N/A : Le chapitre indispensable : "comment se sont-ils rencontrés ?". J'espère que vous ne le trouverez pas trop ennuyeux.


Daryl avait entendu un nombre incalculable de fois, surtout de la part de femmes, que vous vous souvenez toujours de la première fois que vous rencontrez votre véritable grand amour. Même s'il se contentait d'habitude d'hocher la tête et de garder sa bouche fermée, ne voulant pas ruiner ses chances, il pensait personnellement que ce n'était que des conneries. D'abord, la notion de coup de foudre était plutôt débile ; il n'y avait aucune chance de tomber amoureux de quelqu'un sans même savoir son foutu nom. Maintenant, le désir au premier regard c'était quelque chose de complètement différent, quelque chose qu'il connaissait très bien, avant.

Mais la première fois que Daryl rencontra Glenn, il ne ressentit ni amour ni désir envers lui. Ce qu'il ressentit fut une poussée d'adrénaline, masquant presque le petit pincement de dégoût qui semblait d'être installé dans son estomac depuis que le monde était complètement tombé en morceaux.

C'était dû au fait que jusqu'à ce que Glenn se retourne et crie presque, Daryl croyait qu'il était un Rôdeur.

Lui et Merle s'était frayés un chemin autour d'Atlanta, essayant d'éviter d'errer trop loin à l'intérieur de la ville ; même de leur position, ils pouvaient entendre les grognements des morts se répercuter à travers les rues, mélangés à un cri occasionnel et, une fois même, à un coup de feu. Merle avait juste rit, lâchant un commentaire cruel à propos de quelqu'un qui allait clampser et avait continué son chemin, appelant Daryl à le suivre. Son frère s'amusait terriblement pendant l'apocalypse, aimant pouvoir faire feu sur n'importe qui, aussi longtemps qu'ils étaient déjà morts. Il ne pensait pas à la logistique de la situation, à quelle vitesse ils allaient manquer de balles ou à s'ils avaient assez d'essence pour emmener leur camionnette en dehors des limites de la ville.

Mais encore une fois, Merle n'avait jamais trop réfléchi. Il était plus du genre satisfaction immédiate, voulant tout ce qui le ferait se sentir bien sur le moment. Daryl supposait que c'était comme ça que son frère avait fini dépendant à la drogue et avec une IST. Daryl, au contraire, n'était pas stupide. Il n'était pas allé à l'université, ni même au lycée mais il en savait assez sur la vie pour réaliser qu'ils devaient prendre autant de nourriture que possible et se casser loin d'Atlanta.

« Merle, arrête de traîner ! » brailla-t-il alors que Merle passait la tête à travers la fenêtre d'une voiture abandonnée, tapant sur la boîte à gants. « Trouvons juste ce putain de magasin et cassons-nous d'ici. »

« Nom de Dieu, petit frère, » marmonna Merle, même s'il s'éloigna de la voiture. « C'est la fin de ce putain de monde, je veux juste m'amuser un peu. »

« Et bien t'as besoin d'avoir un peu de foutu respect. » dit Daryl d'un ton brusque, ajustant son arbalète sur son épaule. « Ça a toujours semblé être ton problème, en fait. » Tournant à nouveau ses yeux vers la route, il localisa finalement le magasin qui était dans un des guides qu'il y avait à l'office de tourisme, à la maison. Plus loin sur la route, à une intersection qui semblait avoir été témoin de nombreux accidents de voitures, il y avait une douzaine de Rôdeurs environ, même si aucun n'était devant le magasin lui-même. Reconnaissant envers Merle qui avait fini par la fermer, Daryl se faufila entre les débris et les véhicules abandonnés, traçant lentement son chemin vers la porte d'entrée. Les portes automatiques étaient à moitié ouvertes et juste à l'intérieur, surmontée par un nuage de mouches, il y avait ce qu'il restait d'une jeune femme, ses bras uniquement attachés à son corps uniquement par ses tendons et ligaments. Elle ne montrait aucun signe de mouvements mais, juste pour être sûr, Daryl sortit son couteau et le poussa rapidement à travers l'arrière de son crâne, éclaboussant son poignet de sang chaud.

« Pas différent d'un cerf, hein ? » Daryl hocha à peine la tête car pour être honnête, il n'était vraiment pas d'humeur à s'engueuler avec Merle. S'il devait dire la vérité, c'est complètement différent que de tuer un cerf. Un cerf était juste un animal, quelque chose fait pour être tué et utilisé par les humains. Un humain était juste ça quelqu'un qui, à un moment donné, vivait et travaillait, respirait et mangeait et faisait tout ce qu'il faisait. Il pouvait à nouveau sentir cet élancement de dégoût installé dans son estomac et il respira à fond, rangeant le couteau et passant par-dessus le corps de la femme.

Bien que les rayons aient déjà été un peu pillés, les choses n'étaient pas aussi mauvaises que ce à quoi Daryl s'était attendu. Il y avait plus de corps éparpillés dans la zone des caisses, dont un adolescent portant encore son uniforme. D'après le trou baillant en forme de balle dans son front, il avait de toute façon fait parti des chanceux. Les autres n'avaient pas été aussi fortunés certains étaient tellement mâchés que vous ne pouviez plus dire de quel sexe ils étaient. Merle paraissait particulièrement absorbé à les observer, poussant les corps avec ses orteils pour que leurs visages tordus soient face à lui. Relevant son arbalète, Daryl commença doucement à avancer à travers les allées sombres, plissant des yeux pour lire les étiquettes, les oreilles écoutant pour le plus petit des mouvements.

C'est quand il atteint le bout de l'allée des snacks (qui était relativement indemne apparemment personne ne voulait de chips à la fin du monde) qu'il vit un mouvement derrière les portes qui conduisait à l'aire de livraison. C'était juste un flash rapide, quelque chose qu'il aurait pu imaginer mais il n'allait pas jouer avec le feu. Les doigts caressant lentement la gâchette, il poussa la porte ouverte, prêt à tirer.

Si le gamin n'avait pas crié, il serait mort. Mais il émit un son qui fit penser à Daryl pour une seconde que Bon Dieu, une fille a survécu. A la place, il fut plutôt déçu de voir que le seul survivant qu'il avait pour l'instant rencontré était un garçon asiatique même s'il devait avoir la petite vingtaine, son visage faisait trop jeune pour être appelé homme. Il avait une casquette de baseball ridicule enfoncée sur sa tête et il tenait à deux mains une batte de baseball, bras tendus.

« Qu'est-ce que tu fous ici, putain ? » demanda Daryl, baissant un peu son arbalète. « T'as failli te faire tuer ! »

« Je croyais que t'étais un Rôdeur, »murmura le gamin, desserrant doucement sa prise sur la batte de baseball. « Tu serais pas le premier. »

« Ouais, j'ai déjà vu ça, » répondit Daryl, jetant un coup d'œil en arrière là où son frère était sans doute toujours entrain de profaner les corps. « Depuis combien de temps t'es là ? »

« Quelques jours ? Pas vraiment sûr. J'ai un peu perdu la notion du temps. Et toi ? »

« Je viens d'arriver, aujourd'hui. Je prends de la nourriture et je bouge. » Tous les deux savaient où la conversation menait le gamin allait demander s'il pouvait le suivre et Daryl devrait dire non. Ce n'est pas qu'il était totalement opposé à l'idée d'avoir de la compagnie mais le fait était qu'il ne voulait pas avoir affaire avec des retardataires, des gens qui pourraient à force le ralentir.

En plus, Merle avait quelque chose contre les asiatiques. Daryl ne savait pas exactement pourquoi il avait quelque chose contre les asiatiques mais toute sa vie, il avait dut écouter son grand frère cracher des conneries comme quoi « eux, les jaunes » n'était bon à rien, qu'à bouffer des chiens. Personnellement, il se foutait de la couleur d'une personne, tant qu'elle était utile et qu'elle pouvait s'occuper d'elle-même quand c'était nécessaire.

« Ecoute gamin, je suis désolé mais- »

« Et ben, regarde un peu ça ? » Daryl ne put s'empêcher de tressaillir légèrement il avait espéré finir cette conversation et s'en aller avant même que Merle ne se rende compte que quelque chose n'allait pas. En tout cas, son frère devait s'être ennuyé parce que maintenant il se tenait derrière Daryl, ses 1m95 se penchant vers le gamin. Merle n'appréciait décidément pas l'art de la subtilité.

« On dirait qu'on a là un chintok, » dit Merle, le lorgnant. De son côté, le gamin gardait un visage de marbre, soutenant le regard de Merle.

« En fait, je suis Coréen, » dit-il. « Mais c'est compréhensible que tu fasses cette erreur. » A cette situation, le sourire de Merle vacilla il n'était pas habitué à ce qu'une de ses victimes lui répondent. Une seconde, Daryl fut effrayé que son frère cherche la bagarre, mais il recula, levant les mains.

« Bon, on a là un Coréen alors. Je suppose que tu veux un petit tour, non ? » Daryl essaya de lui lancer un regard d'avertissement mais il ne fit qu'hocher la tête, baissant complètement la batte de baseball, mais si sa prise autour de la poignée de sa batte était toujours forte.

« Ce serait sympa. »

« Et comment pourrais-tu exactement nous être utile ? »

« Je connais Atlanta comme ma poche, et j'ai une radio CB. » Merle renifla et fit demi-tour, retournant vers l'entrée du magasin.

Ramassant un vieux sac à dos usé, le gamin le balança au-dessus de son épaule, souriant largement.

« Gamin, qu'est-ce que tu fous ?! » murmura Daryl, jetant à nouveau un coup d'œil à son frère.

« J'ai aussi un paquet de cigarettes. Et je ne fume pas. » C'était assez pour arrêter Merle dans son élan et le faire regarder en arrière, un sourcil levé.

« Quelle marque ? »

« Pall Mall. »

« Cigarettes de connards. Mais j'imagine que je vais devoir faire avec. » Merle se remit à marcher, attrapant des boîtes de conserve des étagères au hasard et les entassant dans son propre sac à dos. Pendant un moment, Daryl ne put que fixer le dos de son frère. S'il devait se réveiller et découvrir que ce n'était qu'un long rêve foireux, c'était maintenant. Mais rien ne se passa. Merle laissait vraiment le gamin venir avec eux, en échange de cigarettes.

Il supposait que, quelque part dehors, des choses encore plus étranges arrivaient. Remettant encore son arbalète sur son épaule, il fit glisser son propre sac à dos de son autre épaule, hochant la tête vers les étagères.

« T'as de la place là-dedans pour un peu plus de nourriture ? » Le gamin hocha la tête et Daryl réalisa qu'il ne savait absolument pas quel était son nom. La question se formait sur ses lèvres quand il fut pris de court.

« Je m'appelle Glenn, au fait. »

« Daryl. Lui, c'est mon frère, Merle. Pas la peine de lui dire ton nom, il t'appellera juste comme il le sent. »

« J'ai déjà entendu pire. » Glenn sourit rapidement avant de s'éloigner dans une allée, laissant Daryl à remplir son sac avec de la viande en conserve et des bouteilles d'eau. Quand il le retrouva à nouveau devant le magasin, ils regardèrent tous les deux Merle expédier rapidement un Rôdeur qui s'était aventuré trop près des portes d'entrée. Une fois qu'il eut enlevé son couteau du cou du Rôdeur, il repartit, ne s'embêtant pas à regarder en arrière pour voir s'il était suivi. Daryl lança un coup d'œil à Glenn, qui paraissait décidément pâle.

« Ferme-la et ça ira. » murmura-t-il, suivant son frère. « Et t'as intérêt à avoir ces foutus clopes sur toi. »

« Je vais les sortir, » dit Glenn. « Je pense que je vais en avoir besoin aussi.»

« Je croyais que tu fumais pas. »

« C'est vrai. Mais aujourd'hui semble être un bon jour pour commencer. »

Daryl sentait que, entre eux trois, ces cigarettes n'allaient pas durer très longtemps.


Reviews ? :) Bisous et merci à Miserea, ma bêta, et à l'auteur de cette fic : doctorkaitlyn !