Salut, vu que ce petit one-shot a plu à certains, je me permets de poster cette petite suite. Rien de vraiment exceptionnel, le chat s'adapte doucement.
Haruna-fanfics : Merci pour ta review, c'est le genre de petite attention qui fait toujours plaisir ^^
Paru-ch4n : De là à te faire perdre tes mots, je pense qu'il y a un grand pas à franchir. M'enfin voilà... Un nouveau chapitre pour le chat, un autre pour le dragon et un dernier pour la popstar. Elle est pas belle la vie ? Dis-toi que c'est un cadeau de Noël en retard.
halowii'n : Voilà la réponse à ta question. En espérant qu'elle te satisfasse.
Bonne lecture.
Le chat s'ennuie. Il attend quelque chose qui ne vient pas. Il est assis devant la porte de la chambre de sa maîtresse et n'ose pas miauler. Les parents du Domaine n'apprécient pas ses cris rauques ou stridents au réveil.
Derrière la porte, il y a sa maîtresse et Luka. Il ne les a pas vues sortir de la chambre, ce qui veut dire qu'elles doivent encore être dans le lit. Seulement voilà, à cette heure là normalement, sa maîtresse descend au rez-de-chaussée et lui donne son bol de lait. Et le chat a faim en attendant.
Même si son bol de croquettes n'est qu'à moitié vide, il n'ira pas les manger. Il veut du lait, là, maintenant, de suite. Et ne bougera pas tant qu'il n'en aura pas eu.
Il gratte un peu à la porte et il entend que ça bouge derrière. Avec les bruits qu'il entend, il devine que celle qui se réveille veut se faire discrète. Seulement voilà, pour les oreilles du chat, elle fait plus de boucan qu'une meute entière de chiens excités par l'approche de l'heure du dîner. Quelque part, il plaint les humains de ne pas être aussi agiles que lui.
D'ailleurs, pour pallier à ça, il y avait les films. Ces images pleines de bruit que regardaient la famille du Domaine alors qu'il somnolait sur le dossier du canapé. Et dans ces films, il avait vu des humains bouger et sauter presque comme lui. Mais il y avait toujours trop de bruit.
Le chat, souvent imité mais jamais égalé, attend patiemment que la porte s'ouvre. Lorsque le battant s'écarte enfin, juste assez pour laisser passer un humain, il est presque étonné de voir que ce n'est pas sa maîtresse. Luka le regarde avec un air de reproche au fond des yeux et le chat lui rend un regard qui signifie ''tu es en colère peut-être, mais tu es chez moi''.
L'humaine pousse un soupir exaspéré et descend prudemment les marches de l'escalier. Le chat lui emboîte le pas et va se poster près de sa gamelle, là où le lait est posé tous les matins. Mais en voyant Luka chercher le bol du chat, il ne résiste pas à l'envie d'aller se frotter à ses jambes nues, juste pour le plaisir de l'embêter. Il sait qu'elle a horreur de ça et cela décuple un peu plus son plaisir.
Ca fait plusieurs jours maintenant que Luka et Miku ont dit aux parents du Domaine qu'elles s'aimaient. Et depuis, Luka passe de plus en plus de temps sur son territoire à lui. Chose que le chat n'apprécie pas forcément. Après tout, elle est une intruse. Une intruse qui se croit tout permis envers lui qui plus est.
Il a encore le mauvais goût de cette fausse souris piégée à la moutarde dans la gueule…
Ou bien, elle lui présente une petite lueur rouge qui court sur tous les murs et a la fâcheuse habitude de s'éclipser dès qu'il est sur le point de la saisir. Le chat ne sait pas d'où vient cette petite luciole ronde et rouge qui saute jusqu'au plafond, mais une chose est sûre, c'est un acolyte de Luka.
Le chat répond parfois à ces provocations. Il n'allait tout de même pas se laisser voler son Domaine par cette humaine qui dormait dans le même lit que sa maîtresse. Il arrivait parfois à se faufiler dans la chambre lorsqu'elles y étaient toutes les deux. Il se cachait alors sur l'étagère, au milieu des peluches et attendaient le moment opportun.
Ca durait parfois longtemps, mais le chat était patient. La vengeance se savoure lentement.
Il descendait alors lentement de son perchoir, prenant garde à ne rien faire tomber et à ne pas se faire voir. Il grimpait ensuite dans le lit, se glissait avec quelques difficultés sous la couverture et rampait tel un soldat pris sous un feu ennemi jusqu'aux jambes entrelacées des jeunes humaines.
Il commençait généralement par mordiller un orteil ou deux, avant de monter pour lécher ce point sensible de la cheville de Luka. Ca suffisait souvent pour qu'elle sorte du lit en poussant un cri mêlant peur et surprise. Une autre fois encore, l'humaine avait eut la ''bonne'' surprise de trouver une couleuvre encore chaude sur sa moitié du lit.
En tous cas, sans s'apprécier, ils ne se détestaient pas. Le chat la considérait comme un élément perturbateur dont il fallait se débarrasser. Luka prenait le chat en tant qu'animal de compagnie de sa petite amie et était obligée de faire avec.
Après l'avoir gratifié d'un ''sale bête'', Luka pose le bol plein de lait sur le carrelage de la cuisine, près des croquettes et fait demi-tour. Le chat l'entend monter les escaliers.
Il s'en moque, il a son lait maintenant.
Plus tard dans la journée, lorsque tout le monde est levé, les parents partis travailler (qu'est-ce que ça veut dire travailler ?) et les filles seules, le chat ronronne sous les doigts de sa maîtresse. Elle retire les anneaux qui ornaient sa queue jusque là avec un luxe de délicatesse et de gratouilles en tous genres. Luka, assise sur une chaise, observe tout ça avec une lueur au fond des yeux que le chat reconnaît aisément. De la jalousie.
Il redouble de ronronnements en fixant l'humaine qui boude. C'était pas à elle que sa maîtresse faisait de pareils câlins, hein. Bien fait. Elle l'avait déjà à elle la nuit, elle ne comptait tout de même pas la monopoliser ? Hors de question. C'était SA maîtresse à lui. Que Luka aille s'en chercher une autre.
Ca lui avait fait bizarre au début, de voir Miku avec les cheveux courts. Ils lui arrivaient un peu en dessous des épaules à présent. Et sans s'inquiéter plus que ça de la situation, il avait tout de même écouté la conversation des filles quand elles s'étaient retrouvées. Le lendemain de la soirée où elles avaient parlé aux parents.
Miku avait dit vouloir ressembler un peu plus à un garçon. Parce que deux filles dans la rue, ça attirait trop le regard à son goût. Ce à quoi Luka avait répliqué qu'une fille traînant avec un androgyne attirait encore plus le regard. Miku avait rougi et s'était excusée. Luka l'avait alors serrée très fort dans ses bras. A tel point que le chat avait cru qu'elle allait l'étouffer.
C'était bizarre pour une fille de vouloir devenir un garçon. C'était comme si lui, il voulait se transformer en la petite chatte du voisin. Il serait plus petit, moins musclé, il aurait aussi un joli pelage couleur de sable… Mais il ne serait plus un chat.
Un grand chat de gouttière à la fourrure de feu lui avait un jour raconté qu'il était parti de chez ses humains pour éviter de ne plus être un chat. Lorsqu'il lui avait demandé qu'est-ce qu'il entendait par là, s'il allait se transformer en petite chatte, le grand matou lui avait répondu que sans être une chatte, s'il restait là-bas il ne serait plus un vrai chat.
Il était rentré au Domaine en se demandant s'il était possible pour un chat de se transformer en escargot.
Le chat se redresse sur les genoux de sa maîtresse et s'étire. Il ferait bien une petite sieste. Ou bien il pourrait aller chasser quelque chose. Un groupe de moineaux avait récemment fait une halte dans sa migration non loin du Domaine.
Il descend de son perchoir et se dirige vers la porte d'entrée. Sa maîtresse le suit pour aller lui ouvrir. Il la laisse passer devant et attend qu'elle lui ouvre. A peine met-il le nez dehors qu'il retourne se rouler en boule sur le canapé. Pas question qu'il aille dehors. Il fait froid, humide et il tombe de ces drôles de petites chose blanches qui vous collent à la fourrure et la rendent toute mouillée sous la langue. Il a horreur de ça.
Par contre, ça a l'air d'enchanter sa maîtresse. Qu'elle aille se mouiller les pattes, il s'en moque, lui ne bougera pas d'ici, quitte à se faire passer pour un simple coussin noir et blanc. Il entend Luka se moquer de lui et ne daigne même pas entrouvrir une paupière pour lui témoigner un tant soit peu d'attention. C'est qu'il a sa dignité après tout.
Plus tard, après d'innombrables siestes (courte ou longue, une sieste est une sieste), les petites choses blanches ont tout recouvert à l'extérieur et ça fait longtemps qu'il n'a pas mis le nez dehors. Même pas pour chasser un peu alors qu'une bonne souris ou un rouge-gorge apporteraient un peu de saveur à ses repas. Les filles, quant à elles, ont l'air de s'amuser comme des folles. Il les entend de son canapé, en train de rire ou de crier à l'extérieur. Lorsqu'elles rentrent, elles sont souvent trempées de la tête aux pieds, emmitouflées dans des bouts de tissus plus épais que le reste du temps.
Elles saluent rapidement les parents puis montent se réchauffer à l'étage. Avec une ''douche'' dans une salle de torture. Le chat a voulu voir une fois, ce qu'était une douche. Ca se trouve dans une salle claire, dans laquelle il n'y a aucun moyen de se dissimuler. Et puis, il n'y a rien où s'accrocher et de l'eau. Partout de l'eau. Il était sorti en courant, les yeux écarquillés et toutes moustaches aux aguets. Le chat a horreur de l'eau !
Ces humains étaient vraiment dérangés tout de même.
Sa maîtresse ne se gênait plus pour prendre les mains de Luka dans les siennes maintenant, même lorsque les parents étaient dans les parages. Elles n'hésitaient plus à se dire ces mots semblables à des caresses, elles se touchaient les cheveux avec moins de pudeur. Ce qui voulait surtout dire que Miku arrêtait de rougir pour un oui ou pour un non. Bien que le chat trouvait ce phénomène plus qu'étrange. Un humain qui change de couleur, c'est toujours surprenant.
Et là, devant lui, elles échangent des drôles de paquets colorés. Le chat connait ce genre de paquets, surtout le papier qui les entoure. Il aime beaucoup jouer avec ces choses brillantes et pleines de couleurs. Il s'est rendu compte qu'on échangeait souvent ces paquets lorsque c'était blanc dehors. Il réfléchirait à ça plus tard.
En attendant, sa maîtresse déchire le papier avec de grands yeux brillants. Elle en tire une boîte qu'elle ouvre.
Le chat trouve stupide d'emballer les choses de cette manière. A part pour jouer, ce papier ne sert à rien. De quoi il aurait l'air, lui, s'il amenait une souris pleine de papier à la petite chatte du voisin ? Elle n'en voudrait certainement pas.
Elles s'échangent des mots d'amour, de remerciement. Se disent qu'il n'y a pas plus beau cadeau que d'être ensembles toutes les deux et le chat va se cacher dans le tas de papier coloré près d'elles, pendant qu'elles vont se blottir dans les couvertures colorées à l'étage.
Qu'elles fassent ce qu'elles veulent, son plus beau cadeau à lui, c'est qu'on le laisse dormir tranquillement.
