Hello tout le monde !
Je ne suis pas morte, non non. Je suis en dernière année, j'ai eu des examens, des stages pour mon mémoire, des travaux de groupe, j'ai été malade (la grippe, l'angine, c'est l'horreur. Oui j'ai une santé fragile) et je souffre actuellement d'un rhume débile et d'un mal de dos persistant. Et c'est loiiiin d'être terminé vous pouvez me croire.
Mes deux petites chattes ont été opérées avec succès, elles sont encore plus adorables et cinglées qu'avant, trop choupis 3
Alors, je vais faire un truc un peu injuste. On se calme ! Laissez-moi d'abord éclairer votre lanterne : les évènements de 2004 prennent plus d'importance, et je ne peux vous en dire trop sur les évènements qui se sont déroulés pendant ces cinq longues années. Pour garder un tout petit peu de suspens, je vais donc poster la partie sur le « présent ». Cependant, je ne suis pas une fan des flash-back, donc de temps à autres nous retournerons dans le « passé ». Purée, 11 chapitres en un an, ahah... Pardonnez-moi T-T
Résumé 2004 : Harry et Draco, après une petite discussion qui les fait carrément tomber à la renverse (quels maladroits ils font hein…), tombent nez à nez avec une certaine Melinda, ce qui rend le blond fou de joie mais dont la présence fait paniquer Harry. Pourquoi ? Quel lien partagent-ils ? Pourquoi a-t-il peur de perdre Draco aux mains de la créature qui l'habite ?
Résumé 1999 : Harry a réussi à transporter Draco, inconscient et au bord de la mort, au pays des Veelas. Dans un champ de fleurs (comme c'est romantique, digne d'un manga, avouez :P), il réclame l'aide d'une jeune femme magnifique, qui lui en fait la promesse avant qu'il ne sombre à son tour dans l'inconscience. Serait-ce un coup de foudre ? Qui est-elle ?
Ah, au fait, j'avais deux versions pour ce chapitre. La première version était écrite depuis plus d'un mois, mais elle en disait trop et semblait, je ne sais pas… ça ne collait pas. Donc j'ai pris mon temps pour trouver une idée qui me convienne et qui colle dans l'histoire. Résultat : un bond de sept jours dans le temps. Eh oui… et on approche enfin d'une autre scène un peu dramatique que j'ai dans la tête depuis le début de cette histoire, j'ai hâte !
Ce chapitre fait 3000 mots seulement, mais je devais couper là.
Faites-moi plaisir en me faisant part de vos impressions et théories, que je voie si cette histoire vous intéresse toujours et stimule votre imagination :D
Si vous remarquez des incohérences, signalez-le-moi par pitié.
Si vous avez des questions auxquelles je peux répondre, vous êtes les bienvenus of course !
Bonne lecture j'espère :P
Mélodie
1er juin 2004
Draco se réveilla aux piaillements incessant d'oiseaux. Il ouvrit prudemment les yeux sur un haut plafond blanc, simple, sans ornementations ni gravures, tout comme les murs. Sa tête bourdonnait, légèrement douloureuse. Malgré son esprit brumeux il remarqua que le soleil de midi éclairait la pièce. Une chambre très spacieuse, digne d'un invité de marque, simple mais aux fournitures luxueuses. Sa simplicité laissait peut-être à désirer, mais son extrême blancheur aidait les rayons du soleil à atteindre le moindre recoin et donnait une impression supplémentaire d'espace.
Sur sa droite il y avait une immense commode en bois foncé, presque noir, une penderie de six portes du même ton qui prenait la moitié du mur qui faisait face au lit double dans lequel il se trouvait, un large secrétaire d'ébène à un mètre d'une porte fenêtre qui menait à une terrasse. Des rideaux crème mus par le vent créaient un doux bruissement. Mais cela ne le toucha pas particulièrement. Après tout, les chambres du Manoir Malfoy faisaient toutes sensiblement la même taille.
Cet endroit ne lui disait rien. Il ne se trouvait pas dans un endroit familier, ce qui le soulagea à moitié ; au moins, il n'avait pas été capturé par les Veelas. Il respira profondément, calmement, une légère odeur de renfermé persistait sous celle du pin et de la terre sèche, et tendit l'oreille pour détecter une présence humaine – ou non. Le silence le plus total lui répondit. Sa seconde pensée fut pour Harry. Où était-il ? Qui pouvait bien être leur riche hôte ? Ami ou ennemi ? Melinda était-elle en sécurité ? Que s'était-il passé ? Il ne parvenait pas à se souvenir. Dès qu'il essayait la douleur était si intense que des larmes se formaient sous ses paupières fermées par la concentration. Son subconscient ne voulait pas qu'il accède à ses souvenirs. Avait-ce été si terrible qu'il en avait créé un véritable blocage ?
Alors que milles questions tournaient dans sa tête douloureuse, il procéda à une inspection minutieuse de son corps. Ses coupures et bleus avaient disparu, il avait été lavé et portait une robe de chambre immonde et rêche d'avoir été trop lavée, mais qui sentait le propre, tout comme la fine couverture bleue qui le recouvrait jusqu'au menton. Il eut bien de la peine à quitter le lit, tellement il était raide. Comme s'il n'avait pas bougé pendant un certain temps, non pas quelques heures. Il mourrait de faim et de soif, mais il devait retrouver Harry à tout prix, vérifier qu'il allait bien.
Grand mal lui en fit, ses jambes cédèrent au premier pas et il s'étala de tout son long, face la première, dans un grand fracas. Bien joué Draco, à peine cinq minutes que tu es éveillé que tu as réussi à le faire savoir à toute la maisonnée, super discret. A se demander comment j'ai survécu pendant la guerre… Il tenta de se relever, en vain, ses bras n'avaient plus aucune force et il trembla sous l'effort. Le bois était doux sous ses doigts, et sentait fort la cire avec laquelle on avait dû récemment entretenir les lattes du parquet.
Quelques secondes ne s'étaient pas écoulées que la porte s'ouvrit sans faire le moindre bruit et qu'un cri étranglé ainsi qu'un juron étouffé se firent entendre. Les pas précipités s'éloignèrent rapidement de l'entrée en couinant contre le parquet. Draco n'avait eu le temps d'apercevoir sous le lit qu'une paire de baskets qui avaient l'air neuf surmontées d'un jeans foncé. Ce n'était pas Harry, il aurait reconnu sa démarche entre mille.
Une voix rauque et sèche le fit presque sursauter. Elle appartenait à la seconde paire de chaussures, en cuir noir ciré cette fois, qui venait d'apparaître dans l'encadrement de la porte.
« … s'est échappé ! T'es vraiment qu'un incapable ! Potter va prendre grand plaisir à t'égorger, si notre Maître ne t'a pas saigné auparavant. »
Une voix masculine rendue enfantine par la panique lui fit écho : « T'es pas sérieux ? Oh merde, je suis un homme mort ! »
« Tu devais juste surveiller qu'il ne quitte pas la pièce, espèce d'abruti. Qu'est-ce qui s'est passé ? » lui reprocha-t-il d'une voix sifflante de colère contenue.
« J'ai été me chercher un snack, je suis même pas parti cinq minutes, je t'assure ! J'ai vérifié qu'il dormait encore avant de partir, et il ne montrait aucun signe d'éveil. »
« Il ne sert à rien de tergiverser là-dessus. Il faut qu'on parte à sa recherche tout de suite. Je me charge de prévenir Potter, pendant ce temps tu vas chercher Paul et Sandra en renfort. »
« Et pour le Maître ? » Le bruit agaçant de quelqu'un qui se ronge les ongles de nervosité reprit, mettant à rude épreuve la patience de Draco, dont les manières étaient irréprochables. Il n'y avait que les paysans qui se mangeaient les doigts vu qu'ils n'avaient rien d'autre pour se sustenter. Harry était une exception, mais il faudrait qu'il trouve un moyen de lui faire perdre cette habitude indigne de lui. Il devait prendre soin de lui, pas se faire du mal inutilement. Il avait imaginé nombre de méthodes – peu catholiques il est vrai – pour le défaire de cette manie. La voix plus âgée le tira de ses rêveries, le ton grinçant et cruel qu'il prit le surprit, comme s'il prenait plaisir à le malmener. Il ne devait déjà pas beaucoup apprécier le plus jeune à la base.
« À ton avis, quel sort te serait le plus favorable : celui de Potter ou du Maître ? »
Monsieur Jeans ne fit que déglutir bruyamment et fila en quatrième vitesse. Après un soupir exaspéré l'autre homme en fit de même, aussi silencieux que le vent.
Draco ne savait que penser de la situation. Ces gens semblaient tenir Harry en haute estime, et le craignaient. Il devait être en sécurité. Étaient-ils finalement parvenus jusqu'au repère des Ombres ? En tout cas lui ne leur portait pas beaucoup d'estime car ils avaient été franchement idiots de ne pas faire le tour de la chambre. Non mais, vraiment, c'est la première chose qu'on fait normalement, inspecter la chambre. Quelle bande de bons à rien, même les elfes de maison sont plus malins que ça, quelle déception. Des moldus sans aucun doute.
Rassemblant le peu de force qu'il avait, il se traina centimètre par centimètre hors de sa cachette. Au bout de quelques minutes cependant il abandonna, aussi essoufflé que s'il avait couru pendant une heure. Pourquoi était-il si diminué ? Que lui avait-on administré pour lui enlever ainsi ses forces et ses souvenirs ? Ce trou de mémoire le mettait particulièrement mal-à-l'aise et sonnait l'alarme dans son esprit. On avait manipulé sa mémoire, il en était certain.
Mais pourquoi ? Que cherchait-on à lui cacher à tout prix ? Qui étaient-ils pour oser jouer ainsi avec son cerveau ? Harry avait-il donné son accord ? Que faisaient-ils ici ? Où était Harry ? Pourquoi n'était-il pas près de lui ? Étaient-ils en danger ? Ami ou ennemi ? Ami ou ennemi ?! Ami ! …Ennemi ? Ces questions irrationnelles tournaient en boucle dans sa tête. La rage montait en même temps que la crainte. Une peur primaire qui éveilla son instinct de survie de Veela. Son corps changea…
Encore une fois, il fut tiré de son introspection par un hoquet de stupeur. Il leva les yeux pour rencontrer le regard écarquillé d'un petit brun à lunettes essoufflé et débraillé, mais qui semblait en relative bonne santé. Pas au bord de la mort en tout cas, et sûrement pas enchaîné.
«… Draco ? Merlin, mais qu'est-ce que tu fais ! Mais quel idiot, je vais vraiment avoir une crise cardiaque par ta faute ! Laisse-moi t'aider, c'est imprudent de quitter le lit dans ton état. Mais qu'est-ce qu'on va faire de toi ? »
Par 'état', le blond savait bien qu'Harry parlait de ses yeux qui brillaient tels des phares, ses griffes plantées dans le bois tiède et ses dents maintenant pointues qui lui perçaient presque la lèvre inférieure. Une boule se forma dans sa gorge, une vague de soulagement se crasha avec une force inouïe dans sa poitrine lorsqu'il sentit les bras forts du brun s'enrouler autour de lui pour le soulever. Sans pouvoir plus se contrôler, il se laissa complètement aller contre le torse solide tel une poupée sans vie, ses jambes incapables de le porter. Il sentait tellement bon…
« Tu trembles. Tu ne sais pas marcher ? J'aurais dû m'en douter. Draco, il faut te calmer, vraiment. »
« Je… je ne peux pas. S'il te plaît, je suis tellement faible que je suis à deux doigts de perdre le contrôle sur elle. Tu dois rester près de moi, je dois voir que tu vas bien. Elle est trop près de la surface. »
Pendant un instant il ne bougea plus. Puis Draco se sentit projeté sur le lit sans plus de cérémonie, rebondissant violemment sur le matelas. Une boule d'angoisse menaça alors d'étouffer le jeune sorcier et ses muscles se crispèrent. Était-ce le signe que son compagnon l'avait rejeté définitivement ? Est-ce que le tenir dans ses bras le dégoûtait à ce point ? Il secoua violemment la tête pour s'enlever ces pensées primitives et animales. C'était ridicule.
« Que dois-je faire pour t'aider ? » demanda le Sauveur, qui se tenait droit comme un I à côté du lit, les jambes écartées et les poings sur les hanches, le regard intense, l'expression sérieuse. Cette pose si sereine alors que lui ressemblait proprement à une loque énerva un instant Draco qui failli céder à une impulsion de sale gamin qu'il avait été un jour : saisir l'occasion pour lui faire faire n'importe quoi, comme dans ce jeu de gages et vérités. Le faire marcher sur les mains, lui faire imiter des bruits d'animaux ridicules ? Ou encore…
«Alors ? »
Mais le blond n'en fit rien, se contentant de fixer ses mains, et ravala sa jalousie. Il était couard de nature, il n'y pouvait rien changer. « Tu dois te… »
« Pardon ? Parle plus haut Draco, je ne comprends rien à ce que tu racontes. »
Il le jeta un regard de côté puis détourna les yeux, mort de honte. Mais son instinct hurlait dans sa tête comme une tempête, et une peur terrible lui déchirait les entrailles, tout son corps tremblait comme un drogué en manque. Il en avait besoin. Il rougit furieusement, se sentant plus pitoyable que jamais, mais réussit néanmoins à réitérer sa requête. Le brun l'observa d'abord bouche-bée, les sourcils froncés, prêt à rétorquer une réplique cinglante mais se retint. Il ferma les yeux et souffla fort de résignation.
« Vraiment ? C'est ce dont tu as réellement besoin ? Tu en es sûr ? » dit-il en se grattant le cuir chevelu.
Draco ne fit que hocher la tête de façon saccadée, comme un enfant pris en faute, mort de honte. Son ventre lui faisait mal, et il haleta de douleur.
Harry, voyant cela, arrêta de se frotter le visage de désespoir, et le fixa quelques secondes, pour finir par regarder partout sauf le lit. Il se racla la gorge. « Bon… Je vais envoyer un Patronus pour prévenir les autres que tu n'étais pas bien loin, c'est la panique dans tout le Manoir. Ensuite je fermerai la porte à l'aide du Collaporta pour ne pas que nous soyons dérangés, ça te va ? Je ne quitte pas ton chevet. »
Il commença à s'exécuter après le silence approbateur du convalescent. Le flux de magie d'Harry le fit frissonner de bonheur. C'était familier, rassurant, chaud et piquant, sauvage et puissant, et la sienne ronronna en chœur. D'un mouvement d'abord hésitant, puis de plus en plus fluide le jeune homme enleva ses vêtement un à un – d'une autre époque remarqua-t-il – qu'il laissait tomber négligemment au sol, restant en caleçon. Il s'apprêtait courageusement à retirer ce dernier bout de tissu mais Draco l'en empêcha. Il mourrait d'envie de le voir entièrement dévêtu, mais il ne voulait pas profiter de la situation plus que nécessaire. Il respectait Harry.
« Tu peux rester ainsi. Sauf s'il y a des blessures que tu me caches à cet endroit ? »
Harry lui répondit avec un rictus, amusé et soulagé, puis secoua la tête en signe de dénégation. Il le questionna du regard sur la suite des évènements. Draco lui fit signe du doigt de tourner lentement sur lui-même.
« Lève les bras s'il te plait. J'ai aussi besoin de voir ton cou. »
Harry s'exécuta de bonne foi, se soumettant calmement au regard scrutateur et impudique du jeune homme, ses pieds humides se décollant du parquet avec un bruit de succion. Il devait en effet être très nerveux, cela fit presque sourire le blond.
Harry était peut-être petit, mais fort bien bâti. Taillé en V, les épaules larges sans ressembler à un ours, et la taille fine sans pour autant paraître féminine. Il manquait encore un peu de chair au niveau de son séant pour être au goût de Draco, mais rien qui ne puisse changer avec un peu de travail. Ses pectoraux et ses abdos ressortaient particulièrement, qu'il savait durs comme de l'acier, ses cuisses étaient épaisses sans ressembler à des troncs d'arbre, et son dos ainsi que ses épaules, dont les muscles apparaissaient avec ses bras levés, faisaient saliver le jeune homme. Pour développer sa résistance et sa maîtrise de son pouvoir de Source, il avait dû développer sa musculature. Et sa peau caramel parsemée de cicatrices qui sentait le soleil…
La scène aurait pu être érotique, mais la bête n'était pas là pour ça, non. Elle était dans un autre état d'esprit, beaucoup plus terre-à-terre et lança sèchement un rappel à l'ordre à son hôte. Grimaçant, ils se mirent à la tâche, et vérifièrent consciencieusement l'état physique de l'homme qu'ils avaient tous deux choisi. Heureusement, il n'y avait rien de bien sérieux. Un bleu par-ci par-là, mais pas de blessures ouvertes, rien qui ne sembla signaler quelque chose de brisé car il se mouvait sans difficulté, pas de marque d'étranglement. Alors la bête en lui s'effaça peu à peu, lui redonnant les rennes. Sa respiration ralentit, ses tremblements s'atténuèrent jusqu'à s'arrêter, ses griffes et dents se rétractèrent. Il pouvait enfin se contrôler. Il ferma les yeux et laissa la paix l'envahir et détendre ses membres un à un… sauf un.
« Draco ? Est-ce que ça a fonctionné ? »
« Tu peux te rhabiller, c'est terminé. » Il cacha son visage derrière ses genoux pour tenter de masquer sa gêne et son début d'excitation. Les bruits de l'autre homme se rhabillant ne l'aidèrent guère. Son imagination se mit en branle (N/A : ahahah ! pardon pour ce jeu de mots involontaire xP) et il s'admonesta silencieusement, se traitant de suicidaire de provoquer ainsi sa propre perte. Le lit s'affaissa sur sa gauche, le brun se couchant près de lui, les bras derrière la tête. Il brisa rapidement le silence devenu pesant.
« Comment tu te sens Draco ? Sincèrement, tu dois me dire. Tu es resté sept jours dans le coma. Encore un peu et on te perdait. Comme la dernière fois… »
Il ne releva pas la tête de ses genoux, mais ces paroles lui glacèrent les veines.
« Je ne me souviens pas de ce qui s'est passé après avoir vu Melinda dans la forêt. Raconte-moi ? » Il guettait le moindre signe de mensonge dans la voix de son voisin.
« Vraiment ? De rien du tout ? Tu t'es dirigé vers elle comme un idiot, sans réfléchir, je t'en ai empêché en t'immobilisant. Tu es tombé, mais sans te blesser. Tu n'aurais pas dû sombrer dans un coma. » Il ricana brièvement, amer. « Sérieusement Malfoy, tu dois toujours avoir des réactions disproportionnées. »
Draco ignora la pique. « Pourquoi ? Elle est l'amie la plus proche que j'ai eu depuis que je me suis transformé. Elle est ton amie aussi, pourquoi nous en méfier ? Je ne comprends pas ta méfiance. On la connait depuis des années. Est-ce qu'elle t'a fait quelque chose ? »
Mais le brun se renfrogna et ne répondit pas, fixant silencieusement le plafond, torturant sa lèvre de ses dents, faisant craindre un instant au blond qu'il ne la déchira par mégarde. Ses cils si longs et si noirs attrapaient une mèche de cheveux ébène à chaque clignement, sa main le démangeait. Il voulait tirer dessus pour lui faire mal, qu'il réagisse enfin. Le silence prolongé irrita rapidement le blond qui commença à s'agiter nerveusement. Qu'est-ce qui pouvait bien passer dans la tête de ce binoclard maladroit ?
« Potter ? Explique-moi. Tu tires vraiment une sale gueule. »
Un regard vert, terrible de froideur, se posa alors sur lui. Une voix monotone, si étrangère dans la bouche du brun, lui fit cet aveu. La pièce se mit à tourner autour de lui, et une sueur glacée le recouvrit tout entier. Il fut pris d'un rire nerveux, ne voulant y croire. Elle n'avait pas pu faire ça.
« Pardon ? J'ai dû mal entendre. C'est la princesse dont on parle, pourquoi me trahirait-elle ? Elle me comprend, elle est comme moi, imparfaite, incomplète, rejetée de tous. Elle m'aime comme le frère qu'elle n'a jamais eu, elle me l'a dit. Quand j'étais emprisonné, elle a pris soin de moi personnellement. Cela fait cinq longues années qu'on se connaît, c'est impossible ! »
« Parce que tu es celui qui déclenchera la guerre Draco. Enfin, avec mon aide semble-t-il. »
« De quoi tu parles ? Tu te moques de moi, c'est ça ? Tu es devenu fou ma parole ! » cracha Draco de colère.
Harry détourna le regard et se leva pour rejoindre d'une grande enjambée la porte fenêtre. Les mains dans le dos, les épaules affaissées, il sembla prendre dix ans alors qu'il était encore si jeune. Il chuchota cette terrible sentence : « La prophétie Draco. »
« Je croyais que tu ne voulais pas qu'elle se réalise ! »
Il se retourna vivement, le regard brûlant et passionné, presque dément. « Je ne le veux toujours pas, et je ferai tout pour l'en empêcher ! Pour l'instant, tout semble indiquer qu'elle est en train de s'accomplir malheureusement. »
Draco enfouit les mains dans ses mèches blondes, une flamme brûlante d'une terreur pure remontant son œsophage jusqu'au bord des lèvres. Il se mit à se balancer d'avant en arrière, au rythme de sa psalmodie de non non non… pas encore une fois ! C'est quoi ce bordel à la fin ! pitié non non non…
