Chapitre 6 : Le faire ou mourir

Auteur : Bouddha (Steleamaria)

Disclaimer : Les personnages de Kingdom Hearts appartiennent encore et toujours à Square Enix – encore merci à eux.

Résumé : Le faire ou mourir. Parce que le faire, c'est pas ça. C'est pas comme ça. Parce qu'il y a souvent toute une réflexion avant. Et parce que, souvent, on n'a pas toujours le choix.

Rating : T – juste pour le langage.

Note : Des mois que je n'écrivais plus... ce petit texte a été commencé il y a quelques mois de cela. Aujourd'hui, étrangement, j'ai retrouvé un peu d'inspiration dans le train. Qu'est-ce qu'on ne fera pas pour fêter le 13 août !

Je ne suis pas de ces personnes qui fêtent les dates des pairings... Cependant, il y a des exceptions : je vous souhaite donc à tous et à toutes un happy Akuroku day !

Note 2 : Dans ce texte, quelques paroles de « We will go home » du film King Arthur. Également une petite allusion à « Toi et moi » de Guillaume Grand. C'est ça, d'écrire en écoutant de la musique...

Bonne lecture !


Camping

Minuit et un ciel d'étoiles. Sous la tente de toile verte, l'atmosphère est brûlante. Presque irrespirable. Sur le matelas gonflable usé, deux corps allongés, l'un surplombant l'autre.

Un jeu de regards. Le premier questionnant, le deuxième hésitant.

Il n'en faut que peu pour que tout dérape.

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Tout avait commencé plus tôt dans la journée. Il y avait eu des mains qui s'effleuraient par hasard ou par intérêt, durant les préparatifs de la soirée. Demyx, t'as les bières ? Axel, foutu alcoolo ! Et ta mère ! c'est pas trop lourd, Roxas ? Quelques regards qui se trouvaient. Des sourires échangés. Si, tu m'aides ?

Assis en cercle autour du feu, à écouter le crépitement des flammes, les grattements des cordes de la guitare de Demyx. Xion chantait, les yeux heureux. On écoutait, Demyx suivait avec son instrument, concentré, les yeux mi-clos.

Land of the Bear and Land of the Eagle. Land that gave us birth, and blessing...
We will go home, across the mountains...

C'est pas franchement joyeux, comme chanson. Tais-toi Axel, j'écoute. Tu aimes ? Oui, Xion chante divinement bien. Un sourire, des yeux jaloux que l'on ne remarque pas. Roxas écoutait, les yeux fermés, le visage offert au ciel. La lueur des flammes dansait sur sa figure. Axel l'observait. Peut-être se retenait-il de toucher sa joue, de caresser ses cheveux. Peut-être voulait-il l'embrasser.

Axel n'écoutait pas la chanson. Il jugeait de la douceur des sourires de Roxas.

We will go home across the mountains...

La voix s'éteignit. Des applaudissements se firent entendre. Roxas rouvrit les yeux pour se mêler à la gaieté de la foule. Souriant, Demyx embrassa la chanteuse qui rougit, émue. Ils sont beaux à voir, souffla Roxas. Tu les envies ? Nouvelle confrontation de regard, aigue-marine contre émeraude.

Toutes les couleurs du ciel. Bleu, orange, rouge. Or. Plein de bouteilles. Du rhum, du vin, du miel. L'alcool s'écoulait doucement – certains y goûtaient, d'autres préféraient la douce acidité des jus de fruits. Petit joueur. Un sourire en coin, des yeux verts qui brillaient sous l'éclat des flammes. La ferme Axel. Le crépitement du feu chantait. Un son manquait, tout à coup. Les cigales se firent une joie de le remplacer, de paire avec le bois enflammé. Demyx et Xion sont partis sous la tente. Tu crois qu'ils vont le faire, ce soir ? Roxas leva les yeux au ciel. Il n'y a que ça qui t'intéresse, avoue-le, pervers. Un rire. Mais non...

Autour du feu, les conversations allaient bon train. Certaines personnes manquaient, mais le rire fort de Larxène comblait chaque vide. Elle est folle... Sourit Axel. Roxas opina, un rire aux lèvres. J'ai toujours admiré son assurance, confia Roxas. Tu aimerais être pareil ? Un nouveau rire, que le blond exécuta en fermant légèrement les yeux. Axel ne manqua pas une miette du spectacle. Oui, enfin, les seins en moins !

La nuit prenait possession du campement improvisé. Seul le feu était à présent maître de la lumière. Quelques lampes brillaient sous la toile des tentes. Plus un bruit. Seuls quelques éclats de rire. Le crépitement si familier à présent qu'il était presque oublié. Sous la tente verte, une chaleur, des murmures. C'est bon, j'ai la lampe, quelle heure est-il ? Pourquoi, tes parents viennent te chercher ? Un ton plutôt inquisiteur, toujours les mêmes regards qui se cherchent et se percutent et se trouvent – avant que l'un d'eux ne perde. Non. Un sourire satisfait, des yeux de jade qui brillent. Un nouveau murmure : alors, tu n'as pas besoin de savoir. Allons-y, ils nous attendent. Un hochement de tête.

Les enfants ne grandissent jamais. Un peu éméchés, ils se mettent à la recherche d'un bruit entendu un peu plus tôt. Quatre ou cinq lampes électriques face à l'immensité noire de la plage. C'est idiot, on ne trouvera jamais. Je vous dis que c'était juste une vague ! N'aie pas si peur, chochotte... Rentre dans ta tente, si tu veux. Au pire, c'était juste un violeur. Très drôle, Axel, tu vas faire peur à Xion. La ferme. Et puis, le seul violeur que je vois ici, c'est toi. Genre ! … Hé, Roxas, pourquoi tu te colles à Xion comme ça ? Soutien féministe, je pense. Vos gueules derrière !

Une chasse au trésor taille humaine, Xigbar s'improvise chef de file. Des pas hésitants dans le sable, une frayeur à chaque algue noire que le halo d'une lampe découvre. Le temps s'arrête. Des galets égarés tel le Petit Poucet pour retrouver le chemin du campement. T'es ridicule, Dem'... Un gigantesque besoin d'adrénaline, juste, comme ça. Parce que c'est plus amusant, parce que l'alcool est une aide précieuse. … J'suis sûr que c'était juste une vague, n'empêche. Demyx, la ferme, arrête de marmonner ! Si ça se trouve, c'était un loup... N'importe quoi Luxy, on est sur la plage ! Un coyote, alors ? Et puis, au bout de quelques minutes d'angoisse amusée, un rire. Encore une frayeur, avant que les quatre ou cinq lampes ne se braquent sur le visage tordu de rire de Xion. Incompréhension générale. Vous êtes trop bêtes ! Il n'y a rien, allez, c'est bon, on rentre. L'adrénaline retombe comme le sable blanc du sablier. L'horloge redémarre. Et tous mêlent leur rire au grouillement des vagues.

On entame le pop-corn ! Les dernières bouteilles sont vidées, les aiguilles de la pendule entament un nouveau tour de cadran, une nouvelle journée débute. Minuiiiit, bonne annéeee ! Crétin, on est en août ! Chaque mot se fait un peu plus enjoué, on rit pour n'importe quoi. Demyx a retrouvé sa guitare qu'il caresse entre deux clins d'œil. Xion amusée danse telle une bohémienne, Larxène la suit puis elles s'écroulent dans le sable, essoufflées d'avoir trop ri.

Chacun suit sont propre chemin. Autour du feu, deux personnages manquent. Leurs murmures se sont égarés, un peu plus loin du côté de l'océan. C'était vraiment obligé de te tremper les pieds dans l'eau ? Tu vas être malade, demain. Le regard bleu de répond pas, il sourit juste et exécute quelques pas de plus. Le bruit de l'eau qui saute et qui retombe est agréable, la mer est fraîche dans cette région. Ça fait vraiment du bien, j'avais trop chaud. L'autre s'approche, ose tremper ses pieds à son tour, seulement pour effleurer le bras du premier avec ses doigts. L'alcool est une aide précieuse, presque dangereuse. Le feu ? Le même regard, affreusement troublant. Un demi-sourire en réponse. Possible... La poigne se resserre. Il fait sombre sans le maître-feu, mais les deux regards n'ont besoin que d'eux pour exister. Ils se percutent de nouveau, se mêlent, s'entre-choquent. Le plus petit fait un pas en avant, les deux corps sont presque collés. Ils se touchent. Se murmurent :

Axel, j'ai l'impression que tu essaies de me dire quelque chose.

Et si c'était le cas ? Répond l'autre corps.

Embrasse-moi.

Des lèvres qui se trouvent – enfin. Une main qui en attrape une autre. La poigne est presque féroce. Où... Un nouveau baiser qui interrompt les mots hésitants, échange chaste et impatient à la fois. Chut, suis-moi. Ne dis rien et fais-moi confiance. Des pas précipités, qui s'éloignent de l'eau et qui évitent le feu pour chercher le chemin d'une tente isolée. Une toile aussi verte que les yeux d'Axel, dont Roxas n'a de cesse de souffler le prénom. Entre deux baisers, une étreinte, des soupirs.

Sous la tente, la danse des regards mêlés. Le vert face au bleu, le bleu contre le vert. Des mots qui s'échappent. J't'aime, Roxas, putain. Fallait que j'te le dise. Axel... Des baisers, des caresses. Je t'aime...

Un jeu de regards. Le premier questionnant, le deuxième hésitant.

Il n'en faut que peu pour que tout dérape.

Rien que des mots.

Je t'aime... Axel, je veux le faire avec toi. Je veux le faire. Un baiser, pur comme jamais. L'amour explose entre et autour et dans les deux regards bleu/vert mêlés. Et puis, à leur tour, les deux corps expérimentent le geste. Pour ne faire plus qu'un, avant que les sentiments tus ne finissent par exploser. Pour ne faire plus qu'un. Enfin.

Il y a le faire... ou mourir.


Vous êtes parvenu jusqu'ici ?

En toute sincérité, quand j'ai commencé à écrire ce texte il y a un moment de cela... je l'adorais. Vraiment, c'était limite mon préféré. Je l'ai lu et relu tellement j'en étais satisfaite. Et puis, hier donc, je l'ai repris pour pouvoir le poster aujourd'hui. Je ne vous apprend rien, vous savez ce que c'est que d'être pressé, d'être donc bloqué dans l'écriture, de se mettre la pression pour vite vite vite le conclure et le poster... et puis, voilà, verdict : je n'en suis pas satisfaite. Je n'aime pas la fin du tout. Mais je n'arrive plus à rien (peut-être mon chat qui, ne cessant de s'allonger sur mon clavier, me bloque le peu d'inspiration qui me reste ?), alors je le poste ainsi. Peut-être qu'un jour, je le reprendrais.

Dans tous les cas, je vous remercie beaucoup de m'avoir lue. Happy Akuroku Day !