J'ai décidé de retravailler les chapitres postés, et la vie m'a pris un peu plus de temps que prévu, avec ces anniversaires surprises à organiser, c'est galère xD
J'espère que vous noterez les quelques améliorations apportées, j'essaye de faire de fameux efforts d'écriture T_T Je tente de me maintenir autour des 2300 mots, pour l'instant je ne parviens pas encore à écrire de plus longs chapitres. Quoique celui-ci s'élève à 2700. Pourtant j'ai pédalé dans la semoule, l'inspiration n'était pas là ahahah!
Que pensez-vous qu'il arrive à Draco en 1999 ? Que va-t-il se passer entre Harry et Dray en 2004 ? Draco va-t-il manger tout cru son homme ? Harry va-t-il lu démonter la face, comme promis ?
Réponses au prochain chapitre éhéh !
Bonne lecture !
23 mai 2004
« Allonge-toi s'il te plait. » Draco était fébrile. Enfin il pouvait s'approcher de lui, s'en occuper, le toucher, sentir son odeur. Son Harry obéit docilement, s'étendant de tout son long sur les draps à la propreté douteuse. Il s'apprêta à poser une main sur l'épaule endommagée mais le brun lui retint le poignet, le fixant droit dans les yeux, réitérant silencieusement son avertissement. Il déglutit et hocha la tête. Le message était bien passé.
« Je pense que j'ai l'épaule déboîtée, mais je ne pense pas avoir d'autre blessures graves. »
« Je sais exactement où tu as mal. Maintenant ferme-là où je ne réponds plus de rien. »
Harry détourna le regard lorsque le blond prit place à ses côtés, préférant fixer le plafond et compter le nombre de tâches s'y trouvant, tentant de deviner d'où elles provenaient et ce qui les avait causées. Il n'aimait pas quand le Veela démontrait qu'ils étaient en quelque sorte liés d'une quelconque façon, même si la morsure qu'il avait à l'avant-bras gauche le lui rappelait sans cesse.
Le blond quant à lui nageait en plein bonheur. Il pressa d'une main le torse de l'alité pour le maintenir en place et agrippa doucement l'épaule blessée. Il ne prit même pas la peine de prévenir Harry. Il en avait vu d'autres, il savait bien ce qui l'attendait. D'un coup ferme il tira et étouffa le cri de douleur du brun de sa main. Le Sauveur balançait ses jambes dans tous les sens, ses yeux larmoyant roulant dans ses orbites, il griffait sauvagement le bras de Draco, respirant par à-coup. Puis il se calma, pressant fortement ses paupières d'où une larme s'échappa. Draco retira alors sa main, secouant son bras griffé.
« Merde, je m'y habituerai jamais. Désolé Dray. » Il se tut encore un instant puis chuchota. « Tu peux le faire. »
« Pardon ? » Draco n'en croyait pas ses oreilles. Harry lui donnait vraiment l'autorisation ?
Il reprit d'une voix rauque. « Tes batteries sont à plat, je le vois bien. Tu peux le faire je te dis. On ne peut pas se permettre de prendre ce risque. Si… si je t'y autorise, on sera sorti d'ici dans moins d'une demi-heure. »
Harry ouvrit enfin les yeux, et grimaça. Puis il croisa les doigts sur son ventre plat, se força à calmer sa respiration, et referma les yeux. On aurait dit qu'il faisait une sieste.
« Vas-y, avant que je ne change d'avis. »
Le cœur de la créature battait comme un fou, et son sang ne fit qu'un tour. Il se pencha vivement au-dessus du visage d'Harry, et s'arrêta un moment pour observer ses imperfections de plus près. Une odeur âcre et métallique lui envahit les narines, mais il pouvait sentir l'odeur musquée, épicée du brun, et il commença à avoir sacrément chaud. Ainsi au-dessus de lui, il pouvait voir les multiples petites cicatrices qui parcouraient son visage en sueur, presque invisible à l'œil d'un humain.
Mais Draco n'était pas humain, plus vraiment. Il compta pour la centième fois ses grains de beauté, et il en avait assez bien. Ses longs cils noirs touchaient presque ses joues rouges, quelques perles salées encore accrochées. Son homme était très viril, mais il avait de vrais yeux de biche. Sa bouche était fine et très pâle, contrastant avec sa barbe de trois jours. Il avait tellement envie de la gratter de ses ongles, de l'embrasser sur tout le visage qu'il en avait mal.
Il devait faire extrêmement attention. Harry ne lui pardonnerait jamais le moindre dérapage. Il n'avait encore jamais eu à faire preuve d'autant de self-control. Son plat favori qui lui avait été interdit pendant cinq ans lui était servi sur un plateau alors qu'il était présentement affamé, mais il ne pouvait au mieux qu'en renifler l'odeur et en tester la température du bout des lèvres. C'était à en perdre la raison.
Il se pencha un peu plus, hésitant, effrayé à l'idée que le sorcier ne change d'avis. Et c'est ce qui le poussa finalement à poser ses lèvres sur celles du brun, délicatement, l'effleurant à peine comme s'il embrassait des pétales de rose. Sa respiration se bloqua, et il ne bougea plus, les mains crispées sur les biceps de son partenaire.
Il fut soudain envahit par une brise tiède de magie, mais en plus de celle d'Harry, la sienne se mêla à la danse. Il en voulait plus, tellement plus. Cela ne suffirait pas, malheureusement. Il se recula alors, désespéré.
« Harry, je suis désolé, ce n'est pas assez. » Sa voix était pitoyable, gémissante. Il voulait faire tellement plus pour lui, mais Harry ne le lui permettait pas une marge de manœuvre suffisante. Et il le comprenait que trop bien. Tout son être lui faisait mal, criait de frustration, le poussait à presser plus fermement ses lèvres et son corps contre l'autre. Mais il tint bon.
Le brun ouvrir les yeux, fronçant les sourcils. Il détourna le regard mais Draco eut le temps d'y voir de la peur. Il s'apprêta à se relever, quand il sentit qu'on le tirait par la nuque, et son torse se retrouva plaqué sur son ancienne Némésis, dans une position plutôt inconfortable.
« Dépêche-toi, empêche-moi de réfléchir sinon il sera trop tard ! »
Il n'y pensa pas à deux fois. Il sauta sur le lit, s'installa plus confortablement, coinçant le corps musclé du brun sous le sien, maintenant les mains de son compagnon d'aventure de part et d'autre de sa tête et écrasa sa bouche sur les lèvres pincées.
C'était un pur délice. Il l'embrassa férocement, de toutes ses forces, de tout son cœur. Comme prévu, Harry se débattit, s'arc-boutant pour le déséquilibrer, lui mordant la lèvre inférieure. La douleur ne l'arrêta pas, il en profita alors pour se frayer un passage et laboura sa bouche de la langue. Draco perdait lentement mais surement la tête. La brise était devenue tempête brûlante, leur magie se mêlant, se retrouvant, se faisant l'amour comme leur corps ne le pouvait pas.
4 juin 1999
Sauvé par le gong ! La cheminée de Minerva s'était enflammée, et le visage paniqué de Pomfresh apparut. En arrière-fond on pouvait entendre des hurlements et des bruits de verre brisé.
« Minerva, j'ai besoin d'aide, le jeune Malfoy a perdu le contrôle de sa magie. Je lui ai donné un calmant mais rien n'y fait, il est entrain de tout casser. »
« Oh Merlin ! Nous arrivons tout de suite. »
Tout le monde s'était mis debout et la directrice et les Malfoy s'étaient dirigés comme un seul homme vers la sortie. Harry cependant restait figé de stupeur. Son éclat de colère s'estompait doucement, seul le bazar résultant restait le témoin de sa perte de contrôle. Il sursauta lorsqu'il sentit une main sur son épaule, le pressant de se retourner.
« Monsieur Potter, nous avons besoin de votre aide. Écoutez, même les trolls des cavernes sont au courant de votre inimitié avec le jeune lord, mais nous n'avons aucun contrôle sur ce qui est entrain de lui arriver, et il a besoin de vous. »
Harry ne disait rien, le regard perdu dans le vague, s'attardant sur la cheminée. Il soupira puis se dirigea à son tour vers les escaliers, sa cape voletant dans son dos.
Les épaules du Veela s'affaissèrent. Il avait déjà eu affaire à des couples difficiles, mais jamais à ce point-là. Un long chemin les attendait, mais il sentait que cela ne se résoudrait pas aussi simplement. Il faudrait utiliser la ruse, la persuasion, voire la force pour les unir. Trop de choses étaient en jeu. Il massa doucement son épaule, libérant une chaleur qui se diffusa le long de son bras. Souriant avec tendresse, ayant retrouvé un peu de courage, il se mit en route pour l'infirmerie.
Draco crevait de peur. Il ne voulait pas de ça, que Merlin ait pitié de lui et l'épargne ! Il faisait noir, et maintenant ce silence angoissant qui menaçait de l'écraser. Il voulait partir, laisser tout ça derrière lui, oublier, se noyer dans l'alcool, écouter de la musique à plein volume, n'importe quoi mais vivre normalement.
Parce qu'il était normal. Il savait qui il était, personne ne lui ferait croire le contraire. Il était Draco Lucius Malfoy. Il était le jeune héritier de la famille, destiné à un bel avenir. Jeune étudiant Serpantard en huitième année à la prestigieuse école de magie de Poudlard. Il était grand, presque autant que Weasley, il prenait un soin particulier de ses cheveux d'un blond solaire, il était beau, un vrai séducteur. Il maniait les mots comme une épée, et ses réparties faisaient toujours mouche. Son pire ennemi était Harry Potter qu'il adorait détester, son meilleur ami était Blaise Zabini. Il avait une bande d'amis roublards à qui il avait dit qu'il avait perdu sa virginité avec Daphné Greengrass deux ans auparavant, il adorait le Quiditch et admirait secrètement les techniques de vol du balafré. Il excellait en Potions, en Runes et en Arithmancie, avait des bonnes notes en Botanique, en Sortilèges et en Métamorphose, se débrouillait pour le reste, et détestait les cours d'Étude des Moldus et de Soins aux Créatures Magiques. Quelle ironie. Mais c'était lui.
Mais maintenant, qui était-il ? Ou plutôt, qu'est-ce qu'il allait devenir ? En quel monstre allait-il se transformer ? Il ne voulait pas de Potter, mais il ne voulait certainement pas mourir. Son corps brûlait mais il se sentait glacé de l'intérieur, il tremblait de tous ses membres. À force de crier sa gorge lui faisait mal. Il vit ses parents s'approcher mais il ne voulait pas. Qu'ils aillent en Enfer, ils lui avaient menti ! Il hurla sa haine à pleins poumons et leur balança le premier objet qui lui tomba sous la main, il n'aurait su dire quoi. Son père éleva facilement un bouclier d'un Protego qu'il entendit à peine. Il ferma les yeux, se concentrant pour calmer sa magie qui semblait douée d'une volonté propre, et qui voulait tout faire disparaître. Il voulait qu'ils s'en aillent, mais il avait tellement peur d'être seul. Il avait tellement peur…
Puis quelqu'un le saisit par derrière, un corps tiède pressé contre son dos, et l'encercla de deux bras minces, coinçant ses bras le long de son corps, envahissant son espace vital, un souffle saccadé sur son oreille. Il put alors embrasser d'un coup d'œil l'infirmerie. Un vent violent emportait tout sur son passage, des éclairs blancs crépitaient de ci de là, et mettaient le feu à tout objet qu'ils touchaient, faisaient exploser les récipients fragiles. Il semblait avoir créé un champ de force autour de lui qui empêchait quiconque de l'approcher, tenant à distance ses parents et ses professeurs qui semblaient secoués par le spectacle inhabituel.
La pièce était dévastée, plus aucune fiole n'était entière, tous les livres étaient parterre et se noyaient dans diverses potions, des feuilles volaient dans tous les sens et les lits s'étaient fracassés contre les murs. Les fenêtres contre lesquelles il se tenait avaient explosé en milliers de fragments emportés par ce vent artificiel, coupant peau et vêtements. Quelque chose n'allait pas avec sa magie. C'était beaucoup trop, à son âge il n'aurait plus dû perdre le contrôle de cette façon. C'était les enfants qui faisaient ça. Mais qu'est-ce qui lui arrivait bon sang ?
Puis quelqu'un lui hurla dans les oreilles : « MALFOY, TU VAS TE CALMER TOUT DE SUITE OU JE T'ASSOMME ! »
Et Draco se calma instantanément. Le vent s'arrêta subitement de souffler, les bris de verre et les livres retombèrent bruyamment sur le sol. Ce ne pouvait être que Potter, parce qu'il voyait et il entendait normalement à nouveau. Mais contrairement aux autres, il ne lui avait jamais menti, et aussi insensé que cela puisse sembler, c'était le seul qu'il accepterait de voir. Littéralement. Il sentait la magie de Potter parcourir tout son corps telles des décharges électriques, ses orteils se recroquevillant de plaisir.
« Est-ce que je peux te lâcher maintenant ? »
Ses genoux cédèrent sous lui et il s'écroula dans un souffle, emportant Harry dans son élan, atterrissant sur le flanc. Il avait dépensé beaucoup trop d'énergie d'un coup. Il était si fatigué, et il se sentait en sécurité pour la première fois depuis que toute cette plaisanterie avait commencé.
Harry grimaça de douleur, son bras droit avait pris tout le choc de la chute, et il s'était bien cogné la hanche sur les dalles froides de l'infirmerie. « Allez Malfoy, lève-toi, j'y arriverai pas tout seul. Malfoy ? » N'obtenant pas de réponse, il le saisit malgré tout sous les aisselles, le soulevant difficilement, grognant sous l'effort.
« Un coup de main ne serait pas de refus, je crois qu'il a perdu connaissance. »
L'instant suivant Lucius avait son fils dans ses bras. Il le déposa sur un lit que sa femme avait remis en état, caressant doucement son front. Il était brûlant de fièvre. Son fils… cela n'aurait jamais dû se produire comme ça. L'Eveil était le plus beau moment dans la vie d'un Veela, mais ils auraient dû avoir cinq années de répit avant de faire face à ça. Ils l'auraient emmené au Conseil, et après la Transition il aurait pu choisir et être choisi. Ils auraient ainsi su si l'allèle récessif allait prendre le dessus sur le sorcier. Mais ici, tout allait trop vite. Il n'aurait pas dû perdre l'ouïe aussi rapidement, et le manque de Prétendants, prophétie ou pas, était inquiétant. Surtout vu le Prétendant en question. Lucius ne voulait pas perdre son fils. Et s'il fallait user de la force sur le Golden boy, il n'hésiterait pas.
Magda s'était approché discrètement du lit du malade. « Cela n'aurait pas dû se produire Lucius. » Il observa silencieusement Narcissa border le jeune homme, lui plaçant une serviette imbibée d'eau froide sur le front. Potter, qui était resté dans son coin et qui se faisait donner les premiers soins par l'infirmière prit la parole.
« Qu'est-ce que vous comptez faire ? Il semblerait que le processus aille trop vite. Qu'est-ce qui ne va pas avec lui ? »
« Nous ne comprenons pas. Il montrait certains signes de l'Eveil il y a de ça quelques jours. On l'a deviné au travers de ses lettres, c'est pourquoi nous avons appelé le Conseil et que Magda est ici, parce que ce n'était pas censé arriver si tôt. C'est à ce moment-là qu'on a appris qu'il y avait une prophétie au sujet de notre fils. Nous ne voulions pas croire que cela vous concernait, mais nous avions des doutes. Tout cela s'enchaîne trop vite. »
Personne n'osait plus prendre la parole. Pomfresh s'était tournée vers son autre patient et l'auscultait de sa baguette, lançant une dizaine de sorts différents qu'Harry aurait été incapable de reconnaître. Il espérait seulement que le diagnostic ne serait pas trop grave. Des elfes avaient été appelés en renfort pour nettoyer la pièce. Narcissa ne voulait pas lâcher la main de Draco, qui semblait blême et si fragile dans ce lit aussi blanc que lui. « Il est simplement endormi, il devrait bientôt se réveiller. Je vais lui administrer une potion qui l'aidera à récupérer. Il ne nous reste qu'à attendre. »
« Qu'est-ce qui va lui arriver ? Est-ce qu'il y a un risque qu'il… » Mais il ne voulait pas terminer sa phrase. Ça rendrait les choses trop réelles.
Seuls les visages sombres des Veelas présent lui répondirent.
