Re ! Bon, c'est bien pour Hinae que j'écris déjà la suite. Merci chère revieweuse ! J'ai tapé ça un peu vite cependant, donc navrée pour des incohérences qui pourraient apparaître dans le texte. Sans doute paraîtra-t-il moins fluide, mais je vous promets de le retravailler dès que possible. Et il est plus long aussi, près de 3000 mots, je m'améliore ahah xD
Merci à tous ceux qui m'ont ajoutée en « Follower » ou en « Favorite », malgré qu'ils ne commantent pas ça me fait très plaisir. J'aimerais cependant que vous me disiez ce que vous pensez de tout cela, par pure curiosité :D
Alors, que vais-je donc bien pouvoir leur faire subir comme torture… une idée ?
Let's read to know !
24 mai 2004
C'était incroyable. Draco lui faisait un peu mal dans sa précipitation, il aurait dû le repousser depuis un moment déjà, mais ça faisait tellement longtemps qu'il n'avait plus embrassé quelqu'un, il en avait même oublié la sensation… et à quel point ça pouvait être agréable.
Il était sorti un moment avec Ginny, il n'était plus puceau depuis longtemps (ce n'était pas avec elle qu'il avait perdu sa virginité), mais sa carrière d'Auror lui avait pris la majorité de son temps et il n'avait plus été en couple depuis qu'il avait terminé ses études, trois ans auparavant.
Il rentrait des cours épuisé. Par le prof de sport par exemple, un ancien membre de cirque qui les faisait travailler leur équilibre avec des exercices de funambule et leur faisait faire des acrobaties en tout genre. Mais ce n'était pas ça le pire. Il avait un prof qui utilisait la danse dans le même but : améliorer leur équilibre, leur souplesse, et leur réflexe… son pire cauchemar. La majorité des étudiants étant des hommes, il était extrêmement gênant de devoir danser avec un partenaire masculin. Le prof de duel les faisait combattre jusqu'à épuisement, et le professeur de tactiques de terrain était un vrai cinglé.
Dire que tout ça était de sa faute. Il avait fait trois ans d'études en une, comme beaucoup d'autres élèves de son année car la guerre leur avait beaucoup appris. Il était sorti diplômé à 19 ans.
Puis, un soir qu'il était au Manoir Malfoy, Draco l'avait inspiré. Ils avaient longuement discuté de ses cours, ils s'étaient disputé et quelques sortilèges avaient volés. Et c'est là qu'Harry avait eu le déclic : en observant les mouvements fluides de Draco se déplaçant dans la pièce avec dextérité pour éviter les attaques, il semblait danser. Quand ils s'écrasèrent au sol, à bout de souffle, leur colère évaporée, Harry posa des questions au blond qui, après l'avoir regardé avec perplexité, lui avoua qu'effectivement, sans doute sans s'en rendre compte il se déplaçait selon certains pas de danses de salon. Il ne se priva pas de charrier l'Auror et de se vanter au passage. Oui, Draco était un excellent danseur. Tapette va !
Lorsqu'il en avait parlé à Kinglsey le lendemain, celui-ci lui avait proposé de l'engager pour rafraîchir la formation d'Auror. Il savait qu'il avait déjà donné cours à Poudlard, même si cela avait été de la résistance à l'époque. Travailler comme consultant pour réformer la méthodologie des cours lui avait beaucoup plut. Il ne lui avait pas fallu six mois pour revoir radicalement la manière d'enseigner. Il savait qu'il finirait comme professeur dès lors que son corps, son âge avancé ou ses supérieurs ne lui permettraient plus d'aller sur le terrain.
Il avait donc fait six mois supplémentaires de cours avec ces nouveaux professeurs qu'il avait personnellement conseillé à son patron. Grossière erreur. Mais il ne regrettait pas. Étant l'instigateur du projet, il s'était donné deux fois plus que n'importe quel autre étudiant. L'avantage maintenant, à part qu'il avait des fesses en acier, c'est qu'il ne se tapait plus la honte lors des soirées de gala. Il pouvait inviter une demoiselle à danser sans craindre de lui marcher sur les pieds, mais les occasions de flirter se présentaient rarement. Il adorait travailler sur le terrain, bien sûr. Mais il n'allait pas s'enticher d'une criminelle, ou d'une partenaire de travail. Une règle d'or que celle-là ! ça vous pourrit l'ambiance au bureau dès qu'un couple d'Auror se chamaille.
Quand il rentrait des cours ou d'une longue journée de travail, Kreatur lui faisait à manger et c'est bien parce qu'il avait une peur bleue de ce vieil elfe qu'il se forçait à terminer son assiette. Si ça ne tenait qu'à lui il irait directement se coucher, estomac vide ou pas. Mais non, il avait déjà testé et Kreatur l'avait attaché à une chaise d'un claquement de doigts, et l'avait forcé à manger. Expérience traumatisante et franchement pas excitante si vous vouliez son avis, de se faire donner la becquée par ce vieil elfe tout plissé. Erk.
Mais le corps dur de la sublime créature pressé contre le sien n'avait rien de comparable avec Kreatur, sans mauvais jeux de mots. Même si Harry n'était pas gay, il n'était pas aveugle. Draco était parfait. Un véritable sex-symbole, et fantasme ambulant pour toutes les femmes. Et les gays. Ce qu'il n'était absolument pas.
D'ailleurs il n'avait pas chaud au creux du ventre, ce qui le soulagea un peu – il n'avait pas encore viré sa cuti. Il sentait étrangement bon. Depuis sa Transformation, Draco dégageait naturellement un parfum de jasmin et un petit quelque chose d'autre qu'il n'aurait su décrire. Chaque Veela exhalait un parfum propre, unique. Draco se calmait petit à petit, explorant sa bouche de coups de langues sensuels, les ponctuant de gémissements terriblement sexy. C'était simplement tellement agréable de se sentir désiré, précieux, de se laisser embrasser. Il était si léger que s'il se concentrait un peu il pouvait presque imaginer que c'était une fille à la poitrine particulièrement plate, avec de longs cheveux blonds lui caressant le visage et les épaules, de longues jambes interminables, des mains fines et – .
Mauvaise idée. Ça n'allait pas manquer de réveiller sa libido en manque. Il se sentait fiévreux, leurs magies réunies crépitaient autour d'eux. S'il ouvrait les yeux il savait qu'il serait le témoin d'un spectacle étonnant, la magie de Draco tentant de dompter la sienne, lui courant après, s'enroulant puis se déroulant, se faisant presque… l'amour. Ce serait beau. Mais ça n'arriverait pas, car il ne le permettrait pas. Perdu dans ses pensées qu'il était, il ne se rendit compte trop tard que le Veela avait entrepris de le soigner en parcourant son corps de légères caresses. Mais il maintint sa promesse de ne rien tenter de sexuel. Harry en fut soulagé mais aussi presque déçu. Ça aurait été l'occasion parfaite de lui mettre une bonne trempe.
Draco se détacha de lui brutalement, s'appuyant sur son torse pour se relever – lui coupant le souffle au passage, et courut s'enfermer dans la salle de bain, claquant la porte. Stupéfait, Harry se releva sur son séant et tendit l'oreille à l'affût d'une crise de rage ou de larmes. Le silence lui répondit. Il s'inspecta le corps : toutes ses blessures ou hématomes étaient guéris. Il était comme neuf. Mais il fallait bien admettre qu'il empestait le sang, la crasse et la sueur. Dégoûtant.
« Draco, sors de là, j'aimerais me laver. On part dans un quart d'heure. » Mais il n'obtint aucune réponse. Ce petit con de Veela commençait sérieusement à lui taper sur le système. Il toqua à la porte, interpellant le blond borné, mais rien n'y fit.
« Draco, je commence à en avoir assez de tes sautes d'humeur. J'aimerais au moins savoir si tu es rétabli toi aussi. Et laisse-moi prendre une putain de douche par Merlin ! »
La porte s'ouvrit à la volée sur une paire d'yeux argentés furax. « Va te faire foutre Potter, je crève de mal à la cheville et je combats mon instinct qui me HURLE de te sauter dessus pour te violer ! Alors tu me FICHE la PAIX. Je ne te laisse pas le choix de toute manière. Casse toi sans moi si tu veux, j'en ai ras-le-bol de devoir t'obéir comme un chien ! » Et il lui claqua la porte au nez, le laissant sans voix.
Sans pouvoir s'en empêcher, il se frotta furieusement la tête des mains, ne faisant qu'emmêler un peu plus sa tignasse. Il prit une longue inspiration et s'étira tout en relâchant son souffle, faisant craquer chaque articulation de son corps. Il se sentait en pleine forme. Il se rassit sur le lit, se lançant distraitement un Récurvite. Mais l'odeur était toujours là. Son regard se promena sur la pièce miteuse. Elle ne contenait qu'un seul lit et une commode dont le fond des tiroirs manquaient. Puis son regard tomba sur son avant-bras gauche. La marque que Draco y avait laissée était entrain de disparaître, c'est pourquoi un chaste baiser n'avait pas suffi pour déclencher ses pouvoirs. Mais sans cette marque, jamais Draco n'aurait pu le soigner.
Harry était en quelque sorte un puits sans fond de magie. Il était ce que les sorciers appelaient une Source. Six ans auparavant, lors de son propre Passage, il n'avait pas pu se contrôler, la magie se déversait de son corps, au travers de ses pores même. Il était devenu un catalyseur de magie, très sensible à celle-ci. Ainsi, il pouvait voir au travers des glamours, les variations de magie, et d'autres choses encore qu'il ne pouvait expliquer. Une sorte de 6eme sens s'était développé, et ça lui servait beaucoup dans son métier. Il pouvait se servir de la magie l'environnant, en plus de la sienne. Et d'autres, s'ils savaient s'y prendre correctement, pouvaient aspirer de la magie à travers lui et réaliser seuls des sortilèges qu'ils n'auraient pu accomplir qu'à plusieurs et bien plus lentement.
Draco, avec cette marque, avait créé un pont tangible entre eux. Mais tant qu'ils ne seraient pas liés, il ne pouvait pas aspirer cette magie sans toucher Harry. Et s'il voulait le soigner, il fallait stimuler le Veela en lui, et pour ça, seul un contact… intime fonctionnait.
Les Veela avaient de nombreuses capacités, dont celle de guérir aussi vite que des vampires. Mais ils pouvaient aussi soigner leur compagnon à distance s'ils étaient liés. Draco n'était Veela qu'en partie et ne pouvait se reposer que sur sa propre magie, et les combats l'avaient épuisé. Avec ce baiser, ils avaient réussi à éveiller le pouvoir guérisseur du Veela, et c'est pour ça qu'il était grincheux : d'accord, il guérissait ainsi plus vite, mais ça faisait encore plus mal. Harry savait qu'il sortirait de la salle de bain complètement à bout de force. Mais il faudrait se bouger. L'ennemi était là, tout près, il le savait. S'ils voulaient en sortir vivant, il leur fallait rejoindre les Ombres, et s'attendre au meilleur comme au pire.
4 juin 1999
Ils étaient là à attendre depuis une heure. Minerva McGonagall était remontée à son bureau avec Lucius et Magda, Narcissa ne voulant quitter le chevet de son fils unique. Harry s'était posté près de la fenêtre. Il aurait très bien pu retourner en cours, mais c'était Potions, il n'était pas spécialement pressé d'y aller. Ce n'était pas parce qu'il était nul dans cette matière, non, pas du tout. Il avait pris l'habitude de sécher quelques matières depuis de début de l'année. Parce qu'ils étaient morts. Rémus et Sévérus. Parfois il arrivait à ne pas y penser, alors il allait en classe. Mais la plupart du temps, quelque chose finissait par le lui rappeler, et alors il devait quitter la salle sous peine de lâcher la bride à sa magie. Il n'arrivait pas à faire leur deuil. Surtout celui de Sévérus. Il n'avait jamais pu le remercier, et ça le rongeait. Les remords le rongeaient.
Il faisait si beau dehors, et il mourait d'envie d'aller voler. Il resta là à rêver, sans bouger du tabouret, le menton au creux de sa paume, un genou relevé contre sa poitrine et l'autre main autour de sa cheville. Le bruit de son ventre affamé résonna fort dans la pièce. Harry rougit, jetant un œil à la dame Malfoy. En voyant qu'elle l'observait sans doute depuis un moment déjà, il s'installa mieux sur son siège, son genou craquant lorsqu'il déplia sa jambe qui semblait maigre dans ce jeans noir trop large. Il se racla la gorge de gêne. Elle voulait lui parler.
« Monsieur Potter, je tenais à vous remercier. Vous n'êtes pas obligé de rester ici, à veiller sur lui. »
« Sauf votre respect, je ne veille pas sur lui madame Malfoy. Je le surveille. Mon avenir dépend de lui. »
« Appelez-moi Narcissa s'il vous plait. Puis-je vous appeler Harry ? Merci. »
« Madame – hum ! Narcissa. Nous ne nous devons absolument rien. Mais sachez que je ne laisserai pas mourir votre fils. Nous trouverons une solution alternative jusqu'à ce qu'il trouve quelqu'un de bien qui pourra l'Accepter. »
« Il ne pourrait pas tomber sur meilleur parti que vous Harry. Mais je comprends ce que vous voulez dire. Sauf que dans son cas, malheureusement, il est condamné à aimer quelqu'un qui ne l'aimera jamais. » Elle s'était remise à caresser les cheveux de Draco, tendrement, le chagrin visible sur ses traits fins. « Mes parents m'avaient préparée. L'allèle récessif ne s'était pas manifesté chez mes deux autres sœurs, cependant mes cheveux blonds étaient une bonne indication. Il fut une époque où il était courant de se reproduire avec des créatures magiques. Elles étaient puissantes, enviées et vénérées car elles avaient la capacité d'absorber et manier la magie naturelle. Lorsque les sorciers eurent découvert ce secret, et qu'ils se mirent à produire leur propre magie, cela leur monta à la tête et ils se crurent supérieurs aux créatures primitives. Et ils cessèrent de croiser les espèces, cela devint tabou, une honte. De mon côté le gène Veela ne s'était plus manifesté depuis plusieurs générations, jusqu'à tomber dans l'oubli. Chez Lucius, il sautait à peu près une génération sur deux. Nos familles ont réussi à garder le secret pendant des siècles. »
Harry était surpris, c'était le moins que l'on puisse dire. Il ne s'attendait pas à une telle confession. Mais il était d'une nature curieuse, alors il se tut et continua d'écouter attentivement.
« Lorsque j'eu atteint 23 ans, je me suis rendue au Conseil. Si je subissais la Transformation, le gène récessif Veela prendrait le pas sur mon côté sorcière. C'est là que j'ai rencontré Lucius. Ce moment est le plus important, le plus décisif et le plus beau qui soit dans la vie d'un Veela. Mais il est aussi le plus angoissant parce que nous ne contrôlons plus notre corps. J'ai eu la chance de choisir, et d'être choisie par Lucius sans avoir à perdre les autres sens que celui de la vue. Rares sont les Veela qui vont à une telle extrémité que la perte des cinq sens, parce que nous ne pouvons pas nous tromper de compagnon, tout nous indique le bon. »
À la surprise d'Harry, elle se leva et vint s'installer en face de lui, faisant apparaître deux tasses de thé fumantes. Harry en attrapa une plus par habitude que par envie, et souffla doucement sur le liquide. Quand il releva les yeux, elle avait tourné son attention sur le parc ensoleillé. Elle était vraiment une très belle femme, dans sa robe bleu irisé aux manches évasées qui bruissait au moindre de ses mouvements. Son chignon serré mettait son cou frêle en valeur, son décolleté n'était pas vulgaire, et elle ne semblait pas maquillée. Elle était fraîche et naturelle, et son parfum aux notes de muguet et de framboise sucrée était enchanteur.
« Mais il s'est révélé que les Veela qui sommeillent en Lucius et moi ne se sont pas complètement éveillés. D'après ce que je sais, cela fait plus de sept cents ans qu'un gène Veela n'a pas pris le dessus sur le sorcier dans nos familles respectives. Il semblerait que c'est ce qui arrive à Draco en ce moment. Ce phénomène est tellement rare que nous manquons d'information. Ceux qui y sont sujets sont instables, et ne respectent pas le schéma habituel. Draco pourrait perdre encore un sens dans une heure, un mois, un an, qu'on ne saurait pas le prévoir. » Elle planta ses yeux d'un bleu azur dans les siens, le fixant gravement, et se saisit de la main qui ne tenait pas la tasse de thé. « Harry, il faut réfléchir vite et prendre une décision. Dès aujourd'hui. »
Il retint son souffle, son regard plongé dans celui de Narcissa. Puis il se posa sur le visage rougeaud de Draco.
« Le Veela en lui lui fera subir la Transformation alors ? Vous en êtes certaine. »
« Malheureusement il en présente tous les signes, c'est plus que probable. »
« Laissez-moi du temps. Laissez-moi le temps de trouver une solution. S'il le faut, nous le plongerons dans un coma artificiel, mais je trouverai. Je ne peux pas me lier à lui madame Malfoy. Toute ma vie je n'ai rêvé que d'une chose : avoir une famille, des enfants. Pour des raisons évidentes, je ne pourrai jamais en avoir avec Draco. J'ai assez donné de ma personne pendant la guerre. J'ai perdu mes parents, mon parrain, mes mentors, ma nouvelle famille d'adoption. Je veux dire, je ne suis pas le seul à vivre ça, mais je veux vivre comme je l'entends à présent. »
Narcissa courba la tête, réfléchissant un instant, puis le regarda à nouveau, sincère. « Je peux comprendre ça, Harry. Je suis désolée de vous demander de faire un tel sacrifice. »
Harry lui répondit, solennel : « Il ne mourra pas Narcissa, je vous en fais la promesse. »
