Chapitre 4 : Le faire ou mourir.

Auteur : Bouddha (Steleamaria)

Disclaimer : Le récit est à moi, les personnages à Square Enix.

Résumé : Le faire ou mourir. Parce que le faire, c'est pas ça. C'est pas comme ça. Parce qu'il y a souvent toute une réflexion avant. Et parce que, souvent, on n'a pas toujours le choix.

Rating : K.

Voici un petit récit tout bête, qui m'est venu spontanément hier après-midi. En quelques minutes le voilà écrit. Je tiens à remercier Yumeless, emokami et Ariani Lee pour leurs reviews tellement encourageantes. Merci beaucoup.

Bonne lecture =)


Un cheveu.

.

Il n'y a rien de plus bête qu'un cheveu.

C'est long, ou court, fin ou plutôt épais. Ça vole au vent et ça peut être blanc, blond, châtain ou noir. Ou même rouge, tiens. Parfois même d'un rouge tirant vers l'orangé. Parfois même aussi d'un rouge plus sombre, presque comme s'il tenait ses racines d'un noir d'ébène. Et puis, parfois, sous les rayons d'un timide soleil, ces cheveux rouge-orange-noir flamboient comme la flamme d'une bougie, comme l'âtre d'une cheminée, comme un feu de camp en vacances.

Oui, comme le feu. C'est ça.

Une brusque sonnerie nous arrache à la contemplation de cette masse de cheveux rouge-orange-noir. Soudain, c'est l'ombre devant nos yeux. On sursaute, on relève le regard. C'est forcément notre meilleur ami, un sourire goguenard aux lèvres, qui s'est planté devant notre bureau pour nous faire réagir.

" - Hep, Rox', ça vient de sonner j'te signale. Tu sors, ou tu préfères attendre ici les cours de demain ?"

Un grognement, juste un peu, pour la forme.

" - C'est bon, j'arrive. Je pensais juste à un truc.

- Ouais ouais, comme d'hab'."

On ne relève pas la remarque. Quand notre meilleur ami nous libère la vue, on cherche aussitôt à se plonger dans l'immensité rouge-orange-noire qui n'est pas loin, devant. Ou qui était. Et qui a disparu maintenant. On soupire, entre l'agacement et la déception.

Le feu, c'est immuable et tellement insaisissable à la fois. En une demie-minute, la voilà disparue, cette chevelure de flammes.

" - Roxas, tu viens ?

- J'arrive !"

Déplaisir proche de l'énervement. On range ses affaires rapidement, puis on se lève puis on avance en vue de quitter la salle. Éclair soudain, brève lueur rouge. On se stoppe. Regard intéressé vers le siège que la chevelure rouge-orange-noire vient de quitter. On ignore le soupir agacé de son ami puis on s'avance vers cette chaise. C'est une chaise toute bête, d'ailleurs. Faite de bois faible, souvent du contre-plaqué. La même que les trente-quatre de la salle. Même pas trente-cinq, parce que celle du prof, davantage un fauteuil qu'une chaise d'ailleurs, est bien plus confortable. C'est Vanitas qui l'a dit, quand il lui avait volé le jour de l'inspection. Mais ce n'est pas le sujet. On s'approche de cette chaise beige presque marron, et on remarque le mince fil rouge qui semble vouloir choir sur le bois contre-plaqué. Un simple courant d'air, pire, un simple soupir le ferait s'échapper. Alors rapidement, on s'en saisit. Comme un enfant trouvant un trésor. On l'attrape, vite, et on le met dans sa poche.

Quand on quitte la salle, on ne peut s'empêcher de sourire.

Le soir, dans son lit, sous les draps, on ne trouve pas le sommeil. Quand on ferme les yeux, le monde est rouge. Plutôt rouge-orange-noir. Peut-être que si on s'endormait, on ferait des rêves heureux, pourtant. Mais quelque chose nous empêche de nous assoupir. Une sorte d'énervement joyeux, comme si tout notre corps était une boule en fusion. On tremble d'anticipation, comme à la veille d'une fête d'anniversaire. Comme auparavant un grand voyage. Presque comme avant un rendez-vous amoureux. Puis on se souvient, non, on sait pourquoi on ne peut pas fermer l'œil. Alors on allume la lampe de chevet sur la table de nuit. La pièce s'éclaire faiblement, mais c'est suffisant. Et puis, de sous l'oreiller, on sort l'objet.

Notre trésor.

Une petite fiole que l'on tient entre ses doigts. L'apparence d'un tube à essai, solidement fermé d'un bouchon de liège. Mais le plus important, c'est ce que contient ce petit objet de verre. Cette carapace de cristal enveloppe le fil soyeux auparavant trouvé sur la chaise en contre-plaqué. Oui, c'est le cheveu rouge-orange-noir. Celui-là même qui appartient à la chevelure de flammes que l'on regarde tous les jours - proche de l'admiration secrète et peut-être même amoureuse, qui sait ? -, c'est à dire un fil parmi la pelote de laine, une brindille parmi la botte de foin, un cheveu parmi la chevelure rouge-orange-noire. Mais, en fin de compte, c'est une partie d'un tout, non ?

Alors, c'est un trésor. Un secret, notre secret. On admire longuement le cheveu rouge à la lueur légère de la lampe de chevet. Il nous paraît plus beau que n'importe quel cadeau. D'ailleurs, il y a une étiquette sur la petite fiole. Mais cette étiquette mal découpée ne porte pas de nom. Non, seulement un petit signe, un infime message, qui fut peut-être un jour codé mais aujourd'hui tellement explicite, oui un petit signe, presque minuscule que l'on pourrait le confondre avec un point, presque.

Un tout petit cœur, gravé à l'encre noire sur l'étiquette blanche.

Parce que ce petit cheveu qui est un trésor est l'infime partie d'un tout. Parce qu'on passe des heures et des jours à admirer ce tout, qui est continuellement assis juste devant nous en classe. Et parce que ce tout appartient à un espace qui est grand, bien trop grand pour nous.

Et parce que les sentiments sont une galaxie que l'on ne sait pas toujours comprendre, et surtout, surtout, que l'on ne peut contrôler.

Alors... L'on est amoureux, tout simplement.

Et il n'y a rien de plus bête que les sentiments. On aime, c'est comme ça.


Comme d'habitude, une multitude de sentiments, un fouillis de pensées que je vous offre (ou impose ?). J'espère que cela vous a conquis, si oui, je serais ravie d'avoir vos commentaires.

Bonne journée !