Personnages principaux : Hermione / Drago

Rating : T

Disclaimer : Je ne détiens ni les personnages, ni l'univers magique décrit dans cette fiction, qui sont l'œuvre de la talentueuse J.K. Rowling.


Hermione Granger avait rouvert les yeux dans un noir total. L'esprit embrumé, elle avait mis un temps à se rendre compte qu'un bandeau lui cachait la vue.

Elle avait rapidement fait le point sur sa situation. Au bandeau qui l'aveuglait s'ajoutait un bâillon solide constitué d'un chiffon qui l'étouffait presque, tenu en place par d'épaisses bandes de ruban adhésif. Ses poignets étaient liés et maintenus contre son dos, et des cordes entravaient ses chevilles et ses genoux.

Elle avait tout analysé froidement, du déroulement de son enquête à ses derniers souvenirs avant son agression, s'était déplacée dans sa prison pour se faire une idée de l'endroit où elle était.

Des grondements irréguliers venant de l'extérieur l'avaient fait pencher pour un box de parking, mais elle n'en était pas sure avec certitude. Toutefois, elle avait réussi à s'approcher suffisamment de la porte pour y projeter ses jambes avec violence, et tambouriner le plus fort possible, dans l'espoir d'alerter du monde.

Personne n'était venu, bien sûr.

Le temps s'était égrainé et la jeune auror gisait à présent dans sa cellule, au bord de l'évanouissement. Elle s'était rassurée en se disant qu'on viendrait forcément la chercher. Après tout, pourquoi avoir pris le risque de la ramener ici vivante pour la laisser ensuite mourir ?

Mais l'anxiété et la soif avaient eu raison d'elle. Les frissons de froid avaient cédé leur place à de la fièvre, et une sensation étourdissante de vide avait pris possession de son estomac puis de sa tête qui tournait dans un tourbillon sans fin.

Une seule question parvenait encore à se glisser, et revenait sans relâche : pourquoi sa magie n'avait-elle pas fonctionné lorsqu'elle avait voulu se défendre ?

C'est sur cette question qu'Hermione perdit connaissance, sans savoir qu'à quelques rues de là, un homme était déjà à sa recherche.


Drago entrouvrit discrètement la porte de l'appartement que Granger occupait avant sa disparition. Manifestement, il était le premier à pénétrer sur les lieux depuis puisque rien ne semblait avoir été fouillé.

Il soupira en repensant au dernier rapport fourni par sa collègue. Celle-ci y mentionnait cette adresse ainsi qu'une cache où se trouveraient tous ses futurs rapports dans le cas où quelque chose lui arriverait. Elle expliquait qu'elle ne pouvait pas risquer sa couverture avec des envois qui pouvaient facilement être interceptés.

Pourtant, le dossier indiquait clairement qu'elle soupçonnait un moldu d'être l'auteur des enlèvements, ce qui rendait étrange la justification de la jeune femme. Comment un moldu pourrait-il intercepter un moyen de communication magique ?

En somme, Drago avait besoin de mettre la main sur la cachette de Granger le plus rapidement possible s'il voulait avoir la moindre chance de la retrouver en vie.

Il s'efforça de ne pas repenser à sa discussion avec Potter. Comment ce dernier avait-il pu laisser celle qu'il considérait comme sa meilleure amie exécuter cette mission seule ? Granger avait beau être l'un des meilleurs aurors, elle n'en restait pas moins une femme qui correspondait en tout points aux portraits des victimes. Le chef des aurors s'était rembruni avant d'ajouter qu'elle ne lui avait pas donné le choix. Drago en riait encore. Un rire bien jaune. Aurait-il été à sa place qu'il l'aurait portée de force jusqu'à chez elle et enfermée, avant de déléguer l'enquête à quelqu'un d'autre.

Le temps où Hermione Granger pouvait donner des claques à Drago Malefoy était révolu. La guerre était passée par là, et les deuils également. Les ennemis de toujours s'étaient côtoyés pendant leurs études, s'étaient mutuellement sauvé la vie.

« Espérons que ce soit le cas une fois de plus, songea-t-il sombrement. »


Lorsque ses yeux croisèrent les néons glacés, elle crut être sauvée. Elle se trouvait dans une chambre d'hôpital. Faiblarde, elle tourna la tête et distingua un lit à côté du sien, vide.

Elle voulut se frotter les yeux, n'y parvint pas : ses deux mains étaient menottées aux barreaux de son lit. Ses deux jambes également. Soudainement alerte, elle releva brusquement la tête, et sa respiration devint erratique.

« Tout doux, Elly ... »

Cette voix, cet accent français ...

« Anthony ? Sors-moi de là, je t'en prie, ton frère, il ... »

Le regard de son interlocuteur la coupa dans son élan :

« Je sais parfaitement ce que Pierre a fait, Elly. Mais est-ce au moins ton vrai nom ?

- Laisse-moi partir ... Je ne dirai rien, je ne sais même pas ce que vous manigancez, tous les deux. »

Il sourit :

« Ça, vois-tu, c'est faux. Nous savons que tu enquêtais sur nos ... activités. J'étais tenté de te tuer, poursuivit-il, mais Pierre m'a convaincu que tu pouvais nous être utile. Il est toujours ... convaincant, quand une belle femme lui sourit. Tu ne trouves pas ? »

Il s'interrompit un instant avant de reprendre, indifférent au regard noir que lui jeta Hermione :

« Tu corresponds à tous ses critères. Mais le plus important, c'est que tu corresponds aux miens.

- Et quels sont ces critères ? grinça-t-elle.

- Oh, Elly, c'est très simple. Pierre aime soumettre des femmes à sa volonté, et tu es tout à fait son type, annonça-t-il comme s'il parlait de la météo. Quant à moi ... Je suis avant tout un scientifique. Et en ce moment, j'étudie les sorciers, poursuivit-il fièrement. Tu es mon vingt-troisième cobaye. »

Il se pencha devant son lit pour saisir une feuille imprimée ainsi qu'un stylo :

« Alors quel est ton nom, Elly ? Pour ton dossier, précisa-t-il. »

Elle serra les dents, le toisant en silence. Anthony haussa les épaules et s'éloigna, avant de revenir sur ses pas :

« Je vais te laisser. Pierre risque de te rendre une petite visite, ajouta-t-il cruellement. Inutile de crier, je ne viendrai pas. »

Il ferma la porte. Alors Hermione cria: elle laissa libre cours à son désespoir.