Bonjour bonsoir amis lecteurs !
Je suis ENFIN en vacances, Halleluja ! Je m'excuse du retard mais je n'ai pas de date butoir à respecter, et je me suis donc permise de me concentrer sur mes examens :P
Alors… fameux chapitre de 3700 mots que j'ai eu beaucoup de mal à pondre. Franchement, je commence à mettre en place heu… la problématique (veuillez excuser mon vocabulaire fort pauvre ce soir, il est 3 heures du matin ahah oui, s'il vous plait, faites comme s'il n'y avait pas de faute non plus hein, tant qu'on y est, et ne remarquez surtout pas les incohérences. En fait si, remarquez-les et faites-m'en part lol J'ai relu en vitesse mais ce n'est pas suffisant vu que mon cerveau est en état de mort reculée – vu qu'il est pas mort pour de vrai. Roh vous suivez pas ou quoi ? Peuh !)
Enfin, cela se complexifie tellement que j'ai peur de me perdre (comme dans la précédente parenthèse là, voyez ?). Mais pour l'instant je vois où ça mène… et ça mène loin _
Vais-je y arriver sans vos encouragements ? Pfffft ahahah !
Demandons donc à notre vénéré sorcier préféré :
« Merlin, Merlin, mon beau Merlin, lis moi l'avenir. »
« La politesse, c'est pour les fées clochettes ? »
« Heu non, les trolls des cavernes maître vénéré et adoré. »
« Ah bon ? Bon. Répond d'abord à cette question : qui a la plus belle barbe ? »
« Heu… Dumby ? Oh euh non, pardon. Vous ! »
« FAUX ! Ton chaton Yumi. Mouahahah ! Pour la peine, je ne te lirai pas l'avenir. Asta la Vista, je prends mes congés mouah ! »
« … » =_='
Pour ce qui est des reviews anonymes, laissez-moi un moyen de vous répondre s'il vous plait, ne me privez pas de ce plaisir enfin :D
Pour les autres reviews, je ne sais plus à qui j'ai répondu ou pas T-T vilaine Melow, vilaine ! Aïe, pas taper L (pas la tête sinon plus d'histoire, pas les mains sinon sais plus écrire, et pas les fesses sinon sais plus m'asseoir devant l'ordi éhéhéh puis pas les bras parce que… pas de bras, pas de chocolat _' ) Mais n'hésitez pas à vous plaindre et réclamer réparation.
Les énigmes du chapitre : Qui est donc apparu dans les bois ? Merlin se serait-il perdu, trompé de destination ? Notre groupe de héros vont-ils réussir ce pari fou qu'est le sauvetage de Draco? McGo boira-t-elle enfin son thé chaud ?
Aloooors… les réponses ne se trouvent pas dans ce chapitre, mais dans le suivant, navrée :P
MOUAHAHAHAHAHAHAH ! Naooon pas l'asiiiile !
Je vous invite à tenter d'y répondre dans une review. Ou à m'envoyer vos hypothèses par télépathie, ça marche bien aussi, je ne suis pas difficile )
Bonne lecture j'espère… et à bientôt, parce que je sens bien que je vais encore modifier dix fois des détails du chapitres ahah. ah. ahah.
25 mai 2004
« Potter, est-ce que tu sais seulement où on va ? Ça fait des heures qu'on marche. Et puis pourquoi plus de magie d'un coup ? »
C'est certain, la discrétion c'était pour les trolls des cavernes. Harry crut un instant entendre un bruit qui ressemblait à un élastique qui aurait cédé et l'attribua à un de ses nerfs. Ça ne l'étonna pas plus que ça, vu qu'il sentait la vapeur monter depuis un moment déjà. Il était presque cinq heures du matin, ça faisait trois jours qu'ils s'étaient échappés, et ils n'avaient pratiquement pas fermé l'œil depuis, à part quelques heures dans un fourré. Transplaner à plusieurs reprises les avait épuisés, mais il le fallait, pour semer leurs poursuivants. Cela avait pour conséquence d'avoir les nerfs à fleur de peau, et le moindre mot de trop mènerait à la catastrophe. Alors il mordit sur sa chique en grinçant des dents.
« Je peux t'assurer que je sais exactement où on va. »
Il ignora le reniflement des plus gracieux qui traduisit le scepticisme de l'aristocrate en fuite, et se borna à avancer à grands pas, restant sur ses gardes, attentif aux bruits, ou plutôt, au silence pesant.
« Ah ! Parce que tu t'es seulement rendu là-bas ? »
Le silence lui répondit. Harry angoissait de plus en plus parce qu'ils faisaient encore trop de bruit. Le blond avait proposé de lancer un Silencio sur leurs chaussures, mais Harry avait refusé car, entre autre, cette précaution n'empêchait pas les brindilles de craquer. Sur du tarmac cela aurait été plus efficace, mais il n'y en avait pas en plein milieu des bois.
Ils avaient perdu de précieuses minutes parce que Môssieur voulait nettoyer ses vêtements et cirer ses chaussures avant de partir. Rien que d'y penser sa tension monta. Harry avait été à une demi-baguette de l'achever mais il s'était retenu. Cela restait l'un des plus gros efforts qu'il aura été amené à faire de sa vie. Il s'était retenu de le frapper parce qu'il savait que le blond en avait besoin. Besoin d'une routine rassurante, d'un semblant de normalité. Et prendre soin de son apparence en faisait partie semblait-il.
Alors il avait attendu en guettant le chemin de terre qui longeait la façade de l'auberge, forçant ses yeux entre les lattes de bois pourri formant le volet. Leur abri était certes minable, mais était construit sur un ancien lieu de culte et la magie grouillait, brouillant les pistes.
Pour se calmer il leva son visage et respira un grand coup. Les rares nuages filasses ne parvenaient pas à masquer de leur vaines tentatives l'astre usurpateur. Dans quelques jours ce serait la pleine lune, et cela ne les aidait certainement pas. Autant leur braquer une lampe torche sur le crâne. Cela ne le fit que râler encore plus.
« Alors les rumeurs sont vraies. Tu es un espion ? »
À ces mots le grand brun sursauta et se plaqua une main sur la bouche pour s'empêcher de hurler, ses doigts s'enfoncèrent férocement dans ses joues, respirant comme un bœuf à moitié fou. Il se tourna vivement vers l'auteur de ces propos et lui balança un coup de poing phénoménal. Encore un peu et c'était son genoux qui serait parti à la rencontres de ses… parties, cependant lui aussi était un homme et ne pouvait délibérément pas faire ça à un autre pour si peu. Un bruit de craquement lui répondit, mais il n'en ressentit aucune satisfaction. Il n'en pouvait plus, il tremblait d'une rage difficilement contenue. Il fixa hargneusement l'homme à terre qui se tenait au sol d'une main enfoncée dans l'humus, l'autre recouvrant la moitié de son visage. Harry ne s'inquiéta pas du mal qu'il avait fait, Draco en avait vu de pires, et son pouvoir Veela le ferait guérir en moins de deux. Il fit donc de son mieux pour faire passez dans son murmure toute la colère et la frustration qu'il ressentait. Il s'avéra que ça avait moins de classe que s'il avait pu le lui lancer froidement au visage.
« Tu te crois où Malfoy putain ? En vacances ? Tu crois peut-être qu'on se tape une petite balade au milieu de la nuit pour notre lune de miel parce qu'une envie soudaine de baiser comme des lapins en pleine nature nous aurait pris ? Mais réveille-toi bordel ! Et surtout, t'arrêtes avec tes questions à la con et tu-la-boucles ! »
Il s'arrêta là, la respiration rendue lourde par leur marche interminable et l'air humide des sous-bois. Draco ne fit que le fixer un instant qui s'étira en une éternité multipliée par X au carré, puis baissa les yeux sur sa main ensanglantée, les gouttes s'écrasant mollement sur une pierre en un ploc ploc assourdissant. Évanouis les vêtements propres, et bon retour aux blessures. Tous ces efforts pour rien. Il avait l'air tellement… perdu, là, pitoyable, le cul parterre.
Pris de remords, les épaules d'Harry s'affaissèrent. Il regarda nerveusement autour de lui en se grattant le front plissé d'inquiétude, puis remonta ses lunettes machinalement. Il ne fallait pas qu'ils perdent courage, et c'était lui l'Auror formé à gérer le stress inévitable des victimes en cas de crise. Mais d'habitude il était amené à sauver des gens qu'il ne connaissait pas. Ici c'était différent. La situation entière l'était. Il avait presque 23 ans par Merlin, il devrait être capable de se contrôler, ça ne lui ressemblait pas. Mais Malfoy avait toujours réussi à lui scier les nerfs comme personne d'autre.
« Malfoy, je suis désolé de t'avoir frappé. Je suis un vrai con. Mais il faut que tu prennes conscience de la gravité de la situation. »
Il ne fit que rencontrer un regard incrédule qui ne mit pas longtemps à devenir carrément colérique. La voix étranglée de fureur sonnait bizarrement, un peu comme un canard à cause du nez tordu, et des gouttelettes de sang éclaboussaient son pantalon alors qu'il se mettait à crier.
« Espèce de salopard ! Qui était sur le point se faire buter là-bas, hein, dis-moi ? Je suis pas ton putain de punching-ball ! Je sais mieux que toi encore à quel point cette situation merdique peut me coûter la vie, mais je crève de trouille, t'entends ? » Sa voix devenait de plus en plus hystérique et grimpait dans les aigus, faisant grimacer Harry d'inconfort. Puis les sanglots lui serrèrent la gorge, et sa voix se fit plus grave, presque étouffée. Ce qui suivit le mit très mal-à-l'aise et il sentit la bile monter. « Je ne veux pas mourir pour toi, je veux vivre et continuer à entendre ton rire, plonger mes yeux dans les tiens, et rêver à une vie meilleure. Mais pour ça faut que je vive. » Il s'interrompit un bref instant pour reprendre son souffle, puis sembla hésiter à continuer. Il finit par lâcher dans un souffle :
« Je sais putain. Je le sais Potter, que je vais mourir. Mais laisse-moi faire semblant un peu, je t'en supplie… je t'en supplie. »
À la fin de son discours il avait détourné son regard et cachait maintenant ses yeux humides derrière sa main pleine de sang frais. Non pas pour cacher ses larmes, mais parce qu'il avait honte d'admettre sa faiblesse, sa peur, et d'avoir ainsi marché sur sa fierté en suppliant l'homme qu'il aimait. Harry l'entendit déglutir difficilement à plusieurs reprises et lui laissa quelques secondes pour se reprendre pour finir par lui saisir le poignet. Voyant qu'il ne réagissait toujours pas il s'accroupit pour se mettre à son niveau. Son cœur battait la chamade, et tout son être lui hurlait qu'il fallait faire vite.
Sans rien dire, il lui saisit le menton et plongea ses yeux dans une mer noire déchaînée. Lentement il se pencha, observant les yeux de la créature de rêve s'écarquiller démesurément. Puis il déposa ses lèvres froides sur la joue brûlante de Malfoy, au coin de la bouche, à l'endroit exact où Harry savait se trouver une fossette quand le blond prenait la peine de sourire. Ce dernier ne respirait plus, de peur de briser ce moment de félicité. Mais ce furent les battements d'ailes d'un animal quelconque qui les rappelèrent à la réalité.
Le fixant toujours intensément, Harry lui lâcha le menton et reprit la parole calmement, dans un bas murmure.
« Nous nous dirigeons vers le sud-est. Nous sommes à deux jours de marche du premier barrage des Ombres. Je ne suis venu ici qu'une seule fois il y a deux ans pour protéger un ambassadeur qui devait conclure un traité, et j'ai emprunté ce même chemin en balai. Je ne suis pas espion, imbécile. » Précisa-t-il dans un sourire. Cela sembla donner l'étrange autorisation à son interlocuteur de se remettre à respirer normalement en regardant partout sauf devant lui.
« Potter, je ne suis pas idiot. Si tu l'étais, tu ne pourrais quand-même pas me le révéler. »
Soufflant de lassitude, le brun se releva et ses genoux craquèrent. Draco fut obligé de le suivre dans son mouvement parce qu'il lui tenait toujours le poignet. Il ne prit même pas la peine de lui répondre et continua ses explications. « Nous n'utilisons pas la magie parce que c'est une précaution simple que tout sorcier devrait connaître, mais comme nous avons tendance à trop nous reposer sur elle, jamais le commun des mortel n'y pense. Cette amnésie est très pratique lorsque nous poursuivons un criminel. »
Après s'être assuré que le nez de Malfoy ne saignait plus – décidément, il était fort commode d'avoir du sang de créature magique dans les veine – il se remit en marche.
« Tu dois te souvenir des cours de McGo qu'on ne détecte pas la magie, mais l'onde d'énergie produite lors du lancement du sort qui crée un déséquilibre. Je suis persuadé que tes petits camarades ont des moyens similaires à ceux du Ministère pour détecter ce genre de déséquilibre. Lancer ces sorts de guérison était nécessaire, nous devions prendre le risque. Handicapés par nos blessures nous aurions avancé deux fois moins vite. »
« Ce ne sont pas mes 'petits camarades' Potty. Et ne fait pas semblant de jouer à monsieur je sais tout, tu n'es vraiment pas crédible, parce que tu aurais su plus tôt si tu n'étais pas si pudique et craintif que j'aurais pu nous soigner sans utiliser de sorts. »
« Nous n'étions pas certains que ça allait fonctionner, ni à quel point. »
« Que veux-tu, je ne suis pas un Veela comme les autres. Je suis un Malfoy après tout, je ne suis pas n'importe qui. Je pensais qu'après tant d'années de relation intense tu aurais retenu la leçon, monsieur le Professeur. »
Il avait dit ça sur un ton tellement hautain et surfait que le jeune Auror ne put s'empêcher de ricaner. Il jeta un coup d'œil par-dessus son épaule et un nœud se forma dans son estomac. Draco rayonnait de plaisir de l'avoir fait rire. Il détourna rapidement le regard et se concentra sur le chemin pentu. Quelque chose le dérangeait, mais il ne savait pas quoi exactement.
« Harry… j'entends ton cœur battre d'ici, alors que mes sens ne sont pas si développés que ça. C'est trop silencieux. »
C'est alors qu'il comprit. Aussi vif que l'éclair il dégaina sa baguette et dit :
« Je sais que vous êtes là. Sortez des ombres, que l'on vous voie. » et à l'attention de Draco il ajouta, tout en se rapprochant de lui :
« Tu ne bouges pas et tu te tais. Il semblerait que nous soyons arrivés plus tôt que prévu. » Mais cela semblait peu probable, alors qu'il restait encore au moins deux jours de marche. Et la remarque de Draco ne fit rien pour le rassurer :
« … Ou alors nous avons été rattrapés. »
7 juin 1999
Une angoisse intense comme il en avait rarement ressenti lui comprima le cœur. Son cerveau tournait à plein régime, des idées farfelues lui traversaient l'esprit. Un cri monumental menaçait de lui faire exploser les poumons. Sa tête tournait. Et là il sut qu'il en était hors de question. Ces gens-là n'y connaissaient rien, personne ne savait prévoir ce qu'il se passait avec Malfoy junior, et il avait besoin de Magda. Seul lui saurait réellement quoi faire.
Il fixa le visage blême du corps inerte de Draco, et prit une décision.
« Je vais y aller. Je vais l'emmener là-bas. »
Plusieurs cris de surprises retentirent. Hermione tenta la première de le raisonner. « Au Berceau ? Mais enfin Harry, tu ne peux pas. »
« Tu crois que parce que je n'ai pas reçu d'invitation cela va m'empêcher de m'y rendre ? »
Malfoy père, généralement silencieux, le fixa avec mépris.
« Non, vous ne comprenez pas Potter. Il est impossible de s'y rendre sans Portoloin spécialement délivré par un Veela indigène ayant reçu une autorisation d'un membre du Conseil. De toute façon l'endroit est incartable, nous savons juste dans quel pays il se trouve. »
« Pourquoi refusez-vous d'être Marqué, Harry ? »
« Madame et monsieur Malfoy, plus que les autres présents ici, vous devriez comprendre pourquoi je m'y refuse alors qu'il y a encore des solutions. Je dois essayer. Je ne peux pas le condamner à vivre avec quelqu'un qui ne l'aimera jamais alors que nous pensons qu'il peut y avoir d'autres Prétendants au... Berceau. »
Cela imposa le silence à tout le monde.
« Demandez une autorisation à Magda. »
« Elle arrivera trop tard… mais je crois qu'il existe une mince possibilité pour vous de vous y rendre. Harry, lisez dans mon esprit, je vais vous montrer les lieux. »
Harry vit la lueur d'espoir briller de mille feux dans les yeux de Narcissa. Il pointa sa baguette sur le visage de la dame en bleu, plongeant son regard dans les orbes métalliques, et lança un Legilimens sec et dur, mais réussi. Il atterrit dans un lieu de merveilles… indescriptibles. Le souffle coupé il se retira vite de l'esprit de la mère de Malfoy, et se tourna vers l'alité et rangea sa baguette dans sa manche.
« Est-ce que je peux le toucher ? » Demanda-t-il tout en se penchant sur le visage juvénile et émacié.
« C'est trop risqué pour l'instant. Laissez-moi d'abord lui administrer la potion antidouleur. Elle serait efficace une heure en temps normal, mais la réaction ici est imprévisible. »
Ce mot commençait à porter sur les nerfs de chacun. Pomfresh se mordit la lèvre inférieure de contrariété, frottant ses mains moites sur son tablier, puis se dirigea vers la réserve chercher ce qu'il lui fallait, puisque tout le matériel de la salle de repos qui avait été détruit lors de la mini tornade de magie n'avait pas encore été remplacé. Lui administrer le liquide ocre ne fut pas trop difficile, mais l'infirmière décida de ne pas le réveiller.
Harry s'approcha du lit et Ron l'aida à placer le malade sur son dos. La magie risquait d'interférer avec les potions et la propre magie inhérente au Veela. Il fallait faire ça à la dure.
« Vous devez l'emmener en dehors des protections de Poudlard. Briser deux protections est bien trop difficile, même pour vous jeune homme. Nous aviserons par la suite sur la façon de procéder. »
Bien sûr, la directrice avait raison. Hermione rougit de ne pas y avoir pensé la première. Ils se dirigèrent vers les grilles en file indienne, la directrice en tête, les Malfoy de part et d'autre d'Harry, Ron et Hermione fermant la marche. L'infirmière devait rester à l'école mais leur avait fait promettre de la tenir au courant. L'ancienne professeure avait bien tenté de faire retourner en cours ses deux élèves – et avait presque réussi avec Hermione – mais ils n'avaient pas cédé. Hors de question de laisser tomber leur meilleur ami dans une situation pareille.
« Et puis, ça ne devrait pas prendre tellement de temps que ça n'est-ce pas ? »
Personne ne prit la peine de répondre à la question rhétorique de la jeune femme. Derrière les grilles, ils se placèrent instinctivement en cercle. C'est alors que tout le monde se mit à parler en même temps.
« Alors, comment allons-nous procéder, sans Portoloin ? »
« Ce qui m'inquiète surtout c'est de passer les barrières de protections. » C'était Hermione qui avait parlé. « Cela peut s'avérer mortel de s'y essayer Harry. »
« Et Hermione et moi n'avons pas vu l'endroit, comment peut-on y transplaner ? »
Les Malfoy se regardèrent, les sourcils froncés. « Je ne peux pas vous emmener, je n'ai pas la puissance nécessaire. »
C'est alors que les idées d'Harry s'éclaircirent. Mais c'était bien sûr ! Quel idiot il faisait.
« Mais moi si. Je suis une Source inépuisable, vous vous souvenez ? »
« Harry, le sorcier commun ne peut pas puiser votre magie d'un coup de baguette. Des rituels et des formules sont nécessaires, j'en suis certaine. Si nous avions eu plus de temps nous aurions pu envisager cette solution, mais le temps presse. »
« Je sais comment nous devons nous y prendre Narcissa. Tenez-moi le bras, je vais tenter de nous transporter tous en même temps. »
« Ne dites pas de bêtises monsieur Potter ! Il est hors de question qu'un de mes étudiants prenne un tel risque, et surtout de tuer des personnes sous ma responsabilité. »
Harry grogna, perdant patience. « Vous avez une meilleure idée, madame la directrice ? Je suis tout ouïe. » Oui, le respect était aussi pour les trolls des cavernes. Cela eut le mérite de lui couper la parole, tellement elle était offusquée. Il en profita pour lui saisir la main, signifiant aux autres de faire de même. D'abord méfiant, mais n'ayant plus beaucoup de choix, chacun se saisit d'une partie des bras d'Harry. Les plus grands, Malfoy père et Ron, serrèrent les biceps du jeune homme, alors que les deux femmes restantes se cramponnèrent aux avant-bras.
Harry ferma les yeux pour pouvoir mieux se concentrer sur l'image de leur destination. Rapidement il évalua la quantité approximative de magie dont il aurait besoin. Grâce à ses entraînements il pouvait en contrôler une certaine quantité à lui tout seul. Mais en dépassant un certain stade, cela partait en cacahuète. La dernière fois qu'il s'y était tenté Ron avait dû l'assommer. Cela se passait de la même manière qu'un verre que l'on remplirait d'une eau provenant d'un puits sans fond. L'eau, arrivée au bord du verre, en atteint la capacité maximum. Il suffit d'une goutte pour que tout s'écoule en une grande 'vague'. Harry avait accès au puits, mais son verre était encore trop petit.
« Je n'y arriverai pas. Nous sommes sept, et il y a trois personnes en trop. Mais l'un des adultes pourrait y parvenir. Votre capacité à contenir ma magie est plus importante, de par votre expérience. Qui, entre vous trois, s'en sent capable ? »
« Monsieur Potter, je pourrais peut-être le faire, mais je ne sais pas à quel degré j'en suis plus capable que vous. »
« Alors nous devons enlever une personne par précaution. Si vous faites ce que je vous dis, tout se passera bien. »
« Mais, Harry, ce n'est que théorique, n'est-ce pas ? »
« Mione, pour une fois, s'il te plaît, garde pour toi tes commentaires. Nous n'avons pas le temps d'argumenter. Soit vous me faites confiance, soit on perd encore plus de temps à faire ces foutues recherches. Tu sais bien qu'il faut savoir prendre des risques. La Victoire s'est basée sur tous les risques que nous avons pris par le passé. »
Elle détourna le regard en soupirant d'angoisse, les sourcils froncés et se tordant les mains dans tous les sens. Harry se demanda comment elle pouvait bien faire ça sans se faire une entorse du poignet. Il lança un regard significatif à son frère de cœur qui déposa sa main libre sur la nuque de la brunette. Elle se détendit légèrement et lui retourna un petit sourire timide. Puis elle se redressa, plus confiante que jamais.
« C'est d'accord. »
La directrice se racla la gorge et lâcha la main du sorcier à lunettes. « Je vais créer un cercle qui permettra de retenir la magie et de la concentrer sur le Transplanage. Je me retire du voyage. Monsieur et madame Malfoy, je compte sur vous pour veiller sur les enfants. »
Les 'enfants' en question roulèrent des yeux mais lui sourirent avec malice. Elle leur sourit avec tendresse et commença à chanter d'une voix claire et assurée, agitant de temps en temps sa baguette de mouvements terriblement complexes et précis. Une colonne de lumière violette se dressa avec un sifflement autour du groupe à un mètre au-dessus du plus grand des membres, comme le bruit du vent au travers des branches. À chaque répétition de l'enchantement, le champ de force se consolidait. Peu à peu, ils ne purent plus percevoir l'extérieur du cercle.
« Monsieur Malfoy, à mon signal vous lancerez le sort. Je vous préviens, cela va être assez douloureux sans sortilège pour vous préparer. »
« Qu'est-ce que vous voulez dire ? La douleur ne me fait pas peur. »
Il était vrai qu'il avait subi pas mal d'horreur avec son ancien 'Maître'. Espérons que cela lui servirait ici. Harry se concentra et se mit à aspirer la magie de son cœur même. Il imagina un puits dans son esprit, en pierres noires luisantes. D'abord ce fut silencieux, puis peu à peu il entendit un clapotis, qui se fit plus violent au fur et à mesure qu'Harry puisait l'énergie. Il se mit à transpirer abondamment, et bientôt il sut que le moment était arrivé. Il rouvrit les yeux et tourna le regard sur sa gauche pour tomber dans un lac d'acier d'un gris terne entouré de cils clairs.
« Je vous assure que crâner ne vous servira à rien. Cela va… chauffer. »
Et de toutes ses forces, un peu cruellement car il ne se retint pas, il dirigea la magie accumulée en vagues brûlantes vers son épaule, puis sur son biceps. Dès que les premières vagues léchèrent le bout des doigts de Malfoy Senior, Harry craignit qu'il ne lâcha prise. Mais l'homme serra les dents, un gémissement au bord des lèvres et des larmes au coin des yeux.
« Potter, comment est-ce que vous faites – »
« MAINTENANT ! »
