Désolée pour le retard mes ami(e)s ! J'ai eu des problèmes de santé et j'ai fini à l'hosto !
Bref, 3ème chapitre ! :)
(l'auteure a décidé de supprimer le prologue ; qui ne correspond plus à ce qu'elle veut faire de son histoire, mais j'ai faisait le choix de vous le laisser :))
Daryl Dixon avait expérimenté un bon nombre de trajets en voiture gênants dans sa vie. Il y avait eu cette fois où sa mère l'avait récupéré à l'école après qu'il ait été renvoyé pour la première fois. Il avait tabassé un type de deux classes de plus que lui qui avait fait un commentaire pas très intelligent sur son père « alcoolique et bon à rien ». La remarque était juste mais ça ne voulait pas dire que Daryl allait laisser le gosse s'en sortir comme ça. Sa mère avait été complètement silencieuse, les phalanges exsangues crispées sur le volant, prenant bien soin de ne pas regarder l'œil au beurre noir dont Daryl avait écopé.
A l'instant même où ils avaient passé la porte d'entrée, elle lui avait donné une fessée qu'il n'avait jamais oubliée.
Il y avait aussi cette fois où il avait dû conduire Merle au tribunal. Daryl avait seize ans à cette époque et leur mère ne se sentait pas de le faire. Même si il ne le voulait pas il l'avait tout de même fait, Dieu savait qu'elle avait du emmener Merle à chacune de ses convocations depuis que le foie du vieux avait finalement lâché. La voiture avait été complètement silencieuse. Pour une fois, Merle était sobre, fixant par la fenêtre les champs qu'ils dépassaient. Daryl avait espéré que la foutue radio de son pick-up de merde ait marché parce que tout était mieux que le silence. Quand ils s'étaient arrêtés au tribunal, Merle lui avait lancé ce regard, comme s'il avait voulu dire quelque chose. Daryl avait essayé de paraître nonchalant mais en réalité, il avait l'impression d'être assis sur du verre pillé attendant que Merle dise quelque chose, n'importe quoi.
A la place, il avait à peine secoué la tête et était sorti, claquant la foutue porte si fort qu'elle avait failli tomber. Ca avait été la dernière fois qu'il avait vu Merle pour trois ans.
Pour être honnête, Daryl regrettait un peu quand son frère ne parlait pas du tout, car une fois qu'ils remontèrent dans le pick-up, Glenn serré entre eux deux, Merle ne voulut plus fermer sa gueule.
« Au fait, où est-ce que t'as eu ça ? » demanda-t-il, coinçant sa cinquième (ou peut-être que c'était sa huitième) cigarette dans sa bouche.
« Un ami me les as laissées, » dit Glenn, se tortillant légèrement. Daryl se sentait un peu mal pour le gamin Merle prenait plus que sa place dans le pick-up, laissant ses longs bras et jambes s'étendre comme ils voulaient. Il lui aurait bien dit d'être poli mais il ne pesait pas que son frère sache ce que le mot voulait dire ; même s'il le savait, il ne ferait que se moquer de Daryl. La pensée de Merle étant prévenant envers quelqu'un qui n'était pas de sa race était presque risible.
« Et c'était un chintok aussi ? »
Et voilà.
« En fait, il était blanc, comme toi. » Daryl voulait frapper son front contre le volant. Le gamin s'aventurait dans un territoire dangereux et il était soit trop stupide pour s'en rendre compte soit il pensait qu'il pouvait jouer à « qui a la plus grosse » avec Merle.
Tout bien réfléchi, s'il pensait ça, il était quand même stupide.
« C'est contre-nature, » dit Merle, soufflant de la fumée par la fenêtre ouverte. « Nos races, elles sont pas faîtes pour se mélanger. C'est pour ça que chaque continent a des gens de couleurs différentes, parce qu'ils sont supposés rester là-bas. Regarde, toi, par exemple. Tes jaunes étaient pas sensés quitter la Chine- »
« La Corée, » murmura Glenn, les yeux rivés sur la radio CB posée sur ses genoux. Elle n'émettait que des grésillements ils ne passaient même plus les rapports d'urgences. Les ondes étaient complètement vides et pour une raison inconnue, cette pensée retournait l'estomac de Daryl.
« C'est la même chose, putain, » continua Merle. « Le truc c'est que, si on étaient faits pour se mélanger, on serait tous nés pareils. On aurait tous pu être blancs ou nègres ou marrons mais c'est pas le cas. » Il prit une dernière taffe de sa cigarette et la jeta par la fenêtre. Daryl connaissait bien son frère, il savait qu'il faisait une pause dramatique avant de balancer la fin de son monologue. Il essaya juste de se concentrer sur la route devant lui quand en réalité, il voulait frapper Merle à l'estomac.
« T'aurais dû rester en Chine, » dit-il, se tournant pour pouvoir fixer Glenn avec une expression satisfaite sur le visage. « Ouais, t'aurais peut-être même eu une chance là-bas. »
« Et peut-être que toi t'aurais du rester dans ton putain de marais. » Daryl écrasa les freins presque instantanément mais il n'avait tout de même pas été assez rapide pour intercepter le premier coup de poing de Merle, qui percuta directement la bouche de Glenn. Quand son bras se prépara à frapper à nouveau, Daryl l'arrêta, attrapant le poignet de Merle et le plaquant sur la fenêtre. La position dans laquelle il se trouvait était plutôt gênante, avec l'épaule de Glenn enfoncée dans sa poitrine mais il savait que s'il n'arrêtait pas Merle, il battrait littéralement l'homme à mort. Daryl l'avait déjà vu faire ça à un Rôdeur quand il était arrivé en dérapant sur le parking du local de police, où Merle avait décuvé, Daryl avait découvert qu'il s'était déjà échappé et était dehors, abatant répétitivement ses bottes sur la tête de quelqu'un qui, dans leur vie antérieure, avait été l'un des députés. Tuer quelqu'un qui était vraiment en vie n'était qu'un cran au-dessus et il était absolument certain que Merle n'avait pas peur de franchir cette dernière étape.
« Tu vas te calmer, putain ? » siffla-t-il, poussant plus fort sur le poignet de Merle. « C'est pas pire que ce que tu lui as dit. » Merle se contenta de sourire d'un air suffisant et leva un sourcil, apparemment pas intimidé d'aucune façon.
« Doux Jésus Daryl, tu te transformes en un de ces bouffeurs de riz. » dit-il, repoussant Daryl avec son autre main. « Je voulais juste rappeler sa place au gamin, c'est tout. »
« Ouais, et si un de ces monstres sent le sang, c'est pour ta gueule. »
« Trop tard. » La voix de Glenn était étouffée et ses lèvres étaient rouges du sang qui gouttait du coin de sa bouche. Quand Daryl se retourna pour regarder par la fenêtre, il put voir que le gamin avait raison il ne savait pas sir les Rodeurs avaient vraiment humés l'odeur du sang ou s'ils avaient été attirés par le bruit mais il y en avait des douzaines approchant de toutes les directions, vacillants et rampants vers la route sur leurs membres suppurants. Daryl évalua rapidement leurs options avant de remettre en marche le pick-up et d'écraser l'accélérateur . Malheureusement, il y avait trop de débris sur la route pour continuer à cette vitesse, et après quelques instants, le pick-up fut rattrapé, restant à peine devant les Rôdeurs.
« Tu t'es dégoté un plan, petit frère ? » demanda Merle, envoyant nonchalamment un coup de feu à travers le front du plus proche Rôdeur. « Parce qu'on a de la compagnie et je pense qu'on est le plat principal. »
« Ferme ta gueule Merle, » dit Daryl, serrant les dents. Même si il haïssait l'avouer, son frère avait raison il n'y avait aucune chance qu'ils soient capables de continuer sur la route sans être submergés mais ils n'avaient pas le temps de regarder la carte et trouver d'autres chemins pour sortir d'Atlanta.
« Laissez-moi conduire. » La voix de Glenn était toujours déformée et nasillarde mais, malgré le sang séché sur sa lèvre inférieure, il avait l'air alerte ; effrayé à mort mais alerte, comme si il avait un plan se préparant derrière ses yeux marrons.
« Et pourquoi est-ce qu'on voudrait laisser tes sales mains toucher le pick-up ? » brailla Merle, abattant son poing dans la tempe d'une femelle Rôdeur qui était arrivée un peu trop près.
« Je te l'ai dit, je connais cet endroit comme ma poche, » dit Glenn. Même s'il avait répondu à la question de Merle, il regardait seulement Daryl et d'une façon qui faisait l'autre homme se sentir mal à l'aise. Il ne pouvait que le décrire comme une plaidoirie, comme s'il disait laisse-moi nous sauver. « Je peux nous faire sortir de là, je le promets. »
Il ne savait pas pourquoi il faisait cela il pouvait voir la surprise, et s'il ne se trompait pas, l'air franchement dégoûté sur le visage de Merle comme s'il avait changé de place avec Glenn. Il savait que plus tard (putain, si il avait même un plus tard), Merle allait le faire tellement chier comme quoi il était un traître à sa race mais à ce moment particulier, il avait des choses plus importantes sur sa liste, comme par exemple survivre. Et si le gamin était leur meilleur chance de survie, alors tant mieux, merde.
« T'as plutôt intérêt à pas nous faire tuer, » grogna-t-il, sortant le grand pistolet de Merle de son étui. « Maintenant, conduis, putain ! ».
Le gamin fit définitivement ce qu'on lui avait demandé Daryl ne savait pas où il avait appris à conduire mais si ça n'avait pas été l'apocalypse, il aurait pensé que ce foutu gamin était malade. Après avoir fait un demi-tour, il reprit le chemin par où ils étaient venus, tissant son chemin sans effort autour des débris avec une seule main sur le volant. Le seul signe qui montrait qu'il avait peur était le fait que ses dents étaient enfoncées dans ses lèvres, faisant couler encore plus de sang sur son menton. Entre deux Rôdeurs abattus, Daryl ne pouvait s'empêcher de revenir à cette vision. Il ne savait pas pourquoi il était tellement fasciné par cela, mais la façon dont le sang du gamin gouttait sur son T-shirt alors qu'il le léchait sans douceur, préférant tourner le volant tellement brusquement que le foutu pick-up faillit se retourner.
En tout cas, même si il y eut des moments où Daryl était prêt à dire au-revoir à ce monde, le gamin réussit, les emmenant à travers un labyrinthe d'allées et de petites rues qui étaient pratiquement invisibles. Quand ils atteignirent la nationale, quittant le goudron du périphérique relativement abandonné (apparemment personne ne voulait entrer dans la ville) Daryl décida qu'il pouvait relâcher un peu sa prise sur le pistolet.
« Joli travail Chintok, » dit Merle coinçant encore une autre cigarette dans sa bouche et ne s'embêtant toujours pas à en proposer une à Daryl. « Tu continues comme ça et peut-être que j'oublierais de quelle couleur tu es. »
Daryl pensa que Glenn aurait attrapé le pistolet et tiré sur son frère s'il n'y avait pas eu la voix venant de la radio.
« Allô ? Il y a quelqu'un ? » Glenn saisi la radio sur sol et, conduisant toujours à une main, utilisa l'autre pour parler.
« Allô allô, nous sommes vivants, qui est là ? »
« Oh, Dieu merci ! » Un gloussement nerveux emplit la radio pendant une seconde. « Pendant un moment, nous pensions que nous étions les derniers. Nous sommes au parc national, juste après la nationale. Vous voyez de quoi je parle ? »
« Oui, on est presque à la sortie, » dit Glenn, soupirant de soulagement, souriant largement. « Combien êtes-vous ? »
« A peu près dix. Quand vous vous rapprocherez de la sortie, je vous donnerez de meilleures instructions. » Éteignant la radio, Glenn la reposa sur le sol aux pieds de Daryl, souriant toujours largement.
« Eh ben, génial, » dit Merle, crachant par la fenêtre. « On va se faire une petite fête. » Daryl se contenta de rouler des yeux et se tourna vers Glenn. Le gamin avait l'air tellement heureux, comme s'il n'avait aucune contrariété au monde. C'était presque admirable.
« Hey gamin, » dit-il, « merci de nous avoir sauvés la vie mais maintenant, il est temps pour toi de retourner sur le siège passager. »
Reviews ? Merci à l'auteure et à ma bêta !
