robe légère par-dessus son maillot de bain encore humide, et elle était rentrée à son hôtel. Depuis les coups de fil s'étaient enchaînés sans qu'elle ne reprenne le temps de réfléchir à la question.
Son vol décollait demain matin à 08h. C'était ce qu'elle avait trouvé de mieux. En prenant en compte le décalage horaire et la durée de vol, elle arriverait à Chicago demain à 16h. Elle aurait alors tout juste le temps de récupérer ses bagages, trouver un taxi, et gagner l'église Saint Paul. Si elle y allait…
Ziva jeta son portable sur le lit de l'hôtel. Bien sûr qu'elle allait y aller. Surtout maintenant qu'elle avait payé son billet. Elle se rendit dans la salle de bain, où elle fit couler l'eau du bain. Elle avait besoin de penser à autre chose, se dit-elle en entrant dans la baignoire. Sinon, elle allait réellement faire craquer ses nerfs avant d'arriver dans cette église.
Barcelone, Londres, San Francisco, et maintenant Chicago. Il avait le don de la faire voyager pensa Ziva. Son pied tapotait le tapis de sol de la voiture dans un rythme rapide et régulier. Il avait fallu que son vol ait du retard… Il avait fallu qu'elle prenne vingt minutes pour trouver un taxi… Il avait fallu que le chauffeur se perde dans Chicago. Il était nouveau dans cette ville, lui avait-il dit pour s'excuser, mais ce n'était pas cela qui l'avait calmée. Il était 18h00, et elle était toujours coincée dans ce maudit taxi.
Ziva soupira. Mais pourquoi est-ce qu'elle était venue le voir en épouser une autre? Elle était toujours aussi folle… Était-ce vraiment une bonne justification pour se rendre à Chicago pour la première fois de sa vie? Avait-elle fait le bon choix? Etait-ce si grave qu'elle soit en retard? Elle ne savait plus rien. Elle se contentait de sentir son cœur palpiter dans sa poitrine, dans un rythme de pus en plus effréné. Ziva soupira une deuxième fois.
Puis elle aperçut l'église. Elle vit ces trois hommes en train de discuter sur le parvis. Il n'y avait personne d'autre à l'extérieur. Pas étonnant vu l'heure, se dit Ziva. Sa montre affichait 18h10. Les mariages démarraient rarement à l'heure. Mais tout le monde semblait déjà installé dans l'église. Elle était en retard. Elle qui ne voulait pas se faire remarquer, c'était raté. Ziva prit alors conscience que le taxi continuait d'avancer.
- Mais où allez-vous? Elle est là l'église! Vous ne voyez donc rien? S'énerva Ziva, trépignant sur place.
- Désolé Madame, mais là je ne peux pas m'arrêter, il faut que je trouve une place où me garer.
Ziva bouillait intérieurement.
- Combien je vous dois? Demanda-t-elle.
- Pardon?
- Combien je vous dois? Répéta Ziva plus précipitamment.
- 58 dollars, lui répondit le chauffeur, visiblement étonné.
Ziva sortit quelques billets de sa poche et les tendit au chauffeur.
- Tenez, gardez la monnaie.
Puis elle descendit de la voiture, ignorant les protestations de son conducteur. Elle fit attention à éviter les autres véhicules qui l'entouraient bien que tous soient à l'arrêt, coincés dans les embouteillages. Elle se dirigea vers le coffre et en sortit sa valise. Ensuite elle traversa la chaussée, et parvint enfin sur le parvis de l'église, alors que son taxi n'avait toujours pas avancé d'un mètre. Elle jeta un œil au clocher, puis monta les marches qui la menèrent jusqu'à l'imposante porte de bois. Elle ignora les regards des trois hommes qui pesaient sur elle. Elle s'arrêta devant la porte, s'autorisant une seconde.
Elle se recoiffa rapidement d'une main malhabile, puis regarda sa tenue. Elle portait un jean et un T-shirt. Elle espérait qu'elle ne détonnerait pas de trop. Que toute l'assemblée ne se serait pas mise sur son trente et un. Mais après tout ce n'était pas sa faute si il ne l'avait prévenue qu'hier, et si elle n'avait pas mis de tenue de soirée dans sa valise quand elle était partie pour Perth. Et puis d'ailleurs, de qui serait composée cette assemblée? Qui avait-il bien pu inviter à son mariage? A leur mariage, se dit Ziva, en pensant qu'elle n'avait aucune idée de ce à quoi pouvait ressembler Anaïs. Blonde? Brune? Grande ou petite? Maigre ou bien en chaire? C'est dans sa robe de mariée qu'elle allait la découvrir songea Ziva avec un pincement au cœur.
L'israélienne se reprit en se disant que cette fille ne lui avait rien fait. Elle n'y était pour rien dans cette histoire. Ce n'était pas elle qui devait payer.
Ziva inspira profondément, jeta encore une fois un œil à sa montre, 18h15. Si elle tenait à y être, il fallait vraiment qu'elle pousse cette porte, peu importe ce qui se trouvait derrière. Elle reprit la poignée de sa valise en main, la décolla du sol, posa son autre main sur le bois sombre de la porte, puis la poussa doucement, espérant qu'elle ne grincerait pas.
Heureusement cette porte s'ouvrit en ne faisant que peu de bruit, constata Ziva. Elle retenait son souffle, sans savoir pourquoi. Les dernières rangées de l'assemblée se retournèrent quand elle entra. Quelques uns chuchotèrent. Ils devaient sûrement se demander qui elle était, s'étonner sur sa tenue. Le prêtre lui jeta un regard accusateur de l'autre bout de l'église, qui n'était finalement pas si grande. Mais Tony et Anaïs ne se retournèrent pas, c'était le principal.
Ziva se demanda ce qu'une juive comme elle, avec son étoile au cou, faisait dans cette église. Puis elle passa la porte et la referma derrière elle. Elle n'avait reconnu personne parmi les individus qui s'étaient retournés.
Elle se dirigea sur sa gauche, contournant une rangée de bancs, puis doucement s'avança vers l'autel. A pas lents et incertains, elle gagna le premier pilier de pierre blanc qui soutenait le toit de l'église. Elle resta un instant appuyée contre celui-ci, reprenant son souffle. Elle pouvait remarquer que des marines occupaient les derniers rangs de bancs. Leur coupe militaire ne trompait pas. C'était donc eux ses amis, se dit Ziva. Chacun ou presque était accompagné d'une femme. Devant eux devaient se trouver les amis d'Anaïs. Ou alors d'autres connaissance de Tony peut-être.
Ziva avança jusqu'au deuxième pilier. Elle sembla prendre conscience d'où elle se trouvait, et la douleur commença à l'envahir. Elle se sentit soudainement frappée par une réalité qu'elle n'avait jamais souhaitée. Elle ne pouvait plus nier la situation. Là, à une dizaine de mètres de ceux qui allaient devenir mari et femme, dans un frisson elle s'autorisa à regarder Tony. Il lui faisait quasiment face. Il tenait dans ses mains celles d'Anaïs, grande, les cheveux châtains, ni trop grosse ni trop maigre. Ziva ne put s'empêcher de se dire que sa robe lui allait à merveille. Elle était magnifique. C'était donc elle. Elle qui aujourd'hui se tenait là où elle, elle devrait être. C'était à elle qu'elle laissait ce qu'elle sentait être sa place.
Ziva regarda le petit sourire qui étirait les lèvres de Tony. Lui aussi était beau dans son costume. Un costume italien supposa-t-elle. Il ressemblait à un homme mûr. Ce qu'il était devenu. Elle n'espérait qu'une chose, son bonheur.
Le plus silencieusement possible Ziva avança jusqu'au dernier pilier, sa valise toujours à la main. Elle ne pourrait pas s'avancer davantage sans s'attirer tous les regards. Elle n'avait pas envie de s'asseoir, elle préférait rester ici. Elle préférait conserver la possibilité de fuir à tout moment, au cas où tout deviendrait trop lourd à supporter. Il se pouvait toujours qu'elle s'en aille dès la minute prochaine. Et puis où irait-elle s'asseoir? Elle ne connaissait personne. Et elle n'avait aucune envie de faire demi-tour et de se terrer tout au fond de l'église. Quitte à avoir fait le déplacement, autant en profiter pour voir Tony, pour laisser ses yeux glisser sur ses traits, se remémorer son image. Autant profiter de cette vue qui s'offrait si rarement à elle. Alors à quoi bon s'asseoir.
- Oui, déclara Tony.
Ziva sursauta au son de sa voix et coupa court à toutes ses réflexions. Elle reporta son attention sur ce pour quoi elle avait fait le déplacement. Il venait de dire « oui ». Très bientôt Anaïs serait sa femme. Ziva se força à se concentrer sur la scène qui se jouait devant elle, s'apercevant que jusque là elle avait été un peu trop plongée dans ses pensées, et en avait oublié le mariage.
- Ziva? Chuchota une petite voix sur sa droite.
Surprise, Ziva détourna son regard de Tony, et chercha des yeux la personne qui, assise dans les premières rangées de bancs, avait pu l'interpeller. Qui ici pouvait la connaître?
- Ziva! Ici! Recommença la voix féminine, au moment même où ses yeux croisaient ceux d'Abby, qui lui souriait de toute ses dents.
Aussitôt ce sont les yeux de McGee, puis Gibbs, Ducky et enfin Palmer qu'elle rencontra. Ils étaient tous là, en rang d'oignons, sur le vieux banc de bois. Tous la regardaient, à la fois surpris et heureux. Sans prendre le temps de réfléchir Abby se resserra contre McGee, laissant un peu de place au bout du banc pour Ziva, où elle l'invita à s'asseoir d'un geste de la main.
Ziva hésita, ne sachant si elle y avait vraiment sa place, si il serait raisonnable pour elle d'aller s'asseoir à leurs côtés. Elle regarda ses amis, jeta un rapide coup d'œil sur Tony, reposa ses yeux sur ses amis, et enfin elle vint s'asseoir au bout de la rangée en posant sa valise près d'elle.
- Qui aurait cru qu'on se retrouverait un jour ici? Lui chuchota Abby dans l'oreille en lui prenant la main et en la serrant fortement.
Ziva sourit faiblement, complètement bouleversée, la gorge nouée, plus émue de tous les revoir qu'elle ne l'aurait cru. Elle appréciait plus qu'elle n'aurait pu le dire qu'Abby lui prenne ainsi la main, lui transmette son amitié, la maintienne sur Terre en ce moment qu'elle vivait difficilement. Laisser définitivement partir Tony, enfin confronter l'idée qu'aucun futur commun n'était possible pour eux revenait à laisser mourir une partie d'elle-même, que sans le savoir elle avait laissé vivre en elle jusque là. Elle comprit qu'elle était en train de faire le deuil d'une partie de sa vie, et ça n'était pas facile. Elle avait envie de se replier sur elle-même et de ne plus faire semblant, de pleurer comme une enfant, d'être réconfortée comme une enfant à qui l'ont dit que tout ira bien, et qui le croit. Les yeux embués, elle adressa un signe de tête au reste de ses amis, et remarqua alors la petite fille assise sur les genoux de McGee. Vêtue d'une jolie robe blanche, elle ne devait pas avoir plus d'un an. Elle avait les cheveux de sa maman, constata Ziva, bien qu'elle n'en n'ait encore que très peu.
- Elle s'appelle Léa, lui glissa Abby a creux de l'oreille, qui avait constaté le regard que Ziva portait à sa fille.
Ziva acquiesça et les deux amies se sourirent au moment où toute l'assemblée pu entendre Anaïs à son tour prononcer ce « oui » pour lequel tout le monde avait fait le déplacement. Ziva avala péniblement sa salive. Après quelques secondes durant lesquelles son regard se perdit de nouveau sur Tony, elle posa une question qui la taraudait.
- Vous avez été prévenus il y a longtemps? Demanda-t-elle discrètement à Abby.
- Oui, il y a environ deux mois qu'on a tous reçu notre invitation. Ça nous a fait drôle, puisque c'est la première fois qu'on recevait de ses nouvelles depuis son départ. On a tous été surpris. Pourquoi, tu n'as pas reçu de carton d'invitation?
- Non, répondit distraitement Ziva en sentant son cœur se pincer davantage lorsqu'elle vit les deux jeunes mariés s'embrasser.
- Il m'a envoyé un sms hier soir, expliqua-t-elle d'une voix si faible que seule Abby put l'entendre.
- Oh! Je vois. Je comprends mieux pourquoi tu arrives seulement, s'étonna Abby. Tu sais, on s'est tous demandé où tu étais quand on s'est retrouvé avec Tony ce matin, et qu'il ne manquait que toi. On lui a demandé si tu venais, il a juste dit qu'il n'avait pas eu de réponse. Il n'est pas entré dans les détails et est vite passé à autre chose. On a bien senti que cette simple réponse n'était en fait pas si simple.
- Au cas où vous ne le sauriez pas, on est censé se taire dans une église mesdames, les réprimanda soudainement une femme âgée assise derrière elles.
Abby et Ziva se retournèrent pour regarder qui les dérangeait ainsi, puis se replacèrent face à l'autel. Abby se sentant exaspérée par le comportement de la vieille femme serra un peu plus fort la main de Ziva, tandis que la jeune femme, à des kilomètres de là, se demandait si Tony pensait encore souvent à elle. Pourquoi n'avait-elle pas eu droit à une invitation, comme tout le monde?
Ziva, toujours aussi bouleversée, suivit ensuite le mouvement général et se leva pour applaudir les mariés, qui commençaient à se diriger vers la sortie. Elle échangea un regard avec Gibbs, qui lui fit un petit signe de la tête auquel elle répondit. Ziva fit bonne figure et applaudit elle aussi, alors que Tony, au bout du banc, remontait la nef au bras d'Anaïs et arrivait devant eux. Le sourire aux lèvres, il lança un clin d'œil à la rangée qu'occupait ses anciens collègues, qui tous, un grand sourire aux lèvres, étaient si heureux de revoir Tony en si bonne forme. Personne ne lui avait fait la moindre remarque quant à l'absence de nouvelles données pendant plus de dix ans.
Chacun applaudit à s'en faire mal aux mains, et adressa un grand sourire à Tony suite à ce clin d'œil. L'italien prit le temps de les regarder un à un et de s'attarder sur chacun d'entre eux. Cela faisait si longtemps qu'il ne les avait pas vu. D'autres amis à lui peuplaient les bancs de l'église, mais tous ceux qui comptaient le plus étaient réunis ici, alors il ralentit légèrement l'allure, et les regarda un à un. Jusqu'à ce que, au bout de la rangée, il croise le regard de Ziva. Raide comme un "i", elle applaudissait elle aussi, mais plus faiblement. L'air un peu ailleurs elle souriait. Derrière son sourire il n'avait aucune peine à distinguer dans ses yeux la tristesse immense qu'elle ressentait.
Il l'avait su qu'elle était là, que c'était elle, dès l'instant où il avait vu ce rayon de soleil s'infiltrer dans la nef, dès l'instant où il avait senti les dernières rangées se retourner pour regarder qui entrait ainsi dans l'église alors que le mariage venait de démarrer. Il avait de suite su que c'était elle. Il avait pris le temps de saluer chacun des invités avant le début de la cérémonie, de tous les accueillir. Il avait pu constater que chaque personne qui avait reçu une invitation et confirmé sa venue avait fait le déplacement. Ça pouvait donc n'être qu'elle. Il en avait tout de suite eu la certitude, même s'il n'avait pas bougé, même s'il ne l'avait pas montré. Il restait tout de même étonné de la voir là, au bout de la rangée, à le regarder et à applaudir. Il n'aurait pas été surpris de l'entendre s'éclipser avant la fin de la cérémonie.
Il était heureux de la voir là, même si ça signifiait lui imposer cela. Il avait tellement espéré depuis la veille qu'elle puisse venir, bien qu'il ne l'ait prévenu qu'à la dernière minute. Après des mois d'hésitation passés à faire tourner son carton d'invitation entre ses doigts, pour finalement le conserver dans son portefeuille, il s'était décidé la veille sur un coup de tête. Il avait réalisé qu'il avait besoin qu'elle soit là pour le soutenir dans cette étape de sa vie. Il avait eu envie de la revoir, de partager son bonheur avec sa famille au complet, même si leur situation était particulière et que sa présence ne ferait sans doute que compliquer les choses et leur faire du mal. Il était heureux de la savoir là et de la voir approuver son mariage, même si inévitablement une partie de lui-même ne put s'empêcher de se demander s'il aurait été plus heureux si Ziva avait été celle à son bras à cet instant.
Il aimait Anaïs, il ne pouvait le nier. Mais aucune passion dévorante n'avait jamais existé entre eux. Ils avaient d'avantage appris à s'aimer, à apprécier la compagnie de l'autre. Ce n'était pas le même amour que celui qu'il avait pu ressentir pour Ziva. Tout était différent. Il était fier de ce qu'il avait accompli et heureux d'avoir épousé Anaïs, mais il supportait toujours aussi mal l'idée de faire souffrir Ziva, et ne pouvait s'empêcher de la trouver ravissante. Il s'en voulut de penser cela maintenant et de se surprendre à désirer Ziva tandis qu'il se trouvait toujours dans la nef, Anaïs à son bras, vêtue d'un robe blanche. Il ne regrettait en rien d'avoir épousé Anaïs, il aimait la vie qu'il menait avec elle. Mais si on lui avait laissé le choix entre la blonde et la brune, il n'était pas sûr qu'il aurait choisi la blonde.
Il sentit Anaïs tirer son bras, lui intimant l'ordre silencieux d'avancer. Il redescendit aussitôt de son nuage et se reprit. Ses yeux quittèrent ceux de Ziva, son regard se reposa droit devant lui, et en souriant il reprit sa route. D'un air heureux il continua de regarder chaque personne qui lui souriait et l'applaudissait, mais Ziva resta encore plusieurs longues secondes l'objet de ses pensées. Il se demandait si elle viendrait à la réception ou si elle s'en irait sitôt sortie de l'église. Si il aurait le plaisir de passer quelques heures en sa compagnie, ou s'il devrait encore attendre plusieurs années avant de la revoir, s'ils osaient se revoir après ce moment, ce regard.
Il se força à se concentrer sur le moment présent et pendant un instant serra un peu plus fort la main d'Anaïs. Elle lui sourit, elle avait l'air heureuse. Ça lui fit plaisir. Après tout, même si ça n'était pas l'amour fou, il aimait la femme qu'il venait d'épouser. Il aimait la voir heureuse.
Alors, heureux?
Vous me répondez comme dans la pub Maaf? "Très heureux!"?
