Bonsoir tout le monde!

Il était temps hein? Je sais, je sais :P mais le temps me manquait, et je ne savais pas comment écrire cette partie de l'histoire. Finalement je me suis installée devant l'ordi, négligent ce p****n de TFE que je dois lire pour m'obliger à enfin écrire la suite.

Vos commentaires me seraient d'une grande aide, et cela me motiverait fortement parce que je n'ai pas du tout confiance en ma qualité d'auteur, évidemment. Vous pourrez me faire part des incohérences que vous auriez saisies (ou auriez pensé avoir saisies), des améliorations à faire (décris la déco stp, et là il ressent quoi, il ressemble à quoi? tu t'étales trop là dessus, etc.)

Sur ce, bonne lecture de ce premier jet (je finis toujours par repasser plus tard pour relire/corriger/modifier/ajouter des détails.)


24 mai 2004

Draco se regardait dans le miroir, les mains serrant durement le lavabo pour le maintenir debout. Ses jambes, ses bras, tout son corps tremblait. Des lames de feu léchaient sa chair de l'intérieur. Il ne tiendrait pas longtemps. Il ne désirait qu'une chose, se laisser aller, que son autre prenne le dessus, qu'il sombre dans cette noirceur… ce serait tellement facile. Il suffisait de lâcher prise. Mais il ne pouvait pas, pas tant qu'Harry serait dans l'autre pièce. Alors il continua de se concentrer sur ses yeux qui brillaient à présent comme ceux des chats face à la lumière, serrant la mâchoire à s'en faire grincer les dents. Il devait supporter la douleur, juste encore un peu…

« ARGH ! PUTAIN !»

Il s'écroula à genoux, prenant de fortes et profondes inspirations. Sa cheville venait de se remettre en place avec un CLONG surprenant.

« Malfoy ? Est-ce que ça va ? »

Il ne prit même pas la peine de répondre à la question idiote et rhétorique, se contentant de grogner. Puis il eut du mal à respirer, ses côtes le faisaient tellement souffrir comme prises dans un étau chauffé à blanc. Il se sentait partir, des étoiles se superposant aux taches noires devant ses yeux. Ses cheveux collaient à son front, son corps était brûlant et ruisselait de transpiration. Lui qui venait de se laver, il n'était pas beau à voir. Puis les lames brûlantes remontèrent comme des serpents à ses épaules, puis à sa tête, s'y enroulant fermement lui donnant l'impression que quelqu'un pressait son crâne entre leurs mains. Il ouvrit en grand sa bouche dans un cri silencieux, ne parvint même pas à prendre une dernière goulée d'air avant de se perdre dans les limbes.

Quand il se réveilla, il vomit. Pas parterre non, dans la cuvette des toilettes. Comment était-il arrivé là ? Puis un gant de toilette se présenta sur sa droite et il obtint sa réponse. Il ne parvint pas à lever son bras qui semblait peser une tonne. Il grogna et ferma les yeux, son front posé sur la cuvette. Il voulait juste dormir, dans sa pisse, dans son vomi, peu importait, mais simplement dormir quelques siècles. Potter ne dit rien, attendant patiemment. Mais il pouvait bien rester là dix ans qu'il s'en fichait, il était tellement épuisé. Se montrer sous son meilleur jour à l'homme de ses rêves était le cadet de ses soucis actuellement. Il ricana doucement, réveillant les courbatures de son corps, précédemment meurtri et maintenant comme neuf, en pensant à quel point il n'aurait jamais osé penser ça il y a de ça quelques mois.

« Malfoy. »

Il entrouvrit les yeux, tournant légèrement la tête dans la direction de sa voix. Des larmes salées brouillaient sa vue, et ça ne fit que l'énerver d'avantage. Il détestait ces séances de Curation, c'était inhumain. Ça tombait bien, il n'était pas humain. Quelle poisse.

Il s'affaissa un peu plus contre la toilette lorsque le gant imbibé d'eau froide entra en contact avec son front brûlant. À chaque passage il se sentait revivre. Harry n'était pas très délicat, mais il n'était pas brutal non plus. Il semblait avoir déjà fait ces gestes à de nombreuses reprises. Peut-être après une beuverie avec Weaslaid ou son ami l'irlandais ?

« Allez, fais un effort et redresse toi contre le mur. »

« Tu sais où tu peux te le carrer ton effort ? » cracha hargneusement Draco. Et le sourire d'Harry fit flamber ses veines de colère. Il ne comprenait pas ce que c'était. C'était certes moins pire qu'un Doloris, mais ça flirtait avec la limite du supportable. La seule consolation qu'avaient les Veela en passant par-là était qu'ils savaient que ça aurait une fin. S'ils avaient été liés, la présence d'Harry à ses côtés l'aurait aidé, mais ce n'était pas le cas. Tout ce qu'il voulait en cet instant c'était être seul. Mais il n'était pas ingrat. Pas avec Harry en tout cas.

« Merci pour le gant. Maintenant sors d'ici. »

« Excuse-moi ?! »

« Potter. » Et il l'implora du regard. Il fallait qu'il sorte de la pièce sinon il allait perdre son sang-froid. Se montrer si faible devant quelqu'un qui n'était pas – encore – son lié était un sentiment extrêmement dérangeant. Cela allait complètement à l'encontre de tous ses instincts. Il devait lui faire la cour en se montrant fort et capable, et sa fierté aussi en prenait un coup. Comme le brun ne bougeait toujours pas, semblant indécis, il montra les dents et feula. Cela fonctionna : l'Auror sursauta et fila vers la porte, la claquant derrière lui.

Sa tête entre ses genoux, il fit des exercices de respiration pour calmer son cœur. Quand il se sentit prêt, il se leva précautionneusement en se tenant au mur et étira chacun de ses membres, faisant craquer ses articulations au passage. Il était si raide qu'il en avait mal à la tête. Il se rinça le visage et la nuque avec de l'eau froide, puis sortit. Il trouva Harry posté devant la fenêtre, les mains dans le dos, la tête baissée, tendu. Draco, gêné et n'ayant pas de quoi occuper ses mains – pas de bagages à faire ou à défaire, de livres ou de cartes à lire, de potion à préparer – il croisa bras et chevilles et s'appuya contre le mur d'un air nonchalant, l'observant sous sa frange blonde. Mais le silence s'étirait, l'air se faisait de plus en plus lourd.

« La douche est libre. »

Pas un bruit, pas un mouvement. À quoi pensait-il donc ? Ne l'avait-il pas entendu ?

« Potter, la douche – »

« J'ai entendu. » Après une profonde inspiration qui anima tout son corps, il reprit « Écoute, on doit parler de tout ça. Ça ne peut plus durer indéfiniment. »

« Bien sûr que si ! »

Potter se tourna enfin vers lui, et le cœur du Veela rata un battement. Il avait l'air tellement las dans ses vêtements déchirés et sales, les épaules voûtées. Il ne savait pas quoi répondre, alors il baissa les yeux sur le parquet griffé, serrant plus fort ses bras autour de lui dans une fausse étreinte réconfortante. Il ne voulait pas parler de ça, pas maintenant, pas dans son état instable. Il sentait le Veela couver sous la surface, prêt à bondir au moindre signal et prendre les rennes. Il fallait qu'ils parlent d'autre chose alors il souffla doucement « Tes lunettes. »

« Qu'est-ce qu'elles ont mes lunettes ? »

« Je croyais qu'ils avaient trouvé une solution pour que les Aurors n'en portent plus, trop dangereux et tout ça. »

« Et alors ? »

« Pourquoi tu en portes encore ? »

« Oh. » Il regarda bêtement Draco, l'air déstabilisé, puis se frotta la nuque, l'air embarrassé. Après s'être éclairci la gorge il expliqua « Je n'oublie jamais un visage, ou les informations d'une affaire. Je connais mes dossiers par cœur, les plans sur le bout des doigts. Mais j'oublie toujours ce sort. Un jour que nous étions sur le terrain d'entraînement, le sort a cessé de faire effet. Ça n'a pas été une catastrophe car nous avions appris à nous battre dans le noir, mais la surprise aurait pu me coûter un bras, ou pire. Depuis je porte à nouveau ces bonnes vieilles binocles. »

Il laissa pendre ses bras à ses côtés, regardant tout sauf Draco. Il se racla brusquement la gorge et alla s'enfermer dans la salle de bain, les yeux de Draco se fermant en même temps que la porte.


7 juin 1999

Harry avait fait une promesse, il avait juré sur l'honneur, mais si le jeune Malfoy ne mourait pas seul, il sentait qu'il n'allait pas tarder à s'en charger. Cela faisait trois jours qu'il était resté auprès du blond. Trois jours que Draco ne voulait voir personne – ses parents compris. Trois jours que la directrice avait demandé à Harry de rester auprès du jeune héritier parce qu'il était le seul à pouvoir le contrôler.

Encore fallait-il le supporter. En attendant, Malfoy recevait par chouette des tonnes de friandises de la part de ses parents, mais sans l'odorat – qu'il avait perdu la veille avec plaisir semblait-il, selon les douces remarques du jeune homme à propos de son soulagement de ne plus devoir supporter l'odeur de ce "sale rouquin" – le blond ne goûtait plus grand-chose et il s'en était vite lassé. Il semblait de plus en plus sombre et méchant, subissait des crises d'angoisse régulièrement, et cela empirait parfois en crise de tétanie. Pomfresh lui faisait faire des tests régulièrement, et il avait l'air épuisé, d'énormes cernes l'attestant. Le brun pouvait presque compatir, mais là il était à bout de nerf. Il ne rêvait que d'une chose : passer les mains autour de son cou et l'étrangler.

Harry devait lui lire les cours ou un livre, ou seulement lui parler. Si Draco en avait marre, il devait lui tenir la main et Draco lisait pendant des heures, prenant un malin plaisir à lui tordre le poignet dans des positions inconfortables.

Actuellement le jeune Veela faisait lire un livre de potion à Harry, debout, le livre ouvert au-dessus de son épaule pour que l'alité puisse voir les images. Il prétendait qu'il mémorisait mieux de cette façon et que ce n'était pas parce que monsieur le Sauveur du monde sorcier devait lui pourrir la vie qu'il devait aussi rater ses études. La main qui tenait celle de Draco était moite de transpiration (étonnant que le merdeux n'ait pas encore fait étalage de son dégoût), son bras commençait à s'endormir, et son épaule le brûlait Il se sentait perdre patience peu à peu, et lorsqu'il finirait par péter un plomb, ce ne serait pas beau à voir. Son torticolis lui donnait mal de tête, et rester ainsi debout pendant plus d'une heure sans bouger commençait lentement à le rendre fou. Mais une douce chaleur dans sa poche le fit sourire. Enfin !

« Potty, qu'est-ce que tu fais ? »

« Désolé Malfoy, je dois y aller. Je reviens dans quelques minutes. »

« Quoi ?! Tu ne peux pas faire ça ! Je serai coupé du monde ! Potter, reviens ici ! Espèce de petit connard de balafré, tu me le payeras ! »

Mais le brun avait déjà filé à toute vitesse rejoindre ses deux meilleurs amis. Lorsqu'il les aperçut au bout du couloir, il ne put se contrôler et se mit à courir seulement pour atterrir dans les bras frêles d'Hermione. Wouaw, elle avait dû prendre une bonne taille de bonnet depuis la dernière fois. Il croisa le regard pétillant de son ami de toujours, et il se détendit.

Elle le relâcha et le regarda dans les yeux, les sourcils froncé, puis l'inspecta sous tous les angles, ses boucles voletant dans tous les sens. « Harry, comment est-ce que ça va ? Il ne te traite pas trop mal ? »

« T'inquiète Mione, pour le moment ça a l'air d'aller, on se supporte. Est-ce que vous avez trouvé quelque chose ? »

Ron regarda Hermione, grimaçant légèrement puis fixa ses pieds.

« On a trouvé une solution mais… »

« Mec, ça va pas te plaire du tout. »

Harry déglutit difficilement, son regard passant de l'un à l'autre, s'arrêtant finalement sur sa meilleure amie.

« Nous avons tous cherché, les professeurs dans la confidence, les Malfoy et nous. Nous n'avons presque pas dormi. Harry, il faut que tu saches qu'il y a très peu d'informations sur les cas comme Draco. Leur seul point commun est leur imprévisibilité. Il faudra encore patienter un moment avant de tirer des conclusions sur ce qui vous attend. »

« Harry, mon pote, il reste peu de temps avant que Draco ne perde la boule. Mais je veux dire que tu n'es pas obligé de le faire, t'entends ? On sera toujours là, qu'ils t'accusent ou qu'ils t'emmènent, ok ? »

Son discours fut interrompu par une Pomfresh débraillée et rouge, qui ne pris même pas la peine de s'arrêter et de récupérer sa respiration avant de souffler un « Malfoy ! Maintenant ! » puis de le tirer par la manche.

Les trois amis et l'infirmière ne durent pas courir longtemps, ils n'étaient pas éloignés de l'infirmerie. Pomfresh ne cessait de dire de façon saccadée « Je n'ai pas pu l'attacher, c'est horrible, horrible ! Je n'ai pas pu…» Dès qu'ils ouvrirent la porte, ce fut une vision de cauchemar. Draco était en sang, du sang partout, sur ses vêtements, sur les draps, ses cheveux, son visage. Qu'est-ce qui s'était passé ? Ils crièrent lorsqu'ils virent ce qu'il avait en main. Alors Harry ne réfléchit pas et bondit. Trop tard. Une énorme tache rouge s'étala sur le bras du Veela. « NON ! »

Draco cessa immédiatement de se débattre, puis se mit à sangloter de toute son âme. Il gémit, pleura pendant ce qui sembla une éternité à Harry qui tenait fermement ses poignets. Il le recoucha lentement dans le lit, puis voulut le lâcher mais le Veela gémit de plus belle des « Non… non… non… » avant de sombrer dans l'inconscience. Il regarda l'attroupement choqué dans la grande pièce aux murs nus, ne sachant que faire.

« Harry, reste avec lui. Je crois que c'est arrivé. »

« Quoi ? »

« Monsieur Potter, il a perdu tous ses sens. » Pomfresh c'était déjà mise en action, récupérant pansements et onguent. En voyant la petite brune la fixer, elle prit soin d'ajouter « C'est une créature magique, je dois prendre des précautions. Les sorts de base ne fonctionneront peut-être pas avec lui. »

Mais Harry lui, s'en fichait comme d'une guigne. « D'un coup ? Comment est-ce possible ? Il a mis deux jours à perdre le troisième ! »

« Il ne s'est pas rendu compte qu'il avait perdu le sens du goût puisque le dernier test remonte à un peu plus d'une heure et tout allait bien. »

C'était vrai. C'était à ce moment-là que le jeune homme avait découvert que l'aristocrate détestait l'amertume, adorait le sucré et étrangement, l'acidité. On lui mettait sur la langue un papier imbibé d'une substance ou une autre, et il devait identifier le goût, et ce toutes les heures, même la nuit. Il regarda le blond avec pitié et horreur. Il tenta de s'imaginer privé de tous ses sens, mais n'y parvint pas. Sans nos sens, comment avoir encore la preuve de notre existence ?

« Et là c'est le sens du toucher ? C'est pour ça qu'il se mutilait, pour se prouver qu'il était encore en vie ? Combien de temps lui reste-t-il ? »

« Il pourrait rester ainsi et vivre à travers toi pour le restant de ses jours, mais ce ne serait une vie ni pour l'un, ni pour l'autre. » Hermione le fixait avec des yeux emplis de tristesse et de compassion, ses lèvres pincées.

« Je ne peux pas me lier. » Il était catégorique là-dessus. Il voulait une famille, des enfants, une épouse. Ses poings se serrèrent sur la blouse légère du patient comateux. Il fallait qu'il s'occupe, qu'il agisse, ou lui aussi allait perdre les pédales. Son regard se porta sur ce dernier, et il s'installa derrière lui dans le lit, résolu à l'empêcher de ses blesser plus encore. Il déposa maladroitement la tête de Malfoy dans le creux de son cou, ses jambes pendant de chaque côté du lit étroit, un bras autour de sa taille, l'autre enserrant ses poignets.

« Je sais Harry, je suis désolée. » Elle était au bord des larmes. Elle se réfugia dans les bras de son petit-ami, le visage défait. Il souffla d'une voix grave « Harry, qu'est-ce qu'on fait ? »

« Il faut l'emmener chez les Veela, pour voir s'il y a d'autres Prétendants. Où est Magda ? »

« Il fait les démarches auprès du Conseil pour voir qui veut venir. Mais la réputation des Malfoy les précède, et il n'a pas rencontré beaucoup de succès jusqu'à présent. »

« Pourquoi n'a-t-il pas pris Malfoy avec lui ? » Harry ne comprenait plus rien, et il sentait la rage monter.

Ron cligna des yeux, et haussa les épaules. Hermione renifla et s'essuya les yeux, reprenant contenance. « On ne rentre pas comme ça dans la Communauté. C'est affreusement compliqué, et presque aucun sorcier n'y a pénétré. »

Harry n'entendit pas la fin, son sang bouillant dans les veines, son cœur battant à ses tempes, la panique le paralysait. Le blond avait l'air tellement fragile dans ses bras. Il soupira de découragement.

Ils attendirent, et attendirent, et attendirent que le blond se réveille. Harry n'en pouvait plus, il devait se soulager mais il n'osait plus quitter le blond. L'amulette donnée par McGo s'était consumée lorsqu'il avait perdu le sens de l'ouïe, et les autres tentatives avaient toutes échoué. La directrice avait fait quérir d'urgence les parents de Draco. Ils attendaient tous fébrilement un changement.

Un gémissement les sortit de leur torpeur. Le pâle jeune homme se réveillait enfin. « Qu'est-ce qui s'est passé ?» Il s'arrêta net, puis se mit à crier de douleur.

« Harry, lâche-le, il a mal ! »

« Mais si je le lâche on le perd ! » mais il était déjà entrain de sauter du lit. Le blond s'immobilisa immédiatement, puis se remit à se débattre comme un diable, le regard fou, hurlant et frappant, les yeux roulant dans leur orbite, comme à la recherche d'une voie de sortie. Cette fois Pomfresh était préparée. D'un sort il ne bougeait plus. Elle inspecta ses blessures, et fronça les sourcils.

« Nous avons un problème. »

Les Malfoy blêmirent, de part et d'autre du lit. « Expliquez-vous. »

L'infirmière expliqua tout en continuant son inspection – yeux, oreilles, gorge, pouls : « Ni sort, ni potion, ni onguent n'ont fonctionné. Il ne guérit pas, même pas de lui-même. Ses blessures sont aussi fraîches que lorsqu'il les a faites. » Elle se redressa, une main sur le front dans un geste d'angoisse. « C'est hors de mes capacités, je dois prévenir un professionnel de Sainte Mangouste. »

« Vous ne pouvez pas. Cela ne peut pas se répandre dans les journaux. Est-ce que vous connaissez quelqu'un de confiance ? »

Pomfresh pinça les lèvres, puis souffla, abattue. Ils se tournèrent alors vers Potter.

« Il y a une solution alternative, n'est-ce pas ? »

« Oui. Vous ne seriez pas liés. Enfin, pas entièrement. Juste suffisamment pour le sauver. »

La dame Malfoy continua sur la lancée de son mari. « Harry, nous pensons savoir ce qui se passe. Son corps abandonne. Sans ses sens, il pense qu'il est mort. Il – » Elle s'interrompit, étouffant un sanglot derrière une main blanche comme la neige. Lorsqu'elle riva ses yeux aux siens, il sut qu'il ne pouvait pas refuser. Il ne pouvait pas laisser une mère perdre son enfant. Résolu, il demanda ce qu'il devait faire.

« Nous lui donnerons une potion anti-douleur. Lorsqu'il se réveillera, il devra vous laisser une Marque. »

Cela rebuta Harry du plus profond de son être. Marqué comme une bête ? Marqué comme les Mangemorts ? Marqué comme il l'a toujours été depuis cette fameuse nuit d'horreur alors qu'il n'avait qu'un an ? Il se tourna vers ses deux meilleurs amis, sa famille, perdu. Les parents de Malfoy se turent, comme s'ils savaient pertinemment qu'il ne les croirait pas tant que ce n'était pas confirmé par quelqu'un en qui il avait entièrement confiance. Comme toujours, c'était Hermione qui avait la réponse. Ron restait les bras croisés à tuer les dalles du regard, furieux contre le monde entier.

« Il devra te mordre, Harry. Tant que tu ne prononces pas la phrase rituelle qui accompagne la morsure, tu ne seras pas lié entièrement. Ce sera partiel, incomplet, mais suffisant pour donner un but au Veela. L'envie de vivre. »