Wouaw! 3 chapitres en une nuit... je vais mourir xP J'ai rendez-vous avec une amie en ville à midi, et j'ai besoin de 10 heures de sommeil, faites le calcul, il est 3h40 actuellement.

Ouaip, not possible. Soit elle me tue parce que j'annule/j'arrive en retard. Soit je meurs par manque de sommeil. Donc, je vais mourir, CQFD. Maddy, je t'aime pleaaase! T-T

Bonne lecture les amis, et merci à la dernière revieweuse Hinae, pour sa gentille review :D

ça m'a boostée pour écrire ce chapitre, mais j'ai eu du mal, je crois que j'ai perdu quelques neurones en chemin. Dans le prochain, il devrait y avoir l'entretien ou la... négociation avec Ryry!

Que pensez-vous qu'il se passe dans la tête de notre héro à lunettes de 17 ans? Et que se passera-t-il dans la douche de cette auberge lugubre, cinq ans plus tard ?


23 mai 2004

« Potter ! Tu me fais mal nom d'un scroutt, fais attention ! Mais AÏE ! »

« Arrête de faire ta chochotte, faut que je t'enlève les bouts de verre du bras. Tu commences déjà à cicatriser, donc si je n'ai pas terminé il faudra que je rouvre alors souffre en silence, compris ? »

Ah oui, juste. Draco préféra se taire et observer la dextérité de Potter avec une pince à épiler. Il aimait passer de longues heures à le regarder. De toute façon il dormait peu. Ses longs cils qui cachaient des yeux sombres et malicieux. Il regrettait presque l'innocence perdue du sauveur qui faisait pétiller ses pupilles. Il voulait les revoir briller de bonheur, même s'il ne devait pas en être la source. Alors pour oublier la douleur, que ce soit celle de son bras ou de son cœur, il se lança sur un sujet sans risque, ou presque.

« Comment va Teddy ? »

Harry s'arrêta un instant, haussant les sourcils, se demandant sans doute pourquoi il parlait de son neveu. Puis il haussa les épaules et se reconcentra sur sa tâche. « Il va très bien. Il va bientôt entrer en primaires, il a hâte. Il s'est fait beaucoup d'amis dans le quartier. Il a mis toutes les grands-mères à ses pieds avec sa bouille et ses yeux de chien battu. Mais il fait déjà les quatre-cents coups, ce coquin. Et puis tu sais ce qu'il a fait la dernière fois qu'il est venu chez moi ? »

Draco le laissa parler il ne sut combien de temps, se laissant bercer par la voix grave de Potter, riant parfois de l'audace du petit Teddy. Le brun sentait la sueur et le sang, il était répugnant, couvert de potions et de crasses, ses vêtements étaient dans un piteux état, et pourtant à ses yeux il resterait l'homme le plus désirable de l'univers. Mais il ne pouvait pas, Harry ne lui permettrait jamais. Mais il aurait tant aimé lui dire que c'était –

« Terminé ! Tout est enlevé, pour la cheville il faudra acheter l'onguent au prochain village sorcier. Tu peux aller te doucher, tu pues. »

« Tu peux parler. Je n'ose pas imaginer ce qu'est cette substance verte sur ton pantalon. Vas-y en premier, tu as plus pris que moi. »

« Non ça va, je t'assure je – »

« Par pitié Potter, va te laver, tu empestes tellement que je vais remettre. Utilise un Récurvite au moins. »

Mais le brun était borné. « D'accord, aide-moi à me lever. Pas de magie Potter ! »

« Je ne peux pas Malfoy, tu le sais bien, ça risque de déraper, tu n'es pas en état et je ne veux pas te faire de mal. »

Draco frissonna et baissa les yeux. Il savait que Potter avait raison, bien sûr qu'il avait raison. Blessé, il avait besoin de son compagnon, de sa chaleur, de la sécurité qu'il pouvait lui procurer. Dans son état, il y avait plus de risques que son instinct reprenne le dessus. Et Potter ne parlait pas de déraper comme lui l'entendait. Il n'y avait rien de sexuel là-dedans, malheureusement. Il obtempéra alors, sentant la magie chaude et crépitant d'Harry le soulever, puis sautilla sur son pied valide jusqu'à la douche et se déshabilla lentement. Être à deux dans cette chambre était vraiment risqué, ils le savaient. Cela faisait trop longtemps qu'il l'attendait, cinq années… et il était près d'atteindre sa limite.


4 juin 1999

« Des créatures. » Répéta bêtement Draco. À vrai dire, il ne trouvait pas les mots pour exprimer son effroi. Il se faisait passer pour plus idiot qu'il ne l'était, mais nier la vérité sauverait certainement sa santé mentale. Lui, une créature ? Impossible.

« Tu les connais, Malfoy. On en a rencontrées en quatrième année. Enfin, des sang-mêlé, comme tu dis. »

Le sang de Draco se glaça. Lors du Tournoi des Trois Sorciers ils avaient rencontré beaucoup de créatures. Mais Harry reprit « En fait, lors de la Coupe du Monde on en a vu sur le terrain aussi. Tu vois où je veux en venir ? »

« Non, impossible. Ce n'est pas parce que je suis blond que je suis obligatoirement un putain de Veela ! » Voilà, le mot était lâché. Et c'était un pur cauchemar. Il devait forcément être entrain de rêver. Toute cette histoire était complètement absurde.

« Draco, mon chéri, regarde-moi s'il te plait. Nous sommes des sang-purs sorciers, mais pas des sang-purs pour les créatures magiques. C'est assez complexe, mais en quelque sorte nous avons acquis des atouts. Nos traits, la couleur de nos cheveux et de nos yeux, notre grande taille, notre charisme, nos capacités magiques. Tout ceci est dû à nos gènes de Veela. » Voyez-vous ça. Il aurait beaucoup de questions à poser à ses parents.

« Que va-t-il m'arriver ? » Draco était comme mort à l'intérieur. En tout cas c'est ce qu'il ressentait. Mais c'était assez idiot, s'il ressentait c'est qu'il n'était pas mort. Oh et puis zut, rien à foutre, l'envie de disparaître était là et puis c'était tout.

Magda jeta un regard sévère à son voisin. « Monsieur Potter avait raison, quoique je désapprouve la façon dont il vous l'a annoncé. Il est étrange que vous n'ayez qu'un prétendant potentiel. Vous devriez avoir un choix plus conséquent. Dans l'heure qui va suivre, vous perdrez le sens de l'ouïe. Vous n'entendrez la voix que de vos parents et de vos prétendants, ainsi que les Veela déjà accouplés, bien que cela soit plus feint. Vous m'entendrez donc en écho. »

Après un cours instant de réflexion, il l'interrompit : « Vous êtes en couple ? »

« Oui. Nous ne pouvons nous permettre de passer à l'Eveil en devenant totalement aveugle. Si cela devait arriver alors qu'il n'y a aucun Prétendants, le risque serait trop grand de nous blesser, voire pire. Nous percevons alors nos semblables en couple, pour ne pas nous sentir seul, ne pas oublier notre existance. »

« Pourquoi je n'arrive à voir que lorsque Potter me… touche ? »

« C'est un signe qu'il est un excellent candidat ». Magda souriait béatement, comme si c'était la plus belle chose qui pouvait arriver à Draco, et non la pire. « Pour le moment en tout cas. Il est de mon devoir de vous présenter à d'autres célibataires, cela doit être un choix délibéré des deux côtés, et non une obligation. »

« Pourquoi ce serait une obligation ? C'est mon droit de refuser un prétendant. »

« Draco, vous ne saisissez pas. Le temps presse. Si vous aviez atteint l'Eveil à l'âge prévu, vos parents vous auraient amené dans un lieu sûr, un rassemblement de personnes de votre âge, célibataires. Ici, si vous atteignez le stade où vous avez perdu tous vos sens, et qu'aucun autre prétendant ne se sera présenté à vous, vous sombrerez dans la folie. C'est une pure et simple condamnation à mort. Nous vous maintiendrions en vie, mais à l'intérieur, votre esprit sera perdu. »

Ah. D'accord. Cela plaçait cette plaisanterie à un tout autre niveau, bien plus dangereux qu'il ne le pensait. S'il tentait de récapituler, il était un semi – tiers – quart, qu'en savait-il – Veela, d'ici au lendemain il aurait perdu tous ses sens, son côté bestial avait choisi le Golden Boy comme son âme sœur, quoiqu'en disent les déchirés du bulbe, et il était condamné à choisir le balafré comme compagnon sous peine eh bien, de sombrer dans la folie pour finir par mourir.

Quelle aventure ! Où était la fenêtre ? Ou une corde peut-être, qu'est-ce qui serait plus rapide ? Était-il seulement possible de se jeter un Avada Kedavra à soi-même ? Il était prêt à être le premier à tenter l'expérience. Quel altruisme, il ferait avancer la science en même temps. Draco n'était pas difficile, il allait quand-même mourir, alors autant choisir la façon, le jour et le lieu. Parce que s'il était certain d'une chose, ou plutôt deux, c'est qu'il n'était pas gay, et que même s'il l'était, il ne choisirait pas Potter. Jamais.

« Obligé de le choisir ? Vous êtes sûr ? Je ne suis pas gay vous savez. » Il ignora la toux discrète de ses parents.

« S'il n'y a que lui comme possibilité, alors oui, bien entendu. C'est pourquoi vous devrez enlever ce pendentif, et nous vous emmènerons à cet endroit sûr. Vous serez pris en charge comme il se doit là-bas. Et par pur devoir d'information, les Veela n'accordent pas d'importance particulière au sexe de leur compagnon. »

Ils comptaient l'emmener dans une secte remplie de tapettes. Il avait hâte. Non sans blague. « Je suis vraiment un Veela ? C'est certain ? Bon. Il y aura des femmes là-bas au moins ? » Cela lui attira une tape sur la tête. Sa mère n'approuvait guère son comportement, mais il s'en fichait. C'était du pur délire. Ses parents lui avaient menti pendant toutes ces années ? On lui avait menti, on l'avait trahi, on voulait l'obliger à faire des choses contre sa nature. Enfin, sa nature, il n'en était plus tout à fait certain. Qu'était-il réellement au juste, une bête avec des ailes et un bec qui pousse des cris de Banshee ?

« Quels sont les avantages des Veela, leur pouvoir ? » C'est vrai quoi, s'il devait être une créature, autant que ça lui permette d'être un vrai tombeur de ces dames, ou un sorcier puissant, ou super doué, ou quelque chose qui lui permette de vivre plus longtemps et de changer l'eau en vin et le poisson en or !

« Tu n'as pas le temps pour ça Malfoy. Plus vite tu partiras, plus vite tu choisiras, plus vite je serai débarrassé de toi. »

« De quoi je me mêle, le balafré ! »

« De mes affaires justement. Tu auras tout le temps de découvrir tes nouvelles capacités quand ce sera terminé. »

« Tu n'as pas d'ordre à me donner petit con ! Je fais encore ce que je veux, je décide de ce que je fais avec ma vie, et tu n'en feras jamais partie ! Alors dégage d'ici ! »

Une toux insistante l'interrompit dans sa tirade. La directrice avait les traits tirés, semblait angoissée. « En réalité Monsieur Malfoy, c'est vous que je vais congédier pour le moment. Nous avons besoin de négo… de parler avec monsieur Potter. »

Draco était estomaqué. On le congédiait, alors que tout cela le concernait ? Et puis il avait bien compris, il voyait bien que tout le monde était inquiet, très inquiet. Ce n'était pas normal que cela soit arrivé si prématurément, ce n'était pas non plus habituel qu'il n'y ait qu'un seul prétendant, et si le seul présent refusait Draco… tout cela ne présageait rien de bon. Tout ça, ça puait, vraiment. Draco avait envie de vomir, il avait l'estomac noué rempli de plomb. Il sentait que ça n'allait pas bien se passer, il le savait au fond de ses tripes. Il était foutu.

Il serra l'amulette au creux de son poing jusqu'à ce qu'elle lui rentre dans la paume. Il avait chaud, puis froid, il transpirait, sa tête tournait. Pourquoi… pourquoi ça lui arrivait à lui ? N'avait-il pas déjà assez payé pendant la guerre ? Tout ce qu'il voulait, c'était être moins malheureux. Et on lui annonçait qu'il le serait uniquement auprès de Potter ? Hors de question. Il voulait une femme, et un fils, ou même une fille il s'en fichait, il irait faire un fils ailleurs s'il le fallait. Vivre au Manoir, faire prospérer les affaires familiales, redorer le nom des Malfoy, tracer sa route au Ministère, devenir Premier Ministre pourquoi pas, ou reine d'Angleterre. Tout mais pas ça. Pas ça, pas de Veela. Peut-être qu'il était dans son lit entrain de rêver ?

Mais c'était trop tard. Sa vie était littéralement entre les mains d'Harry Potter. Il l'observa alors attentivement pour la première fois, de la tête aux pieds. Potter n'était pas vraiment beau, mais il avait du charme, du charisme, de la présence. On pouvait lire en lui comme dans un livre ouvert, parce que ses yeux étaient plus expressifs que sa bouche fine et rosée. Ils étaient plus tranchant que ses paroles acérées, plus vifs que ses poings. Il devait bien admettre que les yeux de Potter étaient de purs joyaux.

Le reste était banal, ni grand ni petit, encore un peu trop mince et trop pâle, il s'étofferait avec l'âge. Il commençait à avoir du poil au menton qui lui donnait un peu l'air ridicule, mais le blondinet les lui enviait, lui qui n'avait encore rien. Là il ne souriait pas mais Draco savait qu'il avait une fossette sur la pommette, difficile à voir avec ses binocles rondes et laides, posées sur un nez bosselé qui partait légèrement sur la droite à force d'être cassé - dont une fois ou deux par sa faute.

Il en ressentit une étrange satisfaction. Il avait laissé une marque sur Potter, qu'il verrait chaque fois qu'il se regarderait dans un miroir, et alors il penserait à lui. Il continua son inspection minutieuse, appréciant mettre le petit brun mal à l'aise, gigotant sous son regard scrutateur. Ses mains posées sur les accoudoirs violets étaient larges et calleuses, ses doigts courts et épais mais souples. Ses jambes semblaient longues et fines, nerveuses alors que son pied posé sur un genou se balançait dans tous les sens, traduisant son malaise grandissant.

À cela s'ajoutait le fait qu'il possédait pratiquement la puissance du soleil et que la guerre l'avait véritablement forgé comme une machine à tuer, une véritable bombe nucléaire à retardement. Ah, il oubliait le plus important : il avait sauvé un sacré paquet de monde, était revenu d'entre les morts et parlait le Fourchelangue. Ne parlons même pas de sa balafre hideuse et de ce qui lui servait de cheveux. Rien que ça le rendait unique en son genre.

Dire que c'était ça qui lui avait sauvé les miches à maintes reprises. Quelle horreur. Mais à bien y réfléchir, il aurait pu tomber sur pire. Il se leva alors en silence, troublé, et quitta le bureau sans dire un mot. Qu'impliquerait le fait qu'il accepte de coopérer s'il était réellement le seul Prétendant ? Dans sa peur de mourir, Draco commençait sérieusement à envisager cette solution, quitte à… négocier.