Chapitre 8 : Le faire ou mourir
Auteur : Bouddha (Steleamaria)
Disclaimer : Les personnages de Kingdom Hearts appartiennent toujours à Square Enix... Toujours.
Résumé : Le faire ou mourir. Parce que le faire, c'est pas ça. C'est pas comme ça. Parce qu'il y a souvent toute une réflexion avant. Et parce que, souvent, on n'a pas toujours le choix.
Rating : K+
Je reviens très doucement (et difficilement) avec un petit texte écrit sur un coup de tête, alors il n'est ni vraiment bon, ni vraiment construit. Il fallait simplement que j'écrive.
À ceux qui me suivent encore, bonne lecture. =)
Une dernière nuit pour regretter.
C'est stupide.
Un simple défaut dans le temps, un hasard dans la vie, une étourderie dans son cœur, mais ça avait toujours été comme ça.
Aussi loin qu'il s'en souvienne, il l'avait toujours aimé.
La première fois, ça avait été un regard échangé, comme ça, par pur hasard de la vie. Un jeudi matin, un nouveau dans la classe. Un simple regard de quelques secondes, un battement raté, un déclic dans son cœur, et le sentiment était né, s'était ancré profondément quelque part, graine parasite et coriace, et n'avait plus jamais bougé, le hantant un peu plus chaque jour. Le virus de l'amour et des non-dits. Et des regrets. Incurable.
Pourtant, ils ne s'étaient jamais parlé. Jamais échangé un mot, un sourire, une parole. Mais chaque jour le sentiment grandissait, se gonflait dès qu'il l'apercevait en cours, dans le couloir, par hasard dans la rue, au cinéma, au parc, par la fenêtre.
Il avait eu le malheur de le regarder, une fois à la piscine en cours de natation, en simple maillot de bain. Il s'était alors figé, ses yeux l'avaient dévoré et il n'avait pu rester davantage, bouffé par la honte, le désir et la frustration. Sa nuit avait été cauchemardesque, et il n'avait pu que se toucher, seul et rongé. Honteux. Hanté. Il n'était plus retourné à la piscine, avait inventé un prétexte, trouvé une excuse, tout pour ne plus jamais le voir ainsi, si vulnérable et si beau. Si superbe dans le plus simple appareil. Égérie de ses rêves. Cauchemar de ses nuits.
C'était comme si chaque jour, alors que le sentiment grandissait, lui plongeait et s'immergeait dans un océan trop profond, un désert trop sec, une nuit trop noire. Il chutait, inévitablement. Mais le sentiment gonflait et son cœur était lourd d'amour. Petit à petit, il l'emportait vers le sol. Un pied dans la tombe.
Mais écrasé par le triste sentiment d'infériorité qu'ont les personnes timides et seules, il s'était contenté de le regarder de loin, toujours de loin sans dire un mot. En fait, il savait presque tout de sa vie. Il savait la composition de sa famille, son adresse, le nombre d'amis qu'il avait ici au lycée, le nombre d'ennemis aussi. Il savait combien d'aventures il avait dans le mois, il connaissait ses conquêtes, il connaissait même ses goûts en peinture et son émission préférée à la télévision. Il savait tout. Il savait, aussi, qu'en retour l'autre ne connaissait rien de lui.
Indéniablement, leurs chemins se séparèrent à la fin du lycée. La ville ici était petite, un peu triste, un charme pastoral qui ne laissait que peu de place à une grande réussite. L'autre était parti, lui était resté.
Et les années passèrent. Il eut un diplôme, un travail, une première voiture, sa maison, sa famille, ses enfants. Et puis, comme chacun, une dernière heure avant d'expirer.
Et comme chaque heure depuis ce fameux jour où un regard pair l'avait foudroyé, il se demanda encore si jamais, si jamais il avait osé lui adresser la parole un jour, est-ce que les choses auraient été autrement ?
Le faire ou mourir.
Ce n'est pas joyeux, mais ça demande réflexion...
Merci d'avoir lu.
